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    Mythe autour d'Anastasia et Alexis

     
     
     
     
    Source:
    stephane.thomas.pagesperso-orange.fr
     
    Naissance du mythe ROMANOV:

    Le 17 Juillet 1918, l’assassinat de la famille impériale Romanov
    (avec leur suite, soit 11 personnes)
     
    par des soldats bolchéviques marque la fin d’une dynastie qui aura régné de 1613 à 1917 et le début de l’ère communiste
    qui va durer 80 ans.

    Cet événement majeur dans l’histoire moderne est également un drame familial qui a marqué les esprits.
     
    Les incertitudes et les zones d’ombre sur les circonstances exactes de l’exécution de la famille du dernier Tsar de Russie ont longtemps suscité de multiples interrogations et controverses quant à la survie de certains membres de la famille.

    Selon les déclarations du peloton d’exécution, les corps de la famille impériale et des membres de leur suite ont été rendus méconnaissables et enterrés dans la forêt d’Ekaterinbourg.
     
    Hormis ce témoignage, il n’existe aucune preuve alors du massacre de la totalité des Romanov.
     
    La destruction des corps crée des doutes sur leur identité d’autant qu’officiellement, seul le Tsar a été tué, sa famille aurait été évacuée vers l’Allemagne dont est originaire la Tsarine Alexandra, cousine du Kaiser Guillaume II............?

    Cette hypothèse est plausible pour des raisons politiques.
     
    En effet, si les soviétiques ne peuvent laisser en vie le Tsar et vraisemblablement son héritier le Tsarevitch Alexeï sous peine de mettre en péril le nouveau pouvoir communiste,
     
    la Tsarine et ses filles vivantes peuvent servir de monnaie d’échange, pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Allemagne.

    Selon certaines thèses, elles auraient bénéficié de la complicité et de la protection de leur famille dans toute l’Europe. Séparées pour ne pas éveiller les soupçons, elles vivraient sous de fausses identités, dans la crainte de représailles communistes.
     
     
    L’Impératrice se serait réfugiée dans un couvent en Italie, jusqu’à sa mort en 1942.????
      
    Olga aurait vécu sous le nom d'emprunt Marga Boodts et meurt en 1976 en Italie, sans aucune descendance, Maria aurait épousé le prince Nicolas Dolgorouky en Roumanie, elle a laissé un testament à l’attention de ses enfants affirmant son identité, Tatiana aurait été évacuée vers l'Angleterre et aurait pris le nom
    de Marguerite Lindsay, on perd ensuite sa trace.
     


    Quant à Anastasia, une véritable énigme l’entoure.
     
    Selon une hypothèse, Anastasia aurait survécu au massacre grâce aux bijoux et aux diamants cousus dans sa robe, qui auraient fait ricocher les balles sans la toucher.
     
    Un soldat aurait certifié qu'il manquait un corps avant de les enterrer et qu’Anastasia aurait survécu, les soldats n’ayant pas vérifié si elle était morte.
     
    Le mystère commence avec
    la non-vérification de la mort d'Anastasia.

    Des dizaines de femmes ont prétendu être Anastasia la dernière fille de Nicolas II.
     
    Une seule sera reconnue par une  partie de l'aristocratie russe, «Anna Anderson», découverte dans un asile psychiatrique allemand en 1922, morte aux Etats-Unis en 1984, à l'âge de 83 ans.
     
    Certains proches de la famille Romanov la reconnaissent alors que d’autres certifient qu’elle ne peut-être la grande duchesse.
      
    Elle connaît des détails troublants sur la famille impériale mais ne semble pas parler russe, un graphologue atteste que son écriture et celle d’Anastasia sont identiques, certains enquêteurs affirment qu’elle a été manipulée par des escrocs afin
    de capter l’héritage Romanov.
     
    En 1938, ses avocats entament un procès pour la faire reconnaître officiellement.
      
    En 1970, le dernier verdict tombe:
     
    on ne peut ni confirmer ni infirmer son identité.
      
    Le doute et l’incertitude subsistent alors et il faudra attendre les récents tests ADN pour avoir la preuve qu’Anna Anderson ne pouvait pas être Anastasia ni aucun membre de la famille Romanov.





    Une autre hypothèse circule, mais au sujet d’Alexeï, l’héritier au trône qui aurait lui aussi survécu au meurtre de
    sa famille en Juillet 1918.
     
    De nombreux imposteurs apparaissent.
     
    Des histoires plus ou moins fantaisistes se créent.
     
    L’histoire la plus troublante raconte qu’Alexeï aurait été recueilli et adopté par une modeste famille russe, Alexis Romanov serait alors devenu Vassili Filatov. imposteur....
     
      
    Des photographies de Filatov devenu professeur de géographie soviétique, hémophile lui aussi, frappent par leur ressemblance avec le Tsarevitch.
      
      
    De plus, Filatov connaissait beaucoup de détails précis et anecdotes sur la famille impériale, et parlait plusieurs langues étrangères alors qu’il était fils de cordonnier et issu d’un tout petit village !!
     
     
      
    Mystérieux Filatov qui sous-entend à ses enfants qu’il est le Tsarevitch, mais sans jamais rien affirmer ou revendiquer.


    La présence de Raspoutine dans la vie du fils du Tsar contribue au mythe. Raspoutine qui, lors d’une transe, avait prévu la naissance d'un héritier au trône.
      
    Alexeï est atteint d'une maladie que la médecine de l'époque soigne avec de l’aspirine, alors que son pouvoir anticoagulant accentue l’hémophilie dont il souffre et qui lui provoque des douleurs intenses, des maux de têtes et des accès de fièvre.
      
     
     
    La maladie de son fils déclenche chez la Tsarine un mysticisme dont profite Raspoutine qui apparaît comme le seul à pouvoir guérir miraculeusement à plusieurs reprises le jeune prince.

    La fin du mythe ?

    En 1979, deux chercheurs découvrent les restes supposés de la Famille impériale dans une fosse se situant à proximité d'Ekaterinbourg.
     
    En 1991 :
    exhumation officielle des restes retrouvés en 1979.
     
    Neuf corps sont ainsi retrouvés, alors que onze personnes ont été assassinées.
      
    Après de nombreuses expertises, les chercheurs découvrent que ces corps sont bien ceux des Romanov et de leurs derniers domestiques, mais que de deux des enfants ne s'y trouvent pas, à savoir le Tsarévitch Alexis et la Grande-Duchesse Maria, ce qui relance le mythe.


    En 1998 :
      
    Inhumation des corps de Nicolas II  Olga, Tatiana et Anastasia), dans la Cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg ; en 2000, l'Eglise orthodoxe de Russie canonise le tsar et sa famille en les élevant au rang de martyrs, rajoutant une dimension religieuse au destin de cette famille.


    En 2007, on découvre des restes humains dans les alentours d'Ekaterinbourg.
      
    En 2008, ils sont identifiés comme étant ceux de Maria et d'Alexis, les deux enfants manquants ; la Cour suprême de Russie réhabilite les Romanov en tant que victimes des répressions bolchéviques.
      
    Cette réhabilitation clôt en principe le dossier Romanov.

    Malgré les résultats scientifiques qui ont prouvé que tous les Romanov ont bien été tués en juillet 1918, certains historiens mettent en doute les résultats ADN comme une preuve absolue et pensent à une manipulation du gouvernement.
     
    Le mythe est toujours alimenté, un livre paru en 2009,
     
    L'autre fin des Romanov"
     
    par Elie Durel, cherche à démontrer que tous les Romanov n'ont pas été tués en 1918 et que Maria, la troisième fille Romanov, serait la clef de cette énigme.
     
     
      
    En effet, seule survivante de sa famille, elle serait devenue la mystérieuse épouse du juge Sokolov qui a établi le premier rapport sur l’évènement.
      
    Nouvelle et sans doute pas dernière thèse sur le sujet.

    En dépit de l'authentification officielle de tous les corps de la famille Impériale, nombreux sont ceux qui croient en la survie des femmes de la famille Romanov.
      
    Selon une enquête, près de deux russes sur trois ne pensent pas que les restes inhumés dans la Cathédrale de Saint-Pétersbourg soient ceux des Romanov.

    En 1977, à Ekaterinburg, la maison Ipatiev où fut assassinée la famille impériale fut rasée, le gouvernement soviétique de l’époque voyant d’un mauvais œil la ferveur des nombreux pèlerins venant prier et honorer le culte des Romanov.

    Alors qu’en 2011, un monument érigé près d’Ekaterinbourg à la mémoire des enfants martyrs représente les cinq enfants impériaux (Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexeï) descendant du paradis.
      
    Un autre monument est dédié la même année au Tsar Nicolas II de Russie et à son épouse.
      
    Ces monuments renforcent l’aura du mythe Romanov et attestent de l’attachement des Russes encore aujourd’hui à cette famille au destin tragique dont on croit encore aujourd’hui à la malédiction, près de la moitié des Tsars qui se sont succédés à la tête de la Russie ayant été assassinés.

    Près d’un siècle après la fin des Romanov, le mythe résiste à tous les raisonnements rationnels, aux expertises génétiques, à toutes les preuves, même scientifiques.
      
    Drames, malédiction, mystères, énigmes, légendes, vérités et mensonges, croyances, imagination, questions sans réponses, incertitudes, désinformation, incompréhension, doutes, rumeurs, personnages extraordinaires : autant d’éléments qui construisent un mythe à partir d’un évènement réel, récit transmis de génération en génération entretenu par la mémoire collective.


     

     
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