
Cet article a pour but de présenter la manière dont Pierre Gilliard, suisse ayant servi en tant que professeur de français auprès des enfants du Tsar Nicolas II et de la Tsarine Alexandra Feodorovna durant 13 ans, décrit les enfants impériaux. Ces textes proviennent de l'ouvrage

Alexei with Pierre Gilliard (playing with Alexei's dog Joy) and Dr. V. Derevenko.
Treize années à la cour de Russie.

Ses notes sur Olga Nicolaïevna. Pages 96 et 97.
" L'aînée, Olga Nicolaïevna, faisait preuve d'une intelligence très vive ; elle avait beaucoup de raisonnement en même temps que de spontanéité, une grande indépendance d'allure et des reparties promptes et amusantes. Elle me donna tout d'abord un peu de peine ; mais à nos escarmouches du début succédèrent des rapports empreints de la plus franche cordialité.

Elle saisissait toute avec une extrême rapidité et savait donner un tour original à ce qu'elle avait compris.
Je me rappelle entre autres que, dans l'une de nos premières leçons de grammaire où je lui expliquais le mécanisme des verbes et l'emploi des auxiliaires, elle m'interrompit tout à coup en s'écriant : " Oh ! Monsieur, j'ai bien compris ! Les auxiliaires, ce sont les domestiques des verbes ; il n'y a que ce pauvre verbe "avoir" qui doit se servir lui-même...
" Elle lisait beaucoup en dehors des leçons. Lorsqu'elle fut plus âgée, chaque fois que je lui remettait un ouvrage, j'avais la précaution -alléguant la difficulté du texte ou le peut d'intérêt qu'il présentait – d'indiquer en marge par annotations les passages ou les chapitres qu'elle devait de côté et dont je lui donnais un cours résumé. "


Note personnelle :
J'ai lu ce livre, il m'a boulversée.
Pierre Gilliard, conteur de premier choix, explique en détail cette période qui l'a propulsé en Russie,
auprès des Souverains Impériaux, avec une vive émotion, et la vie quotidienne avec les Enfants...
Il narre la fin, la tourmante, le massacre par les rouges, de
cette Famille très unie..

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Editions : Payot
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"En août 1920, après trois ans de séjour en Sibérie, je pus enfin rentrer en Europe. Une réhabilitation de la personnalité morale des souverains russes s'imposait.
C'est le drame de toute une vie que je vais essayer de décrire, tel que je l'ai tout d'abord pressenti sous les dehors d'une cour fastueuse, tel qu'il m'est ensuite apparu pendant notre captivité, alors que les circonstances me permettaient de pénétrer dans l'intimité des monarques." Arrivé en Russie en pleine révolution de 1905 et reparti en pleine guerre civile, le Suisse Pierre Gilliard (1879-1962) partagea durant plusieurs années le quotidien de Nicolas II, de son épouse Alexandra, de leurs quatre filles et de leur fils hémophile, dont il devint officiellement le précepteur en 1913. Ce fin observateur qui photographiait volontiers la famille impériale et développa une pédagogie originale avec le tsarévitch Alexis n'en déplorait pas moins les erreurs de l'autocratie et l'influence de Raspoutine, mais il redoutait que la chute du tsarisme ne précipite le pays dans une sanglante anarchie. La tourmente de l'histoire renforça les liens de Gilliard avec les Romanov, et c'est volontairement qu'il partagea leur captivité à Tsarskoïe Selo puis Tobolsk. Séparé d'eux moins d'un mois avant leur exécution, il eut bien du mal à regagner la Suisse avec la gouvernante des filles du tsar, Alexandra Tegleva, qu'il épousa.
SOURCES D.R.
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Grand Duchesses Anastasia and Maria with their tutor Pierre Gilliard in Livadia.
Originally balck and white