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    Tatiana Romanov
    Photo officielle de la Grande-Duchesse Tatiana en 1913.
     
     
      
    Biographie.
     
    Titre : Tsarevna (Grande-Duchesse)
    Sainte Tatiana
     
    Dynastie : Romanov
    Religion : Orthodoxie russe
     
    Nom de naissance : Tatiana Nikolaïevna Romanova
     
    Naissance : 10 juin 1897, Peterhof, Saint-Pétersbourg, Empire russe
     
    Décès : 17 juillet 1918, Ekaterinbourg, R.F.S.S.R. (République fédérative socialiste soviétique de Russie)
     
    Père : Nicolas II Aleksandrovitch Romanov
     
    Mère : Alexandra Feodorovna Romanova (Alix de Hesse-Darmstadt)
     
    Conjoint : Pas d'époux
     
    Enfants : Pas de descendance

     

     
     
    Enfance et jeunesse.
     
     
    Tatiana Romanov
    Nicolas II, Alexandra et Tatiana en 1897.
     
    Tatiana Nikolaïevna Romanova naît le 10 juin 1897 à Peterhof, dans la périphérie de Saint-Pétersbourg, dans l'Empire russe. Seconde d'une fratrie constituée de sa grande sœur, la Grande-Duchesse Olga et petites sœurs, la Grande-Duchesse Maria, la Grande-Duchesse Anastasia et son petit frère, Alexeï, l'héritier hémophile. Comme toute la famille, elle partageait une relation très importante envers ses parents et ses frère et sœurs qui durera jusqu'à sa mort.

    Tatiana a été décrite comme grande et mince, avec les cheveux châtains foncés, les yeux bleu-gris, des traits fins et ciselés. Elle était une personne qu'on disait raffinée, élégante et digne d'être la fille d'un empereur. Elle était aussi considérée comme la plus belle des quatre Grande-Duchesses par de nombreux courtisans et parmi toutes les filles du couple impérial, elle était celle qui ressemblait le plus à Alexandra. Sa famille, ses amis et ses fonctionnaires l'appelaient généralement par son prénom et son patronyme et non pas par son titre impérial, Tatiana Nikolaïevna ou par ses surnoms " Tanya ", " Tatya ", " Tatianochka " ou " Tanushka ".

    Comme ses sœurs et dans une moindre mesure son frère, elle a été élevée dans une certaine austérité. Elle et ses sœurs dormaient sur des lits de camp, elle prenait des bains froids le matin et passait son temps libre à broder et à tricoter. Ce qu'elle concevait était offert aux œuvres de charité ou vendu dans les marchés en Crimée où la famille passait ses étés. Selon les notes de Sophie Buxhoeveden, Tatiana était si peu habituée à ce qu'on lui parle en se référant à son titre que lorsque la baronne Sophie Buxhoveden l'appela " Votre Altesse Impériale ", Tatiana lui répondit, en chuchotant " Êtes-vous folle de m'appeler ainsi ? " Au sein du domaine familial de Tsarskoïe Selo, Tatiana et sa sœur aînée, Olga étaient connues comme " La Grande Paire ".

    Selon le journal intime du 29 mai 1897 écrit par le cousin éloigné de son père, le Grand-Duc Konstantin Konstantinovitch Romanov, le nom de « Tatiana » lui a été donné en honneur à l'héroïne du roman d'Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine. Son père aimait l'idée d'avoir des filles nommées Olga et Tatiana, comme les sœurs dans le célèbre poème. Comme leurs deux jeunes sœurs cadettes, Tatiana et Olga ont partagés une même chambre et ont été très proches l'une de l'autre lors de leur petite enfance. Au printemps de l'année 1901, Olga a eu la fièvre typhoïde et a été confinée à la pépinière, loin de ses sœurs pendant des semaines. Quand elle a commencé a aller mieux, Tatiana a été autorisée à aller voir sa sœur aînée pendant cinq minutes mais ne la reconnaissait pas. L'enfant de quatre ans qu'était Tatiana s'est mise à pleurer, protestant que l'enfant pâle et mince ne pouvait être sa sœur adorée. Sa gouvernante, Margaretta Eagar a eu du mal à persuader Tatiana que Olga récupérerait. Selon le précepteur et professeur de français, Pierre Giliard les deux sœurs étaient " passionnément attachées l'une à l'autre ".

    Tatiana s'est montrée précoce par son talent naturel pour l'autorité. Ses sœurs lui ont donné le surnom de " La Gouvernante " et l'envoyé en tant que représentante lorsqu'elles voulaient que leurs parents leur accorde une faveur. Même si Olga avait dix-huit mois de plus que Tatiana, elle n'avait aucune objection a voir sa petite sœur prendre en charge la situation. Elle était plus proche de sa mère que n'importe la-quelle de ses sœurs et était considérée par beaucoup de courtisans comme la fille préférée de la Tsarine Alexandra. Tatiana s'assurait que chaque décision de sa mère soit respectée. " Ce n'est pas que ses sœurs aimaient moins leur mère " a indiqué Pierre Gilliard " Mais Tatiana a entourer d'attentions infatigables et n'a jamais cédé la place à ses propres impulsions capricieuses ". Alexandra a écrit à Nicolas le 13 mars 1916 que Tatiana était la seule de leurs quatre filles qui " comprenait " quand elle expliquait sa façon de voir les choses. Gilliard a écrit que Tatiana était réservée et " bien équilibrée " mais moins ouverte et spontanée que Olga. Elle était aussi moins talentueuse que Olga, mais elle travaillait dur et a consacré plus de temps à des projets officiels que sa sœur aînée. Le Colonel Kobylinsky, l'un des gardes de la famille à Tsarkoïe Selo et à Tobolsk a témoigné " Tatiana n'aimait pas l'art. Peut-être aurait-il mieux valu qu'elle soit un homme ". Elle a exprimé son talent pour les œuvres d'arts dans d'autres domaines comme la mode et la coiffure. L'amie de sa mère, Anna Vyroubova écrivit que Tatiana avait un grand talent pour la confection de vêtements, la broderie et qu'elle coiffait les cheveux de sa mère comme une coiffeuse professionnelle.
     
    Tatiana Romanov
    Maria, Anastasia, Olga et Tatiana, photo officielle de 1913.

     

    Comme toute sa famille, Tatiana aimait beaucoup son frère, le Tsarévitch Alexeï qu'elle surnommait, comme sa mère, " Baby " qui a subi de nombreuses attaques de l'Hémophilie et a failli mourir à plusieurs reprises. Tatiana, comme ses trois sœurs était une porteuse potentielle du gêne de l'Hémophilie qui provenait de la grand-mère de sa mère, la Reine Victoria. Ainsi, la Tsarine s'est appuyée sur les conseils de Grigory Raspoutine, un paysan russe qui s'autoproclamait starets (patriarche d'un monastère orthodoxe russe) et l'a remercié de ses prières qui auraient sauver la vie du Tsarévicht. Tatiana, comme ses sœurs et son frère ont ainsi appris à voir Raspoutine comme " Notre ami " et a partager des confidences avec lui. A l'automne de 1907, sa tante, la Grande-Duchesse Olga Aleksandrovna Romanova a été escortée à la crèche par le Tsar pour rencontrer Raspoutine. Tatiana, son frère et ses sœurs étaient tous vêtus de leurs longues chemises de nuit blanches. Les enfants semblaient amicaux avec Raspoutine et à l'aise en sa présence. L'amitié de Raspoutine envers les enfants étaient assez évidente dans certains messages qu'ils s'envoyaient entre eux. En février 1909, Raspoutine a envoyé un télégramme aux enfants impériaux leur conseillant de " Aimez l'ensemble de la nature de Dieu, l'ensemble de sa création, en particulier la terre. La Mère de Dieu a toujours été occupée par des fleurs et des travaux d'aiguilles. " A onze ans, Tatiana lui envoya une lettre, lui demandant de lui rendre visite et lui expliqua combien il était difficile de voir sa mère malade. " Mais vous savez, parce que vous savez tout " a-t-elle écrit.



    En 1910, cependant une des gouvernantes, Sofia Ivanovna Tyutcheva, a été horrifiée de voir Raspoutine pouvoir accéder à la crèche quand les quatre fille étaient dans leur chemises de nuit et a voulu le lui interdire. Si Raspoutine était certes un pervers et un débauché, sa relation avec les jeunes filles était complètement innocente. Nicolas lui a demandé d'éviter de continuer à aller voir ses filles dans leurs chambres à l'avenir pour éviter de nouveaux scandales. Bien que jeune, Tatiana était consciente de la tension qu'il existait et avait peur des réactions de sa mère sur les actions de Tyutcheva. " Elle veut seulement nous aider mais parle de notre ami comme quelqu'un de mauvais " a écrit Tatiana âgée de douze ans à sa mère , le 8 mars 1910. " J'espère que notre infirmière sera agréable avec notre ami, maintenant. " Lui répondit sa mère.


    Alexandra, peut-être sur demande de Raspoutine, a renvoyé cette gouvernante quelques temps plus tard qui racontera cependant l'histoire à d'autres membres de la famille dont la sœur de Nicolas, Xenia Aleksandrovna, Grande-Duchesse de Russie qui a été profondément choquée et elle a écrit le 15 mars 1910 qu'elle ne comprenait pas la relation entre Raspoutine et la famille impériale.

    " L'attitude d'Alix et des enfants envers ce sinistre Grigory (qu'ils considèrent comme presque un saint, alors qu'en fait ce n'est qu'un adepte de la secte des Khlystis !) est incompréhensible. Il est toujours là, dans leurs chambres, rendant visite à Olga et Tatiana alors qu'elles se préparent à aller au lit, il s'assit là, parlent avec elles et les caressent. Ils prennent soin de les cacher de Sofia Ivanovna et les enfants n'osent pas lui parler de lui. C'est assez incroyable et ça dépasse l'entendement ". - A retenir qu'il n'existe aucune preuve de ce que raconte Sofia Ivanovna Tyutcheva et que les journaux intimes des Grande-Duchesses (où elles inscrivaient absolument tout de leur vie) n'en font nul mention. Il faut peut-être voir là une manière pour cette Sofia de salir la famille impériale qui l'avait renvoyée. D'autant plus que Raspoutine agissait presque avec béatitude lorsqu'il était avec les Romanov. -


    Maria Ivanovna Vishnyakova, une autre servante des enfants, fut d'abord une fervente fidèle de Raspoutine mais fut plus tard déçue par Grigory. Elle a affirmé avoir été violée par Raspoutine au printemps de 1910. L'impératrice a refusé de la croire et a dit que tout ce que dit Raspoutine est sacré. La Grande-Duchesse Olga Aleksandrovna Romanova a clarifié la situation en disant que la demande de Vishnyakova avait été vraiment examinée mais, " la jeune femme a été vue quelques heures plus tard au lit avec un cosaque de la garde impériale. Vishnyakova a été aussitôt démise de ses fonctions ".


    Selon la rumeur populaire de Saint-Pétersbourg, Tatiana aurait été présente durant l'assassinat de Raspoutine, déguisée en un lieutenant de la Garde des Chevaliers, afin de pouvoir se venger de Raspoutine qui aurait tenté de la violer. On disait aussi que Raspoutine a été castré sur ordre de Tatiana, écrivit Maurice Paléologue, ambassadeur français en Russie, dans ses mémoires. Mais Paléologue était sceptique à l'époque, sur la véracité des rumeurs et les attribués à la haine folle envers Raspoutine que ressentait les habitants de Saint-Pétersbourg notamment pour sa proximité avec la famille impériale, qu'il avait pervertie, disait-on. Dans ses mémoires, AA Mordvinov a indiqué que les quatre Grande-Duchesses sont apparues terriblement bouleversées " par la mort de Raspoutine " et assises " recroquevillées " sur un canapé dans une de leurs chambres, la nuit qu'elles ont reçues la nouvelle de la mort du mystique. Mordvinov a également rapporté que les jeunes femmes semblaient d'humeur sombre et sentait le bouleversement politique qui était sur le point d'arriver. Tatiana a assisté à l'enterrement de Raspoutine, le 21 décembre 1916, enterrés avec une icône signée au verso par Tatiana, ses sœurs et sa mère.


    Tatiana a gardé un cahier dans lequel, elle notait les paroles de Raspoutine : " L'amour est léger et il n'a pas de fin. L'amour est une grade souffrance et il ne peut pas manger, il ne peut pas dormir. Il est mélangé avec le péché, à parts égales. Et pourtant il est préférable d'aimer. En amour on peut se tromper, et par la souffrance, on expie ses fautes. Si l'amour est fort, les amants sont heureux, la nature et le Seigneur leur donne du bonheur. On doit demander au Seigneur qu'il apprenne à aimer le lumineux, afin que l'amour ne se tourmente pas, mais la joie, l'amour pur, lumineux est le Soleil. Le soleil nous réchauffe et l'amour nous caresse. Tout est dans l'amour, et même une mort ne peut briser cela. " Tatiana, comme sa mère, était profondément religieuse et lisait fréquemment sa Bible. Elle a également étudié la théologie et avait une vision manichéenne de la vie. Elle décida que " Il faut lutter beaucoup parce que le retour pour de bon est le mal, et le mal règne ". AA Mosolov, un fonctionnaire de la cour, a estimé que la nature réservée de Tatiana lui a donné un caractère " difficile ", mais plus profondément spirituelle que sa sœur Olga. Son professeur d'anglais, Sydney Gibbes, qui deviendra plus tard un prêtre orthodoxe russe, n'était pas d'accord et a estimé que la religion pour Tatiana était un devoir plutôt que quelque chose de profondément empeigné dans son cœur.

     
    Tatiana Romanov
    Tatiana et Maria.
     
    Devenue jeune adolescente, Tatiana s'est vu attribuer un régiment de soldats sous ses ordres, les Hussards Vosnesensky et a reçu le grade honorifique de colonel. Ce que Tatiana a beaucoup apprécié. Quand elle eut près de quatorze ans, Tatiana alors malade pria sa mère de lui permettre de sortir du lit, le temps d'aller examiner les troupes sous son commandement et regarder un soldat de qui elle s'était entichée. " J'aimerai tellement aller examiner la deuxième division et comme je suis la deuxième fille et qu'Olga a déjà eu son tour, c'est maintenant à mon tour. " écrivit-elle à Alexandra le 20 avril 1911. " ...Oui maman, et à la deuxième division, je vais voir, je dois voir...vous savez qui... " Elle appréciait la compagnie des soldats qu'elle a rencontré mais les trouvait parfois choquant par leur comportement. Un groupe d'officiers à bord du yacht impérial donna à sa sœur aînée, Olga un portrait du David de Michel Ange, découpé d'un journal comme cadeau pour la fête des Olga, le 11 juillet 1911. " Olga riait longuement " mais sa sœur, Tatiana âgée de quatorze ans fut indignée et confia à sa tante, Olga Aleksandrovna Romanova " Aucun ne veut avouer ce qu'ils ont fait devant papa. Ce sont des porcs, n'est-ce pas ? " Des années plus tard, Tatiana s'est plainte à sa mère de l'influence grandissante et néfaste des soldats envers son frère, Alexeï qui aimait les fréquenter. " Il faudrait que vous demandiez à papa de faire renouveler les membres de la Garde impériale, ils pervertissent notre Alyocha qui acquiert un comportement tout à fait irrespectueux avec les demoiselles de la Cour. "

    Tatiana a connu son premier contact avec la violence à l'âge de quatorze ans, elle a été témoin du meurtre du ministre Piotr Stolypine lors d'un spectacle à l'Opéra de Kiev. Cet épisode la traumatisera ainsi que sa sœur Olga, également présente. Son père dira à sa mère, Maria, que Tatiana avait sangloté eu du mal à dormir cette nuit-là. Trois ans plus tard, elle est devenue infirmière pour la Croix Rouge avec Olga et Alexandra, elle ont traités les soldats blessés et mourants dans un hôpital militaire installé à Tsarskoïe Selo. Selon Vyroubova : " Tatiana était presque aussi habile et dévouée à sa mère qu'elle ne l'était aux soldats et se plaignait seulement qu'à cause de son jeune âge, on lui ait épargné certains cas particuliers. " Tatiana était fortement patriotique et s'est excusée dans une lettre du 29 octobre 1914 adressée à sa mère, après avoir dit quelques chose de négatif sur les allemands en présence de sa mère. Elle a expliqué qu'elle avait oublié que sa mère était allemande de naissance et pensait à sa mère comme seulement russe. Alexandra lui répondit qu'elle ne se sentait pas complètement russe mais qu'elle n'avait pas été blessée par ses mots mais plutôt par les actions de ses anciens compatriotes et par les rumeurs persistants qu'elle était une espionne.

    Le 15 août 1915, Tatiana a écrit une lettre à sa mère exprimant son désir d'aider et de supporter les charges provoquées par la guerre : " Je ne peux tout simplement pas vous dire à quel point je suis terriblement désolée pour vous, ma chère mère. Je suis tellement désolée que je ne peux en aucun cas vous aider ou être utile. Dans ces moments là, je suis désolée de ne pas être un homme. " A l'âge adulte, elle a entrepris de nombreuses apparitions publiques et était mieux connue du peuple que ses trois autres sœurs. Selon les mémoires de l'amie de sa mère, Vyroubova et de la dame d'honneur Lili Dehn, Tatiana était la plus sociale des sœurs et aspirait à avoir des amis de son âge mais sa vie sociale a été limitée par son rang et le dégoût de sa mère pour la société. Elle avait aussi un côté introspectif connu uniquement de sa famille et ses plus proches amis. " Pour elle, comme pour sa mère, la timidité et la réserve ont été comptabilisés comme une fierté, mais une fois que vous la connaissiez et aviez gagné son affection, cette réserve disparaissait et la réelle Tatiana devenait évidente ". " Elle était une créature poétique, toujours en recherche de l'idéal, et rêvant de grandes amitiés qui pourraient être les siennes. " Chebotareva qui a appris à aimer Tatiana presque comme sa propre file a décrit comme la timide Grande-Duchesse lui a tendu la main quand elle était nerveuse au sujet de la marche en avant d'un grand groupe d'infirmières. " Je suis tellement et terriblement gênée et effrayée. Je ne sais pas qui je devrais saluer " lui aurait confié Tatiana. Le caractère informel de Tatiana a également impressionné le fils de Chebotareva, Gregory. Lorsque Tatiana a téléphoné chez cette dame, la personne qui répondit fut son fils de seize ans, Gregory, ennuyé que la personne au bous du fil l'appelle par son diminutif, « Grisha ». Ne réalisant pas qui elle était, Gregory a offensé la Grande-Duchesse en lui demandait qui elle était. " Tatiana Nikolaïevna " fut sa réponse. Il ne croira pas parler à un Romanov. Tatiana a de nouveau échouer à le convaincre même en prononçant son titre impérial et a répondu qu'elle était " La seconde sœur Romanov ".

    Tatiana est tombée amoureuse au moins une fois. Elle a rencontré l'officier Dmitri Yakovlevitch Malama en 1914 lorsqu'il était blessé et plus tard lorsqu'il fut nommé écuyer à la cour du Tsar à Tsarskoïe Selo. Dmitri Malama donna à Tatiana un bouledogue français qu'elle a nommé " Ortino " en septembre 1914. Malama est décédé en août 1919 alors qu'il commandait une unité tsariste de l'armée blanche lors de la guerre civile contre les bolcheviques en Ukraine, selon son cousin Peter Malama. Tatiana aimait aussi un officier du nom de Vladimir Kiknadze dont elle s'est occupée quand il a été blessé en 1915 et de nouveau en 1916, selon le journal intime de Valentina Ivanovna Chebotareva, une infirmière qui a travaillé avec Tatiana pendant la guerre. Chebotereva se dira étonnée que le couple impérial laisse ses enfants avoir des fréquentations qui pourraient nuire à leur réputation.

    Selon certaines sources, le Roi Pierre Ier de Serbie voulait Tatiana comme épouse pour son fils cadet, le Prince Alexandre.
      
    En janvier 1914, le premier ministre serbe Nikola Pasic a remis une lettre au Tsar Nicolas II où le Roi Pierre exprimait son désir de voir son fils épouser l'une des Grande-Duchesse.
      
    Nicolas a répondu que le choix de l'époux appartenait à ses filles et uniquement à elles mais qu'il avait remarqué que le Prince Alexandre avait souvent contemplé Tatiana lors d'un dîner de famille.
      
    Les négociations du mariage ont pris fin en raison de l'éclatement de la Premier Guerre Mondiale.
      
    Tatiana a échangé des lettres avec Alexandre durant la Premier Guerre Mondiale et ce dernier, Alexandre fut désemparé lorsque le meurtre de toute la famille fut officiellement affirmé en 1921.
      
    Mais Tatiana a de nombreuses fois affirmé qu'elle ne voulait pas quitter le pays de son enfance, qu'elle voulait épouser un russe et rester aux côtés de sa famille.

     
    Tatiana Romanov

     


    Les suites de la Révolution.

     Tatiana Romanov
    Tatiana et Alexeï à Tsarskoïe Selo, en 1917.
     
    La famille a été arrêtée au cours de la Révolution russe de 1917 et emprisonnée à Tsarskoïe Selo et plus tard dans des résidences privées de Sibérie, d'abord à Tobolsk, dans la maison du gouverneur et plus tard à Ekaterinbourg, dans la maison Ipatiev.
      
    Le changement radical de vie et l'incertitude général a fait que le moral de Tatiana en pris un coup.
      
    Elle " s'ennuyait " écrivit sa nourrice Valentina Chebotareva après avoir reçu une lettre de Tatiana le 16 avril 1917. " Il est étrange de s'asseoir dans la matinée à la maison, pour être en bonne santé et ne pas aller au changement de bandages ! " écrivit Tatiana à Chebotareva.
      
    Tatiana, essayant apparemment de plaider pour sa mère, a demandé à son amie Margarita Khitrovo dans une lettre datée du 8 mai 1917 pourquoi personne parmi les infirmières n'écrivait à la Tsarine Alexandra.
      
    Cheboterava lui répondit que elle ne pouvait écrire directement à la Tsarine parce qu'elle lui reprochait le fait que la Révolution ait eu lieu. " Si quelqu'un veut que nous lui écrivions, qu'ils nous écrivent d'abord. " Le fils de Cheboterava, Gregory P. Tschebotarioff, a noté que l'écriture était ferme et énergique, reflétant l'amour de la Grande-Duchesse pour sa mère.

    Selon son professeur d'anglais, Sydney Gibbes, la captivité à haussé l'attitude hautaine et impénétrable de Tatiana. En avril 1918, les bolcheviques ont déplacés Nicolas, Alexandra, Maria et les domestiques à Ekaterinbourg.
      
    Les autres enfants sont restés à Tobolsk car Alexeï était médicalement intransportable après avoir subis une grave attaque de l'hémophilie suite à un accident ou une brutalité de la part d'un garde.
      
    C'est Tatiana qui a persuadé sa mère à prendre la décision d'aller avec son père et de laisser Alexeï à ses soins. En effet, Tatiana était la seule a avoir un caractère suffisamment fort pour pouvoir tenir en place Alexeï qui avait lui-même un fort caractère. Dès lors et jusqu'à leur mort, Tatiana agira comme une seconde mère pour son frère après avoir promis de prendre en mains Alexeï si jamais Nicolas et Alexandra devaient mourir. Pierre Gilliard a décrit la dernière fois qu'il aura vu les enfants impériaux partant pour le bateau qui les conduirait à Ekaterinbourg.
      
    " Le marin Nagorny passait près de ma fenêtre, portant Alexeï Nikolaïevitch dans ses bras, derrière lui vinrent les Grande-Duchesses chargées de valises et de petits effets personnels.
      
    J'ai essayé de sortir, mais j'ai été brutalement repoussé dans le chariot par une sentinelle. Je suis revenu à la fenêtre. Tatiana Nikolaïevna est venue en transportant une lourde valise marron. Il pleuvait et j'ai vu ses pieds qui s'enfonçaient dans la boue à chaque instant. Nagorny, a tenté de venir à son assistance mais il a été repoussé par un des gardes. "
     
    Tatiana Romanov
    Olga et Tatiana en tenues d'infirmières en 1916.

     

     

    Disparition.
     
    Le 17 juillet 1918, à 1H00 du matin, la famille est réveillée par Iakov Iourovski qui hurlait que des émeutes avaient éclatés en ville, ils doivent se préparer, s'habiller et surtout ne pas se charger en bagage et enfin le rejoindre dans le couloir.
      
    Près d'une heure plus tard, toute la famille accompagnée de son médecin et de ses derniers domestiques se trouve dans la principale cave de la maison devenue prison.
      
    La Tsarine est installée sur la chaise de gauche installée par les bolcheviques sur ordre de Iakov, le Tsarévitch, toujours incapable de marcher, est installé sur la chaise de droite et enfin le Tsar se trouve au milieu des deux chaises.
      
    Les domestiques et le reste de la famille dont Tatiana se trouvent derrière eux.
      
    Dans un premier temps, le commandant des bolcheviques locaux leur explique que des rumeurs circules quand à l'évasion d'un ou deux membres de la famille et que pour rassurer Moscou, on va prendre une photographie que l'on expédiera.
      
    Il les laisse seul quelques instants avant de revenir accompagné de 11 gardes armés. Il dépliât un document qu'il lisait distinctement, insistant sur les derniers mots.
      
    " Etant donné que vos parents continuent leurs actions à l'encontre de la Russie soviétique, vous Nicolas Romanov et toute votre famille allez perdre la vie sur le champ. " Immédiatement, Nicolas s'avance de deux pas, il crie presque « Quoi...? Qu'est-ce...? " sur un ton neutre, presque interrogateur. Une demie-heure après tous sont morts dans un horrible massacre.

     


    Découverte, Canonisation et Réhabilitation.

     


    En 1988, l'Union soviétique est en pleine déconstruction, le peuple veut savoir ce qu'il est vraiment arrivé aux Romanov. Une équipe d'archéologues reçoit alors l'autorisation d'effectuer des fouilles à l'emplacement où Iakov Iourovski a confié avoir fait enterré une partie de la famille en 1918. Sous soixante centimètres de terre sont retrouvés neuf squelettes dans un état de détérioration déjà avancé.
      
    Parmi eux, se trouvent les restes de la Grande-Duchesse Tatiana Nikolaïevna Romanova, la seconde des enfants impériaux et fille de Nicolas II et Alexandra. Les testes génétiques et d'ADN prouveront à 99,7% qu'il s'agit d'elle. Le 17 juillet 1998, exactement
     
    80 ans, jour pour jour, après leur mort, Tatiana et les Romanov retrouvés bénéficient de funérailles nationales dans la chapelle funéraire Sainte-Catherine, dans la Forteresse Saints-Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg, l'ancienne capitale impériale, la ville bâtie par Pierre Le Grand.
     
    En 1981, l'Église orthodoxe russe de l'étranger dont le siège se trouve aux États-Unis a canonisé l'ensemble de la famille comme martyrs.
      
    En 2000, c'est l'Église orthodoxe russe qui leur reconnaît ce statut, déclarant qu'ils sont morts en martyrs, en tant que « vraies chrétiens « et que pour leur rôle religieux, leur patience, leur douceur et leur charité, ils sont des saints. Ainsi, Tatiana est aujourd'hui connue comme Sainte Tatiana, porteuse de la passion et est vénérée comme sa famille tous les 17 juillet. Le lieu de pèlerinage se situe en la nouvelle Cathédrale d'Iekaterinbourg dont le nom est sous-le-sang-versé, dans l'Église de tous les Saints.
     
    En 2008, la Cour suprême russe a reconnu, après des années d'enquêtes, que les Romanov ont été victimes de la persécution politique des bolchevique et que leur mort résulte d'un assassinat, une barbarie intolérable. Ils ont ainsi été réhabilités.
       
      
    Ci-dessous, une vidéo faîte en son honneur par un utilisateur de Youtube.
     
      
     
     
     
     
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    Dans la nuit du 15 novembre 1895 (le 3 novembre selon l’ancien calendrier russe), Alexandra, impératrice de toutes les Russies, accouche avec difficulté de son premier enfant. Son époux, le tsar Nicolas II, note dans son journal : « Un jour qui ne s’effacera jamais de ma mémoire, pendant lequel j’ai souffert, tellement, tellement ! Dès une heure du matin, ma chère Alix a senti les douleurs qui ne lui ont pas permis de dormir… Je ne pouvais la regarder sans partage son mal. Vers deux heures, ma chère maman est arrivée de Gatchina. Tous les trois, elle, Ella (la Grande-Duchesse Elisabeth, sœur d’Alexandra) et moi, nous n’avons pas quitté un instant Alix.

      

    A neuf heures, juste, un vagissement enfantin se fit entendre et nous avons tous respirés librement ! Dieu nous a donné une fille… ». Ses parents lui avaient déjà choisi son prénom : Paul. Mais puisque c’était une fille, on la baptisa Olga. Le prénom Olga signifie « sainte » ou « santé ».

      

    C’est un ancien prénom russe, traditionnellement attribué au sein de la Famille impériale, à l’instar de la sœur de Nicolas II, La Grande-Duchesse Olga Alexandrovna. La reine Victoria leur envoya une nourrice anglaise, Miss Orchard, qui avait déjà été la nourrice d’Alexandra durant son enfance, mais aussi celle de sa propre mère, la princesse Alice du Royaume-Uni.

     

    Toute la famille était ravie par cette belle petite fille aux yeux clairs, même si malheureusement ce n’était pas un garçon, comme le note la sœur de Nicolas, la Grande-Duchesse Xénia Alexandrovna : « La naissance de la fille de Nicky et Alix ! Une grande joie, même si il est dommage que ce ne soit pas un fils ! Les douleurs de l’accouchement ont commencé tard dans la nuit. A 10 heures, nous sommes allées à Tsarskoie-Selo. Pauvre Alix ! L’accouchement a été éprouvant. Le bébé est relativement gros, il pèse 4.5 kilogrammes. Mais Dieu merci, tout s’est bien terminé. J’ai vu la chère Alix. Elle a l’air bien, la petite Olga était posée à côté d’elle sur le lit. »

    Quelques jours après la naissance du bébé, Nicolas écrit une lettre à la reine Victoria, la grand-mère d’Alexandra : « Ma chère Alix, qui est couchée près de moi dans le lit, pense à vous et vous remercie tendrement pour votre lettre et vos félicitations. Dieu merci tout s’est bien terminé. Elle trouve tant de plaisir à s’occuper de notre beau bébé. Pour ma part, je considère cela (Alexandra allaitait Olga elle-même) comme la chose la plus naturelle pour une mère et je pense que c’est un bon exemple ! Nous sommes tous les deux si heureux que vous ayez accepté d’être la marraine de notre premier enfant. »

     

    La petite Olga a été baptisée le 26 novembre 1895. La cérémonie a eu lieu dans l’église du Palais Catherine, où elle y a été emmenée par un carrosse doré. Ses marraines étaient l’impératrice douairière Marie Feodorovna, la reine Olga de Grèce, la reine Victoria du Royaume-Uni, la Grande-Duchesse Olga Alexandrovna et l’impératrice Victoria de Prusse. Ses parrains étaient le roi Christian IX du Danemark, le Grand-Duc Ernest de Hesse et le Grand-Duc Vladimir Alexandrovitch. Comme beaucoup l’on noté : « La Grande-Duchesse Olga était un gros bébé, et rien ne présageait la belle jeune fille qu’elle allait devenir en grandissant. ».

      

    A ce propos, Lili Dehn note : « La Grande-Duchesse Olga était l’aînée des quatre sœurs. Elle était une fille très aimable, et tout le monde l’aimait dès le premier regard. En tant qu’enfant, elle avait un physique ordinaire, mais à quinze ans elle est devenue très belle. Elle était légèrement plus grande que la moyenne, elle avait un teint frais, de profonds yeux bleus, une masse de cheveux châtains clairs et de jolies mains. C’était une fille intelligente avec un caractère doux. »

     

     

     

    Alexandra, accompagnée de Nicolas, présente la petite Olga à sa grand-mère,
    la Reine Victoria du Royaume-Uni.

     

    Comme tout nouveau monarque, après son couronnement en 1894, Nicolas voyageât à l’étranger avec sa famille. En septembre 1896, Nicolas et Alexandra embarquèrent pour l’Angleterre avec leur petite fille Olga, âgée de dix mois, afin de la présenter à la reine Victoria. Heureuses de se retrouver, grand-mère et petite-fille passèrent des heures à jouer avec la petite Olga. « Elle est merveilleusement gentille et affectueuse avec nous et tellement contente de voir notre petite fille… » écrivait Nicolas à l’impératrice douairière à propos de Victoria.

      

    De Portsmouth les voyageurs partirent pour la France. A la différence des vacances en Angleterre, la visite de la Famille impériale à Paris n’était nullement une réunion de famille, mais un événement de première importance pour la France comme pour la Russie. L’apparition de la voiture impériale sur les grands boulevards de Paris déchaîna une ovation formidable. Une foule immense acclamait Nicolas et Alexandra. Olga et sa nourrice, qui suivaient dans une autre voiture, étaient saluées aux cris de « Vive le bébé ! », « Vive la Grande-duchesse ! » et même « Vive la nounou ! ». Le « Journal des débats » a même suggéré de baptiser Olga, en hommage à la petite-Grande-duchesse qui est arrivée à Paris avec ses parents, toutes les filles françaises nées en cette semaine de 1896.

     


    Entre 1897 et 1901, la petite Olga est rejointe par trois sœurs : Tatiana, Maria et Anastasia, puis finalement par un frère, Alexis, en 1904. Pierre Gilliard, le précepteur des enfants Romanov, écrit lors de sa première rencontre avec les enfants impériaux que « L’aînée des Grandes-Duchesses, Olga, fillette de dix ans, très bonde, yeux pétillants de malice, nez légèrement relevé, m’examinait avec un regard qui semblait chercher dès la première minute le défaut de la cuirasse, mais il se dégageait de cet enfant une impression de pureté et de franchise qui vous la rendait de prime abord sympathique »

    Olga faisait preuve, selon Gilliard, « d’une intelligence très vive ; elle avait beaucoup de raisonnement en même temps que de spontanéité, une grande indépendance d’allure et des réparties promptes et amusantes. Elle me donna d’abord un peu de peine ; mais à nos escarmouches du début succédèrent des rapports empreints de la plus franche cordialité.

      

    Elle saisissait tout avec une extrême rapidité et savait donner un tour original à ce qu’elle avait compris. Je me rappelle, entre autres, que, dans une de nos premières leçons de grammaire où je lui expliquais le mécanisme des verbes et l’emploi des auxiliaires, elle m’interrompit tout à coup en s’écriant : « Oh, Monsieur, j’ai bien compris, les auxiliaires, ce sont les domestiques des verbes ; il n’y a que ce pauvre verbe avoir qui doit se servir lui-même ». »

     


    Des quatre sœurs, c’est Olga qui ressemblait le plus à son père. Elle était timide et docile. Elle avait de longs cheveux blonds châtains, des yeux bleus et un visage large. Sa douceur, sa bienveillance, la profondeur de ses sentiments frappaient tous ceux qui l’approchaient. Olga avait l’esprit bien fait et prompt à saisir les idées. Lorsqu’elle conversait avec des personnes qu’elle connaissait bien, sa parole était rapide, directe, spirituelle. Elle lisait beaucoup, roman ou poésie, choisissant souvent parmi les livres de l’impératrice un ouvrage que celle-ci n’avait pas encore lu. « Maman, tu attendras que je t’aie dit si tu pouvais lire ce livre », notifiait-elle à l’impératrice qui la surprenait penchée sur un volume disparu de sa bibliothèque.

    Selon Gibbes, le professeur d’anglais des enfants impériaux, Olga avait « un fort tempérament, mais ne faisait preuve d’aucune rancune. Elle avait le cœur de son père. Ses manières étaient dures. Elle était bien éduquée et était très mature. On sentait en elle qu’elle était « une fille bien russe » qui aimait la solitude, lire des poèmes et qui n’aimait pas les problèmes quotidiens. Elle aimait la musique et improvisait au piano. Simple et sincère, elle était incapable de dissimuler ses sentiments et était évidemment plus proche de son père que de sa mère. »

     

    Olga a toujours eu en effet de meilleures relations avec son père qu’avec sa mère, et lui arrivait même de se disputer avec elle. Elle se plaignait également du mauvais état de santé permanent de sa mère. Dans une lettre à sa grand-mère l’impératrice douairière Marie Feodorovna, Olga écrit : « Comme d’habitude, son cœur ne va pas bien. C’est tellement désagréable ».

    Anna Vyroubova se souvient d’Olga comme « la plus habile de toutes sans doute, son esprit était si prompt à saisir les idées, elle retenait tout ce qu’elle apprenait sans difficulté. Sa principale caractéristique était, je pense, sa forte personnalité. Une qualité admirable chez une femme, la même caractéristique qui la rendait difficile à vivre dans son enfance, où il lui arrivait d’être désobéissante.

      

    Elle avait un fort tempérament mais, cependant, elle apprit rapidement à le contrôler, et si elle avait eu la chance de vivre une vie normale, elle serait devenue, je crois, une femme d’influence et de distinction. Olga ressemblait à son père dans la finesse de ses traits, en particulier par son délicat nez retroussé. ».

    Olga était la meilleure élève parmi ses sœurs. Pourtant, elle faillit causer un jour la disgrâce de son précepteur suisse, Pierre Gilliard, qui lui avait donné à lire Les Misérables en français. Gilliard note à ce propos :

     

    « Elle lisait beaucoup en dehors des leçons. Lorsqu’elle fut plus âgée, chaque fois que je lui remettais un ouvrage, j’avais la précaution – alléguant la difficulté du texte ou le peu d’intérêt qu’il présentait – d’indiquer en marge par des annotations les passages ou les chapitres qu’elle devait laisser de côté et dont je lui donnais un court résumé.

      

    Une omission de ma part me valut un des moments les plus désagréables de ma carrière pédagogique ; mais grâce à la présence d’esprit de l’empereur, tout se termina mieux que j’aurais pu le craindre.


    Olga Nicolaïevna lisait les Misérables et était arrivée à la description de la bataille de Waterloo. Au début de la leçon elle me remit, selon sa coutume, la liste des mots qu’elle n’avait pas compris. Quel ne fut pas mon effroi d’y voir en toutes lettres le mot qui fit la gloire du héros qui commandait la garde.

      

    J’étais sûr pourtant d’avoir pris toutes mes précautions… Je demande le livre pour vérifier mes annotations et je constate mon incroyable oubli. Pour éviter une explication délicate, je biffe le mot malencontreux et je rends la feuille à Olga Nicolaïevna qui s’écrit :


    - Tiens ! Vous avez biffé le mot que je suis allée demander hier à papa !


    La foudre tombant à mes pieds ne m’eût pas donné de commotion plus violente…
    - Comment, vous avez…


    - Mais oui, et il m’a répondu, après avoir demandé comment je le savais, que c’était un terme très énergique qu’il ne fallait pas répéter, mais que dans la bouche de ce général c’était le plus beau mot de la langue française.


    Quelques heures plus tard, à la promenade, je rencontrai l’empereur dans le parc ; il me prit à l’écart et, du ton le plus sérieux, me dit :


    - Monsieur, vous apprenez à mes filles un étrange vocabulaire…


    Je m’embarrassais dans des explications confuses. Mais l’empereur, éclatant de rire, reprit :


    - Allons, Monsieur, ne vous tourmentez pas, j’ai très bien compris ce qui s’était passé, et j’ai répondu à ma fille que c’est là un des titres de gloire de l’armée française. »

     

    Olga était la plus croyante de ses sœurs et passionnément dévouée à l’Eglise Orthodoxe. Elle a fait sa première communion à Moscou en 1903. Olga était également la plus informée de la situation politique du pays étant donné qu’elle lisait régulièrement les journaux. Durant les années sombres de la famille Romanov, elle est devenue le compagnon préféré de son père. Nicolas et sa fille aînée marchait alors longuement dans le parc ou s’asseyaient pour discuter des problèmes politiques du pays.
      
    En 1911, pour le seizième anniversaire de la GrandDuchesse Olga, l’impératrice donna un grand bal au palais Livadia, en Crimée. Avant le commencement de la fête, Olga reçut de ses parents une bague ornée de diamants et un collier formé de trente-deux diamants et perles ; c’était ses premiers bijoux et la consécration de sa jeune féminité. Ce soir-là, Olga porta sa première robe de bal, une robe toute rose. Elle avait relevé ses épais cheveux bonds sur le haut de sa tête ; c’était aussi la première fois qu’on lui permettait de se coiffer comme une femme. Elle entra dans la danse rayonnante de plaisir et de grâce.
      
    En 1945, à l’apogée de sa puissance, Staline reçut à Yalta en Crimée ses alliés, le président Roosevelt et le Premier ministre Winston Churchill. C’est ainsi que les fameuses décisions de Yalta furent prises autour d’une table ronde dans la salle à manger d’apparat où, trente-quatre ans plus tôt, Olga, fille aînée du Tsar, avait ouvert son premier bal, le jour de ses seize ans.

     

    « Un des plus beaux bals », se souvenait l’amie intime de la tsarine, Anna Vyroubova : « La Grande-Duchesse était habillée pour la première fois d’une robe du soir en mousseline rose, ses cheveux blonds relevés en chignon. Gaie et fraîche comme une fleur, elle attirait l’attention de tous. Après le bal, on soupa par petites tables. Les plus jeunes grandes-duchesses avaient eu la permission d’assister au bal et s’amusaient. »

     

    En 1913, selon la coutume, la Grande-duchesse Olga reçut le titre honorifique de colonelle en chef honoraire du régiment du 3e hussard Elisabethgradsky. C’est également à cette même période que des projets de mariage virent le jour. En tant que fille aînée du tsar, elle était en effet un des partis les plus intéressants d’Europe.

      

    On évoqua tout d’abord des fiançailles entre Olga et le Grand-Duc Dimitri, mais il ne sortit rien de ce projet. Puis on pensa au prince de Galles Edouard. Encore une fois, le projet échoua et le prince resta célibataire jusqu’en 1936 ; cette année-là il renonça au trône sur lequel il était déjà monté pour épouser une américaine, Mrs Wallis Warfield Simpson.

    On envisagea plus sérieusement de marier Olga au prince Carol, héritier de la couronne de Roumanie. Le ministre des affaires étrangères Serge Sazonov s’était fait l’avocat de ce projet d’union : il y voyait le moyen de détacher la Roumanie de son alliance avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Nicolas et Alexandra regardaient le prince Carol d’un œil favorable, mais Olga refusait d’en entendre parler seulement.

      

    Le 13 juin 1914, la Famille impériale embarqua sur le yacht impérial et se rendit, pour une brève visite, à Constanza, port roumain sur la mer Noire. Pendant le voyage, Olga confia ses inquiétudes à son professeur Pierre Gilliard :

     

    Pendant le voyage, Olga confia ses inquiétudes à son professeur Pierre Gilliard :


    « - Dîtes-moi la vérité, Monsieur, vous savez pourquoi nous allons en Roumanie ?


    - Je crois que c’est une visite de politesse que l’empereur va faire au roi de Roumanie, pour lui rendre celle qu’il lui a faite autrefois. Répondit Pierre Gilliard embarrassé


    - Oui, c’est peut-être le prétexte officiel, mais la véritable raison… Oh je sais bien que vous n’êtes pas censé le savoir, mais je suis sûre que tout le monde en parle autour de moi et que vous la connaissez… Et bien si je ne veux pas, ce ne sera pas. Papa m’a promis de ne pas me forcer… et moi, je ne veux pas quitter la Russie.


    - Mais vous pourrez y revenir aussi souvent que vous voudrez.


    - Je serais malgré tout une étrangère pour mon pays ; je suis russe et je veux rester russe ! »





    La Famille impériale en visite en Roumanie, en 1914. De gauche à droite, au premier plan : Maria Nicolaïevna, le Tsarévitch Alexis, Nicolas de Roumanie et Olga Nicolaïevna tenant sur ses genoux le petit Mircea de Roumanie. Au second plan : le Roi Carol Ier de Roumanie, l'impératrice Alexandra Feodorovna, Tatiana Nicolaïevna, la princesse héritière Marie de Roumanie et Nicolas II. Au troisième plan : Anastasia Nicolaïevna, Marie de Roumanie, le Prince Carol, Lleana de Roumanie, le Prince héritier Ferdinand de Roumanie et la Reine Elisabeth de Roumanie.

     

    Carol et la Famille royale de Roumanie assistèrent sur le môle à l’arrivée du Standart qui amenait de Yalta leurs hôtes russes. Toute la journée, Olga fut le point de mire de la foule roumaine qui savait que la fille du Tsar serait peut-être, un jour, sa reine. Cependant, Olga n’éprouvait aucune attirance pour le jeune prince Carol. Selon la princesse Bibesco, les jeunes filles, en un innocent stratagème, s’étaient exposées volontairement au soleil, et leur teint doré n’était pas à la mode.

    Le Tsar et l’impératrice respectèrent les sentiments de leur fille et le projet fut lui aussi abandonné. En réalité, Olga pensait sans doute toujours à Pavel Voronov, un officier du Standart, le yacht impérial, dont elle tomba amoureuse en 1913.

     

    Un jour sur la terrasse de Livadia, Alexandra discutait avec Sazonov : « Je m’aperçois avec terreur que le temps s’approche où je devrai me séparer de mes filles. Je ne pourrais rien souhaiter de mieux que de les voir demeurer en Russie après leur mariage, mais j’ai quatre filles et je sais bien que c’est une chose impossible. Vous n’ignorez pas combien les mariages sont une affaire délicate pour les familles régnantes.

      

    Je le sais d’expérience, bien que je ne me sois jamais retrouvée dans la position qu’occupent mes filles ; j’étais [seulement] la fille du grand-duc de Hesse et risquais peu de me voir contraindre à faire un mariage politique… Pourtant, je sentis un jour la menace de ces unions où l’amour ni l’affection n’ont de part… et je me souviens encore avec une extrême précision, comme si c’était hier, des tourments que j’endurai quand Z (ici l’impératrice dit un nom qui appartenait à l’une des familles régnantes d’Allemagne)… arriva à Darmstadt et que l’on m’apprit qu’il s’était mis en tête de m’épouser.

      

    Je ne le connaissais absolument pas ; jamais je n’oublierai ce que furent mes souffrances quand je le vis pour la première fois. Ma grand-mère la reine Victoria me prit en pitié, on cessa de me tourmenter. Dieu avait disposé autrement de ma destinée et me réservait un bonheur qui dépassait mes plus beaux rêves. Tout ceci ne me fait que mieux sentir qu’il est de mon devoir de laisser mes filles libres de se marier selon leurs inclinations. L’empereur devra décider si tel ou tel mariage lui semble convenable, mais l’autorité des parents ne doit point dépasser cette limite. »

     

    En 1915, Boris Wladimirovitch, un cousin de Nicolas II, avait demandé la main d’Olga. L’impératrice, en écrivant au Tsar, n’avait point caché les sentiments qu’elle nourrissait pour Boris : « dans quel épouvantable milieu son épouse se verrait entraînée… des intrigues sans fin, des manières et des conversations plus que légères… un homme de trente-huit ans, usé, blasé, [marié] à une pure et fraîche jeune fille qui a dix-huit ans de moins que lui… [et l’emmenant] vivre dans une maison où d’autres femmes ont déjà « partagé » sa vie !!

      

    Une jeune fille inexpérimentée souffrirait affreusement d’avoir un mari de quatrième ou de cinquième main, ou pis encore. ». Maria Pavlovna, la mère de Boris, s’était officiellement associée à la demande en mariage présenté par son fils. Le refus de l’impératrice lui paru impardonnable.

     

    A Vingt ans, Olga reçut la libre disposition d’une partie de sa fortune et commença à répondre aux appels que l’on faisait à sa générosité. Un jour en 1915, alors qu’elle se promenait en voiture à Mohilev, le quartier général de l’armée russe, elle aperçut un enfant qui marchait en s’appuyant sur des béquilles ; elle voulut savoir quel était son mal et découvrit que ses parents n’avaient pas les moyens de la faire soigner. Sans en rien dire, elle réserva tous les mois une somme destinée à payer le traitement du petit malade.

    Dans ses mémoires, Sophie Buxhoeveden note à propos d’Olga : « Les filles étaient toutes très belles. L’aînée, la Grande-Duchesse Olga Nicolaïevna, était belle et grande, avec de beaux yeux bleus, un nez court et de belles dents. Elle avait une grâce remarquable et était une très bonne danseuse. Elle était la plus habile de ses sœurs et était très douée en musique : elle avait, selon ses professeurs, une « oreille absolue ».

      

    Elle pouvait jouer tous les morceaux qu’elle entendait, même les plus compliqués, et sa touche personnelle était délicieuse. Elle chantait parfaitement dans un joli mezzo-soprano. Olga Nicolaïevna était très simple, parfois trop franche, mais toujours sincère. Elle avait beaucoup de charme. En tant qu’élève, elle a fait subir toutes les blagues possibles à ses pauvres professeurs. Quand elle a grandi, elle était toujours présente pour s’amuser. »

     

    « Elle était généreuse, et répondait toujours aux appels de dons : « Oh, il faut aider ces pauvres. Je dois faire quelque chose » disait-elle. Olga Nicolaïevna était très dévouée à son père. L’horreur de la Révolution a eu beaucoup plus de conséquences pour elle que pour les autres. Elle avait complètement changé et son esprit brillant avait disparu. », ajoute la baronne.

    Olga était destinée à voir beaucoup de souffrance. Elle a été confrontée à la violence humaine pour la première fois à quinze ans seulement, lors de l’assassinat du Premier ministre Piotr Stolipyn à l’opéra de Kiev. « Olga et Tatiana étaient avec moi et ont vu tout ce qui s’est passé », écrit Nicolas à sa mère le 10 septembre 1911. Olga, contrairement à Tatiana, n’a pas pleuré. Cependant, suite à cet assassinat, elle a souffert pendant longtemps de troubles du sommeil.

     

      

    Seulement trois ans plus tard, la Première Guerre Mondiale fut déclarée et sa vie changea complètement. L’impératrice Alexandra, se considérant comme la mère de l’empire, fonda plusieurs hôpitaux et est devenue infirmière avec ses deux filles aînées, Olga et Tatiana. Olga était présente durant les opérations, s’occupait des soldats et essayait de les aider à oublier leur douleur. Mais pour la sensible Olga, il était trop difficile de supporter tant de souffrance. Selon sa sœur Maria, dans un excès de rage après une opération, Olga a brisé une vitre avec son parapluie, mais aussi tous les objets qui se trouvaient sur un meuble dans l’hôpital aménagé de Tsarskoie-Selo.

      

    Le 19 octobre 1915, Olga a été affectée aux tâches administratives de l’hôpital, car elle était devenue trop stressée pour continuer à soigner elle-même les blessés. Pour soigner ses troubles nerveux, elle a même reçu des injections d’arsenic, à l’époque considéré comme un traitement contre la dépression.

    Bien que le travail à l’hôpital était très difficile pour la jeune femme, c’était paradoxalement une période très heureuse pour Olga. En effet, en regardant ses journaux intimes, un nom revient souvent : Mitya. Selon Valentina Chebotareva, une infirmière qui soignait les blessés avec Olga, ce Mitya était en réalité le soldat Dmitri Chakh-Bagov. Chebotareva écrit que l’amour d’Olga pour lui était « pur, naïf, sans espoir » et qu’elle essayait de cacher ses sentiments aux autres.

     

    Elle lui parlait régulièrement au téléphone et est tombée en dépression quand il a quitté l’hôpital. De son côté, Dmitri était très attaché à Olga. Il y a également un autre jeune homme, Volodia Volkomski, qui était très épris d’elle. Alexandra écrit à Nicolas en 1916 qu’il « a toujours un sourire pour elle ».

    A la fin du mois de février 1917, Olga est la première de ses sœurs, avec Alexis, à attraper la rougeole. La température d’Olga avait atteint pratiquement 40°C. En raison de son état très préoccupant, sa famille lui cacha les troubles révolutionnaires qui commençaient à faire rage dans la capitale impériale. Le 13 mars, lorsque les révolutionnaires marchaient sur Tsarskoïe-Selo, elle a seulement entendu plusieurs coups de feu, tout en ignorant ce qui se passait réellement.

     

    Lorsque son état d’améliora, elle fut informée de la situation. La Révolution balayait la Russie, son père avait abdiqué, tandis qu'elle et sa famille étaient en état d’arrestation et assignaient à résidence au palais Alexandre. Contrairement à ses jeunes sœurs, elle avait réalisé le danger qui approchait. Elle avait très vite compris que le monde qu’elle avait toujours connu, le monde où ses parents étaient les figures emblématiques, venait de s’écrouler à jamais.

      

    A présent, son seul but était d’apaiser ses parents. Pour tromper sa peur, elle passait ses journées à peindre, à étudier les textes religieux et à discuter avec les gens qu’elle aimait. Mais très vite, la captivité fit perdre à Olga sa beauté lumineuse et elle est devenue physiquement marquée par son angoisse. En quelques mois, Olga semblait plus âgée et avait perdu beaucoup de poids.

    En avril 1918, après plusieurs mois de captivité à Tobolsk, Nicolas, Alexandra et Maria sont transférés à Ekaterinbourg. Lorsque la Famille impériale était encore détenue à Tsarskoie-Selo, Nicolas avait donné un petit révolver à Olga afin qu'elle puisse se protéger. Cette arme a par la suite été confisquée par le colonel Kobylynsky, qui l’a découvert lors du transfert d’Olga et d’une partie de sa famille vers Ekaterinbourg en mai 1918.

     

    Alexis, ne pouvant voyager suite à une crise d’hémophilie, était resté pour quelques temps supplémentaires à Tobolsk avec Olga, Tatiana et Anastasia. La présence bienveillante de Tatiana et d’Anastasia était essentielle pour le rétablissement du Tsarévitch. Quant à Olga, l’impératrice avait estimé qu’elle était trop faible pour voyager avec ces températures hivernales. Les trois Grandes-Duchesses et Alexis ont été transférés en mai 1918 à Ekaterinbourg, un mois après leurs parents et Maria, par bateau puis par train.

      

    Lorsqu’ils naviguaient à bord du « Rus », les Grandes-Duchesses n’étaient pas autorisées à verrouiller leurs cabines. Dans la nuit, les gardes ivres y faisaient irruption, menaçaient et harcelaient les trois jeunes filles choquées et effrayées par tant de violence. Sydney Gibbes, le professeur d’anglais des enfants impériaux, retenu dans sa cabine pendant que les gardes harcelaient ses élèves, écrit dans ses mémoires que les cris terrifiés d’Olga, de Tatiana et d’Anastasia l’ont hanté jusqu’à la fin de sa vie. Fort heureusement, il apparaît que les Grandes-Duchesses n’ont subi aucune violence physique lors de leur transfert à Ekaterinbourg.




    Olga et Alexis lors de leur transfert de Tobolsk à Ekaterinbourg en mai 1918. Cette photo, prise par Pierre Gilliard, est la dernière photo connue du Tsarévitch et de sa sœur aînée. Il leur reste deux mois à vivre.
     

     

    Dans les dernières semaines de sa vie, la religion et la prière ont été, pour Olga, ses seuls réconforts. Un des soldats chargé de la garde de la Famille impériale à Ekaterinbourg note que : « L’aînée, Olga Nicolaïevna, était, comme son frère, pâle et malade […]. Elle semblait la plupart du temps fatiguée. Pendant les promenades, elle se tenait éloignée de ses sœurs et avait le regard triste, perdu. Elle jouait plus au piano que ses sœurs, et lorsqu’elle jouait un morceau, c’était toujours quelque chose de triste et plaintif ». Un autre rapporte que « la fille aînée restait la plupart du temps loin de ses jeunes sœurs, et se comportait comme sa mère arrogante. A la fin, elle n’avait plus que la peau sur les os… ».
     

    Durant la captivité à Ekaterinbourg, Olga lisait encore plus qu’à son habitude. Si ce n’était pas la Bible, c’était un des livres si précieux à son cœur qu’elle avait emporté de Tsarskoie-Selo. On retrouva par exemple « La princesse et le gobelin », offert par sa tante Irène alors qu’Olga était encore petite. Il y avait également l’ouvrage du fils de Napoléon Ier, écrit après la chute de l’empire. Dans cet ouvrage, Pierre Gilliard retrouva deux poèmes écris par Olga, dans lesquels elle demandait au Seigneur de lui donner le courage pour affronter ces heures sombres.

    Peu de temps après avoir écrit ces prières, Olga a finalement été confrontée à son destin. Ce destin n’était certainement pas celui que ses parents ou sa famille auraient pu prévoir lors de sa naissance en 1895. Elle aurait pu devenir reine, impératrice, fonder sa propre famille, avoir des enfants puis des petits-enfants, à l’image de son arrière-grand-mère la reine Victoria. Mais tout cela lui a été refusé. Sa vie prit tragiquement fin durant les premières heures du 17 juillet 1918, à l’aube de son vingt-troisième anniversaire.

     




    La Grande-Duchesse Olga en 1916.



     
     
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     Olga Nicolaievna

    Olga Romanov

     

      

    La grande-duchesse Olga Nicolaevna de Russie (Великая Княжна Ольга Николаевна) est le 15 novembre 1895 au palais Tsarskoïe Selo, et meurt assassiné dans la villa d'Ipatiev à Ekaterinbourg.


    Enfance : La grande-duchesse Olga naît le 15 novembre 1895 à Tsarkoïe Selo. Elle est la fille aînée de l'empereur Nicolas II de Russie et de l'impératrice Alix de Hesse et du Rhin (Alexandra Feodorovna). Sa marraine était son arrière-grand-mère par sa mère, la reine Victoria. Olga était très proche de sa soeur cadette Tatiana, dont elle partageait sa chambre avec elle. On les appelait la grande paire. Elle était connue comme très généreuse, et très honnête, mais aussi pour son tempérament et sa désobéissance.


    Adolescence : « Sa principale caractéristique est... une forte volonté », a écrit l'amie de sa mère, Anna Vyrubova, qui a rappelé les difficultés d'Alexandra pour maintenir sa fille aînée calme, et a ajouté : « Admirable qualité chez une femme ». Olga, tout comme ses frère et sœurs, adorait jouer au tennis et faire de la natation avec son père pendant leurs vacances d'été et se confiait à lui lors de leurs longues promenades. Bien qu'elle aimait beaucoup sa mère, pendant son adolescence, elle entretenait avec elle des relations tendues, « Sur chaque proposition que je lui fait, Olga devient insolente et chaque dispute se termine par “je fais ce que je veux” », a écrit Alexandra dans une lettre adressée a Nicolas le 13 mars 1916. Alexandra se plaignait également de la mauvais humeur et de la réticence de sa fille à rendre visite aux blessés qui se faisaient soigner dans l'hôpital aménagé au palais d'hiver.

      

    En 1913, Olga s'est plaint dans une lettre adressée à sa grand-mère, l'impératrice douairière Marie Feodorovna, des dépressions incessantes d'Alexandra : « Comme d'habitude, son cœur n'est pas bien, cela devient désagréable »,écrit olga. La reine Marie de Roumanie, qui a rencontrée olga et ses sœurs lors d'un voyage d'État de Nicolas en Roumanie, a indiquéé dans ses mémoires qu'Olga agissait en fonction de ses désirs.

    Lors de son adolescence, Olga a reçu de nombreux rappels de ses parents pour être plus patiente avec ses jeunes sœurs et devenir plus polie avec ses serviteurs, avec qui elle eut de nombreuses disputes lorsqu'ils refusaient de répondre à tous ses désirs.

      

      

    Olga répondit à cela qu'elle allait essayer de faire de son mieux pour arranger la situation, mais ce n'était pas facile, car selon Olga, quelques serviteurs s'énervaient contre elle sans aucune raison. Toutefois, Ersberg, l'une des femmes de chambre, a déclaré à sa nièce que les serviteurs avaient parfois de bonnes raisons de se disputer avec Olga car la grande-duchesse aînée était une enfant gâtée, capricieuse et paresseuse.


    Romance : En novembre 1911, un bal costumé s'était tenu à Livadia pour célébrer son seizième anniversaire et son entrée dans la société. Avant la Première Guerre mondiale, il y avait eu un débat à propos d'un mariage entre Olga et le prince Carol de Roumanie, mais Olga n'aimait pas Carol. Au cours d'une visite en Roumanie au printemps 1914, Alexandra a dû lutter pour que sa fille accepte de parler avec le prince héritier de Roumanie. Des plans de mariage avec le prince Carol avaient été mis en place mais sans succès.

     

     

      

    Le prince Édouard, fils aîné de George V d'Angleterre, et le prince héritier Alexandre de Serbie ont également été évoqués comme possibles prétendants, mais aucun n'a été sérieusement envisagé. Olga a d'ailleurs confié à son précepteur, Pierre Gilliard, qu'elle voulait se marier avec un Russe et rester vivre en Russie.

    À la fin de 1913, Olga est tombé amoureuse de Pavel Voronov, un officier subalterne sur le yacht impérial, mais une telle relation aurait été impossible en raison de leur différence de rang. Voronov s'est donc fiancé quelque temps plus tard avec une femme de « son rang ». « C'est triste, affligeant. », a écrit Olga dans son journal le jour du mariage de Voronov. Plus tard, dans ses journaux de 1915 et 1916, Olga a fréquemment mentionné un homme du nom de Mitya avec une grande affection.

    Olga est tombée également amoureuse en 1915 d'un soldat blessé nommé Dimitri Chakh-Bagov, d'ailleurs selon Valentina Chebotareva, une femme qui côtoyait olga durant la Première Guerre mondiale, Dmitri Chakh-Bagov était Mitya.

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    Olga Nikolaevna Romanov  Birth: November, 15, 1895  Birth Place: Tsarskoye, Russian Empire

     


    Il y eut encore beaucoup d'autres prétendants ; parmi eux, il y avait le cousin germain d'Olga, Boris Vladimirovitch de Russie. Mais Alexandra refusa l'idée de ce mariage du fait de leur grande différence d'âge : « Une jeune fille inexpérimentée souffrirait terriblement d'un tel mariage », écrit la tsarine. Elle était également consciente que « le cœur d'Olga était ailleurs ».


    Début de l'âge adulte :

      

    Olga a connu sa première scène de violence à l'âge de quinze ans, lorsqu'elle assista à l'assassinat du ministre du gouvernement Piotr Stolypine au cours d'un spectacle à l'Opéra de Kiev. « Olga et Tatiana sont traumatisées car elles ont vu tout ce qui c'est passé », écrit Nicolas à sa mère, l'impératrice douairière Marie Feodorovna, le 10 septembre 1911, « ... Tatiana ne se remet pas de ce qui vient de se passer, elle n'arrête pas de pleurer, et elles ont toutes les deux mal dormi. »

    Lors de la Première Guerre mondiale, Olga soignait les soldats blessés avec sa mère et sa sœur Tatiana au « lazaret personnel de Sa Majesté impériale », aménagé dans le Palais d'hiver. Cependant, en raison de la mort sous ses yeux de soldats, elle devint stressée et tout le temps de mauvaise humeur. Sa sœur Maria, avait écrit dans une lettre adressée à son père, qu'Olga, lors d'un caprice, avait cassé trois volets d'une fenêtre avec un parapluie le 5 septembre 1915.

     

     

      

      

    Quelque temps plus tard, selon les mémoires de Valentina Chebotareva, Olga, lors d'une crise de colère, détruisit les porte-manteaux du vestiaire de l'hôpital militaire où elle travaillait. À compter du 19 octobre 1915, ne parvenant plus à supporter la vision des soldats blessés, elle se contenta du travail d'aide-soignante, prenant les températures, distribuant les médicaments et faisant les lits. Elle a reçu des injections d'arsenic en octobre 1915, considéré à l'époque comme un traitement contre la dépression et les troubles nerveux.

    Selon les courtisans, Olga connaissait l'état financier et politique du pays pendant la guerre et la révolution. Elle aurait également su combien le peuple russe n'aimait pas son père et sa mère, « Olga comprit la situation mieux que n'importe quel membre de la famille, y compris ses parents. À ce moment là, elle avait peu d'illusions quant à son avenir et celui de sa famille, et en conséquence était souvent triste et inquiète », a rappelé Gleb Botkin.

      


    Fin de sa vie : Au cours de la révolution russe de 1917, la famille impériale a été arrêtée et fut emprisonnée au palais d'été de Tsarkoïe Selo. Puis, en raison des mouvements révolutionnaires qui faisaient rage à Saint-Pétersbourg, la famille impériale fut transférée à Tobolsk, pour sa sécurité, puis, quelque temps plus tard, à Ekaterinbourg, en Sibérie, dans la villa Ipatiev, également désignée sous l'expression « la maison à destination spéciale ». « Cher ami, vous devez savoir que ce qui nous arrive est horrible... », écrit Olga dans une lettre à un ami de Tobolsk. Dans une autre lettre de Tobolsk, Olga a écrit : « ... Le père rappelle que le mal qui est dans ce monde deviendra encore plus puissant, et que ce n'est pas le mal qui vainc le mal, mais l'amour... »

      

      

    Dans un de ses poèmes, Olga prie pour la patience et la capacité de pardonner à ses bourreaux :

    « Envoyez-nous, Seigneur, de la patience, en cette année de tempête, la morosité de nos journées, à subir l'oppression populaire, et les tortures de nos bourreaux. Donnez-nous la force, ô Seigneur, de pardonner et nous aider à supporter notre Croix Tellement lourde et sanglante. Au temps où les ennemis nous volent, pour supporter la honte et l'humiliation, le Christ, notre Sauveur, aide nous. Gouverneur de ce monde, Dieu de l'univers, Bénis-nous par la prière et donne un repos à notre âme qui souffre en cette heure. Au seuil de la tombe, prier pour nos ennemis. »

    Dans les effets personnels d'Olga, a été retrouvé le livre sur l'histoire de Napoléon Ier, écrit par son fils, qui est resté fidèle à son père déchu jusqu'à la fin de sa vie. Ce qui reflète sa propre volonté à rester fidèle à son père qu'elle adorait.

      



      

    Il y eut un rapport comme quoi Nicolas aurait donné un petit revolver à sa fille Olga, qu'elle dissimulait dans un coffre lors de sa captivité à Tsarkoïe Selo et à Tobolsk. Mais juste avant leur transfert à Ekaterinbourg, l'arme étant découverte par un geôlier, elle l'abandonna à regret et est laissée sans armes. La famille impériale fut séparée en avril 1918 lors du transfert de Nicolas, Alexandra et Maria à Ekaterinbourg, les trois autres jeunes femmes étaient restées à Tobolsk avec Alexei, car celui-ci souffrait d'une crise d'hémophilie. L'impératrice a choisi Maria pour les accompagner à Ekaterinbourg car le moral d'Olga était trop bas pour faire ce voyage et le fort caractère de Tatiana était nécessaire pour prendre soin d'Alexei. À Tobolsk, Olga et ses sœurs avaient cousu des bijoux dans leurs vêtements dans l'espoir de les cacher aux bolcheviques.

      

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    The last photograph of the Romanovs before their execution.

      

    En mai 1918, les enfants restant furent transférés à Ekaterinbourg. Cette nuit-là, les gardes avaient interdit aux jeunes femmes de verrouiller les portes de leur chambre à coucher. De ce fait, Olga, Tatiana et Anastasia demeurèrent entièrement vêtues. Les gardiens à la recherche des joyaux les harcelèrent, et même les bousculèrent, car elles ne voulaient pas dire où ils se trouvaient.

    Pierre Gilliard, le précepteur des enfants du tsar, a écrit dans son journal la dernière fois qu'il a vu les enfants impériaux. Le 20 mai 1918, Gillard et les quatre enfants (Olga, Tatiana, Anastasia et Alexeï) sont transférés de Tobolsk à Tioumen sur le « Rouss » (le bateau qui les avait emmenés huit mois plus tôt.) Les gardes de celui-ci étaient nerveux et brutaux envers les enfants et leurs compagnons. Au moment de monter dans le train en gare de Tioumen, sans qu'il s'y attende, Gillard est séparé des enfants.

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    Grand Duchess Olga Nicolaievna

      

      

    À Ekaterinbourg, le 23 mai, il les voit pour la dernière fois, depuis la fenêtre du train. Olga, Tatiana et Anastasia avancent dans la boue, traînant leurs lourds bagages. Alexeï, qui ne peut plus marcher, est porté par le matelot Klementi Nagorny : « Je voulus sortir, mais je fus brutalement repoussé dans le wagon par la sentinelle. » Pour Gillard, ce sont des souvenirs douloureux : « Je revins à la fenêtre. Tatiana s'avançait la dernière, portant son petit chien et traînant péniblement une lourde valise brune. Il pleuvait et je la voyais s'enfoncer à chaque pas dans la boue. Nagorny voulut se porter à son aide : il fut violemment rejeté en arrière par un des commissaires. »

    Olga aurait été profondément déprimée et aurait perdu beaucoup de poids au cours des derniers mois de sa vie, « Elle était mince et pâle, et avait l'air très malade. » écrit l'un des gardes, Alexandre Strekotin, dans ses mémoires, « Elle a fait quelques promenades dans le jardin et a passé la plupart de son temps avec son frère. » Un autre gardien a rappelé que les rares fois qu'elle allait marcher dans le jardin, elle restait immobile, « ce qui rendait facile à lire ses émotions » dit-il. Plus tard, Olga s'était fâchée avec sa jeune sœur Maria, car elle la trouvait trop respectueuse envers les gardes, a indiqué Strekotin.

    Le 14 juillet 1918, les prêtres locaux d'Ekaterinbourg ont mené un service religieux privé pour la famille impériale et ont indiqué qu'Olga, contrairement à la coutume, est tombée à genoux au cours de la prière aux morts. Olga avait vingt-deux ans quand elle a été tuée avec sa famille dans la villa Ipatiev a Ekaterinbourg le 17 juillet 1918. Le massacre a été perpétré par les hommes de Yakov Yurovsky, probablement sous l'ordre direct de Lénine. D'après un témoignage, Olga aurait regardée sa sœur, Tatiana, mourir avant d'être tuée à son tour.

    Après le massacre, Les corps de la famille impériale furent chargés sur un camion puis transférés dans une forêt proche de Ekaterinbourg. Déshabillées, arrosées d'essence, brûlés puis défigurées à l'acide sulfurique, les victimes sont jetées dans un puits de mine d'où elles furent, quelques jours plus tard, retirées pour être ensevelies sous un chemin forestier.

    Rumeur : Avant la découverte des corps de la famille impériale, plusieurs personnes ont déclaré être des membres survivants de la famille Romanov. Une femme du nom de Marga Boodts a prétendu être Olga, elle vivait dans une villa au bord du lac de Côme en Italie et a été aidée à être reconnue comme telle grâce à l'appui de l'ancien Kaiser Guillaume II et par le Pape de l'époque. Cependant, à l'époque, la plupart des historiens ont affirmé qu'Olga était morte avec le reste de sa famille.

    En 1991, les corps de la famille impériale et de leurs suivants ont finalement été retrouvés dans une fosse commune dans les bois en dehors d'Ekaterinbourg. La tombe avait été trouvée près d'une décennie plus tôt, mais a été tenu secrète du fait, qu'a cette époque, la Russie était encore communiste. À la grande surprise des archéologues, le corps d'Alexeï et d'une de ses sœurs, probablement Maria étaient portés disparus.

    Le 16 juillet 1998, NicolasII a été inhumé avec les membres de sa famille (sauf Alexeï et Maria, dont les corps n'avaient pas encore été retrouvés) et les quatre membres de sa suite dans la Cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. Ils furent inhumés en présence des descendants de la famille Romanov, notamment du prince Nicolas Romanov, chef de la maison impériale de Russie. Le 14 août 2000, Nicolas et sa famille ont été canonisés par l'Église orthodoxe de Russie, qui les considère comme martyrs.

    Le 23 août 2007, une archéologue russe a annoncé la découverte de deux corps à Ekaterinbourg qui semblait correspondre à la description des lieux où les corps de Maria et d'Alexeï avaient été inhumés d'après les mémoires de Yurovsky. Les archéologues ont affirmé que les restes retrouvés appartenaient à un garçon de dix à quinze ans et à une jeune femme de dix-neuf ou vingt ans. Tels étaient les âges des deux enfants du tsar au moment de leur mort, Maria ayant dix-neuf ans et Alexeï treize ans. Des tests ADN sont encore en cours pour déterminer si ce sont bien les restes de ces deux enfants Romanov.

    Le 22 janvier 2008, Selon les conclusions préliminaires de l'expertise génétique, les ossements découverts le 29 juillet 2007 aux abords d'Ekaterinbourg appartiennent à des enfants du dernier empereur russe, a confié à RIA Novosti le chef du bureau régional de l'expertise médico-légale de Sverdlovsk Nikolaï Nevoline.

    « Les analyses ADN effectuées à Ekaterinbourg et à Moscou ont confirmé notre hypothèse. Une fois ces expertises terminées, leurs résultats seront comparés à ceux de nos collègues étrangers », a déclaré l'interlocuteur de l'agence.

    Selon lui, les conclusions définitives de l'expertise génétique seront publiées en avril ou en mai prochains.


    Citation : "elle m'intimidait souvent un peu, mais j'éprouvait une admiration et une confiance sans borne à son égard" dit Marie Nicolaievna.

     

     

     

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    A Russian Nagant m1895 (year of design). Was designed for Tsar Nicholas' army, police, ect, and ironically one was also used in the massacre of the Tsar and is family on July 17, 1918

     

     

     

     

     

     

     

     

     
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    la biographie de La grande-duchesse Olga Nicolaïevna

    la biographie de La grande-duchesse Olga Nicolaïevna OLGA est née le 15 novembre 1895 au palais de Tsarkoïe-Selo. Elle est la fille aînée du tsar Nicolas II et de l'impératrice Alexandra Fedorovna. Nicolas note dans son journal le jour de sa naissance:
      
    "Un jour qui ne s'effacera jamais de ma mémoire, pendant lequel j'ai souffert tellement, tellement! Dès une heure du matin, ma chère Alix a senti les douleurs qui ne lui ont pas permis de dormir... Je ne pouvais la regarder sans partager son mal. Vers deux heures, ma chère maman est arrivée de Gatchina. Tous les trois, elle, Ella (Elisabeth Fedorovna, soeur de l'impératrice) et moi, nous n'avons pas quitté un instant Alix. A neuf heures, juste, un vagissement enfantin se fit entendre et nous avons tous respiré librement! Dieu nous a donné une fille... Grâce à Dieu, Alix a très bien supporté l'accouchement et s'est sentie, dès le soir, ragaillardie..."
     
    Etant bébé, Olga était quelque peu potelée. A ce sujet, lors d'une visite en France de la famille impériale en 1896, Nicolas eu quelques remarques concernant le poids d'Olga. En 1897, Olga est rejointe par une petite soeur, Tatiana. Les deux soeurs étaient très proches l'une de l'autre et partagaient la même chambre au palais Alexandre, au palais Peterhof, sur le yacht impérial, et dans toutes les autres propriétés de la famille impériale. Les deux filles étaient surnommées "la grande paire" par leurs poches. En 1899, Olga est rejointe par une autre soeur, Maria, puis par Anastasia en 1901 et enfin par un frère, Alexei, en 1904.
      
    Les quatre filles du tsar étaient très proches les unes des autres, se partageaient tout et signaient même parfois leurs lettres d'une signature commune de leurs initiales respectives "OTMA" (Olga, Tatiana, Maria et Anastasia). Etant la plus âgée, on attendait d'Olga qu'elle soit un peu autoritaire envers ses soeurs et son frère, mais c'est la deuxième fille du tsar, Tatiana, qui prit le rôle de la soeur autoritaire.
     
    Le tuteur des enfants Romanov estimait qu'Olga était meilleure élève que ses soeurs. Dans ses mémoires, le professeur de français des enfants, Pierre Gilliard, écrit à propos d'Olga qu' "Elle possèdait une remarquable intelligence" et qu'"elle avait de bonnes initiatives et un très bon cerveau de déduction". La jeune fille adorait lire des nouvelles, des romans, mais surtout des poèmes et en écrivit d'ailleurs beaucoup. Olga empruntait souvent des livres à sa mère sans lui demander la permission. Il arrivait alors à l'impératrice de devoir faire le tour du palais pour retrouver les livres qu'Olga lui avait pris.
     
    Beaucoup de personnes affirmaient qu'Olga ressemblait plus physiquement à son père qu'à sa mère. Elle avait les cheveux blonds, les yeux bleus, un long visage, et le nez retroussé des Romanov. Olga était potelée étant bébé, mais a maigri lors de son enfance et est devenue une belle jeune femme. Cependant, ses contemporains la trouvaient moins jolie que Tatiana et Maria.
    Des quatre filles du tsar, Olga était pour ainsi dire la plus "désagréable". Elle était très lunatique et quelques fois agressive avec ses soeurs.
      
    Elle se disputait également souvent avec sa mère, et Tatiana devait intervenir régulièrement pour calmer sa soeur aînée. La jeune fille était très sensible et un seul "mot de travers" pouvait l'énerver. Cependant, selon la baronne Sophia Buxhoeveden, Olga "avait beaucoup de charme, et était souvent très joyeuse". Etant enfant, elle était très taquine, un peu comme Anastasia et inventait beaucoup de farces contre son précepteur. Ainsi, un jour, en accord avec Anastasia, elle avait enfermé la fille d'une femme de ménage dans les toilettes car celle-ci les avait énormément embêtées.
     
    Olga et ses soeurs faisaient souvent du bricolage et de la broderie, qu'elles revendaient dans le but de récolter des fonds pour des oeuvres caritatives, des orphelinats, des églises et des hôpitaux. Olga était très touchée par la pauvreté, et espérait se servir de son rang lorsqu'elle serait adulte pour sauver des enfants de la misère.Olga eut beaucoup de demandes en mariage. A ce sujet, une possible union avec le prince Edouard du Pays de Galles fit l'objet de discussions, ainsi qu'avec le grand-duc Dimitri Pavlovitch, le prince Carol de Roumanie et le grand-duc Boris Vladimirovitch. Mais les projets de mariage sont abandonnés avec l'entrée de la Russie dans la Première Guerre Mondiale.

    Lorsque l'Allemagne déclare la guerre à la Russie en 1914, l'impératrice, Olga et Tatiana troquèrent leurs robes de bal pour des uniformes d'infirmières. Elles étudièrent pendant deux mois les rudiments pour soigner des blessés et passèrent un examen qui fut une réussite. Ainsi, elles s'occupèrent des soldats blessés installés dans l'hôpital aménagé au palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg. Pendant que les deux filles aînées du tsar s'occupaient des blessés, Maria et Anastasia rendaient visite aux soldats, leurs jouaient du piano et faisaient des parties de cartes avec eux.
      
    Contrairement à sa mère et à Tatiana, Olga eu beaucoup de mal à voir des soldats mourir.
    Lorsque vient la révolution, les cinq enfants du tsar tombent malades. Les plus touchées par la maladie sont Olga et Maria. En plus de la rougeole, Maria attrape une pneumonie et Olga une péritonite, c'est-à-dire une infection de l'appindice. Lorsque Nicolas revient au palais Alexandre en mars 1917, il n'avoue pas immédiatement son abdication à Olga et lui cache leur arrestation, par crainte de voir son état de santé se dégrader.
     
    Pour soigner les cinq enfants, il est décidé de leur donner un traitement qui a pour effet secondaire une chute importante de cheveux. Alexandra décide donc de raser les cheveux de ses filles et les protégea ainsi des humiliations auxquelles elles étaient exposées avec les soldats chargés de leur captivité. Olga est emprisonnée avec sa famille de mars 1917 à août 1917 au palais Alexandre de Tsarskoïe-Selo.
      
    Puis, les Romanov sont conduits à Tobolsk, en Sibérie.
      
    En avril 1918, Nicolas, Alexandra et Maria sont transférés à Ekaterinbourg. Olga, ses deux autres soeurs et son frère les rejoignent en mai 1918. D'après les gardes chargés de la captivité des Romanov à Ekaterinbourg, Olga, contrairement à ses soeurs et à son frère, s'était beaucoup renfermée sur elle même. Elle ne sortait plus beaucoup, était devenue très pâle et avait beaucoup maigri vers la fin de sa vie. Le 17 juillet 1918, Olga est assassinée à l'âge de vingt-deux ans avec toute sa famille. Dans ses affaires personnelles saisies après son assassinat, on retrouve son journal intime où figure une prière qu'elle a écrit quelques jours avant sa mort:
     
    "Donne-nous, Seigneur, la patience de supporter l'oppression populaire et les tortures de nos bourreaux en cette année tumultueuse remplie de journées tristes. Donne-nous la force, oh Seigneur de justice, de pardonner les offenses de notre voisin et par la croix si lourde et ensanglantée de ton humilité, en ces jours où nos ennemis nous volent, Seigneur notre sauveur, aide-nous à supporter la honte et l'humiliation. Maître du monde, Dieu de l'univers, donne-nous de prier et donne à notre humble esprit le repos en cet insupportable et horrible moment. Au seuil de notre tombe, inspire aux lèvres de tes serviteurs une force surhumaine afin de prier humblement pour nos ennemis."
      
      
      
    SOURCES /
      
      
     
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