• Grande Duchesse ANNA PAVLONA

     

     

    Anna Pavlovna (ci-dessus en robe verte auprès de son père ) , née en 1795 , était la plus jeune fille du tsar Paul Ier et Maria Feodorovna (fille du duc de Wurtemberg) et le huitième enfant d'une famille de dix.

     

    Quand elle avait six ans , on retrouva son père mort ( dont il a été dit qu'il était fou), lors d’une tentative de coup d'Etat militaire . Son frère, Alexandre, qui faisait partie du complot, lui succéda. Sa mère a alors résidé à Saint-Pétersbourg avec ses plus jeunes enfants dans les palais sud, Gatchina et Pavlovsk et dans sa résidence d'été de Tsarskoïe Selo.

     

    C’est donc ainsi que grandit Anna avec ses deux plus jeunes frères, Nicolas (1796-1855) et Michael (1798-1849). Tous les trois portaient un anneau identique à celui porté par leur mère : une sorte de « pacte » symbolique les unissant .

     

    Anna Pavlovna avait une gouvernante suisse Louise de Sybourg (Bourcis ) .Elle reçoit une éducation polyglotte: elle a lu, écrit et parlé couramment le russe, l'allemand et le français et a également reçu des leçons de mathématiques et de physique. Pour ses loisirs, elle peignait et brodait des scènes historiques. Dans le palais de Pavlovsk subsistent des peintures faites de sa main et un certain nombre de ses sièges brodés.

     

    Sa mère et ses frères ont toujours eu une grande influence sur Anna, même après son mariage. Elle entretenait avec eux une correspondance intense. Elle aimait beaucoup son frère aîné le tsar Alexandre (1777-1825), mais avait des liens plus privilégiés encore avec Nicolas, son successeur, avec lequel Anna partagea son enfance sur un pied d'égalité (puisqu’il n’était pas pré-destiné à régner à priori) . Après la mort de sa mère en 1828, elle s’est rapprochée de Nicolas qui était son allié et son confident et la gâtait de nombreux cadeaux. De ses sœurs , seulement deux étaient encore vivantes: Mary (1786-1859) et Catherine de Wurtemberg (1788-1819). Si avec la première , elle entretenait de bons rapports , elle considérait la seconde comme « le parent pauvre » de la famille (on explique ainsi le rejet ultérieur d’Anna pour sa belle-fille et nièce Sophie après son mariage avec son fils aîné le prince héritier Willem, qu’elle désapprouva)...

     


     

    Mariage avec Willem II

     

    En tant que grande-duchesse de Russie et sœur du tsar Anna Pavlovna représentait un « bon parti » dans l’Europe des cours royales En 1809 (elle avait quatorze ans) , l'empereur Napoléon , à la recherche d’une seconde épouse vit sa demande rejetée (par Maria Feodorovna qui considérait ce candidat de rang « inférieur » ). A partir de 1814, il fut question de plusieurs autres « candidats au mariage » : avec un prince français (mais catholique…) Charles de Bourbon, prétendant français au trône, duc de Berry et fils du futur roi Charles X , puis avec l'archiduc Ferdinand et le duc de Clarence : toutes ces demandes rejetées, le tsar Alexandre envisagea avec bienveillance une alliance avec le prince héréditaire d’Orange mais cela ne pouvait se faire sans le consentement d'Anna, le tsar Pierre le Grand ayant déterminé qu'aucun Romanov ne devait se marier sans que les partenaires se soient rencontrés au préalable.

     

    Anna a reçu une dot d'un million de roubles. Dans un document séparé, il a été convenu que les enfants recevraient une éducation protestante. Anna elle-même restant fidèle à sa foi orthodoxe russe.

     

     

    Le 21 Février, 1816 à la fois suivant la liturgie protestante et selon le rite orthodoxe russe le mariage religieux fut célébré dans le White Hall du Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg.

     

    En Août 1816, le couple est arrivé aux Pays-Bas, où Anna avait emmené sa gouvernante.

     

    Ils ont résidé temporairement au palais Lange Voorhout à La Haye.

     

    Leurs résidences principales seraient le palais Kneuterdijk à La Haye et le palais Soestdijk à Baarn , qui durent être entièrement rénovés , surtout Soestdijk .De cette époque date l’installation de l'immense peinture de JW Pieneman «Le prince d'Orange lors de la bataille des Quatre-Bras» (1824) , où le prince est auréolé de ses mérites dans la lutte contre Napoléon lors de la célèbre bataille de Waterloo qui a donné à la salle de Soestdijk où elle fut installée le nom de « Hall Waterloo ».

     

    En partie à cause de ses mauvaises relations avec son père , Willem préférait résider à La Haye plutôt qu’à Bruxelles .. Mais Anna préférait elle la vie à la cour de Bruxelles pour son exubérance , qui contrastait fortement avec la vie sobre voire austère de La Haye et qui lui rappelait celle de Saint-Pétersbourg.

     

    Dans les années vingt , la vie d'Anna fut dévouée à ses enfants. Son fils aîné Willem est né le 19 Février 1817 à Bruxelles. A Soestdijk sont nés trois autres fils: Alexander (2 Août 1818), Henry (13 Juin 1820) et Casimir (le 21 mai 1822), un bébé qui est mort peu après quatre mois à Bruxelles. Sa fille unique, Sophie, est née le 8 Avril 1824 à La Haye. L'éducation de son fils aîné, l'héritier, causa à Anna bien des tourments. Elle a parfois été très inquiète pour lui et lui reprochait son «goût inférieur » et une certaine débauche. (Son fils préféré était Alexandre, mais il était en mauvaise santé et mourut en 1848 – à pas encore trente ans - à Madère, où il était soigné pour sa tuberculose. )

     

    A partir de 1829 , le couple connut une période difficile. Quand à Bruxelles , presque tous ses bijoux ont été volés ( ils devaient par la suite être en grande partie récupérés), Anna en fut tellement bouleversée qu'elle accusa alors Willem d’y être impliqué. C'est une indication sur l'image déplorable qu'elle avait alors de son mari dispendieux et prompt à se créer des dettes abyssales . Mais elle était fidèle et quand Willem dans les premières années de la Révolution belge (1830-1839) , qui conduisit à son indépendance , a eu de sérieux désaccords avec son père sur la ligne à tenir , Anna a soutenu son mari chaque fois que possible, essayant d'adoucir et poussant à faire preuve de compréhension pour son attitude. Lorsqu’il fut accusé de duplicité et acculé un certain temps à se réfugier dans la Willemsdorp à Moerdijk, Anna écrivit à son fils aîné préférer « vivre dans une cabane avec son Willem plutôt que de le voir accepter de se déshonorer ».

     

    Reine et Reine Mère

     

    Après l'abdication de Willem Ier (désireux d'épouser sa maîtresse une dame belge...), le 7 Octobre 1840, eut lieu le 28 Novembre , l'intronisation de Willem II dans la Nieuwe Kerk d’ Amsterdam. Anna décrit la cérémonie en détail dans une lettre à son frère le tsar Nicolas. Willem portait sous sa robe royale un uniforme bleu foncé, identique à celui de la campagne de 1831. Anna était vêtue d'une robe de drap d'argent avec dessus , de l'hermine avec un manteau de drap d'or cousu aussi d'hermine .

     

    Sous l'influence d'Anna, la vie à la cour des Pays-Bas devint plus digne d'un roi. Malgré son éducation et son attitude qui en découlait et pouvait parfois paraître pour de l’arrogance , en tant que reine, elle s'est fortement impliquée dans la société néerlandaise. Elle avait appris le néerlandais et le maîtrisait même mieux que son mari (élevé à la cour de Prusse) , avec qui elle parlait souvent français. En 1832, elle vint en aide à l'école royale de couture de Scheveningen , conçue pour aider des femmes dans le besoin et pour faire acquérir des compétences en couture et la broderie à des jeunes filles. Pendant la Révolution belge , elle fonda avec ses fonds propres l'Hôpital Willem à La Haye, pour les soldats blessés. Elle a visité l'hôpital et soigné les blessés là-bas. Après la mort de sa mère Anna a financé grâce à son héritage plusieurs écoles..

     

    En raison de sa position, elle ne pouvait pas partager ses opinions politiques avec le monde extérieur, mais elle se tenait parfaitement au courant de la politique néerlandaise et européenne, ainsi qu'il en ressort de sa correspondance. Également dans le journal du baron de Mackay Ophemert, son chambellan jusqu’en 1862 , qui sera nommé vice-président du Conseil d'Etat, il apparaît qu’elle jouissait d’un certain capital de sympathie dans l'arène politique .

     

    En Mars 1849, Willem tomba gravement malade. Anna et son fils Henry sont venus à Tilburg, où Willem est mort en leur présence le 17 Mars . La Reine Anna était tellement choquée qu'elle a crié et s’est jetée sur son corps sans vie. On rapporte qu’elle passa des heures à genoux auprès de son cadavre . Ses restes ont été transférés à Delft.

     

    On ignore si la reine Anna assista à l'enterrement dans la crypte royale ou non. Dans une lettre du 20 Avril au tsar Nicolas, elle décrit sa visite à la tombe quelques jours plus tard. Son désarroi est si grand qu'elle ne veut plus résider dans le palais de Kneuterdijk . Elle se retira de la vie publique et s’installa d'abord dans la maison de son défunt fils Alexander , mort en 1848. Plus tard, elle a vécu au château Trillion à Velp.

     

    L'héritage de Willem II était surtout composé de dettes. Avec la permission du tsar,Anna a utilisé le produit de la vente d'une partie de ses actifs russes pour pouvoir conserver le palais Soestdijk , son «Waterloo». Par contre les peintures de sa collection d’art, qui avait servi comme garantie pour un prêt important du tsar Nicolas à Willem, partirent pour Saint-Pétersbourg, où elles sont exposées aujourd’hui au musée de l’Hermitage.

     


     

    Dernières années

     

    Anna connut une fin de vie solitaire .. Avec son fils , devenu le roi Willem III , les relations était tendues . Une fois, elle glissa qu’elle était : "contente qu'il soit prince d'un gouvernement constitutionnel». En 1855, un conflit avec lui au sujet de l'attribution du Willems Ordre prit de telles proportions qu’elle songea à quitter le pays et rejoindre sa famille en Russie. Pourtant, elle choisit aussi inconditionnellement de prendre parti pour lui dans son mariage malheureux avec Sophie de Wurtemberg, avec qui, en 1839, il fut marié contre son gré. Elle la décrivait comme une « femme arrogante et pleine de ruse, un fléau sur la terre. " Avec ses enfants Henry et Sophie , Anna eut un lien très fort, mais tous les deux vivaient à l'étranger. Henry, marié à Amalia de Saxe-Weimar(photo ci-dessous),au nom de son frère était gouverneur du Luxembourg et Sophie était devenue en 1853 grande-duchesse de Weimar, par son mariage en 1842 avec Charles Alexandre de Saxe-Weimar, le fils de sa sœur Maria .

     


     

    Anna Pavlovna est morte en 1865 à La Haye et a été inhumée dans le caveau royal de Delft. Dans son testament, elle a légué à son fils Willem III une bourse et une partie de ses bijoux. Ses effets personnels sont allés à ses deux autres enfants. Pour sa fille Sophie : ses domaines de La Haye, et à Henry , Soestdijk

     

    La personnalité et la réputation

     

    Anna Pavlovna a été décrite comme une femme au « port majestueux », consciente de son rang imlpérial , habituée à une cour au protocole strict et à de magnifiques cérémonies.

     

    Elle avait , ce que d’aucuns appellent un « tempérament russe» , c’est à dire être capable de réagir de façon émotive et très déraisonnable ,cette « ferveur » s'exprimant dans des moments de stress ou de grande tension nerveuse. D'autre part, elle était sans conteste une femme intelligente animée d’une certaine « conscience sociale » . Elle était sensible et très dévouée à sa famille et ses amis. Plusieurs fois, elle a joué un rôle de médiateur entre son mari et son père.

     


     

    Anna était très pieuse et a continué même après son mariage à fréquenter l'Eglise orthodoxe russe et à rester fidèle à sa foi et à la culture russe. Elle a fondé dans ses quartiers d'habitation des chapelles , parfois avec le soutien financier du tsar. Certains jours, elle aimait revêtir le costume national russe. En réponse à ces sentiments , son beau-père le roi Willem Ier lui a donné à la naissance de son fils la Maison du Tsar Pierre à Zaandam , un geste qu'elle a beaucoup apprécié. Anna ne fut jamais une reine « populaire », mais elle n’aspirait pas à la popularité. Elle voulait être respectée pour son sens du devoir et son attitude irréprochable, et elle exigeait de sa famille immédiate qu'elle en fit de même. Si Anna Pavlovna était reine des Pays-Bas, elle est toujours restée dans l’âme une grande-duchesse russe .

     

    http://vivamaxima.centerblog.net/rub-reines-consorts-.html

     

     

     

    Partager via Gmail Delicious Yahoo! Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :