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    Les derniers Romanov de l'Empire russe

    Tsar Nicholas II riding with two of his daughters Olga and Tatiana. Both daughters can be seen in full military dress for their corresponding regiments that they are Colonel in Chief of.  This photograph may have been taken in August of 1913.
     
    Les Romanov sont la dynastie ayant régné et gouverné la Russie de 1613 à 1917, soit plus de trois siècles. Ils ont un acquis un prestige sans précédent dans l'histoire, transformant la Russie alors réduite aux régions comprises entre Kiev et Moscou en le second plus grand empire de l'histoire, derrière le mythique empire de Gengis Khan et des Huns.
      
    Ils sont considérés par de nombreux historiens comme la plus illustre de toutes les familles souveraines dont les grandes figures
     
     
     

    Emperor Nicholas II (1913)

     
      
    - Pierre le Grand, Catherine La Grande, Alexandre Ier, Alexandre II et Nicolas II -
      
    la personnalité générale et le luxe inimaginable les rends unique et distinguable des autres grandes dynastie que le monde a connu. Ils ont fait entrer la Russie dans le concert des grandes puissances européennes et mondiales par différents procédés.
      
    L'Empire des Romanov s'étendait depuis l'Europe centrale à l'Extrême-Orient, de l'Atlantique au Pacifique en passant par l'Arctique et du Caucase à la Mandchourie en passant par l'Asie centrale.
      
    File:Carle Vanloo, Portrait de l’impératrice Élisabeth Petrovna (1760).jpg
      
    Catherine la Grande
    The part of the scepter of Ekaterina II Russian Empress. The head of the scepter is crowned by one of the biggest diamonds in the world, Orlov that was presented to Ekaterina by her favorite Grigori Orlov  
      
    La fortune de la dynastie était de 1 milliard d'Euros en 1914, soit plus de 450 milliards aujourd'hui avec les intérêts.
     
     
      
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    Le futur Tsar Nicolas II (debout à gauche) avec ses parents et ses frères et soeurs en 1893. 
    L'Empereur Alexandre III
     
      
    De plus il est à noter leur goût cultivé pour l'art qui permet aujourd'hui à la Russie de posséder le plus grand musée du monde.
      
    Cependant, malgré cette immense fortune, cette gloire, le dernier Tsar, Nicolas et sa famille vivaient simplement et dans un relatif isolement.
      
    Cette brillante famille au passé si impressionnant connaîtra un sort terrible, la plupart des siens disparaîtront entre 1917 et 1918, assassinés par les bolcheviques et symbole d'une Russie tombant aux mains d'un mal qui la rongera pour la plus grande partie du reste du XXe siècle et qui la rendra moribonde, réduisant à néant ses multiples trésors culturels, religieux, architecturaux, ethniques et même ses ressources naturelles !
      
     
     
    File:Zar Nikolaus 1.jpg
     
    Nicolas I
     
     
    Ce malheur fut le communisme qui y connut différentes variantes telles que le bolchevisme, le marxisme-léninisme et le stalinisme, responsable de la mort de pas moins de 90 millions de personnes dont environ 70 millions de russes ethniques durant l'Union soviétique qui existera de 1922 à 1991.
     
    A beautiful portrait of the Tsar Nicholas II of Russia by Dmitri MEDVEDEV
     
    1. Historique.
    2. Les relations familiales.
    3. La Grande Guerre et ses conséquences.
    4. Abdication, abolition de la monarchie et début de la fin.
    5. Disparition et "destruction des preuves".
    6. Les usurpateurs d'identité, les faux Romanov.
    7. Fin des énigmes et la vérité enfin dévoilée au grand jour.
    8. Notes.


     
     
     
      
    Historique.
    Les Romanov ( Рома́нов en russe ) sont une famille issue de la noblesse des boyars originaire de la ville de Novgorod qui a dans un premier temps obtenu sa renommée par l'union entre Anastasia Romanovna Zakharine
    – fille de Roman Zakharine qui donnera son nom à la Dynastie Romanov
    – et d'Ivan IV Vassiliévitch dit Le Terrible, dernier souverain issu des Rurikides.
      
    Ce n'est pourtant qu'en 1613 que la dynastie prends forme avec l'élection de Mikhaïl Romanov
    Fils de Fedor Romanov (patriarche Philarète de Moscou) et de Maria Ivanovna Saltykov ainsi que petit-neveu d'Anastasia Romanovna Zakharine
    (première femme de Ivan IV le Terrible).
     
     
     Portrait of Grand Duchess Maria Fiodorovna at the age of 18, 1777 
      
      
      
      
      
     
      
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    Portrait of Grand Duchess Maria Fiodorovna at the age of 18, 1777
      
      
      
      
    par le zemski sobor ( assemblée représentative ) ce qui a pour conséquence la fin des Temps de Troubles, une série d'événements ayant depuis le mort du dernier souverain, plongé le pays dans le chaos et l'incertitude générale avec l'arrivée d'une foule de faux Tsars sans légitimité ayant fait éclater la guerre civile.
     
    De cette heureuse année à l'année 1917, ce sont quelques quinze souverains dont quatre femmes qui se succèdent à la tête de la Russie. Russie qu'ils agrandissent considérablement, repoussant toujours plus les frontières vers le nord, le sud, l'est mais aussi vers l'ouest.
      
      
    C'est ainsi qu'en l'aube de la Grande Guerre, l'Empire russe est un territoire absolument gigantesque occupant 1/6 des terres émergées du globe et plus de 180 millions d'habitants pour environ 200 ethnies différentes.
     
     
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    Suivez ce lien pour voir une carte de l'Empire >
      
     
    Ce pays aux dimensions énormes comprends alors des modes de vie différents: des nomades, des sédentaires, des semi-sédentaires, des semi-nomades.
      
    Des religions différentes :
      
    Christianisme, Islam, Judaïsme, Chamanisme, Bouddhisme, Paganismes, Animisme et Tengrisme.
      
    Et de multiples familles ethniques, des slaves ( Russes, Biélorusses, Ukrainiens, Rusyns, Polonais ), des fenniques ( Finnois, Caréliens, Ludiens, Izhoriens, Vepses, Estoniens, Mordves, Komis, Maris, Oudmourtes, Samis, Votes ), des ougriens ( Khantys, Mansis ), des turciques ( Tatars, Tatars de Crimée, Krymchaks, Caraïtes, Kazakhs, Ouzbeks, Karakalpaks, Azéris, ... ), des mongols ( Oïrats, Bouriates, ... ), des iraniens ( Ossètes, Tadjiks, Pamiris, Yaghnobs, ... ), des Arméniens, des caucasiens ( Circassiens, Tchétchènes, Lesguins, Tsakhurs, Abkhazes, Géorgiens, ... ).
     
    C'est pourtant cette peut-être trop grande complexité à tout point de vue qui compliqua sérieusement toute réforme envisagée.
      
      
     
    Ainsi Alexandre Ier, le vainqueur de Napoléon, tenta d'apporter des réformes mais se découragea devant le monstre de la bureaucratie impériale russe. Alexandre II réussira presque à apporter la démocratie mais fut victime d'un attentat qui lui coûta la vie par les révolutionnaires, en conséquence, son fils, Alexandre III durcira la répression, supprimera toute réforme apportée et renforcera l'autocratie.
      
      
    Politique poursuivie par Nicolas II avant de tenter lui aussi d'apporter d'importantes réformes mais il finira par y échouer.
      
    C'est donc l'absence de réformes et la complexité du pays qui feront le nid des révolutionnaires ainsi que le conservatisme tsariste de Nicolas II.
     
    On retiendra que c'est une famille qui a passé trois siècles à construire une Russie plus puissante que jamais, en ont fait une puissance européenne et une grande puissance mondiale. Ils ont parfois étaient contradictoires entre eux, un souverain légiférant une loi que son successeur abolissait.
      
    Certains comme Pierre Le Grand s'émerveillaient à européaniser cette Russie pendant que d'autres à l'inverse, ramenaient toutes les coutumes et traditions. Pour simplifier, leur politique globale, sur le plan culturel, oscillait entre l'européanisation et la russification de la société.
     
     
     
     
     
    La dernière famille impériale n'a pas vu la fin inévitable ( du moins de la forme absolue de la monarchie ) arriver tandis que ses proches la voyaient. En effet, cette famille était tiraillée entre un retour à l'autocratie traditionnelle – pure et dure, dirons-nous – et une série de réformes apportant la démocratie.

    Alexandra poussait Nicolas dans la monarchie absolue qui lui, était sans véritable avis sur la forme politique à adopter mais sentait, ressentait qu'il fallait faire quelque chose. Les quelques réformes constitutionnelles apportées par Nicolas II ont été maigrement appliquées pour deux raisons principales:

    1. Certains hauts gradés de l'armée et certains politiciens faisaient blocage contre toute réforme réduisant l'autocratie.
    2. Le Tsar Nicolas II revenait sur ses paroles, poussait en ce sens par son épouse et par ses conseillers.
     
    Nicolas II aurait été adoré dans une forme de monarchie constitutionnelle/parlementaire mais le système était verrouillé, il était pris au piège avec un pouvoir bien trop grand pour ses épaules, lui qui n'était en rien ferme ou autoritaire, il était très sensible, doux et aimant. C'est la Première Guerre Mondiale qui portera un coup final au régime tsariste et ce sont les même politiciens, conseillers et militaires qui le maintenaient sur une politique conservatrice qui vont le convaincre d'abdiquer.
     
     
     
      Alexandra Romanov : Tsarine de Russie.
     
    Tsarina Alexandra
    1907
      
      
    Il le fit d'abord en la faveur de son fils, Alexeï Nikolaïevitch Romanov alors âgé de 12 ans mais se rétracta quelques heures plus tard, sous l'influence d'une série de médecins qui l'avertirent que le jeune héritier n'avait qu'une chance sur deux d'atteindre ses 16 ans compte tenu de la maladie dont il souffrait, l'Hémophilie.
      
    Il demanda alors un nouvel acte d'abdication qu'il signa, sans trembler et transmis le pouvoir à son jeune frère, le Grand-Duc Mikhaïl Romanov.

    Mais c'est là que les problèmes empirèrent, les responsables de l'église orthodoxe réfutèrent l'abdication et ne reconnurent aucune légitimité en le gouvernement provisoire. Le Tsar en ayant pris cette décisions se retrouvait dans l'illégalité car il était interdit de passer outre la ligne de succession dynastique.
      
    Son frère refusera le trône dès le lendemain matin, ne désirant l'accepter que si une assemblée populaire le souhaiterait au nom du peuple russe.

    Le gouvernement provisionne saisit alors l'occasion et abolit la monarchie qui laisse alors place à une forme de république. Ce grand bouleversement est suivit rapidement d'un chaos général, des dizaines de mouvements indépendantistes et contre-révolutionnaires éclatent partout dans l'empire mis à bous de souffle par la guerre et ses nombreuses pertes.
      
    En Octobre 1917, c'est la guerre civile
      
    – Que Nicolas croyait éviter en abdiquant – qui commence principalement entre les forces rouges composées des bolcheviques contre les blancs composés d'éléments aussi divers que variés ( républicains, tsaristes autocratiques, tsaristes parlementaristes, cosaques, ... ). Lénine avec le soutien des rouges organise un coup d'état et prends le pouvoir, créant la République fédérative socialiste et soviétique de Russie ( R.F.S.S.R ) qui sera remplacée par l'U.R.S.S ( Union des Républiques Socialistes Soviétiques ) lorsque la guerre civile prendra fin avec comme camp vainqueur celui des rouges.

    Relations familiales.
     
    C'était une famille des plus unies, Nicolas II, son épouse, son fils et ses quatre filles formaient un ensemble fort qui résista tant bien que mal aux bolcheviques jusqu'à ce qu'ils soient massacrés. Alexandra originellement appelée Alix a épousé Nicolas par amour, le même Nicolas qui a passé des années à bataillé avec ses parents pour pouvoir l'épouser.
      
      
    Ce si fort sentiment perdurera tout au long de leur vie et ne s'éteindra qu'avec leur disparition. Les deux jeunes mariés n'ont alors que 26 ans pour l'homme et 23 ans pour la femme. Ils sont jeunes et inexpérimentés.
      
      
    Le Tsar Alexandra III avait toujours refusé de donner la moindre leçon de gouvernance à son fils qu'il jugeait trop faible et enfantin. Les années passant, la forte personnalité de la femme prends le pas sur celle de l'homme et le côté dominateur de la Tsarine est de plus en plus visible, ce qui n'est guère au goût d'une partie de l'aristocratie.
      
      
    Le caractère de Nicolas II est tout à l'inverse de celui de son défunt père, il est réservé et timide ainsi que respectueux mais fort intéressé par la gymnastique, l'économie, l'administration, la chasse et les jeux familiaux dont les baignades. Quand à sa femme, elle est souvent prise pour une femme trop timide voire froide qui n'ose être elle-même qu'en présence de sa famille proche. Elle est extrêmement bien éduquée et cultivée, surnommée « la cultivée parmi les cultivés «.
      
      
    Selon sa conception, la religion est quelque chose de très important de la vie quotidienne et elle s'en servira pour justifier toutes ses décisions, elle incarne image absolument forte et dure de l'orthodoxe russe. Par exemple, la chambre de Nicolas et Alexandre, au-dessus de leur lit, un immense portrait d'eux et de leur fils et tout le reste des murs occupés par des centaines d'icônes religieuses.
      
      
    Elle avait adopté la religion et le conservatisme russe, devenant plus autocrate et royaliste que son propre époux.
     
    Olga Nikolaïevna née le 15 novembre 1895 à Tsarskoïe Selo. Elle incarnait l'image intellectuelle de la famille. Elle idolâtrait son père et avait souvent une relation tendue avec sa mère. Longtemps plus proche de sa sœur Tatiana que du reste des enfants impériaux, au cours des années 1917 et 1918, elle va renforcer ses liens avec son frère, Alexeï, et devenir sa principale confidente. Tatiana Nikolaïevna née le 10 juin 1897 à Peterhof.
      
      
    Elle incarnait l'image élégante de la famille. Généralement plus proche de sa sœur avec qui elle formait « La Grande Pair «, elle finira cependant par se considérer comme la seconde mère de son frère. Elle était également très proche de sa mère, au contraire de sa sœur aînée. Maria Nikolaïevna née le 26 juin 1899 à Peterhof. Proche de ses parents sans rapprochement plus vers l'un que vers l'autre, elle était sans nul doute l'enfant le plus sage et calme de la famille, surnommée l'» Ange « par ses proches.
      
      
    Anastasia Nikolaïevna née le 18 juin 1901 à Peterhof. Elle était le bout-en-train de la famille, toujours à faire des farces aux autres et ce dans de nombreuses occasions dont certains qui ne s'y prêtaient pas. Elle se démarquait de ses sœurs aînées par un caractère beaucoup plus ouvert aux autres et extraverti.
      
      
    Elle ne reconnaissait que l'autorité paternelle et refusait d'écouter sa mère. Malgré ces caractères franchement différents, les jeunes filles adoraient leur père et leur mère, lorsque cette dernière était alitée parce que cardiaque, elles se relaient afin qu'elle ne soit jamais seule.
      
      The Romanov Family, Nicholas II, Alexandra, the children, Olga, Tatiana, Maria, Anastasia and Alexei as an infant.
    Alexeï Nikolaïevitch né le 12 août 1904 à Peterhof.
    Rien que par le fait qu'il est le fils unique de la famille, il aura une attention toute particulière mais la maladie doubler voire triplera cette attention.
      
      
    L'hémophilie dont il souffrait le condamnait à moyen terme, à la naissance son espérance de vie n'était que de vingt ans et sa vie était constamment en danger, un moindre choc trop brutal pouvait provoquer des hémorragies internes, un simple bleu pouvait lui causer des difficultés à marcher et le fait d'une simple écorchure pouvait le tuer.
      
      
    Il est ainsi au centre d'un cocon familial ultra-protecteur, dans un environnement isolé et protégé.
      
      
    Culpabilisée, le Tsarine est ainsi attentive au moindre caprice de son fils et n'avait absolument aucune autorité sur l'enfant ce qui n'empêcha pas qu'elle en fut très proche.
    Quant au Tsar, il évitait de devoir se montrer ferme et les rares fois où il le fit, Alexeï lui répondra en boudant et quelques heures plus tard, Nicolas venait presque s'excuser au près de son fils.
      
    Alexeï fut ainsi très proche aussi de son père qu'il idéalisait.
     
    Olga et Tatiana se faisaient surnommer la " Grande Paire " du fait qu'elles passaient le plus clair de leur temps ensemble, l'âge y aidant.
      
    Elles passaient le temps à jouer de divers instruments de musiques, notamment du piano, à chanter et danser pour distraire leur frère. Maria et Anastasia étaient surnommées la « Petite Paire « pour les mêmes raisons que l'on surnommait inversement leurs sœurs.
      
      
    Cependant, contrairement à Olga et Tatiana qui partageaient un caractère plus ou moins proche, Maria et sa sœur cadette étaient très différentes sur ce point. Là où Maria était calme, charmeuse, romantique sa sœur, Anastasia, était un véritable garçon manqué, farceuse, extravertie. Alexeï partageait un lien très fort avec toutes ses sœurs, on peut dire qu'il représentait leur lien d'unité et leur centre d'attention.
    Il aimait à les " régenter .
      
      
      Tsarskoe Selo, 19 décembre 1915      Tsarevich Alexei to his Papa, Tsar Nikolai II
     
    Tsarskoe Selo, 19 décembre 1915 Tsarevich Alexei to his Papa, Tsar Nikolai II
     
      
    D'un point de vue général, c'est pourtant avec Anastasia qu'il partageait la plus grande complicité puisqu'ils faisaient parfois leurs blagues ensemble dont la principale cible était Maria.
      
    Cependant de 1917 à 1918, c'est bien d'Olga et de Tatiana qu'il va se rapprocher considérablement. Tatiana jura à sa mère de prendre soin d'Alexeï si jamais quelque chose de fâcheux devait arriver aux deux souverains.
      
      
    Quand à Olga, Alexeï et elle s'apportèrent mutuellement un soutient moral inébranlable, s'aidant à supporter les changements brutaux qu'ils subissaient. De leur relation officielle, on sait de source sûre que les Grande-Duchesses se prosternaient souvent devant leur frère afin de monter leur respect.
     
    Nicolas apprendra à ses enfants les joies de longues promenades, des baignades, du tennis, des croisières et la détente que procurait la cigarette. Ainsi, toute la famille fumait, même Anastasia et Alexeï. Mais Nicolas était constamment une cigarette à la main et aux lèvres, Olga et Anastasia le prenaient en exemple mais Alexandra, Tatiana, Maria et Alexeï ne fumaient que rarement, lors de quelques fêtes.
      
      
      
    Quand à Alexandra, elle apprendra à ses filles à être de " véritables dames " selon sa conception, c'est-à-dire dépenser peu, bien s'habiller, ne jamais montrer ses jambes en public, toujours porter des perles, de l'or et des diamants ainsi que la politesse et la patience. Vers son fils, c'est l'autoritarisme que Alexandra tenta de lui inculquer plus que toute autre chose.
     
     
     
     
    Abdication, abolition de la monarchie et début de la fin.
     
      
      
    Le 10 Février 1917, le gouvernement fait part au Tsar de la situation devenue incontrôlable, les officiers se retournent contre les gradés de l'armée, les émeutes sont de plus en plus nombreuses et le nombre de pillages explose. A cela s'ajoute des pertes toujours plus nombreuses à la guerre et une agriculture pratiquement morte, incapable de soutenir l'effort de guerre et encore moins de nourrir la population.
      
      
      
    Le 2 Mars, les plus hauts gradés de l'armée impériale convainquent le Tsar d'abdiquer afin de calmer les esprits et d'empêcher les révolutionnaires de pouvoir faire leur nid de la situation.
      
      
      
    Un premier acte d'abdication est alors conçu puis signé sans tremblement par l'ex-Tsar Nicolas. Le nouveau Tsar est de facto le Tsarévitch Alexeï Nikolaëvitch Romanov alors âgé de douze ans.
      
      
    Cependant, des médecins lui indiquent quelques minutes plus tard que compte tenu de sa maladie - l'Hémophilie - et de son dernier bilan de santé, il a une espérance de vie de seize ans, et en considérant que le moindre bleu peut lui être fatale, ils convainquent le Tsar de revenir sur l'abdication - ce qui est illégal -.
      
      
    Un deuxième acte d'abdication est alors conçu puis de nouveau signé avec la déclaration de Nicolas par écrits " Nous ne pouvons nous résoudre à devoir nous séparer de notre si précieux fils et pourtant héritier de la Sainte Russie.
      
     Maria, Tatiana, Anastasia and Olga Romanov, 1914 
      
    De ce fait, nous prenons acte et conscience et remettons l'héritage de la couronne à notre frère, le Grand-Duc Mikhaïl Aleksandrovitch Romanov "

    Le lendemain matin, le 3 Mars, Mikhaïl refuse le trône et remet les pleins pouvoirs au gouvernement provisoire nouvellement formé. C'est alors la fin de la monarchie...Une monarchie, la monarchie russe vieille de presque mille ans est tombée en trois jours non pas par la révolution mais par la grâce de Nicolas II refusant toute effusion de sang puis de son frère refusant le trône.
      
      
    Car la révolution n'aurait pas, du moins il aurait fallu des années, renversé le régime puisqu'une grande partie de l'armée restait fidèle au pouvoir en place de même qu'une partie plus ou moins importante de la population.

    De mars à août 1917, la famille impériale est assignée à résidence au Palais Alexandre avec des gardes souvent amicaux voire presque serviables envers eux. Leur niveau de vie reste sensiblement le même, ils peuvent librement voyager à travers leur domaine du Palais et entretenir leur vie comme ils l'entendent.
      
      
      
    En Juillet, le Ministre-Président Aleksandr Kerenski ( leader du gouvernement provisoire ) doit faire face à de violentes émeutes de la part des bolcheviques et envisage le déplacement des Romanov, officiellement pour leur protection.

    Ils sont envoyés à Tobolsk, une ville de Sibérie occidentale avec la réputation d'être traditionaliste voire royaliste.
      
    Ils sont escortés de leurs domestiques et de 300 gardes.
      
    Peu à peu, les mois passants....
      
      
    Entre temps, Lénine prend le pouvoir mais étant occupé par la guerre civile ne s'intéresse pas tout de suite aux Romanov – ils s'adaptent à leur nouvelle vie et cultivent le jardin de leur nouveau résidence. Ils peuvent se rendre à l'église de la ville et peuvent recevoir des visites. Mais l'ennui commence à les ronger.
      
      
    Ils ne sont plus informés de la situation politique du dehors.

    En Mars 1918, le Tsarévitch Alexeï est blessé mais les sources manquent pour savoir exactement ce qu'il s'était passé il y a donc deux hypothèses plausibles et une troisième presque certainement improbable :

     
    Alexeï s'ennuyait et a joué avec une luge dans les escaliers sans penser aux conséquences.
    Alexeï a été brutalisé par l'un des gardes qui l'aurait lancé dans les escaliers.
    Alexeï a tenté de se suicider, ne supportant pas tout ce qu'il se passait.

    Il ne pourra plus marcher et son état de santé s'aggrave, ayant contracté une importante toux aggravant son état. En Avril, le pouvoir bolchevique ordonne le déplacement de la famille vers l'ouest.
      
      
    Le Tsar, la Tsarine, la Grande-Duchesse Maria et les domestiques partent mais les autres membres de la famille restent au près d'Alexeï se remettant très péniblement. Ce n'est qu'un mois plus tard que le Tsarévitch accompagné de ses sœurs rejoindront leurs parents et leur sœur à Iekaterinbourg.

    Les derniers Romanov de l'Empire russe



     
    Disparition et « destruction des preuves
     
    En mai 1918, la famille est de nouveau réunie à Iekaterinbourg, une ville de Sibérie située dans l'Oural. Il s'agit ici d'une région politiquement hostile aux Romanov, le cœur du bolchevisme dans l'Oural.
      
    Image du Blog croissantdelune.centerblog.net
      
    Ils sont gardés par 70 gardes bolcheviques, des ivrognes, des à demi-fous et ne vivent plus que dans 5 pièces contiguës.
      
      
    Les fenêtres sont obstrues avec de la peinture afin d'empêcher qu'on puisse voir de l'intérieur à l'extérieur et inversement. Des palissades de 3 mètres de hauts sont montées autour de la propriété. La seule nourriture qui leur ait donnée, ce sont des rations militaires dont la moitié leur est volée par leurs gardes.
     
    Les jeunes filles sont soumises à une pression psychologique considérable, n'ayant pas le vocabulaire nécessaire pour s'expliquer la situation.
    Les gardes dessinent sur les murs des scènes obscènes.
     
    C'est une déchéance dans tous les sens du terme...
      
    Leurs vêtements tombent en lambeaux, la Tsarine doit raccommoder les vêtements de son mari.
      
    Ils ne peuvent plus boire de thé, n'ont plus accès au sucre ni au tabac.
     
     
      
      
    Les humiliations sont monnaies courantes.
      
      
    Une chaîne vieille de plusieurs siècles représentant Saint-Georges et appartenant à Alexeï lui est presque arrachée au cours d'un violent incident avec un garde qui aurait intenté à sa vie. Les jeunes filles sont fouillées à n'importe quelle heure pour des raisons aussi futiles que perverses.
     
    Nicolas et Alexandra tombent finalement dans le fatalisme et le fanatisme religieux, passant le plus clair de leur temps à prier, dans leur chambre.
      
    Tandis qu'Alexeï, Olga et Tatiana restaient ensemble, se soutenant mutuellement.
      
      
      
    Maria et Anastasia auraient été les moins physiquement et psychologiquement touchées par tous ces événements et auraient gardés leurs caractères intacts.
     
    Le 4 juillet 1918 un nouveau chef de garde arrive, il s'agit de Iakov Mikhaïlovitch Iourovski un fanatique bolchevique haïssant les Romanov dans leur ensemble alors qu'il est issu d'une famille vouant un culte aux Romanov.
      
      
    C'est avec son arrivée que le début de la fin commence. Il commence les préparatifs pour accomplir l'ordre qu'il a reçu venant d'un comité constitué entre autres, de Lénine, de Trotski et de Staline. Cet ordre est...d'exterminer tous les prisonniers jusqu'au dernier ainsi que leurs serviteurs.
     
     
     

     
    Le 17 juillet, à 1H du matin Iakov vient lui-même réveiller Nicolas et sa femme, leur disant de se préparer ainsi que leurs enfants, des troubles auraient éclatés en ville et pour leur sécurité on doit les déplacer.
      
      
      
    Trois quarts d'heure plus tard, le Tsar portant son fils toujours incapable de marcher, la tsarine, ses filles et leurs domestiques sont emmenés dans l'une des caves de la maison.
      
      
    On leur dit que l'on s'apprêter à prendre une photo pour assurer à Moscou leur bonne santé. La Tsarine demande s'il n'y a pas de chaises et Iakov donne l'ordre que l'on en apporte.
     
    Deux chaises sont apportées, la Tsarine s'assied sur l'une d'entre elles et le Tsar installe son fils sur l'autre. Le Tsar se place au milieu des deux chaises et le reste de la famille ainsi que les serviteurs se placent derrière eux.
      
      
      
    Quelques instants plus tard, Iakov rentre dans la pièce, accompagné de 11 gardes. Et il déclare, dépliant un document « Étant donné que vos parents continuent leurs actions à l'encontre de la Russie soviétique, vous Nicolas Romanov et toute votre famille allez perdre la vie sur le champs. «
     
    Le Tsar tourna alors la tête d'abord vers son fils, puis vers sa femme et enfin vers ses autres enfants avant d'avancer d'un pas et de dire « Quoi... ? Qu'est-ce ?
      
      
      
    Pour réponse, Iakov lui montra le document avant de jeter ce dernier à terre et de sortir son revolver de sa poche.
      
    Nicolas se serait alors écrié
      
    « Dieu, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. «
     
    Le massacre aurait alors commencé...
      
    Le Tsar est tué d'une balle dans le cœur et meurt sur le coup, en tombant, sa main frôle celle de son fils qui ne bougeait pas, tenant fermement les bras de sa chaise.
      
      
    La Tsarine reçoit une dizaine de balles dans le ventre en tentant de faire le signe de croix.
      
      
    Et très vite tout s'accélère, quelques cris et un épais nuage de poussières
    envahissent la pièce.
     
    Iakov fait évacuer la pièce, le temps de faire dissiper la fumée afin de voir qui vivait encore. Quelques minutes plus tard, la fumée s'est dissipée et...stupéfaction !
      
      
    Les quatre Grande-Duchesse entourent le Tsarévitch, fessant rempart avec leur corps. Mais deux d'entre elles, Olga et Maria sont blessées.
     
    La fusillade continue, les corps tombent les uns après les autres dans un bain de sang épouvantable. On poignarde à tout vas tous les corps, on donne des coups de poings et de pieds et on achève à coup de baïonnette.
      
      
    Lorsque tous semblent morts, Anastasia et Alexeï montrent encore des signes de vie, Iakov décide de les achever lui-même. Anastasia reçoit une balle en plein front et cesse de bouger...Alexeï reçoit trois balles derrière l'oreille et perdit les dernières goûtes de vie qu'il lui restait.
     
    Au total 103 balles ont été tirées, une cinquantaine de coups de baïonnettes et une trentaine de coups de couteaux. Le Tsarévitch a reçu l'équivalent d'un chargeur complet en plein torse ainsi qu'une balle dans la jambe et trois balles dans la tête.
      
      
    Quand aux jeunes Grande-Duchesses leur sort n'en fut pas moins funeste.
      
      
    Balles, baïonnettes, couteaux, elles moururent en souffrant, étalées dans une marre de sang.
     
    Une fois assurés que tous sont morts, on transperce une fois de plus les corps à coups de baïonnettes, pour se « venger de l'ancien régime « selon Iakov. On emballe les dépouilles dans des draps et on les charge dans une camionnette.
      
      
    Une demi-heure plus tard, en pleine forêt de Koptiaki, le véhicule est coincé dans la boue et Iakov décide qu'on placera les corps là même.
     
    On jette les corps sur le sol et on leur vole leurs vêtements et leurs derniers bijoux. Alexeï et Maria sont jetés au feu alimenté au pétrole –
      
      
    Après que le crâne du Tsarévitch eut été scié -.
      
    Quand à Nicolas, les autres Romanov et les serviteurs, ion leur jette de l'acide sulfurique sur leur dépouille et on les enterre sur place. Quelques heures plus tard, les corps carbonisés et en pièces du Tsarévitch et de la Grande-Duchesse sont enterrés un peu plus loin...
     
     
     
    Les derniers Romanov de l'Empire russe
    La cave où eut lieu le massacre, photo prise quelques heures après le meurtre.
     
     
    Les usurpateurs d'identité, les faux Romanov.

    L'affaire des Romanov ayant été l'un des plus grand mystères du XXe siècle, il est normal que des centaines de personnes se soient faits passées pour eux, attirées par l'appât du gain pour la plupart.
      
    Plus de 400 femmes se sont déclarées être Anastasia, 100 hommes se sont déclarés être Alexeï et environ 80 et 30 se sont respectivement déclarés être Tatiana et Maria.
     
    Parmi les imposteurs, les plus célèbres sont
    Anna Anderson et Eugenia Smith pour Anastasia
    &
    Vassili Filatov et Alexei Tammet-Romanov
    – Le nom “Romanov” est autoproclamé – pour Alexeï.


     
    Fin des énigmes et la vérité enfin dévoilée au grand jour.

     
      
    Dans la fin des années 1980, une équipe russe spécialisée découvre une fosse commune correspondant à l'endroit décrit par Iakov Iourovski où il aurait fait déposer les dépouilles d'une partie des membres de la famille Romanov.
      
      
    Tous les squelettes sont extrais de la “tombe” et étudiés, il en ressort qu'il s'agirait du Tsar, de la Tsarine, de la Grande-Duchesse Olga, de la Grande-Duchesse Tatiana et de la Grande-Duchesse Anastasia ainsi que les restes de leurs serviteurs.
      
    Il manquait donc les restes du Tsarévitch Alexeï et de la Grande-Duchesse Maria...
      
    Certains dirons qu'ils furent totalement incinérés, d'autres dirons qu'ils ont survécus et en ont réchappé...
     
    Quoi qu'il en soit, le Président Boris Eltsine a présenté des excuses publiques pour l'atrocité commise disant
    Nous sommes tous coupables"
      
      
      
    Pendant de longues années, on s'est tu, mais il faut dire la vérité sur l'une des pages les plus honteuses de notre histoire.
      
    Sont coupables ceux qui ont commis ce meurtre mais aussi ceux qui ont justifié pendant des décennies cette cruauté insensée. "
     
    En 1998, les Romanov retrouvés bénéficient d'un enterrement national et son enterrés avec leurs ancêtres dans la Cathédrale Saint-Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg.
      
    En 2000, l'église orthodoxe russe canonise l'ensemble de la famille impériale > Saint Tsar Nicolas, Sainte Tsarine Alexandra, Saint Tsarévitch Alexeï, Sainte Olga, Sainte Tatiana, Sainte Maria et Sainte Anastasia.
      
    Et depuis lors, ils sont vénérés en tant que martyrs.
      
      
      
    Depuis le début du XXIe siècle, les croyants orthodoxes attribuent la renaissance de la religion et son expansion comme un effet des prières de leurs nouveaux saints impériaux.
      
      
      
    Suivez ce lien pour voir la vidéo de la canonisation > -http://www.youtube.com/watch?v=Fyg0xDmg7Lg-

    En 2007, une nouvelle fosse est retrouvée à quelques mètres de la première, y sont retrouvés une partie d'un crâne sur lequel se trouvent des marques de scies, un morceau d'hanche,
    7 dents, 3 balles et quelques morceaux de tissus ainsi que 2 jarres ayant contenus du pétrole et de l'acide sulfurique.
      
    Ces restes sont officiellement identifiés en 2008 comme étant
    ceux du Tsarévitch Alexeï et de la Grande-Duchesse Maria.
     
    Officiellement pour des raisons financières, ils ne sont toujours pas enterrés au près des leurs et sont entretenus dans deux boîtes différentes à Moscou, dans les archives nationales...
     
     
     
    Les derniers Romanov de l'Empire russe
     
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    Ci-dessous, une vidéo faîte par un utilisateur de Youtube en leur honneur.
     

    Notes.

    Sources: Divers documentaires ainsi qu'un livre " Les Romanov, une dynastie sous le règne du sang " d'Hélène Carrère d'Encausse aux éditions Fayards.
    C'est grâce à Piere Gilliard qu'il existe de nombreuses photos des Romanov, les bolcheviques auraient détruits des centaines de photos appartenant aux Romanov.
      
      
      
    Ainsi, grâce aux photos qu'il a rapportés ainsi ses notes et ses témoignages nous en savons beaucoup sur cette ultime famille impériale russe qui aura connu une fin tragique et qui du assumer les erreurs de leurs ancêtres.
     
    Ci-dessous, quelques sites dédiés aux Romanov:
     
     
     
       Les derniers Romanov de l'Empire russe   
      
      
    Squelettes de Romanov, examen médico-légal
     
    Sources
     
    http://fictions-chao-druty.skyrock.com/3189921683-Les-
    derniers-Romanov-de-l-Empire-russe.html
     
     
     
     
     
     
     
     
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    Bien que le mécontentement social ait été l’une des principales caractéristiques du Temps des troubles, aucune réforme importante n’est entreprise. Au lendemain de cette période de chaos, les premiers Romanov trouvent un pays en ruine, complètement désorganisé, amputé d’une partie de son territoire et de 50 % de sa population. Leur règne est celui du lent redressement de la Russie.

      

    Michel Fedorovitch (1613-1645) et son fils Alexis Ier (1645-1676) accomplissent une œuvre législative importante. Le premier fait dresser un cadastre et recenser la population dans le but de répartir plus équitablement l’impôt, tout en luttant contre les abus de pouvoir des fonctionnaires provinciaux ; il fait du zemski sobor un conseil national plus ou moins permanent qui donna à la Russie de vagues allures de monarchie parlementaire.

      

     

     

    Naissance de la Dynastie des ROMANOV

     

      

      

    Son fils et successeur multiplie les impôts, promulgue de nouvelles lois destinées à renforcer les pouvoirs des propriétaires terriens sur leurs serfs et doit, dans un climat de crise sociale aiguë, réprimer de nombreuses émeutes, dont l’une très violente à Moscou en 1648.

    Le code adopté en 1649, qui attache définitivement les paysans à la terre, ne fait qu’augmenter le nombre de serfs en fuite, qui rejoignent pour la plupart les établissements cosaques des basses vallées de la Volga, du Dniepr et du Don. Dès 1667, une grande révolte éclate dans le sud-est de la Russie sous la direction d’un hetman des cosaques du Don, Stenka Razine. Elle est réprimée l’année suivante avec grande difficulté par les forces du tsar conduites par les princes Dolgorouki et Bariatinski. Cette première grande révolte paysanne est l’archétype des soulèvements paysans qui suivront et qui seront toujours dirigés plutôt contre la noblesse terrienne que contre le tsar.

     
    Parallèlement, la Russie progresse en tant que puissance européenne et, dans les centres urbains, l’influence de l’Europe occidentale dissipe enfin l’isolement provoqué par la période d’occupation mongole. En 1654, les cosaques zaporogues d’Ukraine, conduits par l’hetman Bogdan Khmelnitski, se rebellent contre le gouvernement de la Pologne et offrent leur allégeance au tsar Alexis Ier.

     

    La Russie est victorieuse dans la guerre qui s’ensuit avec la Pologne. La signature du traité d’Androussovo en 1667, lui fait recouvrer Smolensk (perdue en 1611) et l’Ukraine orientale, y compris Kiev.

    Le retour de l’Ukraine hâte les réformes du rituel de l’Église russe. L’Ukraine est un district métropolitain du patriarche de Constantinople et, pour mieux s’intégrer au reste de la Russie, l’Église ukrainienne est amenée à accepter l’autorité du patriarche de Moscou. Dans le but de rapprocher l’Église russe des traditions grecques, Nikon, patriarche de Moscou de 1652 à 1658, introduit des réformes du rituel et commande de nouvelles traductions des Livres saints. Ces initiatives provoquent une véritable rupture au sein de la communauté des fidèles. Lors d’un concile de l’Église en 1666, les dissidents traditionalistes, ou raskolniki, sont déclarés schismatiques. Des millions de ceux que l’on appelle les « vieux-croyants », conduits par l’archiprêtre Avvakoum, se trouvent ainsi exclus d’une participation complète à la vie russe et sont souvent déportés en Sibérie.

     
     
    Alexis Ier Mikhaïlovitch

     

    C’est sous le règne de Fedor III (1676-1682), fils et successeur d’Alexis Ier, que la Russie remporte sa première guerre contre l’Empire ottoman : le traité de Bakhtchisaraï, signé en 1681, fait de la région située entre le Don et le Dniestr une sorte de zone de transit, destinée à rester inoccupée.  Fedor III meurt sans héritier, et son demi-frère, Pierre, futur Pierre Ier le Grand, est désigné tsar. Mais la demi-sœur aînée de Pierre, Sophie Alexeïevna, réussit à faire nommer co-tsar son frère, le faible d’esprit Ivan V, tandis qu’elle prend le titre de régente. Après l’échec de ses tentatives pour priver Pierre Ier de son droit au trône puis de le faire assassiner avec sa mère Nathalie Narychkine, Sophie est contrainte d’abandonner tous ses pouvoirs en 1689.

      

    "Russie" Encyclopédie Microsoft® Encarta® en ligne 2009

      

      

      

     

     

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    Nicolas et Alexandra Les Grandes-Duchesses Le Tsarévitch Alexis




    "Personne ne devait savoir qu'on avait massacré des enfants au nom d'une "juste cause". Personne ne devait soupçonner que l'idée généreuse du communisme avait été tuée avec ces mêmes enfants dans la maison Ipatiev. Car le communisme n'est pas mort le 9 novembre 1989 avec la chute du mur de Berlin. Il est mort le 17 juillet 1918 à Ekaterinbourg."

    ~ Marcel Godfroid ~


     

     

     

     


     


     

    Nous sommes à l'aube du vingtième siècle. La dynastie des Romanov vient de fêter son trois-centième anniversaire à la tête de l'Empire de Russie. Nicolas II, l'actuel empereur, est l'héritier d'une longue lignée de Tsars et de Tsarines qui ont fait de la Russie le plus vaste empire du monde. Si une phrase pouvait résumer l'époque de la Russie tsariste, celle-ci ressemblerait sûrement à : "Pas de pitié pour les traitres, et encore moins pour les faibles".

    Et, en effet, près de la moitié des tsars qui se sont succédés à la tête de la Sainte Russie ont été assassinés, le plus souvent par faiblesse et par manque d'autorité. Une petite rétrospective de l'histoire de la Russie impériale s'impose afin de mieux comprendre l'histoire des derniers Romanov.


    L'avènement des Romanov

    C'est en 1598 que s'éteint, à la mort du tsar Fedor Ier, la dynastie des Riourikides, la première dynastie régnante de Russie (la Rus'). La même année, Boris Godounov, le beau-frère et directeur de conscience du dernier représentant des Riourikides, se proclame tsar de la Rus' de Kiev et débute alors une période agitée appelée le "Temps des troubles". En dépit de ses efforts pour endiguer les crises politiques et sociales, Boris Godounov ne parvient pas à consolider l'Etat.

    Pis, il est accusé d'avoir fait assassiner le fils d'Ivan le Terrible et demi-frère de Fedor Ier, Dimitri (âgé de huit ans), afin de s'emparer du pouvoir. En 1605, Boris Godounov meurt brutalement, ouvrant une période de crise politique, peuplée d'aventuriers et d'usurpateurs. Son épouse et son fils de seize ans, Fedor II, sont massacrés par des Boyards qui s'emparent du pouvoir.

    De nombreux inconnus prétendent alors être le Tsarévitch Dimitri, fils survivant d'Ivan le Terrible et héritier au trône. L'un d'entre-eux sera même proclamé tsar, mais son règne ne durera qu'un an avant qu'il ne soit assassiné.

    Un autre faux-Dimitri se proclamera également tsar, mais n'est pas parvenu à s'emparer de Moscou. Pour mettre un terme à ces troubles qui déstabilisent l'Etat, le Zemski sobor (Congrès de la Terre russe) élit le 21 février 1613 un nouveau tsar, Michel Romanov, en sa qualité de petit-neveu d'Anastasia Romanova, la première femme d'Ivan le Terrible. Sa prétention au trône est donc légitime. Lors de son élection, le jeune Michel (âgé de seize ans), ne se trouve pas à Moscou, mais à Kostroma, au monastère Ipatiev.

    Trois siècles plus tard, en 1918, le tsar Nicolas II et sa famille seront assassinés dans la maison Ipatiev. La dynastie des Romanov est donc née au monastère Ipatiev, pour s'éteindre dans la maison Ipatiev. Tout un symbole !


    Les tsars de la dynastie Romanov

    Autoritaire sans être sanguinaire, Michel Ier utilise sa légitimité pour mettre fin aux désordres et renforcer les pouvoirs du souverain. A sa mort en 1645, le premier tsar Romanov laisse un pays en bon état, où l'autorité est restaurée. Son fils, Alexis Ier, est surnommé Alexis le très paisible pour son ouverture d'esprit et sa clémence. Cela ne l'empêche cependant pas d'adopter durant son règne un nouveau code légalisant le servage à travers toute la Russie. Alexis Ier aura douze enfants, dont le plus jeune deviendra Pierre le Grand. Le règne de celui-ci commence en 1682, conjointement avec son demi-frère, Ivan V, et sa demi-soeur, Sophie. Suite à un complot formenté par Sophie contre sa personne, Pierre, jeune homme de dix-sept ans, écarte son frère et sa soeur du pouvoir. Le nom de ce souverain incarne la modernisation et l'occidentalisation de la Russie.

    En 1704, il décide la construction de Saint-Pétersbourg sur le modèle des métropoles occidentales. Dès 1712, il en fait la capitale de l'empire. La Russie de Pierre Ier s'impose ainsi dans le monde entier. Tous ces succès qui font tant la gloire du tsar cachent cependant une autre facette de sa personnalité. A l'instar d'Ivan le Terrible, Pierre le Grand était un souverain particulièrement cruel. En effet, il n'hésitait pas à prendre part aux séances de tortures infligées à ses opposants et ira même jusqu'à faire fouetter à mort son propre fils, Alexis, hostile aux réformes de son père, en juin 1718.

    En 1725, Pierre meurt et c'est son épouse, Catherine, qui devient impératrice de Russie, contre la volonté du défunt monarque qui l'avait écartée de la succession. Deux ans plus tard, le 17 mai 1727, l'impératrice est emportée par la maladie à l'âge de quarante-trois ans. Deux monarques succèdent à la première impératrice Romanov, Pierre II et Anna Ivanovna, mais aucun d'entre-eux ne se montre à la hauteur de la succession du désormais légendaire Pierre le Grand.

    En 1741, Elisabeth Petrovna, la fille de Pierre Ier, accède au pouvoir par un coup d'Etat. La seconde impératrice de Russie se révèle être la digne héritière de son père en développant considérablement l'empire. Elle décède le 25 décembre 1761, après vingt ans de règne, sans aucune descendance.


    Les Holstein-Gottorp succèdent aux Romanov sous le nom de... Romanov !

    Avant de disparaître, Elisabeth Ière avait désigné son neveu, Pierre de Holstein-Gottorp, pour lui succéder. La branche des Holstein-Gottorp, d'origine germanique, descend de Pierre le Grand. Elle adopte le nom de Romanov et règnera sur la Russie jusqu'en 1917. Intronisé sous le nom de Pierre III en 1761, ce nouveau souverain âgé de trente-trois ans ne brille pas par son intelligence.

    Devant l'incapacité de son époux à gérer convenablement les affaires de l'Etat, Sophie d'Anhalt-Zerbst, princesse d'origine allemande connue en Russie sous le nom de Catherine, s'empare du pouvoir par un coup d'Etat le 28 juin 1762 et fait exécuter Pierre III, l'homme qui a été son mari pendant plus de dix-sept ans.

    Catherine est couronnée le 22 septembre 1762 sous le nom de Catherine II, dite la Grande.

    Correspondante des plus grands philosophes français tels que Voltaire et Diderot, Catherine la Grande a hissé la Russie au rang des grandes nations et, malgré ses origines allemandes, s'est montrée à la hauteur de l'empire de Pierre le Grand. Elle décède en 1796 et laisse la place à son unique fils légitime, le timide Paul Ier. Intelligent et érudit, mais aussi imprévisible et colérique, il a grandi dans la haine de sa mère, et n'a cherché qu'à détruire son oeuvre. Toute sa vie, il a été hanté par l'assassinat de son père et ne voyait que des complots autour de lui, au point de sombrer dans la folie.

    En 1801, un complot voit cette fois véritablement le jour. Paul Ier est assassiné dans la nuit du 11 au 12 mars 1801 avec la complicité passive de son fils, le futur Alexandre Ier, qui en portera toute sa vie la culpabilité. Alexandre Ier est couronné tsar quelques jours plus tard. Son règne est placé sous le signe du conflit.

    A l'extérieur, il subit les défaites d'Austerlitz et de Friedland face à Napoléon Ier, tandis qu'à l'intérieur, il repousse la Grande Armée parvenue aux portes de Moscou au moment même où la révolte gronde dans les rangs de l'armée. Alexandre Ier décède officiellement le 1er décembre 1825 de la typhoïde à l'âge de quarante huit-ans. A cette époque, des rumeurs prétendaient que le tsar n'était pas mort, mais qu'il s'était retiré en secret de la vie politique, comme il l'avait toujours souhaité.

    Parmi les différentes versions accréditants cette thèse, on retiendra le nom de Fedor Kouzmitch, un moine sibérien qui ressemblait étrangement au tsar défunt et dont les connaissances sur la politique de l'Etat en étonnait plus d'un. Il meurt en 1864. En 1926, Staline, exaspéré par toutes les spéculations entourant la mort d'Alexandre Ier, fit ouvrir sa tombe : elle était vide. Au lieu de faire taire les rumeurs, cette découverte ne fit que les raviver. Encore aujourd'hui, le mystère reste entier.

    Alexandre Ier n'ayant pas de descendance mâle, c'est son frère, Nicolas, qui devient tsar de Russie sous le nom de Nicolas Ier. Surnommé le "gendarme de l'Europe", Nicolas Ier n'était guère populaire. Sa mort en 1855 provoque la joie à l'étranger, mais aussi en Russie, où il était appelé "l'ennemi du genre humain".

    Son fils, Alexandre II, abolit le servage en 1861, tandis que la révolution industrielle transforme le pays en profondeur. Un vent réformateur parcours alors la Russie. Le 1er mars 1881, le tsar est assassiné, après un énième attentat perpétré contre sa personne . Son successeur, Alexandre III, en tant qu'autocrate convaincu, affirme les pouvoirs suprêmes du souverain, tandis que le pays s'enfonce dans l'agitation révolutionnaire. Il meurt subitement en 1894 à l'âge de quarante-neuf ans en laissant comme héritage à son fils, Nicolas, un Empire à l'agonie.

    LOGOS ANIMES - ROSES
    La fin d'un Empire

    A la mort de son père, Nicolas devient tsar sous le nom de Nicolas II. N'ayant aucun intérêt pour la politique, il confie à son futur beau-frère, le grand-duc Alexandre Mikhaïlovitch : "Que dois-je faire ? Je n'ai pas été préparé à régner. Je ne comprends rien aux affaires de l'Etat. Je n'ai pas la moindre idée de la façon dont on parle aux ministres. Je n'ai jamais voulu être tsar ! Qui peut sauver la Russie ?". La même année, Nicolas épouse une jeune princesse d'origine allemande, petite-fille de la reine Victoria, dont il est amoureux depuis plusieurs années, Alix de Hesse-Darmstadt, connue en Russie sous le nom d'Alexandra Feodorovna. Entre 1895 et 1901, l'impératrice met au monde quatre filles :

    Olga, Tatiana, Maria et Anastasia.

    En 1904, Alexandra met enfin au monde un fils, le Tsarévitch Alexis.

      

      

    La joie des souverains ne dure guère longtemps. Peu de temps après sa naissance, les médecins détectent à Alexis une maladie incurable : l'hémophilie, "la maladie des rois", qui empêche le sang de coaguler correctement.

    Un seul cognement, une seule chute ou un seul saignement de nez, peuvent à tout instant tuer l'unique héritier au trône. Pour sauver la vie de son fils, Alexandra se tourne vers un homme de Dieu qui, semble-t-il, est le seul capable d'arrêter les hémorragies du petit Prince. Il s'agit de Grigory Raspoutine, un moujik venu de Sibérie. Sa vie de débauché ternie à jamais l'image des Romanov.

      

    Nicolas II doit également faire face à un autre problème. Tandis que les troubles révolutionnaires gagnent en intensité, le tsar n'arrive plus à imposer son autorité et peine à s'engager sur le chemin des réformes. C'est dans le contexte de la Première Guerre Mondiale que l'opposition sociale-démocrate, dominée par les bolchéviques, jure la perte de la Monarchie. La Révolution est en marche et elle emportera tout sur son passage. La dynastie des Romanov en premier.

    Qui étaient vraiment les derniers Romanov ?

    Quelle a été l'influence de Raspoutine ?

    Comment la terrible maladie du Tsarévitch Alexis a-t-elle contribué à la chute de la Russie impériale ?

    Cette section tentera de répondre à toutes ces questions.



     
      
      
      
     
      
    Le kaiser Guillaume II en voyage en Russie.
    De gauche à droite : Alexei, Guillaume II, Olga, Alexandra, Nicolas, et au premier plan : Maria, Anastasia et Tatiana.
      
      
      
      
     
    bougie 80
     
     
     
     
     
     

     
     
     
     
     
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