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    ROMANOV - la détention ( I )

     

    Suite à l'abdication du tsar Nicolas II, la famille impériale est arrêtée et assignée à résidence dès mars 1917 dans leur palais de Tsarskoie-Selo. Les Romanov, menacés de mort par les troubles révolutionnaires qui font rage dans la capitale impériale, sont exilés par le gouvernement de Kerenski à Tobolsk, en Sibérie, une ville préservée des agitations que connaît la Russie depuis février 1917. Le coup d'état des bolchéviques en octobre 1917 scelle le destin du tsar et des siens. En avril 1918, Nicolas II, Alexandra Fedorovna et leur fille Maria sont transférés dans la capitale rouge de l'Oural, Ekaterinbourg...

     

    Tsarskoie-Selo

    Tobolsk

    Ekaterinbourg

     

     

    Tatiana s'occupe en faisant du jardinage avec son père et quelques servants en 1917.

     

    Après quelques jours éloigné de sa famille, Nicolas, partit en héros à Mokilev, revient prisonnier et hué par la foule au palais de Tsarskoïe-Selo. L'ex-impératrice, ses filles et son fils, l'attendent toute la journée. A son arrivée, ils se mettent tous à pleurer. A présent, ils ne sont plus que des prisonniers. Mais leur captivité à Tsarskoïe-Selo commence plutôt bien. Les grandes-duchesses vont souvent discuter avec les gardes pour leur décrire la vie qu'elles voudraient avoir une fois qu'elles seraient libérées. En plus de cela, pour passer le temps, Pierre Gilliard, leur précepteur, continue à leur apprendre le français et leur fait jouer des pièces de théâtre. Alexandra lit et s'occupe d'Alexeï toute la journée.

      

    Nicolas trouve quant à lui une activité qui occupe la famille et qui permet aussi de ne pas dépenser tout l'argent qui leur est accordé: il cultive avec ses enfants un potager. N'ayant presque plus de servants à leurs côtés, ils doivent presque tout faire par eux-mêmes. Les gardes sont d'ailleurs étonnés, même si la Tsarine a du mal à s'accommoder à sa nouvelle façon de vivre, le Tsar et ses enfants s'y sentent parfaitement à l'aise et mettent facilement la main à la pâte: en plus du potager, Nicolas s'occupe des jardins, les grandes-duchesses et le Tsarévitch aident quant à eux les servants dans les tâches quotidiennes.

     

    Anastasia, Maria et Tatiana en captivité au palais Alexandre en 1917.

    Tatiana et Anastasia en captivité en 1917.

     

    Après plus de quatre mois de captivité, la vie au palais devient très monotone.

     Les Romanov n'ont plus aucune nouvelle du monde extérieur depuis bien longtemps. Pourtant, beaucoup de menaces pèsent sur eux: des manifestations dans la capitale demandent l'exécution du Tsar, surnommé à présent "Nicolas le sanglant" ou bien encore "le boucher couronné". Kerenski, chef du gouvernement provisoire s'en inquiète, mais se soucie aussi d'autre chose: les royalistes deviennent de plus en plus menaçants et une prise du palais pour la libération de l'ex-famille impériale, devient, à long terme, inévitable.

    Il doit agir pour garder les prisonniers en captivité mais aussi en toute sécurité. Cependant, aucun pays, même l'Angleterre dont le roi Georges V est le cousin germain de Nicolas, ne veulent d'eux. Ils sont donc condamnés à rester en Russie.

    Mais où ? L'impératrice propose la Crimée, où la famille possède un palais. Kerenski refuse cette solution: il ne peut pas faire ce traitement de faveur aux souverains détestés de presque tout le pays.

    Il doit trouver un endroit digne d'une rude captivité mais aussi un endroit où ils seront en sécurité, loin des mouvements révolutionnaires. Il trouve alors une idée: les envoyer dans la profonde Sibérie. Kerenski trouve d'ailleurs une ville calme, bien à l'abri des idées révolutionnaires, la ville de Tobolsk. A cet endroit, leur sécurité sera assurée. De plus, il ne risque pas de voir la famille s'évader: le chemin de fer le plus proche se trouve à 300 kilomètres.

     

    OTMA en captivité

    De gauche à droite: Maria, Olga, Anastasia et Tatiana en 1917, se reposant après s'être occupées du potager.

      

    Le 30 juillet 1917, Kerenski vient rendre visite aux Romanov. Il leur annonce qu'ils ne sont plus en sécurité à Tsarskoïe-Selo, et que leur départ se fera dans les jours prochains. Nicolas lui demande pour quelle destination, mais il ne répond pas. Il ajoute seulement qu'ils doivent préparer des vêtements chauds. C'est une grande déception pour la famille, qui espérait se voir exiler vers le sud.

    Les Romanov quittent le palais le 1er août 1917, très tôt le matin, afin que personne ne s'attaque à eux. Avant de partir, Pierre Gilliard et les grandes-duchesses font un dernier tour dans le parc du palais, Maria et Anastasia ne peuvent s'empêcher de verser quelques larmes. A cinq heure du matin, les calèches où ont pris place la famille impériale, Pierre Gilliard, Sydney Gibbes, le docteur Botkine et quelques servants quittent Tsarskoïe-Selo. Ils ne reverront jamais plus leur palais bien-aimé.

     

    sources :http://www.les-derniers-romanov.com/tsarkoie-selo.php

    De gauche à droite: Anastasia, Olga, Alexei, Maria et Tatiana. Du fait des médicaments qu'ils utilisaient contre la rougeole, les cheveux des enfants sont tombés quelques temps après l'abdication de Nicolas. 

     

    sources : http://www.les-derniers-romanov.com/tobolsk.php

      

      

      

      

      

      

     

     

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    La maison où logeait la famille impériale à Tobolsk, on peut y voir les palissades qui entouraient le jardin lors de la captivité des Romanov.

    Le 6 août 1917, après cinq jours de voyage, la famille impériale arrive enfin à Tobolsk. A leur arrivée, on les emmènent dans la maison du gouverneur de la province, une vaste bâtisse blanche et confortable. Kobylinski, chargé de leur surveillance, s'efforce d'adoucir le sort des captifs.

      

    Mais des palissades furent construites tout autour de la maison et le tsar ainsi que ses enfants souffrent du manque d'espace pour circuler dehors, car ils n'ont le droit de marcher que dans un tout petit jardin. Le docteur Botkine, sa fille et les autres suivants de la famille impériale logent dans une villa en face de celle des Romanov.

      

    Tatiana Botkine, fille du médecin de la famille impériale, témoigne:

    "Des fenêtres de ma chambre, on voyait la maison où logeaient Leurs Majestés et l'espace réservé à leurs promenades. Ce matin-là, malgré la pluie, Sa Majesté et Leurs Altesses sortirent se promener à onze heures et je les vis pour la première fois ici, après Tsarskoïe-Selo. Sa majesté, vêtue d'un manteau de soldat et coiffée d'une casquette militaire, allait d'une barrière à l'autre, du pas vif qui lui est habituel. Les grandes-duchesses Olga Nicolaïevna et Tatiana Nicolaïevna, habillées de capes grises et coiffées de chapeaux ouatés, bleu et rouge, marchaient rapidement à côté de leur père, et Anastasia Nicolaïevna et Maria Nicolaïevna, assises sur une barrière intérieure séparant le potager des magasins à provisions, bavardaient avec les soldats de garde."

     

    Les Romanov lors de leur arrivée à Tobolsk en 1917. De gauche à droite: Tatiana, Anastasia, Maria, Olga, Nicolas, Alexandra et Alexei.

     

    Nicolas ne reçoit presque aucune nouvelle de Petrograd, et les rares qu'il reçoit proviennent d'un journal local. Il y apprend avec effroi que Lénine, un homme qu'il ne connaît que de réputation, est revenu de Suisse pour la Finlande et qu'il compte s'emparer du pouvoir. Cela ne rassure guère les Romanov: il serait apparemment prêt à couvrir la Russie de cadavres pour assurer le triomphe de son idée fixe. Bientôt, le gouvernement provisoire est renversé par les bolchéviques lors de la prise du palais d'hiver.

      

    Kerenski s'est enfuit et ses ministres ont été arrêtés. A présent, le sort des Romanov semble scellé, ils sont condamnés à mourir: les bolchéviques sont à la tête de la Russie et prennent comme siège Moscou qui devient la nouvelle capitale. La nouvelle de la chute de Petrograd parvient à la famille impériale le 15 novembre 1917. Mais Nicolas tient bon et ne laisse rien transparaître. L'impératrice admire d'ailleurs son mari pour cela: "Il est tout simplement merveilleux, écrit-elle à Anna Vyroubova. Tant de douceur et de mansuétude, alors qu'il ne cesse de souffrir pour la patrie!"

     

    Nicolas et Alexei en hiver 1917 à Tobolsk.

    De gauche à droite: Olga, Nicolas, Anastasia et Tatiana en hiver 1917-1918.

      

      

    Ces événements précipitent les Romanov dans une grande précarité: "Je fais tout moi même, écrit Alexandra, je tricote des chaussettes pour Alexei, les pantalons de Nicky sont couverts de pièces et de reprises, le linge de corps des filles est en lambeaux. On ne nous autorise plus les promenades, si ce n'est devant la maison à l'intérieur des clôtures, mais ça permet quand même de prendre l'air".

    En décembre, le thermomètre descend jusqu'à - 38°C, malgré le feu allumé, il fait très froid à l'intérieur de la maison. Mais les prisonniers tiennent bon, Alexeï ne s'est jamais senti aussi bien depuis longtemps. D'ailleurs, il improvise des pièces de théâtre avec son père, ses soeurs, et Pierre Gilliard, qu'ils jouent pour passer le temps.

    Mais l'arrivée des bolchéviques au pouvoir, change le comportement des soldats envers les Romanov, ils deviennent de plus en plus distants. La captivité de la famille impériale devient de plus en plus difficile. Bientôt, les dépenses des détenus seront même réduites, les Romanov n'ont plus le droit de ce rendre à l'église, ou seulement pour les fêtes orthodoxes.

      

    Quelques temps plus tard, un nouveau commissaire est chargé de prendre tête à la garnison qui surveillent les prisonniers, Yakovlev, un homme robuste mais avec des manières courtoises: "Nous sommes tous angoissés, note Gilliard. Nous avons le sentiment que nous sommes oubliés de tout le monde, abandonnés à nous-mêmes, et à la merci de cet homme. Est-il possible que personne ne fasse la moindre tentative pour sauver la famille?"

     

    Alexandra, Olga et Tatiana en 1918 à Tobolsk. Cette photo est la dernière prise d'Alexandra.

    Dernière photo prise de Nicolas et ses enfants sur la verrière de la maison du gouverneur à Tobolsk en avril 1918.

     

    Bientôt, on avertit les Romanov qu'ils vont être prochainement transférés dans une autre ville, mais la santé du tsarévitch c'est énormément dégradée et il lui est impossible de voyager. Le tsar essaie de repousser le départ, mais on lui dit qu'il doit partir de Tobolsk maintenant. Nicolas et Alexandra tentent de négocier pour repousser leur transfert, mais rien n'y fait, Nicolas doit partir. Ils tombent alors d'accord sur un compromis: Nicolas partira avec Alexandra et sa fille Maria. Les autres grandes-duchesses et le tsarévitch rejoindront leur famille une fois qu'Alexeï ira mieux: "Le soir, à dix heures et demie, nous montons prendre le thé, écrit Gilliard. L'impératrice est assise sur le divan, ayant deux de ses filles à côté d'elle. Elles ont tant pleuré qu'elles ont le visage tuméfié." Le lendemain, au petit matin, Nicolas, Alexandra et Maria quittent Tobolsk pour une destination inconnue.

     

    Départ de Tobolsk de Nicolas, d`Alexandra et de Maria

    Calèche où prirent place Nicolas, Alexandra, Maria et quelques servants lorsqu'ils quittèrent tobolsk.

      

    Olga, Tatiana et Anastasia vivent l'horreur à Tobolsk. Le soir juste avant qu'ils ne rejoignent le reste de leur famille, elles se font harcelées toute la nuit par des soldats qui veulent récupérer leurs diamants et leurs pierres précieuses, les soldats fouillent dans leurs affaires mais ne trouvent rien. S'ils n'ont rien trouvé dans leurs affaires, c'est parce que les grandes-duchesses ont cousu leurs bijoux dans les doublures de leurs vêtements.

    Le lendemain, les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Anastasia, le tsarévitch Alexei, Pierre Gilliard, Sydney Gibbs et quelques autres servants quittent Tobolsk. Ils partent comme Nicolas, Alexandra et Maria: par calèche. Ils prennent ensuite un bateau qui doit les conduire jusqu'à Tioumen, "le Rus". A bord du bateau, les grandes-duchesses sont harcelées et même bousculées par les gardes à la recherche de leurs bijoux. Gilliard et Gibbes sont retenus par d'autres soldats et ne peuvent venir en aide aux filles. Gibbes écrit dans ses mémoires qu'il sera "hanté le reste de sa vie par le souvenir des cris des grandes-duchesses."

     

    De gauche à droite: Olga, le docteur Botkine, Pierre Gilliard, la baronne buxhoeveden, Tatiana et Anna Demidova à Tobolsk en 1918.

    Olga, Tatiana, Anastasia et Alexei à Tobolsk au printemps 1918.

      

      

    Une fois arrivés à Ekaterinbourg, Gibbes et Gilliard ont été retenus dans le train pris à Tioumen. Les enfants doivent descendre, Gillard essaie de descendre du train mais est retenu. Il revient alors à la fenêtre du train et écrit les dernières images qu'il a de ses élèves: "Je voulus sortir, mais je fus brutalement repoussé dans le wagon par la sentinelle. Je revins à la fenêtre. Tatiana s'avançait la dernière, portant son petit chien et traînant péniblement une lourde valise brune. Il pleuvait et je la voyais s'enfoncer à chaque pas dans la boue. Nagorny voulut se porter à son aide : il fut violemment rejeté en arrière par un des commissaires."

      

    Les enfants et leurs suivants sont ensuite emmenés auprès de Nicolas, Alexandra et Maria, dans une bâtisse rebaptisée pour l'occasion de manière terrifiante: "La maison à destination spéciale".

     

    sources : http://www.les-derniers-romanov.com/tobolsk.php

     

    Dernière photo prise d'Anastasia lors du trajet en train de Tioumen à Ekaterinbourg en mai 1918.

      

      

      

    Dernière photo d'Olga et d'Alexei prise par Pierre Gilliard, lors du trajet en train de Tioumen à Ekaterinbourg, en mai 1918, soit deux mois avant leur mort.

      

      

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    arrivée de Nicolas, d`Alexandra et de Maria à Ekaterinbourg en 1918

    Représentation de l'arrivée du tsar Nicolas II, de l'impératrice Alexandra Feodorovna et de la grande-duchesse Maria en Avril 1918 à Ekaterinbourg.

    Le 30 avril 1918, le train arrive en gare d'Ekaterinbourg. L'empereur, l'impératrice et la grande-duchesse Maria descendent de leur wagon. Nicolas est vêtu d'une capote en drap militaire et coiffé d'une casquette d'officier. Alexandra et Maria portent des paletots sombres. Ils sont tous les trois calmes, dignes et un peu crispés. Ils prennent place dans une calèche qui doit les emmener au lieu de leur détention. Pendant leur trajet, ils se rendent compte que la population d'Ekaterinbourg les aiment beaucoup moins qu'à Tobolsk, on crie d'ailleurs aux soldats de l'escorte: "Montre-nous les Romanov!"

    Ils sont directement emmenés dans la maison "à destination spéciale", située en plein centre ville d'Ekaterinbourg. Cette maison a été réquisitionnée à son propriétaire, le riche industriel Nikolaï Ipatiev, d'où le nom de celle-ci: la villa Ipatiev. A leur arrivée, ils découvrent une grande maison, entourée de palissades de plusieurs mètres de hauteur. Aussitôt qu'ils descendent de la calèche, ils se voient séparés de deux de leurs suivants. Les Romanov ne le savent pas, mais les deux hommes seront fusillés dans le cimetière d'Ekaterinbourg. Les soldats ouvrent la porte de la palissade et attendent devant la porte d'entrée de la maison. Là un chef chargé de leur captivité leur annonce :"Citoyens Romanov, vous pouvez entrer!"

     

    Villa ipatiev

    La villa Ipatiev est la dernière demeure où logèrent les Romanov. Elle se situe en plein centre ville d'Ekaterinbourg.

    Lorsqu'ils entrent dans la maison, on exige qu’ils ouvrent leurs bagages pour vérification, l'impératrice proteste mais se fait sévèrement réprimée par le chef chargé de leur surveillance, et on la menace de travaux forcés. Effrayée, elle obéit.

    Les prisonniers de la maison Ipatiev vivent dans l'angoisse et l'ennui. L'arrivée, en mai 1918, du tsarévitch et des grandes-duchesses Olga, Tatiana et Anastasia donne de la joie aux trois Romanov. A présent, quoi qu'il arrive, ils sont ensemble. Mais tout se dégrade pour eux, lorsque le comité exécutif de l'Oural, met à la tête de la villa Ipatiev Avdeïev, un alcoolique violant et borné, n'adressant la parole au tsar qu'en le traitant de "buveur de sang". Les soldats chargés de leur surveillance ne sont guère mieux, buvant de l'alcool toute la journée, ils maltraitent les prisonniers. Quoi qu'il en soit, les geôliers sont étonnés que les grandes-duchesses ne portent pas chez elles des traces d'arrogance ni même de supériorité sociale, et qu'elles soient sensibles aux moindres marques de sympathie. A l'inverse d'Alexandra, qui déplaît à ses geôliers par son comportement hautain. Nicolas et Alexei sont vus quant à eux comme des personnes simples mais assez timides.

     

    Villa Ipatiev

    La villa Ipatiev lors de la captivité des Romanov, on y voit d'ailleurs les palissades entourant la maison

    Les Romanov ont même presque oublié les fastes du palais d'hiver, les réceptions solennelles, les robes surchargées de broderies et de bijoux. Ils se concentrent désormais exclusivement à la joie d'être tous ensemble, même si ils sont prisonniers et s'ils se trouvent dans une maison affreuse au fin fond de la Sibérie de l'ouest. Les grandes-duchesses se sont énormément rapprochées lors de leur longue captivité, elles partagent leurs vêtements, leurs livres et signent même parfois leurs lettres de leurs initiales respectives "O.T.M.A." (Olga, Tatiana, Maria et Anastasia). Quand Alexeï va bien, la villa Ipatiev est métamorphosée et respire la joie et la bonne humeur. Mais la tsarine pressent un dénouement tragique à Ekaterinbourg. Elle écrit d'ailleurs dans son journal: "L'Ange approche..."

    Les troupes blanches, celles fidèles au tsar, se forment, elles ont l'intention de libérer la famille impériale. La liquidation des membres de la famille impériale ne tarde pas à commencer, déjà en juin 1918, le grand-duc Michel Alexandrovitch, frère du tsar, est assassiné à Perm. Puis vient le tour de plusieurs princes, grands-ducs et grandes-duchesses, dont la soeur de la tsarine, la grande-duchesse Elizabeth Fedorovna. Tous les membres de la famille impériale qui n'ont pas pris le chemin de l'exil sont assassinés au fur et à mesure. D'ailleurs, au comble de l'horreur, Lénine lui-même, envoie un télégramme à l'Oural soviétique et demande la liquidation totale de la famille Romanov détenue dans la villa Ipatiev ...

     

    Villa Ipatiev

    La villa Ipatiev lors de la captivité de la famille impériale.

      

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    Selon la thèse officielle, tous les membres de la famille Romanov ont été massacrés dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 à Ekaterinbourg. Très vite, cette version devient contestée par de nombreux enquêteurs. Si tout le monde s'accorde à dire que le tsar a bel et bien été tué, ce ne serait pas le cas pour sa femme et ses enfants. Dès lors, des thèses plus ou moins crédibles circulent affirmant la survie d'un ou plusieurs membres de la famille Romanov.

    Parmi toutes ces thèses, un nom revient souvent : Anastasia.

    La plus jeune des filles Romanov aurait-elle survécu au drame ? Que sont devenues sa mère et ses soeurs ? Si la mort du tsar est en effet certaine, celle du Tsarévitch semble l'être aussi. En effet, il représentait à lui seul le symbole de la monarchie et le nouveau pouvoir communiste ne pouvait donc pas se permettre de le laisser en vie. Cependant, la femme et les filles du tsar ne représentaient pas une aussi grande menace pour le nouveau pouvoir, mais plutôt un enjeu politique. La survie du nouveau régime dépendait en effet de l'arrêt des combats avec l'Allemagne. Or, l'impératrice Alexandra est d'origine allemande et, qui plus est, la cousine du Kaiser Guillaume II.

    Elle représentait donc avec ses filles une parfaite monnaie d'échange pour l'arrêt des hostilités. Cette histoire ne semble pas improbable, pourtant ni la tsarine, ni ses filles n'ont jamais manifesté le moindre signe de survie. Cela n'est cependant pas étonnant. Si leur pseudo-mort servait le pouvoir communiste, tous les symboles de la monarchie étant détruits, l'arrêt de la guerre dépendait de leur survie. En outre, leur survie n'apportait rien au camp royaliste, alors que leur mort permettait de discréditer le nouveau pouvoir, qui tuait des enfants innocents pour s'affirmer.

    De plus, il est aussi possible que l'impératrice et ses filles n'aient jamais revendiqué leur survie par peur des représailles de la part des bolchéviques. En définitive, la mort du tsar et du tsarévitch était nécessaire, alors que celle de l'impératrice et des grandes-duchesses compromettait la prospérité du nouveau régime. Cependant, les faire passer pour mortes arrangeait aussi bien l'armée rouge que l'armée blanche. Il restait donc une solution pour remédier à ce dilemme : laisser survivre Alexandra et ses filles dans le plus grand des secrets.
     

    Dans les années 1970, deux journalistes britanniques, Summers et Mangold, se lancent dans l'enquête sur la disparition des Romanov. Ils parviennent vite à la conclusion que le Tsar et le Tsarévitch ont bel et bien été abattus à Ekaterinbourg, mais que l'impératrice et ses filles auraient été épargnées et transférées secrètement à Perm. Des témoignages plus ou moins crédibles affirment cette hypothèse. De nombreuses personnes auraient en effet vu l'impératrice et ses filles, détenues dans la maison Bérézine dans des conditions bien plus horribles qu'à Ekaterinbourg (les filles Romanov dormaient alors sur des paillasses à même le sol).

    Venue retrouver son mari à Perm, la femme d'un garde rouge, Glafira Malicheva témoigne : " [...] J'ai vu une jeune fille descendre l'escalier : pas grande, plutôt de taille moyenne, avec les cheveux coupés et des lunettes à monture dorée, des cheveux blonds avec un reflet roux. Elle était maigre, pâle, elle semblait éreintée et en mauvaise santé. Elle est passée très vite..."

      

    Selon elle, il s'agissait à n'en pas douter de l'une des filles de Nicolas II. Il faudra attendre les révélations d'un certain Alexis Durazzo, avant de savoir ce qu'il est advenu de la Tsarine et des quatre grandes-duchesses après leur détention à Perm. En effet, à la mort de sa grand-mère en 1970, celle-ci lui confie son testament à n'ouvrir que dix ans après sa mort. A son ouverture, on apprendra qu'elle prétendait être en réalité la grande-duchesse Maria Nicolaïevna, la troisième fille du tsar Nicolas II :

     

    "Pour mon petit-fils Alexis et mes deux filles (Olga) Beata et (Julia) Yolande. Pour ouvrir dans dix ans. Je déclare ici que moi "Cécilia di Fonzo" Tchapskaïa aux yeux de la loi en Europe occidentale, j'ai vécu depuis 1920 sous une fausse identité pour ma sauvegarde. Née à Peterhof le 14 juin 1899, Marie Nicolaïevna, fille de leurs Majestés. Le matin du 6 octobre 1918, dans la ville de Perm où nous étions depuis le 19 juillet, ma mère et mes trois soeurs, nous avons été séparées l'une de l'autre et conduites dans le train. Je suis arrivée à Moscou (en octobre) 1918 où George B. Tchitchérine, cousin du comte Tchapski, m'a confiée au représentant ukrainien sous le nom de Tchapski pour partir dans le train militaire pour Kiev. J'ai été protégée à Kiev par le général Alexandre N. Dolgorouky, commandant de l'Ukraine et père de mon époux légitime le prince Nicolas Dolgorouky dit "Di Fonzo", qui a reçu cette identité étendue à ma personne par ordre de la Reine Elena N. en 1920 (Hélène Nicolaïevna, fille de Nicolas Ier, roi du Monténégro et mariée au roi d'Italie, Victor-Emmanuel III).

    N'ayant plus de nouvelles de ma soeur Tatiana et ma soeur Olga n'ayant pas de descendance, en ma qualité d'Héritière naturelle au trône, j'institue comme légataire universel mon unique petit-fils, fils de ma fille aînée (Olga) Béata, Alexis, en le nommant comme mon seul successeur à tous mes droits avec le nom patronyme Romanov-Dolgorouky pour lui seul et à sa descendance comme Tsétsarévitch grand-duc.

    Bruxelles Le 10 février 1970

    Marie N. (C.Di Fonzo) Dolgorouky."

     

    Selon cette thèse, reprise par Michel Wartelle dans son ouvrage "L'affaire Romanov" (2008), Maria aurait en effet survécu, tout comme sa mère et ses soeurs.

    Après leur départ de Perm, Alexandra se serait retirée dans un couvent à Florence (en Italie) et y meurt en 1942. Olga aurait vécu sour le nom d'emprunt Marga Boodts et meurt en 1976 en Italie, sans aucune descendance (voir sa photo).

      

    Après son évacution vers la Roumanie, Maria épouse le prince Nicolas Dolgorouky en 1919, avec qui elle aura deux filles : Olga-Béata et Julia-Yolande (voir leur photo).

      

    Elle meurt en 1970 des suites d'un cancer des intestins. Tatiana aurait été évacuée vers l'Angleterre et aurait pris le nom de Marguerite Lindsay. Dès lors, on perd la piste de la jeune femme. Pour certains, elle serait devenue Larissa Tudor, une danseuse du ventre décédée en 1926. Il paraît cependant très peu probable que Tatiana et Larissa Tudor soient une seule et même personne dans la mesure où Tatiana était trop croyante pour exercer un tel métier.

      

    Quant à Anastasia, je pense que cette affaire mérite une page à elle toute seule : -> L'affaire Anna Anderson et l'énigme Anastasia

     

    Malgré les résultats scientifiques qui ont prouvé que tous les Romanov ont bien été tués en juillet 1918, il ne faut pas prendre ces résultats ADN comme une preuve absolue. Loin de moi l'idée de remettre en cause la fiabilité des tests ADN, mais certains historiens y voient pourtant une énième manipulation du gouvernement. Après plus de soixante-dix ans de mensonges communistes, cela ne paraît pas totalement improbable. Je ne dis pas non plus que les résultats des tests ADN sont faux.

    Ces tests ont été pratiqués par les plus grands laboratoires au monde et il serait donc malhonnête de remettre en cause leurs résultats sans véritable preuve à l'appui.

    Quoi qu'il en soit, bien que close officiellement depuis la réhabilitation de Nicolas II et sa famille en 2008, les conclusions de cette affaire ne satisfont pourtant pas encore tous les historiens.

    A ce sujet, un nouvel ouvrage paru en 2009, "L'autre fin des Romanov" par Elie Durel, semble prouver que tous les Romanov n'ont pas été tués en 1918 et que Maria, la troisième fille Romanov, serait la clef de cette énigme. En effet, seule survivante de sa famille, elle serait devenue la mystérieuse épouse du juge Sokolov.
    Au final, malgré l'authentification officielle de tous les corps de la famille Impériale, nombreux sont ceux encore qui croient en la survie des femmes de la famille Romanov. Selon une enquête, près de deux russes sur trois ne pensent pas que les restes inhumés dans la Cathédrale Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg soient ceux des Romanov.

    Si ce débat sur la fin des Romanov vous intéresse, je vous invite sur le forum du site, où vous pourrez discuter avec Elie Durel (auteur de l'ouvrage "L'autre fin des Romanof", 2009) et Michel Wartelle (auteur de l'ouvrage "L'affaire Romanov", 2008), ainsi qu'avec plusieurs autres passionnés de cette affaire. 

     

     

     

    sources : http://www.les-derniers-romanov.com/une-version-contestee.php

      

      

     

     

      

     

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