• Ainsi finirent les Romanov ( article de l'EXPRESS de 1993)

     

     

    Ainsi finirent les Romanov

    Par Agnus Christophe et Chevelkina Alla, publié le 29/07/1993

      
    Il aura fallu soixante-quinze ans et une enquête sévère pour que soient identifiés à coup sûr les restes de la famille impériale exécutée par les soviets, en 1918 Les circonstances du meurtre sont connues Mais le mystère subsiste sur Anastasia, la petite princesse qui a peut-être échappé au massacre.

     

    "Cette nuit, Balthazar fut assassiné par ses esclaves." Cette phrase d'un poème de Heine, écrite en allemand sur les murs d'une cave d'Iekaterinbourg, dans l'Oural, a hanté les pensées de nombreux Russes et intrigué les historiens pendant soixante-dix ans.

      

    C'est à cet endroit-là, disait l'Histoire, que le tsar Nicolas II, sa famille et sa suite avaient été exécutés, le 17 juillet 1918. Pourtant, malgré la reconnaissance du meurtre par le gouvernement bolchevique et la publication, en 1924, d'une enquête accablante d'un juge "blanc", Sokolov, beaucoup continuaient à croire à la survie de la famille impériale: pas de corps, pas de meurtre. Des "enfants" rescapés - Alexis, Maria, Tatiana et, surtout, Anastasia - n'étaient-ils pas apparus un peu partout dans le monde, revendiquant leur part de l'histoire tragique des Romanov?

     

    Plus de doute depuis le 9 juillet 1993: les neuf squelettes exhumés d'une forêt de l'Oural en 1991 sont bien ceux du tsar Nicolas II, de la tsarine Alexandra, de trois de leurs filles et de membres de leur suite. D'après, du moins, les analyses génétiques du laboratoire de médecine légale du ministère de l'Intérieur britannique. Sauf que cette confirmation ne fait, paradoxalement, que relancer l'un des plus grands mystères du siècle.
     

      

    En 1976, Gueli Riabov est un homme comblé. Le film dont il a écrit le scénario, "Né par la Révolution" - une histoire de la police soviétique - est un succès, applaudi par les critiques comme par le public.

      

    Nikolaï Chtchelokov, ministre de l'Intérieur - dont il est très proche - lui demande de se rendre à Sverdlovsk, dans l'Oural, pour rencontrer les policiers locaux et parler du film.

     

    Au moment de se séparer, le ministre ajoute: "Et allez faire un tour à la maison Ipatiev. Descendez dans la cave. J'y ai été, vous verrez, c'est très bizarre..." Riabov est plus que surpris: celui qui lui parle ainsi est un proche de Brejnev. Un ministre de l'URSS. Et la maison Ipatiev n'est pas un bâtiment comme les autres: c'est là, dans l'une des caves, que la famille impériale a été assassinée. Autrefois, avant la Révolution, Sverdlovsk s'appelait Iekaterinbourg.

     

    Riabov suit le conseil. La police lui ouvre les portes, normalement closes. Il visite les pièces une à une. "En arrivant dans la cave, raconte-t-il aujourd'hui, j'ai eu un frisson. J'ai compris la remarque du ministre: je vivais un moment de véritable mysticisme. Un instant de vérité. J'ai senti, à regarder ce mur où les balles se sont fracassées, que des innocents étaient morts.

      

    Que je devais, moi, Gueli Riabov, trouver la vérité."
    Voyant son intérêt pour cette histoire, les policiers lui présentent le Pr Alexandre Avdonine, de l'université de l'Oural.

     

    Ce géologue, docteur ès sciences, connaît bien l'épisode de 1918. Riabov lui confie son ambition. "C'est impossible! assure d'abord le scientifique. Le tombeau a peut-être été recouvert par des constructions, tout a changé depuis 1918, c'est une tâche insensée!" Mais si fascinante: retrouver le corps du tsar. Avdonine n'hésite pas longtemps. Riabov rentre à Moscou.

      

      

    Grâce à son statut particulier - scénariste lié au ministère de l'Intérieur - il obtient l'accès aux documents secrets de la bibliothèque Lénine et des archives centrales de la révolution d'Octobre. Il y déniche quelques témoignages évoquant le trajet effectué par le véhicule transportant les corps. Rien, cependant, de suffisant. Heureusement, ses amis policiers ont retrouvé, à Leningrad, les coordonnées de Rima Yourovskaïa.

     

    Elle est la fille de Jacob Yourovski, l'officier bolchevique qui dirigeait l'exécution du tsar. Son frère, amiral en retraite, dispose d'un document fabuleux: une note destinée au comité central et à plusieurs personnes du gouvernement de l'époque. Un récit froid, méthodique, de l'exécution et de l'enterrement. Signé Yourovski.
     

    Le 17 juillet 1918, écrit-il, à 2 heures du matin, il a fait descendre toute la famille impériale dans la cave.

    Officiellement pour raison de sécurité.

     

    Quand le tsar, la tsarine, les cinq enfants, le Dr Botkine et les trois domestiques de la suite sont réunis, l'officier annonce la sentence de mort et dégaine immédiatement. Onze hommes tirent ensemble. Chacun, peu avant, s'était vu désigner une "cible". Mais rien ne se passe comme prévu: les balles semblent ricocher sur les grandes-duchesses. Alors, les soldats, surexcités, terminent leur travail à coups de crosse et de baïonnette... Un carnage.

     

    Les morts sont ensuite chargés sur une camionnette, et transportés hors de la ville. Dans le bois des Quatre-Frères, les corps sont déshabillés avant d'être jetés dans une mine.

     

     

      

      

      

      

    Les soldats découvrent alors que les jeunes filles ont des corsages doublés de bijoux. Une cachette et un gilet pare-balles efficace. Le lendemain, Yourovski revient chercher les corps. Pour mieux les cacher. Malheureusement, son véhicule s'embourbe, peu après le passage d'une voie ferrée. L'officier est pressé.

     

    Au loin, on entend la canonnade. Les "blancs", venus de Sibérie, approchent.

     

    Il décide d'enterrer les cadavres directement sous la route. Là où personne n'aura l'idée d'aller les chercher. Les corps sont jetés dans un trou creusé à la hâte, puis arrosés d'acide sulfurique et recouverts de terre. Le véhicule passe enfin plusieurs fois dessus pour dissimuler les dernières traces. Les Romanov ont disparu.
    Riabov est stupéfait. Il a, sous les yeux, le récit d'un meurtre historique.

     

    Mieux, il peut désormais repérer l'emplacement exact des corps. Au printemps de 1978, Avdonine, toujours à Sverdlovsk, reçoit toutes les informations nécessaires. Avec un ami, il part en repérage dans les bois alentour. "Nous avions du petit équipement de géologue, raconte-t-il. Pour les gens qui nous voyaient, nous faisions des recherches géologiques." Difficile d'avouer le vrai but: sujet tabou. L'année précédente, le patron local du Parti, un certain Boris Eltsine, avait fait détruire la maison Ipatiev. Sur ordre de Moscou.

     

     

     

    "Les indications étaient assez précises, continue Avdonine. Nous avons trouvé la clairière, le marais... et des ossements. A une soixantaine de centimètres sous la surface. Nous avons tout rebouché et nous sommes partis." Ils attendront un an et la présence de Riabov pour une exploration plus complète.

      

    Le scénariste décide alors d'emporter l'un des crânes à Moscou.

      

    Celui du tsar, pense-t-il. Fort de ses entrées au ministère, il espère pouvoir, dans le plus grand secret, le faire expertiser par des amis médecins légistes.

      

    Nous sommes en juillet 1979.

     


    Un homme se souvient bien de cet été- là. Il est petit, le cheveu roux se faisant rare - mais coiffé d'une étrange moumoute - le verbe imagé, et s'appelle Edvard Radzinsky.

      

    Un personnage haut en couleur: dramaturge célèbre, il est l'un des auteurs les plus joués en Russie, après Tchekhov. Et un écrivain extrêmement lu: son livre, "Le Dernier Tsar", paru en 1992 et traduit dans huit langues - mais pas encore en français... - est un best-seller aux Etats-Unis.

     

    "En 1979, raconte-t-il, j'étais en vacances sur les bords de la mer Noire, dans l'une de ces stations chics où se retrouvaient les membres de l'Union des écrivains. Des amis sont venus me voir et, sous le sceau de la confidence, m'ont raconté l'histoire de ce type, à Moscou, qui avait le crâne du tsar sous son lit.

      

    En quelques jours, tout le monde était au courant..." Riabov, évidemment, n'avait pu s'empêcher de parler. En faisant jurer la confidentialité, bien entendu. "En Russie, disait Mme de Staël, tout est mystère, mais rien n'est secret..." Radzinsky, toutefois, est intrigué.

      

    Comme tous les Russes, la fin du tsar le fascine.

     

    Il faudra pourtant attendre 1985 pour que Gorbatchev et la perestroïka lèvent un coin dans la chape de la censure. Certaines sources documentaires s'ouvrent. Le dramaturge s'y engouffre. Dans une petite salle des archives centrales de la révolution d'Octobre, il découvre un fichier titré "Dossier sur la famille de l'ancien tsar Nicolas II, 1918-1919". Les dates l'étonnent: en 1919, le tsar était déjà mort.

     

    Il lit. Les deux derniers documents sont stupéfiants: le récit exact des événements de 1918.

     

    Signé Yourovski, bien sûr.

     

    En 1989, la situation politique s'est détériorée. Gorbatchev et Ligatchev s'affrontent et Radzinsky craint pour l'avenir de la perestroïka. Il décide de publier ce qu'il sait dans le magazine "Ogonyok" - très populaire en Russie. La censure - pas encore morte - bloque l'article jusqu'au... 19 mai. "Extraordinaire, dit Radzinsky. Cela correspond au 6 mai de l'ancien calendrier russe.

     

    Le jour anniversaire du tsar Nicolas II! Merci la censure!"

     

    Coïncidence: au même moment, le magazine "Rodina" publie un texte presque identique, signé, lui, Gueli Riabov. Les deux hommes avaient, sans se consulter, décidé de rendre publiques les confessions de l'officier bolchevique.

     

    UNE TOMBE TRÈS SURVEILLÉE


    A Iekaterinbourg, toutes ces publications sur le tsar inquiètent Avdonine. Particulièrement le long article de Riabov publié en avril par les "Nouvelles de Moscou": il y avoue avoir, dix ans plus tôt, retrouvé les ossements des Romanov.

    Il indique même l'endroit.

    "Enfin, pas tout à fait, précise aujourd'hui le scénariste. J'ai légèrement décalé le site de la découverte. D'environ 500 mètres. Je ne voulais pas que n'importe qui se précipite avec une pelle."

     

    C'est pourtant ce que craint Avdonine. Avec quelques amis sûrs, il met au point un véritable groupe de surveillance.

      

    Ses membres se relaient pour voir si les gens ne s'approchent pas trop. Pour le codécouvreur du tombeau, les temps sont difficiles: s'il n'a pas été cité par Riabov, certains ont vite fait le rapprochement.

      

    Après tout, le scénariste venait chez lui lors de ses séjours à Sverdlovsk.

      

    Et on sait que jamais cette découverte n'aurait pu être faite sans aide locale.

     

    Des journalistes viennent le voir. "Un homme, raconte-t-il, m'a même proposé 1 million de roubles pour que je lui indique l'endroit exact. 1 million de rouble!" Avdonine reste muet.

     


    En 1991, la pression devient trop forte. Le scientifique de Sverdlovsk contacte le secrétariat de Boris Eltsine, désormais président de la Russie. Le 12 juillet de la même année, des hommes viennent chercher Ludmilla Koryakova. I

      

    ls l'emmènent immédiatement, avec son mari, pour "une mission importante". Très vite, la directrice du laboratoire de l'Institut d'histoire et d'archéologie de l'université de l'Oural comprend ce qu'on attend d'elle.

    Dans une clairière, une palissade avec un panneau

     

    "Installation d'une ligne à haute tension" a été installée pour repousser les curieux.

     

    Les gens sont nerveux: des militaires, des procureurs, des juges, des médecins légistes, et Avdonine. "Il faisait froid et il pleuvait, se souvient l'archéologue. Les conditions étaient très dures, car nous n'avions pas le droit de quitter le site tant que tout n'était pas terminé. On dormait dans des tentes.

    La nuit, on travaillait sous la lumière de grands projecteurs." Le résultat des fouilles - trop rapides pour un travail sérieux, selon Ludmilla Koryakova - va surprendre tout le monde.

     

    L'état des ossements, d'abord : les mâchoires sont défoncées, des os brisés, des côtes enfoncées... Soixante-treize ans après, la violence de l'exécution est toujours visible.

     

    La position des corps, ensuite: "On a d'abord cru que certaines des victimes avaient eu les pieds coupés par leurs tortionnaires, raconte l'archéologue.

    On a compris un peu plus tard: des ouvriers avaient, sans le savoir,

    mutilé les restes en posant un câble électrique avec un engin mécanique..."

      

    Dernière surprise : le nombre des personnes enterrées.

    Neuf.

    Il en manque deux.*

     

    Les services de la médecine légale russe se mettent au travail, aidés par la venue de quelques experts américains. Premières conclusions: il s'agirait du tsar, de la tsarine, du Dr Botkine, des trois serviteurs et de trois des grandes-duchesses. Il manque Alexis, le prince héritier, et sans doute - mais comment en être certain? - la plus petite, Anastasia.

     

    "Logique, dit immédiatement Avdonine: Yourovski ne dit-il pas lui-même que deux des corps ont été brûlés et enterrés séparément? Il suffit de continuer à chercher, ils doivent être quelque part, dans la forêt." Peut-être. Encore que quelques témoignages demeurent troublants. Ceux, d'abord, qui rapportent l'état de colère de Yourovski quand il rejoint ses hommes surexcités et un peu ivres - la veille était jour de paie - occupés à déshabiller les cadavres près de la mine, dans le bois des Quatre-Frères.

     

    Un problème avait-il surgi? Il y a ensuite ce télégramme daté du 18 juillet 1918 qu'un chercheur américain, George Tzantsos, affirmera à plusieurs témoins avoir découvert par hasard, en 1985, dans des archives moscovites - un témoignage, jamais publié, qui ne repose que sur la parole de l'universitaire.

     

    Texte du document:

    "Ordre à tous les soviets de Russie de retrouver femme Romanov disparue."

    Signé Lénine.

     

    Il y a enfin le "mystère Anastasia" et l'histoire extraordinaire d' "Anna Anderson".
    Berlin, mars 1922. Le sort du tsar ne fait plus de doute pour la majeure partie des exilés. Le gouvernement bolchevique ne cache plus l'exécution de la famille impériale.

     

    Dans l'asile psychiatrique de Dalldorf, une jeune femme va jeter le trouble dans le consensus. Sur sa fiche d'hôpital est inscrit "Mademoiselle Inconnue". Elle a été enfermée ici après une tentative de suicide, en 1920, et un refus obstiné de dévoiler son identité.

     

    Pourtant, en ce mois de mars, une jeune couturière allemande, Clara Peuthert, tente désespérément de joindre des membres de la communauté russe. Elle est allé à Dalldorf.

    Elle croit avoir reconnu... la grande-duchesse Tatiana.

     


    Après quelques hésitations, plusieurs exilés changeront d'avis: ce n'est pas Tatiana, mais Anastasia. La petite dernière. La jeune femme est pourtant bien différente de l'adolescente espiègle et enjouée du palais moscovite. Elle est plus maigre, plus sombre, inquiète, méfiante. Et refuse de parler russe - qu'elle comprend cependant. Avec réticence, dans un allemand boiteux, elle raconte comment elle n'a été que blessée lors de la fusillade, protégée par le corps de sa grande soeur, Tatiana.

     

    Comment Alexandre Tchaïkovski, l'un des soldats chargés de sortir son corps de la maison, a remarqué qu'elle n'était qu'évanouie.

     

    Comment il l'a cachée, puis transportée jusqu'en Roumanie, puis en Allemagne. Comment il l'a violée - et épousée, aussi. Comment elle a donné le jour à un petit garçon, abandonné dans un orphelinat. Et comment, enfin, elle a tenté de se suicider en se jetant d'un pont, en 1920, à Berlin.
    Son histoire émeut.

     

    Son physique, ses manières et les détails qu'elle donne sur les Romanov, la vie à la cour, des petits faits jamais publiés nulle part, vont convaincre plusieurs familiers de la dynastie. Tous, ou presque, vont la reconnaître.

      

    Ses tantes, les grandes-duchesses Olga et Xénia, soeurs de son père.

    Son oncle le grand-duc André.

    Tatiana Melnik, sa camarade de jeu, fille du Dr Botkine, assassiné avec le tsar.

     


    Certains, pourtant, hésitent. Pour les convaincre, l' "inconnue" parle de cette visite de son oncle Ernie, à Moscou, en 1916. Un fait que personne ne connaît. Et que ledit parent, Ernst Ludwig von Hessen, frère de la tsarine, nie immédiatement et farouchement: à cette époque, la Russie et l'Allemagne étaient en guerre.

    Sa présence à Moscou aurait donc impliqué une éventuelle négociation pour une paix séparée entre les deux empires. Un fait que l'Allemagne de la fin des années 20 se doit absolument de cacher: les ultranationalistes, de plus en plus influents, crieraient à la haute trahison.

     

    Alors, ceux qui avaient identifié Anastasia commencent à reculer.

    Par conviction pour certains, par sens du devoir pour d'autres:

    l'inconnue ne peut pas - ne doit pas - être la fille du tsar.

    Une position confortée par l'attitude de l'impératrice douemv) üvwm Maria, la mère de Nicolas II.

    Elle vit à Copenhague. Mais croit son fils en sécurité, quelque part en Russie, avec sa famille.

    Si l' "étrangère" est une Romanov, elle serait la preuve vivante du massacre.

    Alors elle nie son existence, refusant de la recevoir.

     

    LES CHEVEUX D'ANNA


    L'inconnue va partir pour les Etats-Unis avant de revenir en Allemagne avec un faux passeport - elle n'a pas de papiers - préparé par ses amis et ses avocats, au nom d'Anna Anderson. En 1938, ses avocats entament un procès pour la faire reconnaître officiellement.

    En 1970, le dernier verdict tombe: on ne peut ni confirmer ni infirmer l'identité de cette dame. Anna Anderson s'éteindra en 1984.

     


    Ernst Ludwig von Hessen - on le sait aujourd'hui - était bien à Moscou en 1916.

    Mais c'est grâce à la science qu'on connaîtra, peut-être, dans les prochains mois, la vérité.

    Pour confirmer l'identité des morts d'Iekaterinbourg, le laboratoire de médecine légale du ministère de l'Intérieur britannique a utilisé les ressources de la génétique.

     

    Extrayant de l'ADN des ossements, il l'a comparé avec celui de parents vivants des Romanov.

     

    Le prince Philip d'Edimbourg, mari d'Elisabeth II et petit-neveu de la tsarine Alexandra, a été ainsi appelé à donner son sang pour le test.

     

    L'équipe d'Aldermaston, dirigée par le Pr Peter Gill, dispose désormais d'une carte d'identité génétique extrêmement précise de la famille impériale russe. Or elle a également en sa possession une mèche de cheveux d'Anna Anderson. Dans les prochains mois, la comparaison sera faite.

    Et le mystère Anastasia, peut-être levé. Ou peut-être pas.


    Il restera toujours, quoi qu'il arrive, l'énigme de la disparition d'Alexis, le tsarévitch. Sauf si les chercheurs d'Obreteniye, la fondation dirigée par Alexandre Avdonine à Iekaterinbourg, retrouvent un jour, enfouies sous quelques centimètres de terre, de nouvelles traces des événements de 1918. Tout l'été, ils vont chercher. Pour le scientifique russe, c'est devenu une obsession.

     

    Désormais, l'histoire des Romanov est son histoire, la quête de sa vie. Pour elle, il s'est froissé avec plusieurs de ses amis. Il y sacrifie son temps, son argent, et même sa santé: le professeur un peu gras et au cheveu bien noir du début des années 80 est devenu un homme maigre et chenu.

      

    A Moscou, son ami Riabov vit dans le même culte.

    Le bureau de son appartement, dans un grand ensemble des faubourgs de Moscou, est un musée à l'honneur des Romanov. Il ne manque que les cierges.

     

    Quand il évoque le destin du tsar, le scénariste parle de martyre, de sainteté - l'une des Eglises orthodoxes russes, celle des émigrés, a déjà canonisé la famille impériale. Soixante-quinze années après sa mort, l'histoire de Nicolas le Sanglant - son surnom à sa mort - se récrit.

     

    "Nous avons eu un saint nommé Staline, commente Edvard Radzinsky. Quand nous avons découvert sa vraie nature, nous l'avons remplacé par saint Lénine.

    Aujourd'hui que cette statue est aussi tombée, certains ont trouvé un remplaçant:

    saint Nicolas II.

    Les Russes aiment les saints..."

     

    LA DYNASTIE ROMANOV

    En trois siècles, les Romanov donnèrent 16 tsars à la Russie, jusqu'à ce que Nicolas II

    tombe sous les balles des bolcheviques.

     

    Les plus célèbres:

     


    MICHEL III

    Fondateur de la dynastie en 1613, il entama la reconstruction du pays,

    marqué par la terreur sous Ivan le Terrible,

    la famine sous Boris Godounov et la guerre contre la Pologne.

     


    PIERRE LE GRAND

    L'artisan de la grandeur russe.

    En despote éclairé, il modernisa son pays en l'arrimant à l'Europe.

    Créa Saint-Pétersbourg et se fit proclamer empereur (1721).

     


    CATHERINE II

    Cette amie des encyclopédistes, aux moeurs dissolues, détrôna le tsar, son époux (1762),

    et, d'une main de fer, fit de la Russie une puissance prépondérante en Europe.

     


    ALEXANDRE Ier

    Défit Napoléon dans la campagne de Russie (1812), libéra le continent et,

    menant ses troupes à Paris (1814), s'imposa comme l'arbitre de l'Europe.

     


    ALEXANDRE II

    Libéral, il transforma la Russie en un Etat moderne et industriel,

    ouvert à l'intelligentsia et à la contestation politique... Assassiné par les populistes en 1881.

     

    PHOTOS:
    De haut en bas:
    le Pr Alexandre Avdonine
    Gueli Riabov,
    Yourovski, l'assassin des Romanov.
    Edvard Radzinsky, auteur du best-seller sur Nicolas II.

     

    LE MYSTÈRE ANASTASIA

    Des dizaines de femmes ont prétendu être Anastasia (en haut à gauche),
    la dernière fille de Nicolas II.

     

    Une seule sera reconnue par une grande partie de l'aristocratie russe, "Anna Anderson",

    découverte dans un asile psychiatrique allemand en 1922, morte aux Etats-Unis en 1984, à l'âge
    de 83 ans (ci-dessus, à 25 ans, et ci-contre, à 66 ans).

     

    Vraie ou fausse Anastasia? Le mystère devrait bientôt être levé... grâce à une mèche
    de cheveux, l'analyse permettant de comparer son empreinte génétique avec celle de la famille retrouvée à Iekaterinbourg.

     

    DOCUMENTS

    Le plus intéressant:
    "The Last Tsar", Edvard Radzinsky, Hodder & Stoughton, Londres, 1992.
    Le plus émouvant:
    "Anastasia retrouvée", par Tatiana Botkine, Grasset, Paris, 1985.
    Les plus iconoclastes:
    "Le Dossier Romanov", Anthony Summers et Tom Mangold, Albin Michel, Paris, 1980.
    "Nicolas II", Marc Ferro, Payot, Paris, 1990.

     

     

    SOURCES

    http://www.lexpress.fr/informations/ainsi-finirent-les-romanov_595474.html

     

    Depuis cette date beaucoup de nouveaux élèments ont été découverts,

    des analyses d'ADN ont confirmé  que les membres de la Famille Romanov

    ont tous été massacrés, le même jour.

    Les deux Corps des Enfants, Maria et Alexis ont été retrouvés, analysés.

    et confirmés*

     

     

    File:Ganina Jama monument.jpg

    Fondrière à Ganina Yama où les bourreaux ont placé les corps de la famille Romanov.

     

     

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