•  Alexandra in the Mauve Room

     

    Salon Mauve

     

    Ci-dessus : photographie "colorisée" du Salon Mauve.

     

    Alexandra n'avait que 22 ans lorsqu'elle emménagea au Palais Alexandre. Jusqu'alors, elle n'avait été qu'une sorte de vagabonde et d'éternelle invitée, sans véritable foyer à elle. Elle faisait la navette entre Darmstadt et les résidences de sa grand-mére, la reine Victoria, principalement Balmoral en Ecosse et Osborne House sur l'Ile de Wight.

     

    "The Virgin's Slumber" by Paupion hung in the mauve room.

     

    Les palais de Darmstadt, où elle avait vécu, avaient d'abord appartenu à son pére, puis à son frére et à l'épouse de celui-ci, mais pas vraiment à elle. Quand elle fut adolescente, elle comprit qu'elle devrait un jour faire son propre foyer, ailleurs, avec son futur mari. Et puisque aucun mari ne venait la sauver, il semblait à Alexandra que son destin était de devenir une vieille fille, retirée dans un obscur appartement d'un des palais de sa famille ou dans un cottage d'une propriété royale, au gré de la charité de ses proches.

     

     

    Ci-dessus : Le sofa mauve de l'impératrice

     

    Quand Alexandra arriva en Russie, elle fut pour la premiére fois intéressée à la création de ses propres lieux de vie. Elle n'en avait aucune expérience et la plus grande part de ce qu'elle savait de la décoration venait des magazines et des conseils qu'elle avait reçu au fil des années de sa grand-mére anglaise, ainsi que de ce qu'elle avait pu observer du style sentimental et démodé de Victoria.

     

    The Mauve Room - Alexander Palace, Tsarskoe Selo

     

     

    Cependant, même si les goûts d'Alexandra étaient conventionnels et hésitants, elle fit de nombreuses suggestions au décorateur, Roman Meltzer, à propos du choix du mobilier, des couleurs et des tissus. Son objectif était de créer un environnement clair et confortable pour son époux et sa future famille.

     

    Mauve Room - colorized

     

     

    Elle voulait une piéce où Nicolas pourrait venir déposer le fardeau des affaires de l'Etat, un sanctuaire où ils pourraient se retrouver, seuls et en sécurité. Comme Alexandra travaillait avec Meltzer, le prix ne fut jamais discuté. Cela aurait été considéré comme peu digne de son rang. Mais ne pas conna�tre les prix était déconcertant pour Alexandra, qui avait l'habitude de gérer son argent avec beaucoup de soin, en bonne "hausfrau" allemande. Elle voulait dépenser le moins possible, alors que n'importe qui d'autre ne se serait pas soucié des prix. Le budget total pour la rénovation du Palais Alexandre aurait sans doute stupéfait la jeune tsarine, si elle avait eu assez de courage pour demander combien cela avait coûté.

     

     

     

    Le Boudoir Mauve était la piéce préférée d'Alexandra et, pendant vingt ans, ce fut le centre de sa vie de famille au palais. A l'époque, c'était la piéce la plus célébre en Russie et le sujet de nombreux ragots à propos de tout ce qui était sensé s'y passer. Aujourd'hui encore, elle reste une piéce mystérieuse et c'est celle qui intéresse le plus le public. Elle fut aussi beaucoup raillée pour son style et son caractére familial par l'élite de l'époque. Dans l'élégant Saint-Pétersbourg, on pensait qu'une authentique impératrice Romanov se devait de mener une vie semi-publique dans de splendides salons, décorés avec grâce dans le vieux style, avec de délicates oeuvres d'art et du mobilier sophistiqué.

    tumblr_lzve1vX3TG1r71ilwo1_400.jpg (347×480)

     

    Pendant 21 ans, alors que les styles décoratifs à la mode se succédaient, Alexandra résista à tous ceux qui lui suggéraient de rénover cette piéce. Elle représentait trop de souvenirs pour elle et elle était déterminée à la maintenir ainsi qu'elle était lorsqu'elle s'était mariée. Cela signifiait que le Salon Mauve, que l'on pouvait considérer comme charmant, moderne et trés chic en 1896, était devenu désespérément suranné et démodé en 1917. Les tons opales, les vitraux et les meubles délicats étaient depuis longtemps passés de mode.

     

    A gauche: la banquette d'angle du Salon Mauve.

    Le Salon Mauve a reçu son nom des soieries de couleur opale qui tapissaient les murs et qui avaient été réalisées par la Maison Charles Berger de Paris, une entreprise qui existe encore aujourd'hui dans la capitale française, à la même adresse. Le tissu était nommé "Lampas Violet Reseda" et il était extrêmement cher. Le coût total pour les soieries et la garniture du Salon Mauve dépassait le prix de chacun des Oeufs de Pâques Impériaux de Fabergé. Des étoffes assorties, venant d'une manufacture de Moscou, servirent à tapisser les siéges. Ce tissu différait légérement de l'autre : il était un peu plus clair et relevé d'un motif floral. Les deux étaient en lampas, tissé de motifs en relief réfléchissants, qui donnaient au matériau une douce lueur inhabituelle, notamment la nuit à la lumiére artificielle.

    Alexandra aimait beaucoup la couleur mauve et elle sélectionna personnellement le tissu et la teinte. On dit qu'elle demanda une couleur identique à celle d'un brin de muguet que Nicolas lui avait offert. En Russie, la couleur mauve est justement appelée "lilas" et on appelle donc aussi ce salon le Boudoir Lilas. Le Mauve était à la mode à l'époque et le devint de plus en plus pendant l'ére edwardienne. Sa teinte délicate s'étend du ton "pétales de roses" au lavande clair. Ce n'était pas seulement la couleur d'un jardin printanier, mais aussi celle du deuil et du souvenir. La tristesse et l'introspection de cette couleur doivent être rapprochées de la personnalité timide d'Alexandra, qui est plongée dans la tristesse depuis son plus jeune age.

     

     

    The Mauve Room at the Alexander Palace.

     

    L'impératrice confirma aussi son amour pour les pastels et les effets délavés dans sa sélection de bijoux. Elle préférait les aigues-marines et les topazes bleues aux pierres plus coûteuses. Mais ce sont les perles, avec leur douce opalescence, qui étaient ses grandes favorites. Comme cadeau de mariage, elle reçut d'Alexandre III une magnifique parure de perles roses, qui, pour 700 000 roubles or, représentait la plus grosse commande jamais reçue par la Maison Fabergé.

     

     

     

    Et ce fut le début d'une relation entre Alexandra et l'entreprise qui dura toute sa vie. La bague de fiançailles que Nicolas offrit à Alexandra était également une grosse perle rose et ses boucles d'oreilles préférées étaient une paire de perles roses montées avec un gros diamant. Les photographies montrent qu'elle les portait souvent et leurs débris furent retrouvés brûlés et piétinés dans la boue du puits de mine de Iekaterinbourg aprés le meurtre de la famille.

     

     

    Alexandra in the Mauve Boudoir

     

    Aucune porte ne menait du corridor du palais dans le Salon Mauve et on ne pouvait donc y pénétrer qu'à travers les doubles portes drapées de lourds rideaux et décorées de fleurs sculptées, venant du Salon de Palissandre ou de la chambre à coucher. Un rideau assorti couvrait l'une des deux immenses fenêtres du salon. Ces rideaux étaient taillés dans la coûteuse soie mauve de Charles Berger.

    Ils étaient doublés et cousus de rubans, de franges et de gros pompons. Grâce à la taille de ces immenses fenêtres et au fait que l'une d'elle, un simple châssis d'acajou, ne soit recouverte que d'un voilage de soie fine, cette piéce était trés lumineuse pendant la journée. La seconde fenêtre, du côté de la chambre, était une immense baie constituée d'un seul panneau de verre et qui donnait l'impression que les arbres du jardin pénétraient jusque dans le salon.

    Alexandra in the famous chair in the Mauve Room

     

    Le plafond était décoré de peintures qui dataient de la rénovation de la piéce à l'occasion du mariage de Maria, la fille d'Alexandre II, avec Alfred, le fils de la reine Victoria. Une nouvelle frise, constituée d'iris entrelacés de rubans, dans le style Art Nouveau, ceinturait la corniche. Elle avait été réalisée par le peintre Alexandrov en 1896. Au-dessous de la frise couraient des rails en bronze qui permettaient d'accrocher les tableaux au bout de longues cordes.

     

    OTMA, as the Grand Duchesses Olga, Tatiana, Maria and Anastasia called themselves.

     

    Le Palais Alexandre fut relié à l'électricité en 1895, en prévision de l'installation de Nicolas et Alexandra. Des fils électriques pour les lampes couraient en dessous des soieries recouvrant les murs, ce qui posait des problémes lorsqu'il fallait les réparer, ainsi que des soucis à propos des incendies. Les boîtiers de fusibles pour les lampes du salon se trouvaient loin d'ici, au sous-sol. La nuit, la lumiére était douce et indirecte, venant de nombreuses lampes de table et de l'applique murale qui illuminait le tableau le plus important de la piéce.

    Olga, Tatiana, Alexandra, Anastasia, Marie Romanov

     

    Ces lumiéres avaient une commande centrale et elles s'allumaient les unes aprés les autres lorsqu'on l'actionnait. Il n'y avait pas de lustre central dans le Salon Mauve.

    La moquette d'Axminster était de couleur pistache, avec des feuillages dans un ton plus sombre. Elle venait de Grande-Bretagne et était constituée de bandes cousues entre elles.

     

    A gauche: une chaise du Salon Mauve

    La partie inférieure des murs était décorée de panneaux peints couleur créme et dont les angles étaient alternativement carrés et concaves. Les meubles en citronnier étaient de style rocaille français, sculptés de motifs en forme de volutes et de coquillages. Ils avaient été dessinés par Roman Meltzer et assemblés dans l'atelier de sa famille à Saint-Pétersbourg.

    A gauche, nous voyons une chaise de la série crée par Meltzer. L'ossature est délicieusement fine et les invités corpulents ont du y réfléchir à deux fois avant de s'y asseoir. Malgré cette impression de luxe et de raffinement, tous les meubles du Salon Mauve étaient utilisés tous les jours dans le cadre familial. Alexandra appréciait la compagnie de ses enfants et de nombreux animaux domestiques dans son boudoir et tous ont inévitablement laissé leur empreinte sur le mobilier. De grands rouleaux de tissu et de moquette étaient donc gardés en réserve pour faire face à l'usure.

    Le coin le plus connu de la piéce est celui où se trouve la célébre chaise longue mauve d'Alexandra. Elle est placée derriére un paravent en bois et en verre, à côté d'une grande jardiniére remplie toute l'année de plantes aux doux parfums. La banquette était taillée dans le tronc d'un arbre, doublée de soie et décorée de pompons et d'épaisses franges. L'impératrice, qui était à moitié invalide, était capable de passer une grande partie de la journée ici, entourée de sa famille et de ses objets les plus précieux. Elle était couchée sur la banquette, appuyée sur des coussins brodés à la main et couverte d'un plaid qu'elle avait fait elle-même.

    Olga Nikolaevna, Anastasia Nikolaevna, Tatiana Nikolaevna, and Maria Nikolaevna

     

    L'impératrice était une brodeuse experte et elle enseigna à ses filles l'art de la broderie. Elle se rattachait définitivement à l'école qui voulait que "les mains désoeuvrées sont les ateliers du diable" et elle n'aimait donc pas voir celles de ses filles inoccupées. Les soirs, quand Nicolas faisait la lecture à toute la famille, l'impératrice et ses enfants vaquaient silencieusement à leurs travaux manuels. Elle apprit aussi à tricoter à ses enfants, y compris au tsarévitch, tandis que les filles apprenaient également le crochet et à réaliser des dentelles.

    Alix and Tatiana in the Mauve Room

     

    Il y avait des puzzles et des jeux dans les paniers, pour que les enfants puissent jouer avec. Sur les guéridons s'entassaient des exemplaires des principaux magazines anglais et russes, ainsi que les disques préférés de la famille. Il y avait même quelques magazines américains, notamment le National Geographic. Les livres favoris de l'impératrice remplissaient les bibliothéques installées contre les murs. Il y avait beaucoup de livres sérieux sur la religion et la philosophie, mais aussi des romans à l'eau de rose, des livres d'art et des guides de voyage.

    Alix & Tatiana in the Mauve Room

     

    La plupart était en anglais, la langue que l'impératrice utilisait habituellement avec son époux, sa suite, ses amis et ses enfants. De grands albums de photographies, contenant des instantanés collés avec soin, étaient empilés sur les tables ou rangés sur les étagéres. Tous les membres de la famille impériale étaient des photographes avides et chacun conservait des albums de leurs clichés préférés.

     

     

    A droite: le bureau de l'impératrice dans le Salon Mauve

    Il y avait de nombreuses peintures et aquarelles dans la piéce. Celles qu'Alexandra préférait étaient un pastel à l'huile de Nesterov représentant "l'Annonciation" et offert par Nicolas en 1897, un portrait de sa mére, Alice, par di Angeli (la reine Victoria en avait une copie), un grand tableau de "la Vierge dormant" du peintre français Papion, qui pendait au-dessus de son sofa mauve, et des portraits de son mari et de son fils Alexis. Alexandra était une aquarelliste accomplie mais elle était plutôt indifférente aux beaux-arts, choisissant les oeuvres pour leur sujet ou le lien avec des gens, des événements ou des voyages qu'elle avait fait, plutôt que pour leur technique ou l'artiste qui les avaient peintes. Les seuls qu'elle favorisa furent Zichy, pour ses peintures florales, et Nesterov, pour ses oeuvres religieuses.

    Dans la plupart des piéces de ses appartements, on trouvait une copie de l'icône préférée de la famille, Notre-Dame de Tsarskoe Selo.

     

     

    Dans le Salon Mauve, il y avait aussi un piano Becker, enfermé dans un coffre en citronnier de couleur créme, dessiné pour s'intégrer au décor de Meltzer et construit par ses ouvriers. Les étagéres de la piéce étaient bourrées de photographies de parents et d'amis, collectionnées au fil des années. Il y avait aussi une quantité considérable de vitraux, une des passions de l'impératrice, et de porcelaines collectées lors des visites familiales au Danemark et des habituelles visites à la Manufacture Royale de Copenhague.

    OTMA in the Mauve Room

     

    Le petit bureau de l'impératrice se trouvait vers la fenêtre dans un coin de la piéce. Elle était une épistoliére prolifique et écrivait un peu partout dans ses appartements sur des blocs de papier. Normalement, elle utilisait son propre papier à lettres frappé du monogramme impérial, mais le plus souvent, elle se servait des papiers qu'elle trouvait là où elle était, notamment le papier à lettres des enfants lorsqu'elle se trouvait à l'étage. Il était notoire qu'Alexandra prenait peu de soin de sa correspondance, qui s'entassait ici et sur la table prés du sofa mauve. Cela rendait fou son mari qui était l'exact opposé, soigneux et ordonné à l'extrême.

    Tsar Nicholas in the Mauve Room

     

    Un téléphone avait été installé sur le guéridon, prés du sofa, par la firme suédoise Eriksson. Il était relié aux autres téléphones du palais mais aussi avec l'extérieur. L'opérateur du palais était installé au sous-sol et relié à un central téléphonique situé à un étage supérieur du Lycée Impérial, prés de la Chapelle du Palais Catherine.

    Bob Atchison

    Traduction: Thomas Ménard, mai 2004

     

     

     http://www.alexanderpalace.org/palace/frmauve.html

     

     

     Alexandra with Anya in the Mauve Room

    Alix et Anya

     

     

     

     

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    Private Dining Room for the Imperial Children and Their Staff

     

    This photograph was taken during the First World War. On the left is Tatiana, who is dressed in a nurse's uniform and is seated on a simple bentwood chair. Behind her is Tatiana's sister, Maria. The table is set for tea and behind it is a large built-in cupboard for the storage of glassware, china and silver. A cord with a button for calling a servant hands from the light at the center of the room. On the walls are watercolors by the artist Elizabeth Bem, who was a favorite of the family. Here can also be seen a small thermometor. The room also had a white-painted piano.

    The Dining Room opened off of a landing which lead to a wooden staircase leading via a mezzanine bathroom and closets to their mother's bathroom downstairs. The Imperial children most often dined separately from their parents.

    Baroness Sophie Buxhoeveden, a Lady-in-Waiting to the Empress was quite close to the Grand Duchesses. She wrote eloquently about them:

     

    "From an early age the children came down to luncheon with their parents, even if there were guests present in addition to the members of the Household. While they were still babies, their table manners were very good and they talked quite easily to strangers. They changed into romping clothes for the afternoon, but appeared again at tea time in their best frocks with their toys. Later the toys were replaced by needlework, for the Empress would never allow them to sit about idle. They were perfectly at ease with their parents, looking upon them, not only as parents, but as delightful companions. When they grew up, they laughed and joked with them, the Empress joining in when the Emperor teased his daughters.

    The girls were all four remarkably healthy, though they had the usual children's complaints - croup, measles and chicken-pox. Anastasia had diphtheria also, and Olga and Tatiana typhoid. Their mother nursed them through all these illnesses, isolating herself with the sick child, and sitting up for whole nights to soothe and comfort the restless little patient. They had, of course, a staff of nurses; an English head-nurse in charge, with Russians under her, while the Tsarevich had a Russian head-nurse of his own.... For a long time the Empress did not want her daughters to have a regular governess. She did not like the idea of a stranger coming between herself and her children... the Grand Duchesses had no one especially attached to them. Mlle. Schneider took the charge of the two youngest, Marie and Anastasia, while the elder ones went about with one or other of the Empress's ladies-in-waiting.

    The Empress really brought up her daughters herself, and her work was well done. It is not possible to imagine more charming, pure and high-minded girls. She could exercise her authority when necessary, but not in such a way as to interfere with the perfect confidence that existed between mother and daughters. She understood the high spirits of youth, and never put a check on laughter or wild pranks. She liked, too, to be present at their lessons, and to discuss with their teachers the line their studies should follow.

    The girls were all very good-looking. The eldest, the Grand Duchess Olga Nicolaevna, was fair and tall, with smiling blue eyes, a somewhat short nose, which she called "my humble snub," and lovely teeth. She had a remarkably graceful figure and was a beautiful rider and dancer. She was the cleverest of the sisters, and was very musical, having, her teachers said, an "absolutely correct ear." She could play by ear anything she had heard, and could transpose' complicated pieces of music, play the most difficult accompaniments at sight, and her touch on the piano was delightful. She sang prettily in a mezzosoprano. She was lazy at practising, but when the spirit moved her she would play by the hour.

     

     

    Olga Nicolaevna was very straightforward, sometimes too outspoken, but always sincere. She had great charm, and could be the merriest of the merry. When she was a schoolgirl, her unfortunate teachers had every possible practical joke played on them by her. When she grew up, she was always ready for any amusement. She was generous, and an appeal to her met with immediate response. "Oh, one must help poor so-and-so. I must do it somehow," she would say. Her more careful sister, Tatiana, would suggest practical measures, would note names and details, and come back to the subject later out of a sense of duty.

    Olga Nicolaevna was devoted to her father. The horror of the Revolution told on her more keenly than on any of the others. She changed completely, and all her bright spirits disappeared.

    Tatiana Nicolaevna was to my mind prettier than her sisters. She was taller even than the Empress, but she was so slight and well-proportioned that her great height was not remarkable. She had fine, regular features, recalling pictures of ancestresses who had been famous beauties. She had dark hair, a rather pale complexion, and wide-apart, light-brown eyes, that gave her a poetic far-away look, not quite in keeping -with her character. This was a mixture of exactness, thoroughness and perseverance, with leanings towards poetic and abstract ideas. She was closest in sympathy to her mother, and was the definite favorite of both her parents. She was completely unselfish, always ready to give up her own plans to go for a walk with her father, to read to her mother, to do anything that was wanted.

      

    It was Tatiana Nicolaevna who took care of the little ones, and who -was a constant help to the Household, always willing to help them in arranging that their official duties should not clash with their private engagements. She had the Empress's practical mind and love of detail. She planned and arranged everything in the " Children's quarters " as it was called. She had a less strong character than Olga Nicolaevna, whose lead she would always follow, but she could make up her mind in an emergency quicker than her elder sister, and never lost her head.

    When her brother was ill, Tatiana Nicolaevna could take her mother's place, following the doctor's directions and playing with the sick boy for hours. Out of a sense of duty, she undertook more thin her share of public appearances. She was shy, Eke all her sisters, but her natural friendliness made her want to say pleasant things to people. She became much better known than her cleverer elder sister, as she took more trouble about the people she met. Tatiana Nicolaevna loved dress. Any frock, no matter how old, looked well on her. She knew how to put on her clothes, was admired and liked admiration. She was sociable, and friends would have been welcome, but no young girls were ever asked to the Palace. The Empress thought that the four sisters should be able to entertain one another. They were close friends when they outgrew the squabbles of childhood. The two elder shared one bedroom, the two younger another, while their schoolrooms and dining-room were in common. The little Tsarevich had his own rooms, in which M. Gilliard ruled.

    Marie Nicolaevna was like Olga Nicolaevna in colouring and features, but all on a more vivid scale. She had the same charming smile, the same shape of face, but her eyes, "Marie's saucers," as they were called by her cousins, were magnificent, and of a deep dark blue. Her hair had golden lights in it, and when it was cut after her illness in 1917, it curled naturally over her head. Marie Nicolaevna, alone of the sisters, had a decided talent for drawing, and sketched quite -well, always with her left hand. "Mashka," as her sisters called her, was ruled entirely by her youngest sister, Anastasia Nicolaevna, nicknamed by her mother "the imp."

    Perhaps Anastasia Nicolaevna would have grown up the prettiest of the sisters. Her features were regular and finely cut. She had fair hair, fine eyes, with impish laughter in their depths, and dark eyebrows that nearly met. These combined to make the youngest Grand Duchess quite unlike any of her sisters. She had a type of her own and was more like her mother's than her father's family. She was rather short even at seventeen, and was, then decidedly fat, but it was the fatness of youth. She would have outgrown it, as had her sister Marie.

    Anastasia Nicolaevna was the originator of all mischief, and was as witty and amusing as she was lazy at her lessons. She was quick and observant, with a keen sense of humour, and was the only one of the sisters who never knew the meaning of shyness. Even as a baby she had entertained grave old men, who were her neighbors at table, with her astonishing remarks.

    All the Grand Duchesses were very Russian in their outlook and ideas. Their only experience of foreign countries had been in short visits to Darmstadt, and once to England, and they preferred life in their own country to anything else. They always spoke Russian among themselves and to the Emperor, English to their mother, and French to M. Gilliard. The elder girls had a smattering of German, but spoke it with difficulty; the younger ones and the Tsarevich did not know it at all. "

    Bob Atchison
     
     
     
     
     
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    Le Salon de Palissandre

     

      

    Ci-dessus : le Salon de Palissandre ou Salon de Bois de rose. Sur le sol, dans le coin gauche, on aperoit le coffre d'Alexandra qui contient ses souvenirs personnels.

    Avant la construction du Salon d'Erable, il s'agissait du salon principal des appartements impériaux. Dans ses premiers journaux, Nicolas décrit cette pièce comme le Salon Chippendale.

      

    En effet, à l'époque, on considérait la cheminée d'angle en bois, avec ses corniches et ses nombreuses étagères, comme de style Chippendale. Nicolas et Alexandra appréciaient beaucoup cette pièce et c'était l'un des endroits où ils aimaient à se retirer tous les deux, pendant leurs premières années au palais.

     

     

    Les murs étaient tendus de soie de ton vert pale et le sol recouvert d'une moquette anglaise, avec des motifs en losange et des couronnes, dans des nuances de violet.

    Au centre de la pièce pendait un énorme lustre en bronze doré et cristal, de style Empire.

     

     

    A gauche : la cheminée d'angle du Salon de Palissandre.

    Nicolas et Alexandra choisirent personnellement les tableaux de cette pièce et firent en sorte que leur sélection reflète leurs goûts personnels respectifs.

    Les deux qui se trouvent de part et d'autre de la cheminée avaient été achetés spécialement pour ce salon par l'impératrice.

      

    Celui de gauche est une version Art Nouveau de "L'Annonciation". Celui de droite une "Vierge à l'Enfant" de Paul Thuman.

      

      

    Alexandra choisit aussi un portrait de son père, peint par Plueskow en 1894, et un autre de sa mère, la princesse Alice de Grande-Bretagne et d'Irlande, qui était une copie de Kobervein.

    Le plus grand tableau du salon était une grande toile représentant le château de Romrod, en Hesse.

      

      

    Il y avait aussi des oeuvres de célèbres artistes russes et une aquarelle du peintre anglais Sir Edward Poynter, qui avait été acquise par Nicolas lors d'un voyage en Grande-Bretagne.

     

     

      

      

    Devant la cheminée se trouve un paravent, sur lequel sont peints en aquarelle les maisons d'enfance d'Alexandra, en Hesse. La cheminée dispose d'un pare-feu et ses étagères sont remplies de porcelaines de la Manufacture Royale de Copenhague. I

      

    l y a également, au centre du manteau, une horloge Art Nouveau avec des vitraux de Gallé ou de vitraux russes sur chaque face.

     

     

     

    Seuls quelques amis intimes et les personnes auxquelles le tsar ou la tsarine voulaient accorder une faveur spéciale étaient invités dans ce salon, qui faisait partie des appartements privés. La pièce était recouverte de panneaux de bois de rose longuement polis.

     

     

      

    C'est Meltzer qui dessina sur mesure le mobilier de cette pièce et qui le fit réaliser dans l'atelier de sa famille à Saint-Pétersbourg. Les meubles, tout comme les panneaux muraux, étaient en bois de rose incrusté de délicats motifs.

      

    Ce salon était typique des intérieurs anglais de l'époque et ressemblait beaucoup à celui présenté par Bing à l'Exposition Universelle de Paris la même année.

     

     

    Les intérieurs de style anglais étaient caractérisés par l'utilisation de lambris de bois massifs et de matériaux contrastés pour décorer la pièce. Ici, dans l'interprétation de Meltzer, on retrouve le vieux mouvement anglais Arts and Crafts, mélangé à de subtils éléments du mouvement Art Nouveau.

     

      

      

    On le voit surtout dans les proportions des meubles et dans l'utilisation de nouveaux motifs décoratifs.

     

    On retrouve aussi des sensibilités plus modernes dans la matière utilisée pour tapisser les sièges, ce qui était plus confortables que les chaises empaillées des décennies précédentes. Les étoffes utilisées dans ce salon sont de lourdes tapisseries tissées dans des couleurs Arts and Crafts légèrement adoucies.

     

    La moquette anglaise était assortie au sol du Salon Mauve, même si c'était dans des tons différents. Les soieries des murs étaient d'une couleur jaune-vert.

    Le Salon de Palissandre pouvait facilement servir de salle à manger, aussi bien que de salon, et il arrivait d'ailleurs qu'il remplisse quelquefois cette fonction. C'était souvent ici que la famille prenait son thé quotidien.

     

     

    A droite: le coin où s'installait la famille dans le Salon de Palissandre, et où furent prises de nombreuses photographies des Romanov. Au mur, on aperoit la grande toile du château de Romrod.

    Au-dessus, il y a un portrait d'Alexis et à droite un autre représentant la mère d'Alexandra, la princesse Alice.

    Alexandra conservait ses souvenirs dans un coffre rempli de ses trésors personnels, dans le coin droit de ce salon, près de la porte menant dans le corridor. Elle y gardait ses vêtements d'enfant, notamment la layette dont elle disposait à Darmstadt, ainsi que des souvenirs de sa grand-mère Victoria.

      

    La plupart se trouvent aujourd'hui à Pavlovsk.

     

    Elle y rangeait les lettres qu'elle avait écrites à la reine et qu'Edouard VII lui avait renvoyées à la mort de Victoria en 1901. Il y avait aussi ses journaux intimes et les lettres d'amour que Nicolas lui avait écrit lorsqu'il lui faisait la cour.

    Dans ce salon, il y avait également beaucoup d'objets de la Maison Fabergé, notamment un coffre en argent et en palissandre dans le style Art Nouveau, qu'Alexandra aimait beaucoup.

     

    La pièce disposait aussi de deux téléphones, l'un vers l'extérieur, l'autre relié directement au Palais d'Hiver. Celui-ci servit beaucoup pendant les jours sombres de la révolution alors qu'Alexandra était seule au palais avec ses enfants et qu'elle gardait ainsi contact avec le Commandant du Palais d'Hiver, le Général Ressin.

     

    Bob Atchison

    Traduction: Thomas Ménard, mai 2004

     

     Sources

     http://www.alexanderpalace.org/palace/frpallisander.html#slide

     

     

     

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    Alexandra, qui était à l'origine une princesse de Hesse, a passé son enfance à Darmstadt et en Angleterre, auprès de sa grand-mère, la reine Victoria. Le frère de l'impératrice, Ernst-Ludwig, devint grand-duc de Hesse à la mort de leur père. Ernst-Ludwig portait de l'intérêt à tous les arts et il essaya de faire de sa ville de Darmstadt un centre global pour le développement de l'art moderne.

      Alexander Palace, interior of the Maple Room  c. 1931

    Le grand-duc établit ainsi la "Colonie d'Artistes" de Darmstadt. Les plus grands artistes de l'époque participèrent aux expositions qu'on y organisait, notamment Peter Behrens et les autres chefs de file du modern style, que l'on appelait Jugendstil dans les pays germaniques et Art Nouveau aux Etats-Unis, en Angleterre et en France.

      

    En Russie, on parlait de "Style Moderne".

     

      

      

    Ce mouvement trouva un sol fertile à Darmstadt, grâce aux encouragements du grand-duc, et un splendide complexe de bâtiments et de pavillons à la Colonie des Artistes. Les expositions incluaient en effet des maisons modèles dans le style Jugendstil, où tout, jusqu'à l'argenterie, avait été dessiné par de célèbres artistes tels que Behrens.

      

    Maple Drawing Room, Alexander Palace

      

    Nicolas et Alexandra visitèrent ces expositions et leurs visites furent l'occasion de réceptions de gala et d'autant de publicité gratuite pour celles-ci.

     

      

      

    Alexandra aimait les choses modernes et elle appréciait tout ce qu'elle voyait, alors qu'on la conduisait à travers les salles d'expositions et les maisons modèles. Elle était très fière de ce qu'avait accompli son frère et du rôle de son pays natal dans l'encouragement de l'art moderne. L'impératrice fit beaucoup d'acquisitions à la Colonie d'Artistes : vases, étoffes, meubles, etc. Nicolas, lui, détestait le style Art Nouveau, spécialement dans ses manifestations les plus extrêmes et les plus austères.

     

     

      

      

    Ci-dessus : la partie droite du cabinet en érable et de la banquette, photographie des années 1920. Notez l'absence, dans le cabinet, des oeufs de Fabergé de l'Impératrice. Le portrait de Nicolas est de Georges Becker. Le pastel de la grande-duchesse Maria en haut à gauche a été réalisé en 1903 par Friedrich von Kaulbach.

     

      

    Au-dessous se trouve un autre pastel de Kaulbach, représentant Anastasia et datant de la même année.

    Ernst-Ludwig était un visiteur assidu du Palais Alexandre et il a certainement dû donner beaucoup de conseils à sa soeur, en matière de décoration et de création. Alexandra admirait beaucoup son frère et elle était très proche de lui du point de vue du caractère et des goûts. Après son mari, il était certainement la personne la plus proche d'elle et l'ami et le confident en qui elle avait le plus confiance. Ernst-Ludwig était une des rares personnes qu'elle écoutait et dont elle acceptait les conseils.
     
    Alexander Palace / Alexandra’s Mauve Room
      
    Tandis qu'à ses soeurs aînées, elle n'offrait que silence et résistance à leurs recommandations, qu'elle trouvait souvent trop condescendantes.
      
    Sa soeur Elisabeth avait supervisé la restauration des appartements du Palais d'hiver en 1894-1895, mais l'impératrice avait toujours estimé que cela reflétait trop les goûts de celle-ci et pas assez les siens propres. Nicolas et Alexandra avaient choisi les tissus et les tapis, mais l'agencement et les styles l'avaient été selon les idées d'Elisabeth, qui travaillait directement avec Roman Meltzer, le décorateur.

    The Mauve Room - Alexander Palace

    Quand, en 1902, Alexandra informa Ernst-Ludwig qu'elle et l'empereur prévoyaient d'agrandir leurs appartements au Palais Alexandre, et qu'elle avait décidé avec Meltzer de traiter l'espace dans le style Jugendstil, il dû se sentir tout disposé à l'aider.

      

    Le projet prévoyait la construction de deux grands salons au rez-de-chaussée, et de pièces supplémentaires pour les enfants au-dessus. Une des deux pièces serait un confortable salon pour l'impératrice, et on l'appellerait Salon d'Erable, à cause de l'utilisation généreuse du bois d'érable à travers toute la pièce.

     

     

    Le Salon d'Erable était une pièce spacieuse et charmante, très claire, et sans doute le plus agréable intérieur Art Nouveau en Russie. Les murs étaient peints dans une chaude couleur rose.

      Alexander Palace

    Pour les décorer, des branchages de rosiers allemands, sculptés et moulés en plâtre blanc, grimpaient et s'entrelaçaient jusqu'à un cercle vert pale, situé au centre du plafond. Tout autour de la pièce, une haute corniche incurvée dissimulait des ampoules électriques dont la lumière était ainsi réfléchie à travers le salon par le plafond blanc. C'est l'une des premières utilisations de la technique de l'éclairage indirect, aujourd'hui tout à fait banale, mais qui était plutôt osée à l'époque.

     

     

      

      

    Ci-dessus: détail de la corniche. On aperçoit un morceau de verre vert derrière les moulages en plâtre. La lumière brillait à travers celui-ci.

    Les roses en plâtre moulé étaient habilement multipliées pour former une délicate sculpture au niveau du grand balcon de bois d'érable qui traversait toute la pièce. Le balcon était incurvé au sommet et terminé par des panneaux de petits carreaux de verre. Des lampes en bronze et vitrail pendaient de ces supports, comme des chauves-souris. Un escalier, muni d'une rampe aux courbes sinueuses, conduisait du coin droit de la pièce jusqu'au balcon, qui donnait lui-même accès à un étage entresolé, au-dessus du corridor, et, de là, au Nouveau Bureau de Nicolas.

     

    Le bois d'érable utilisé était d'une variété spéciale qui, dit-on, nécessitait sept années d'immersion dans l'eau, afin qu'il puisse être travaillé et façonné à la façon de l'Art Nouveau. L'érable était d'ailleurs l'essence préférée de nombreux ébénistes de l'Art Nouveau. Certes, son grain dur était un défi pour le sculpteur, mais le bois prenait un éclat profond après le polissage, proche de celui de l'or. Il était également très dur et les fins motifs sculptés se conservaient longtemps. On en utilisa aussi de grandes quantités pour le mobilier de ce salon.

     

    Au-dessous du balcon se trouvaient deux confortables espaces pour s'asseoir, séparés par une cheminée aux carreaux de céramique.

      

      

    L'impératrice disposait d'une chaise longue Art Nouveau près de la fenêtre, juste au-dessus d'immenses jardinières où s'entassaient des pots de fleurs odorantes.

      

      

    A l'autre extrémité, sous le balcon, se trouvait une banquette pour ses enfants, où ils pouvaient travailler et jouer, pendant que l'impératrice lisait ou vaquait à ses travaux de couture. Au-dessus de la banquette, il y avait des étagères pour une collection de petits vases.

    Old photo of the Valet’s Room, Alexander Palace as it originally was decorated.  An oak partition separated Nicholas’s Dressing Room from the Valet’s Room where the Emperor’s valet on duty stayed. There stood a desk with a court events calendar, an errands re  gister book and a telephone. The room was connected with the mezzanine level and underground floor. The room’s furnishings have not survived.

     

     

    Un tapis en peau d'ours s'étalait au travers d'une épaisse moquette de castor gris. La peau d'ours était un vestige du vieux Salon de Musique, qui occupait l'espace où se tenaient désormais le Salon d'Erable et le Nouveau Bureau. C'était un formidable tapis de jeu pour les enfants quand ils étaient petits.

     

    A gauche: le cabinet d'angle, sur une photographie prise dans les années 1930.

    La pièce centrale du salon était un magnifique cabinet en érable, dans le coin gauche, du côté du Salon de Palissandre. D'après les premiers plans de cette pièce, cet espace était destiné à recevoir un énorme poêle.

    C'est Alexandra qui eut l'idée de supprimer ce poêle -qui était devenu inutile puisque cette partie du palais disposait désormais du chauffage central -et elle participa à la création de ce cabinet.

    C'est ici que l'impératrice conservait la plupart de ces oeufs de Fabergé. Le cabinet était suffisamment en hauteur et difficile à atteindre pour mettre à l'abri les délicats objets. Il s'élevait en effet au-dessus d'une confortable banquette circulaire, couverte d'étoffes de Darmstadt, et qui constituait l'un des endroits préférés de la famille pour prendre le thé.

      

    L'impératrice exposait ses objets favoris sur un large rebord qui courait le long du dossier de la banquette.

      

    Autour du cabinet, il y avait ainsi des vases de fleurs, des bronzes et d'autres petits objets.

     

     

     

    Chacune des pièces des appartements privés de l'impératrice disposait d'un coin auquel elle accordait une grande valeur sentimentale et où elle conservait ses objets personnels. Cette "sanctification" des lieux symbolisait la place suprême que sa famille tenait dans sa vie et la manière dont elle interférait dans ses relations avec Dieu.

     

      

    De part et d'autre du cabinet, l'impératrice choisit de placer ses portraits de famille préférés. On trouvait ici quatre pastels représentant ses filles et un tableau de Nicolas en uniforme de la Marine. Les portraits des grandes-duchesses étaient du peintre munichois à la mode, Kaulbach. Ils suivirent la famille en exil en Sibérie en 1917 et certains furent ramenés au palais après le meurtre des Romanov.

    Plus tard, ils furent vendus par le gouvernement soviétique pour financer clandestinement la promotion du communisme et des partis de gauche à l'étranger, dans les années 1930. Finalement, ces portraits se retrouvèrent à New York, dans les années 1940, chez l'antiquaire A La Vieille Russie et on ne sait pas se qu'ils sont devenus.

    Le Salon d'Erable renfermait aussi de nombreuses sculptures, parmi lesquelles des bustes d'Alexis et du frère d'Alexandra, Ernst-Ludwig, ainsi qu'une sculpture en marbre de Tatiana bébé, grandeur nature. On y trouvait aussi des objets Art Nouveau en bronze doré, dont certains, au thème religieux, représentaient une femme voilée ou encore une femme en train de prier.

    a chair from Mauve Room of Alexander Palace.

    D'autres, en marbre et en bronze, avaient des sujets plus éclectiques, signe que la collection avait été constituée au fil des années, selon ses goûts personnels et au gré des voyages à l'étranger.

     

      

      

    Il y avait d'autres oeuvres d'art tels que de charmants pastels de Kaulbach, représentant Elisabeth, la soeur d'Alexandra, et un autre d'Ernst-Ludwig, peint en 1906 par Adolph Beyer, ainsi que de délicates aquarelles des artistes russes Elisabeth Bem et Solomko. A côté, il y avait aussi des gravures romantiques, qui plaisaient beaucoup à l'impératrice, mais qui étaient considérées comme de mauvais goût par ses nombreux détracteurs.

     

     

    A droite: le balcon de l'impératrice.

    Les immenses fenêtres du salon étaient tendues de riches étoffes de Darmstadt et de délicats rideaux en dentelle. Dans l'une d'elle, une porte conduisait au fameux balcon de fer forgé de l'impératrice, l'un des nombreux qui entouraient le palais. Celui-ci fut construit par Danini en 1895 lors de la rénovation du palais pour l'installation de Nicolas et Alexandra.

      

    Ce balcon était l'un des endroits préférés de l'impératrice et de sa famille, tout au long de l'année, et même l'hiver. On y servait souvent des repas ou le thé, sur des tables chargées de bouquets de fleurs, décorées de nappes, de porcelaine de chine, d'argenterie et de cristaux. Chaque convive disposait d'un menu, rédigé à la main sur un épais carton frappé de l'aigle bicéphale.

      

    De lourds rideaux, décorés de motifs grecs, pendaient entre les colonnes et protégeaient le balcon du soleil ou du mauvais temps. Pendant la Première Guerre mondiale, on fit installer un éclairage électrique et la famille pu rester tard dans la soirée.

      

    C'étaient des soldats blessés qui avaient construit le mobilier en osier du balcon.

    Bob Atchison

    Traduction: Thomas Ménard, mai 2004

     

     

    SOURCES

    ALEXANDRE PALACE

    http://www.alexanderpalace.org/palace/frmaple.html#slide

     

     

     

     

     

     

     

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    Alexandra's Elegant Sitting Room

    Le Grand Salon de Rèception d'Alexandra ètait une des pièces les plus lumineuses du palais et la plus vaste des appartements privés de la famille impériale. Il s'ouvrait sur une des bibliothèques et était située dans l'angle droit du palais. Sept grandes fentres donnaient sur le Parc Alexandre. Les murs étaient recouverts d'un marbre artificiel blanc et, à leur sommet, d'un bel entablement mouluré, dont le pur dessin classique est la marque du travail de l'architecte Quarenghi.

      

    Cette pièce a conservé le style austère de la fin du 18e siècle que Catherine la Grande avait choisi pour le palais de son petit-fils. Il est possible que certains des meubles de cette pièce faisaient partie du mobilier d'origine.

     

    A gauche : le bureau et la tapisserie d'Elisabeth Vigée-Lebrun. Sur la table située à gauche du bureau se trouve un buste d'Alexandre 1er en porcelaine de Wedgwood.

    La blancheur neigeuse de cette pièce était compensée par les lourds rideaux rouges des fenêtres, dont les drapages intérieurs étaient en fine dentelle. Le sol était recouvert d'un parquet de bois doré. Au centre de la pièce pendait un magnifique lustre de cristal avec un globe de verre couleur rubis en son centre, à la manière russe.

    Ce type de verre soufflé est très difficile à réaliser. La teinte rouge est obtenue en ajoutant de l'or au verre en fusion avant que le souffleur ne lui donne ses formes délicates. Ce chandelier date de l'époque de la Grande Catherine et a très probablement orné cette pièce dès le début.

    Le mobilier inclut certaines des plus belles pièces du palais, notamment un bureau à tambour, avec son mécanisme musical, signé du célèbre ébéniste allemand David Roentgen. Il date de l'époque de la construction du palais et fait probablement partie du cadeau de mariage de Catherine à Alexandre et Elisabeth.

      

    Ce meuble était le bureau d'Alexandra et était considéré comme la pièce la plus précieuse du palais. Après la révolution, il fut évacué à Moscou. Quand il revint à Saint-Pétersbourg, il fut envoyé à l'Ermitage, où il se trouve encore aujourd'hui. A sa place, les conservateurs du musée ont substitué un autre bureau de Roentgen. Celui-ci faisait partie d'une paire de bureaux identiques, trouvés au palais. Il doit s'agir des bureaux d'Alexandre et de sa jeune épouse, Elisabeth.

    Il y avait aussi de nombreux meubles français du 18e siècle et un immense tapis de la Savonnerie sur le sol. Après la Révolution Française, le gouvernement français vendit aux enchères le mobilier des anciens palais royaux.

      

    Les représentants de Catherine assistèrent à ces ventes et firent de nombreuses acquisitions. Puisque les ventes se tinrent à l'époque où l'on construisait le palais, il se peut que certains de ces meubles royaux vinrent directement au Palais Alexandre. Deux paravents en ivoire, recouverts de tapisserie, semblent dater du règne de Louis XV et porte son monogramme royal.

    En 1896, Meltzer ajouta d'autres meubles, notamment une banquette d'angle dans le style 18e siècle, et fit couvrir toutes les chaises dans un même tissu Louis XV, au ton vert pomme. Cela permit de rendre plus homogène le mobilier un peu disparate.

    Les objets décoratifs étaient des pièces de la fin du 18e, du 19e et du début du 20e siècle. Il y avait de nombreuses petites sculptures, notamment des bustes en bronze représentant Alexandre 1er, son épouse Elisabeth, et Paul 1er. Il y avait aussi un buste d'Alexandre 1er en porcelaine de Wedgwood, produit en Angleterre en 1814, sur un modèle de Enoch Wood. Au mur pendait un splendide bas-relief en marbre, représentant la Grande Catherine, réalisé par Marie-Anne Collot en 1774. Il fut vendu par le gouvernement soviétique en 1933.

    Toutes les heures, le salon de réception retentissait des carillons des nombreuses horloges du 18e siècle, placées dans différents coins de la pièce.

     

     

      

      

    Ci-dessus: "Les Cosaques" de Detaille et "Marie-Antoinette et ses enfants" de Vigée-Lebrun. Un grand piano et un orgue se trouvent contre le mur sous les tableaux.

    Il y avait plusieurs grands tableaux sur les murs. Le plus important est un immense tableau des "Cosaques de la Garde Impériale". Il a été réalisé par le peintre militaire français Edouard Detaille, en 1899, pour Alexandre III. Detaille travailla également pour Nicolas II, qui conservait plusieurs aquarelles du peintre dans ses appartements. Cette toile géante cožta 50 000 dollars de l'époque, ce qui correspondrait aujourd'hui à un million de dollars.

    A droite: le portrait d'Alexandra par Kaulbach, suspendu entre les deux portes. C'est à cet endroit que furent prises les célèbres photographies des grandes-duchesses en 1913, pour le tricentenaire de la dynastie Romanov.

    Entre les deux portes qui permettent de pénétrer dans le Salon de Réception, pendait un grand portrait d'Alexandra dans un lourd cadre doré. Il a été peint en 1903 par l'artiste allemand Kaulbach, qui était un des peintres favoris d'Alexandra. C'était une peinture maussade représentant l'impératrice dans une sombre forêt, portant une chatoyante robe mauve et une tiare de diamants. Après que l'artiste eut réalisé des études pour le visage de l'impératrice, il demanda qu'on lui envoyât la robe à Munich, où elle fut montée sur un mannequin de la même taille que l'impératrice et il compléta ainsi le tableau. Après que le portrait fut achevé et expédié vers la capitale russe, Kaulbach demanda humblement à l'impératrice qu'elle lui laisse la robe en souvenir et elle exauça son vÏu. La famille Kaulbach conserve encore cette robe. Quant à l'étude de Kaulbach pour ce tableau, c'était le portrait de sa femme que Nicolas préférait et il le plaça dans son Nouveau Bureau.

    Une des pièces les plus connues dans le Grand Salon de Réception est la tapisserie des Gobelins représentant Marie-Antoinette, une copie d'après Madame Vigée-Lebrun réalisée en 1787. Cette tapisserie était un cadeau du président français Emile Loubet à Alexandra, qui collectionnait les objets personnels de Marie-Antoinette. L'impératrice était passionnée par la tragédie de la Reine de France et lut beaucoup à ce sujet. Quand elle et Nicolas visitèrent la France avant leur couronnement, Alexandra fut invitée par le président français à séjourner dans les appartements de Marie-Antoinette à Versailles. Après la révolution de 1917, cette tapisserie fut présentée par les guides du musée comme un objet de malheur qui annonçait le sort d'Alexandra. Si ceci peut nous para”tre approprié aujourd'hui, personne ne pouvait alors se douter du destin qui attendait Alexandra et le cadeau ne fut jamais considéré comme inapproprié. En 1895, l'avenir de Nicolas et Alexandra semblait brillant et positif. Récemment, la direction du musée a fait percé une nouvelle porte à l'endroit où se trouvait la tapisserie.

    Finalement, à côté du tableau de Detaille, il y avait une grande peinture du "Couronnement de Nicolas II", par l'artiste de cour danois Laurets Tuxen. Des copies de ce tableau se trouvent dans les appartements de l'impératrice douairière Marie, au Palais Anitchkov, à Saint-Pétersbourg, ainsi qu'au Palais de Buckingham à Londres.

    Si vous étiez ambassadeur, ministre ou dignitaire étranger, c'est probablement ici qu'Alexandra vous aurait reçu. Dans le Grand Salon de Réception, elle accordait aussi des audiences aux membres de la Cour et de l'aristocratie. La pièce servait également, à l'occasion, pour des d”ners ou des déjeuners et pouvait recevoir confortablement une trentaine de convives.

    Bob Atchison

    Traduction: Thomas Ménard, mai 2004

     

    Sources

    ALEXANDER PALACE

    http://www.alexanderpalace.org/palace/frafreception.html

     

     

     

     

     

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    Le Dressing-Room s'ouvrait sur la chambre á coucher impériale. Tous les matins, l'impératrice y trouvait ses v�tements, préparés par ses femmes de chambre. Celles-ci disposaient d'un accès particulier á cette pièce, par un escalier de frêne qui descendait de leur atelier de l'entresol, où les tenues de l'impératrice était rangées et préparées. L'escalier arrivait dans un cabinet de toilette, qui donnait sur le dressing-room. Les grandes-duchesses utilisaient cet escalier intérieur qui conduisait de leurs appartements á ceux de leur mère, en passant par l'entresol des femmes de chambre et une seconde salle de bains.

     

    A gauche : la porte conduisant au cabinet de toilette et á la salle de bains d'Alexandra.

    Alexandra choisissait ses toilettes pour la semaine, á l'avance, selon le programme de ses activités et ses préférences personnelles. Elle rencontrait ses femmes de chambre et revoyait avec elles sa sélection. Chaque jour, elle recevait un papier récapitulant ce qui avait été prévu pour le lendemain et elle donnait les instructions définitives pour sa garde-robe. Parfois, elle n'arrivait pas á décider ce qu'elle allait porter et il fallait préparer plusieurs tenues parmi lesquelles elle choisirait.

    Après sa toilette, Alexandra s'habillait seule. Elle changeait de vêtements plusieurs fois par jour : elle portait des choses plus décontractées le matin, et plus formelles pour le déjeuner et le thé. L'impératrice était parée royalement pour le dîner, avec des robes du soir et de magnifiques bijoux, même quand elle dînait seule avec Nicolas. Après le dîner, Nicolas retournait travailler et le couple impérial se retrouvait plus tard dans la soirée, pour un dernier thé, qui était souvent servi dans le Cabinet de Travail de Nicolas. Ensuite, l'impératrice regagnait ses appartements et se préparait pour la nuit. Son peignoir et sa tenue de nuit l'attendaient dans le dressing-room.

    Comme un mécanisme d'horloge, les vêtements qu'elle avait choisit apparaissaient dans cette pièce au moment opportun. On attendait des femmes de chambre qu'elle le fasse aussi discrètement que possible et en respectant le programme. Quand Alexandra pénétrait dans son dressing-room, les femmes de chambres devaient être sorties et tout devait être prêt selon ses instructions. Sur le mur de droite, il y avait un téléphone mural pour qu'elle puisse leur parler si quelque chose n'allait pas ou si elle avait besoin d'un quelconque accessoire.

    Comme on l'a dit plus haut, un escalier de frêne conduisait du sombre cabinet de toilette á l'étage des enfants. A mi-hauteur de ce niveau, l'entresol avait un plafond bas, qui sera critiqué pendant la période soviétique, parce qu'il violait le code de construction de Tsarskoe Selo.

    Alexandra disposait de deux femmes de chambre á temps plein, Zanotti et Tudelberg. Zanotti avait des parents italiens et anglais, tandis que Tudelberg était Allemande. Ces assistantes ne portaient pas l'uniforme d'usage ni le bonnet de dentelle, afin de les distinguer des femmes de chambre.

     

    Elles se rebellèrent quand on leur suggéra de le faire, parce qu'elles se considéraient plus comme des dames de compagnie que comme des servantes. Leurs responsabilités étaient considérables et on attendait d'elles qu'elles soient disponibles á tout moment. Elles vivaient au premier étage du palais, en face des appartements des grandes-duchesses. Chaque femme de chambre disposait de sa propre assistante.

     

    Zanotti et Tudelberg restèrent célibataires aussi longtemps qu'elles furent au service de l'impératrice. Elles montraient la plus stricte discrétion par rapport aux affaires de familles et étaient séparées des autres domestiques et du public. Ces deux femmes étaient venues d'Allemagne avec Alexandra. Elles parlaient l'anglais avec elle et, pendant les vingt années qu'elles passèrent en Russie, elles apprirent difficilement le russe. Cela ne faisait que les isoler un peu plus du monde extérieur. Le travail des femmes de chambre était dur et astreignant. Les toilettes de l'impératrice étaient de la plus grande qualité et souvent agrémentées de broderies á la main et de passementerie. Ces vêtements étaient difficiles á conserver dans les meilleures conditions et la plupart des tenues d'Alexandra exigeaient d'être lavées á la main. Le climat humide laissait aussi sa marque sur les fines étoffes et les robes méticuleusement repassées.

    A droite: la cheminée du dressing-room et, au-dessus, le grand portrait du père d'Alexandra, le grand-duc de Hesse.

    Le matériel pour entretenir les vêtements de l'impératrice était extrêmement moderne. Les femmes de chambre utilisaient des fers á repasser électriques et rangeaient ses fourrures, ses châles, ses gants, ses tenues de soirée et ses autres toilettes dans de grands cabinets de chêne, protégés contre l'humidité et les mites. Elles subvenaient á tous les besoins d'Alexandra, afin que celle-ci soit la plus élégante possible. Les vêtements du tsar et de la tsarine étaient lavés á la buanderie du Palais Anitchkov, á Saint-Pétersbourg. Ils étaient emmitouflés dans des grands paniers et des sacs spéciaux pour le transport. Les vêtements des enfants étaient quant á eux lavés dans des machines électriques á la buanderie du Palais impérial de Tsarskoe Selo.

    Le dressing-room avait un mobilier simple, qui était peint en ivoire et recouvert de chintz en coton. Le fauteuil, que l'on voit sur la première photographie, disposait d'un coussin brodé par Alexandra ou l'une de ses filles. Le sol était recouvert d'une agréable moquette anglaise. La porte s'ouvrant sur le cabinet de toilette de l'impératrice est plus á gauche. La pièce disposait d'une cheminée, nécessaire pour la maintenir suffisamment chaude. Sur le mur de droite, il y avait un thermomètre avec un interphone relié aux chaufferies, qui se trouvaient au sous-sol. Alexandra pouvait donc prévenir le domestique si il faisait trop chaud ou trop froid. Au-dessus de la cheminée se trouvaient des aquarelles représentant les baptêmes de Maria et Anastasia. Il s'agissait des dessins originaux d'artistes pour des gravures populaires commémorant ces événements.

    Le dressing-room, le cabinet de toilette, l'atelier de l'entresol et la salle de bains ont été construit en 1895 á la place d'une seule et même pièce. Après la guerre, ces pièces ont été impitoyablement détruites par les Soviétiques. A cette occasion, on a découvert un magnifique plafond peint néoclassique, restauré par Treskin, le célèbre restaurateur soviétique qui a également travaillé au Palais de Pavlovsk.

    Bob Atchison

    Traduction: Thomas Ménard, mai 2004

     

    SOURCES :

    ALEXANDER PALACE

    http://www.alexanderpalace.org/palace/frdressingroom.html

     

     

     

     

     

     

     

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     http://www.youtube.com/watch?v=CwbobGT1Uew

     

      

      

    La Chambre à coucher impériale était la plus privée et la plus intime des pièces du palais.

    On ne pouvait y accéder qu'en traversant le Salon de Palissandre et le Salon Mauve.

    Quand Alexandra vit cette pièce pour la première fois, elle n'avait pas bougée depuis plus de vingt ans. Lorsque les occupants du palais étaient absents, les pièces étaient fermées, les meubles et les tableaux recouverts de housses en toile.

     

     

      

      

    Les petits objets étaient rangés dans des tiroirs ou envoyés dans les réserves.

     

     

      

    Parfois, les fenêtres étaient même recouvertes de lourds volets.

     

      

    Les domestiques étaient chargés de faire la poussière de temps en temps mais, généralement, les pièces restaient fermées à clef et celles-ci étaient confiées au maréchal du palais.

     

     

     

    Alexandra avait sans doute entendu dire que cette pièce et le Salon Mauve avaient quelques rapports avec sa famille.

      

      

    Par un étrange coup du destin, la mère d'Alexandra, Alice, avait visité ces pièces des années auparavant, lorsqu'elle assista au mariage de son frère, le duc d'Edimbourg.

     

      

      

      

    Cette chambre faisait en effet partie de l'appartement nuptial aménagé par Alexandre II pour sa fille, quand celle-ci épousa Alfred, duc d'Edimbourg, fils de la reine Victoria.

     

    A gauche : détail des rideaux du lit.

    Après avoir vu la pièce et en avoir discuté avec son mari et avec Meltzer, le décorateur, Alexandra décida de laisser la chambre à coucher en l'état. Elle aimait beaucoup cette pièce et il lui semblait inutile de gaspiller de l'argent - et du temps - dans une nouvelle décoration, alors que la plupart des meubles pouvaient encore servir. Le mobilier des années 1870, qui avait été produit en Russie, fut donc réutilisé, et simplement repeint d'une bonne couche de peinture de couleur blanc émail, afin de le rendre plus lumineux et plus gai. Une grande arche, qui traversait la pièce de part en part et reposait sur d'élégantes colonnes, fut elle aussi repeinte en blanc, tandis que seuls les tissus et la moquette étaient remplacés.

    Alexandra choisit un imprimé en chintz brillant pour les murs, les garnitures et les rideaux. Le motif présentait des rubans roses entrelacés avec des couronnes vertes et des fleurs sur un fond blanc. Le principe d'utiliser la même étoffe pour toute la pièce avait déjà servi plus tôt en Russie, au Palais de Gatchina, mais l'effet était encore plus réussi au Palais Alexandre, grâce aux couleurs et au motif en treillis.

     

      

      

    Kuchumov, l'ancien directeur du musée du palais, disait que le tissu donnait à la pièce une impression de funérailles, avec les lits placés comme des cercueils devant le mur d'icônes. Ce n'était certainement pas l'intention de l'impératrice.

     

     

      

      

    Pour elle, la chambre à coucher avait l'air d'un éclatant jardin anglais ou d'une tente décorée pour un mariage printanier.

    Des rideaux étaient posés sur les deux grandes fenêtres et des draperies assorties pendaient entre les colonnes de l'arcade. De lourdes cordes, décorées de motifs élaborés, servaient à ouvrir et fermer les rideaux. Le mur du fond était tendu d'un tissu rose clair plissé et d'une draperie à son sommet. Il était assorti à la doublure des rideaux intérieurs de l'arcade.

     

     

     

    Le lit impérial consistait en deux lits jumeaux en bronze doré, qui étaient collés l'un à l'autre pour former un grand lit double. Le matelas était recouvert de peau de daim. Les draps de l'impératrice étaient en lin et en coton, portaient son monogramme et une marque qui indiquaient qu'ils appartenaient à la chambre à coucher du Palais Alexandre.

      

    Pendant la journée, le lit était drapé d'un élégant couvre-lit en soie, dentelle et crochet, avec de gros coussins. La nuit, ils étaient remplacés par une simple couverture et des oreillers

     

     

    Le lit faisait face aux fenêtres et, derrière, il y avait des centaines d'icônes et d'objets religieux pendus par des ficelles. La plupart des icônes étaient anciennes et précieuses. La pièce maîtresse était une grande icône de la Mère de Dieu du Monastère Feodorovsky, copie ancienne de l'icône qui avait servi à bénir le premier tsar Romanov quand il accepta le trône. Les autres icônes étaient enchâssées dans des armatures d'argent et recouvertes d'émaux et de joyaux. Certaines avaient été réalisées dans les ateliers du fameux joaillier, Fabergé, ou chez les célèbres argentiers moscovites, Khlebnikov et Ovchinnikov.

    La plupart des icônes étaient des cadeaux offerts à la famille impériale par les principaux monastères, églises et communautés religieuses du pays et même d'ailleurs. Le sujet, le nom du donateur et la date étaient inscrits au dos de plusieurs d'entre elles. Quand Nicolas et Alexandra vivaient au palais, il y avait moins d'icônes que ce qu'on voit sur cette photographie prise peu avant 1941.

     

     

      

    A l'époque soviétique, quand le palais était un musée, les conservateurs accrochèrent ici celles qui venaient des appartements des enfants, qui venaient d'être attribués par le gouvernement aux officiers de la Police Secrète, afin que ceux-ci puissent y recevoir leurs maîtresses.

      

      

    D'autres encore venaient de palais où les appartements des Romanov avaient été détruits, par exemple le Palais d'Hiver. En 1941, il y avait plus de 300 icônes sur le mur, ainsi que deux lumières en forme de colombes.

      

    Pendant l'époque impériale, elles étaient remplies d'huile de rose en permanence. Pendant 21 ans, leur odeur imprégna le tissu et les murs de la pièce. Elle persistait encore le 1er ao�t 1917, le jour où la famille impériale partit en exil. Vingt ans plus tard, les visiteurs disaient que le parfum des roses était toujours aussi puissant.

     

     

    A droite du lit, Alexandra disposait d'un petit oratoire d'angle, avec une bible et des icônes. Une lumière votive était entretenue en permanence. L'impératrice passait de longues heures ici, à prier pour son fils, Alexis, qui souffrait d'hémophilie, et pour la protection de son époux. Elle conservait ses bougies et d'autres fournitures religieuses dans des cabinets. Des prêtres venaient entendre les confessions du tsar, de la tsarine et de leur famille dans cet oratoire.

    Du côté gauche du lit, derrière les rideaux, était installé un petit cabinet de toilette en bois avec une vasque et une aiguière en porcelaine. Ils étaient entièrement plombés. Ils étaient toujours recouverts et rarement utilisés, puisque l'impératrice avait sa propre salle de bains, installée dans la pièce suivante et beaucoup plus pratique.

    Alexandra avait beaucoup de problèmes pour dormir et elle restait éveillée une grande partie de la nuit, probablement à cause de panique chronique. Pendant la nuit, elle grignotait des fruits et des biscuits, qui étaient placés tous les soirs sur sa table de nuit. Tous les matins, ils étaient réveillés par un domestique à la porte du Salon Mauve : un laquais frappait trois fois à la porte avec un marteau d'argent, tradition qui commença sous le règne de la Grande Catherine et se perpétua jusqu'à la révolution. Nicolas était souvent déjà réveillé.

      

    Il passait une robe de chambre et traversait le corridor pour rejoindre sa salle de bains et sa garde-robe. Alexandra se levait plus tard. Et, quand elle se levait finalement, sa mauvaise santé faisait qu'elle quittait son lit pour gagner immédiatement le sofa qui se trouvait en face

     

     

    Ci-dessus : une table de toilette dans la chambre d'Alexandra

     

    A droite : le mur de gauche et les portraits de famille.

    Sur le mur de droite, Alexandra avait une collection d'objets qu'elle avait rapporté du séjour qu'elle avait fait en Italie, avec son frère, avant son mariage. Ce voyage l'avait conduit à Florence et elle y passa un moment agréable et insouciant. Son frère l'emmena dans les lieux les plus célèbres, notamment le Musée des Offices. Alexandra visita aussi le couvent San Marco et elle y vit les peintures de Fra Angelico.

    Ce qu'elle ressentit pendant ce voyage l'affecta profondément et continua de l'inspirer tout au long de sa vie, par exemple lors de la construction du nouveau Palais de Livadia, en Crimée, que Nicolas et elle firent construire en 1912. Pendant ce voyage, elle fit l'acquisition d'aquarelles, de copies de céramiques de Della Robbia et une copie de la Madone de Botticelli.

      

    Ces tableaux font partie des quelques objets qui suivirent la famille impériale en exil. Ils étaient accrochés au dessus du lit de l'impératrice à Tobolsk.

     

    Alexandra avait aussi une vitrine du côté des fenêtres de la chambre à coucher, où elle présentait de nombreuses pièces de Fabergé, notamment certains des fameux oeufs de Pâques. Autour, il y avait d'autres cabinets contenant des cadeaux de ses enfants.

    En 1941, l'armée nazie et ses alliés espagnols occupèrent le palais.

      

    Durant leur séjour, ils firent une découverte sensationnelle. A l'endroit où l'arcade rejoignait le mur de la chambre, ils trouvèrent un coffre-fort secret caché, derrière le tissu.

      

    Pendant les 25 années durant lesquelles le palais fut un musée, personne n'avait trouvé cette cachette.

      

    Cela est étonnant, vu le nombre de recherches que le gouvernement soviétique fit au palais pour trouver les trésors des Romanov. Le palais était ouvert tous les jours, des milliers de personnes marchaient à quelques mètres du coffre-fort secret, mais personne ne suspecta son existence.

      

    Pourtant, l'armée d'invasion allemande semble avoir connu son emplacement. Quand l'armée soviétique repris le palais, ils trouvèrent le coffre dans le mur, mais il avait été vidé.

    Que trouvèrent les Allemands dans cette cachette ? Etait-ce la cachette des joyaux des Romanov. Plus personne ne pourra désormais révéler ce secret.

    Bob Atchison

    Traduction: Thomas Ménard, mai 2004

     

    sources : ALEXANDER PALACE

    http://www.alexanderpalace.org/palace/frbedroom.html

     Alexander Palace, Nicholas II was born in this room. He spent his first night with his new wife, Alexandra, in this room. After the death of Alexander III this room - and all of the other his and his wife's other rooms, were frozen in time and was carefully cleaned and kept in tip-top condition by palace servants. After the revolution these rooms were opened as part of the Alexander Palace Museum. They were taken over by the Secret Police as a private resort in the early 1930's

     

     

     

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    Les derniers Romanov de l'Empire russe

    Tsar Nicholas II riding with two of his daughters Olga and Tatiana. Both daughters can be seen in full military dress for their corresponding regiments that they are Colonel in Chief of.  This photograph may have been taken in August of 1913.
     
    Les Romanov sont la dynastie ayant régné et gouverné la Russie de 1613 à 1917, soit plus de trois siècles. Ils ont un acquis un prestige sans précédent dans l'histoire, transformant la Russie alors réduite aux régions comprises entre Kiev et Moscou en le second plus grand empire de l'histoire, derrière le mythique empire de Gengis Khan et des Huns.
      
    Ils sont considérés par de nombreux historiens comme la plus illustre de toutes les familles souveraines dont les grandes figures
     
     
     

    Emperor Nicholas II (1913)

     
      
    - Pierre le Grand, Catherine La Grande, Alexandre Ier, Alexandre II et Nicolas II -
      
    la personnalité générale et le luxe inimaginable les rends unique et distinguable des autres grandes dynastie que le monde a connu. Ils ont fait entrer la Russie dans le concert des grandes puissances européennes et mondiales par différents procédés.
      
    L'Empire des Romanov s'étendait depuis l'Europe centrale à l'Extrême-Orient, de l'Atlantique au Pacifique en passant par l'Arctique et du Caucase à la Mandchourie en passant par l'Asie centrale.
      
    File:Carle Vanloo, Portrait de l’impératrice Élisabeth Petrovna (1760).jpg
      
    Catherine la Grande
    The part of the scepter of Ekaterina II Russian Empress. The head of the scepter is crowned by one of the biggest diamonds in the world, Orlov that was presented to Ekaterina by her favorite Grigori Orlov  
      
    La fortune de la dynastie était de 1 milliard d'Euros en 1914, soit plus de 450 milliards aujourd'hui avec les intérêts.
     
     
      
    Image du Blog croissantdelune.centerblog.net
     
    Le futur Tsar Nicolas II (debout à gauche) avec ses parents et ses frères et soeurs en 1893. 
    L'Empereur Alexandre III
     
      
    De plus il est à noter leur goût cultivé pour l'art qui permet aujourd'hui à la Russie de posséder le plus grand musée du monde.
      
    Cependant, malgré cette immense fortune, cette gloire, le dernier Tsar, Nicolas et sa famille vivaient simplement et dans un relatif isolement.
      
    Cette brillante famille au passé si impressionnant connaîtra un sort terrible, la plupart des siens disparaîtront entre 1917 et 1918, assassinés par les bolcheviques et symbole d'une Russie tombant aux mains d'un mal qui la rongera pour la plus grande partie du reste du XXe siècle et qui la rendra moribonde, réduisant à néant ses multiples trésors culturels, religieux, architecturaux, ethniques et même ses ressources naturelles !
      
     
     
    File:Zar Nikolaus 1.jpg
     
    Nicolas I
     
     
    Ce malheur fut le communisme qui y connut différentes variantes telles que le bolchevisme, le marxisme-léninisme et le stalinisme, responsable de la mort de pas moins de 90 millions de personnes dont environ 70 millions de russes ethniques durant l'Union soviétique qui existera de 1922 à 1991.
     
    A beautiful portrait of the Tsar Nicholas II of Russia by Dmitri MEDVEDEV
     
    1. Historique.
    2. Les relations familiales.
    3. La Grande Guerre et ses conséquences.
    4. Abdication, abolition de la monarchie et début de la fin.
    5. Disparition et "destruction des preuves".
    6. Les usurpateurs d'identité, les faux Romanov.
    7. Fin des énigmes et la vérité enfin dévoilée au grand jour.
    8. Notes.


     
     
     
      
    Historique.
    Les Romanov ( Рома́нов en russe ) sont une famille issue de la noblesse des boyars originaire de la ville de Novgorod qui a dans un premier temps obtenu sa renommée par l'union entre Anastasia Romanovna Zakharine
    – fille de Roman Zakharine qui donnera son nom à la Dynastie Romanov
    – et d'Ivan IV Vassiliévitch dit Le Terrible, dernier souverain issu des Rurikides.
      
    Ce n'est pourtant qu'en 1613 que la dynastie prends forme avec l'élection de Mikhaïl Romanov
    Fils de Fedor Romanov (patriarche Philarète de Moscou) et de Maria Ivanovna Saltykov ainsi que petit-neveu d'Anastasia Romanovna Zakharine
    (première femme de Ivan IV le Terrible).
     
     
     Portrait of Grand Duchess Maria Fiodorovna at the age of 18, 1777 
      
      
      
      
      
     
      
    -
    Portrait of Grand Duchess Maria Fiodorovna at the age of 18, 1777
      
      
      
      
    par le zemski sobor ( assemblée représentative ) ce qui a pour conséquence la fin des Temps de Troubles, une série d'événements ayant depuis le mort du dernier souverain, plongé le pays dans le chaos et l'incertitude générale avec l'arrivée d'une foule de faux Tsars sans légitimité ayant fait éclater la guerre civile.
     
    De cette heureuse année à l'année 1917, ce sont quelques quinze souverains dont quatre femmes qui se succèdent à la tête de la Russie. Russie qu'ils agrandissent considérablement, repoussant toujours plus les frontières vers le nord, le sud, l'est mais aussi vers l'ouest.
      
      
    C'est ainsi qu'en l'aube de la Grande Guerre, l'Empire russe est un territoire absolument gigantesque occupant 1/6 des terres émergées du globe et plus de 180 millions d'habitants pour environ 200 ethnies différentes.
     
     
    Image du Blog croissantdelune.centerblog.net
      
    Suivez ce lien pour voir une carte de l'Empire >
      
     
    Ce pays aux dimensions énormes comprends alors des modes de vie différents: des nomades, des sédentaires, des semi-sédentaires, des semi-nomades.
      
    Des religions différentes :
      
    Christianisme, Islam, Judaïsme, Chamanisme, Bouddhisme, Paganismes, Animisme et Tengrisme.
      
    Et de multiples familles ethniques, des slaves ( Russes, Biélorusses, Ukrainiens, Rusyns, Polonais ), des fenniques ( Finnois, Caréliens, Ludiens, Izhoriens, Vepses, Estoniens, Mordves, Komis, Maris, Oudmourtes, Samis, Votes ), des ougriens ( Khantys, Mansis ), des turciques ( Tatars, Tatars de Crimée, Krymchaks, Caraïtes, Kazakhs, Ouzbeks, Karakalpaks, Azéris, ... ), des mongols ( Oïrats, Bouriates, ... ), des iraniens ( Ossètes, Tadjiks, Pamiris, Yaghnobs, ... ), des Arméniens, des caucasiens ( Circassiens, Tchétchènes, Lesguins, Tsakhurs, Abkhazes, Géorgiens, ... ).
     
    C'est pourtant cette peut-être trop grande complexité à tout point de vue qui compliqua sérieusement toute réforme envisagée.
      
      
     
    Ainsi Alexandre Ier, le vainqueur de Napoléon, tenta d'apporter des réformes mais se découragea devant le monstre de la bureaucratie impériale russe. Alexandre II réussira presque à apporter la démocratie mais fut victime d'un attentat qui lui coûta la vie par les révolutionnaires, en conséquence, son fils, Alexandre III durcira la répression, supprimera toute réforme apportée et renforcera l'autocratie.
      
      
    Politique poursuivie par Nicolas II avant de tenter lui aussi d'apporter d'importantes réformes mais il finira par y échouer.
      
    C'est donc l'absence de réformes et la complexité du pays qui feront le nid des révolutionnaires ainsi que le conservatisme tsariste de Nicolas II.
     
    On retiendra que c'est une famille qui a passé trois siècles à construire une Russie plus puissante que jamais, en ont fait une puissance européenne et une grande puissance mondiale. Ils ont parfois étaient contradictoires entre eux, un souverain légiférant une loi que son successeur abolissait.
      
    Certains comme Pierre Le Grand s'émerveillaient à européaniser cette Russie pendant que d'autres à l'inverse, ramenaient toutes les coutumes et traditions. Pour simplifier, leur politique globale, sur le plan culturel, oscillait entre l'européanisation et la russification de la société.
     
     
     
     
     
    La dernière famille impériale n'a pas vu la fin inévitable ( du moins de la forme absolue de la monarchie ) arriver tandis que ses proches la voyaient. En effet, cette famille était tiraillée entre un retour à l'autocratie traditionnelle – pure et dure, dirons-nous – et une série de réformes apportant la démocratie.

    Alexandra poussait Nicolas dans la monarchie absolue qui lui, était sans véritable avis sur la forme politique à adopter mais sentait, ressentait qu'il fallait faire quelque chose. Les quelques réformes constitutionnelles apportées par Nicolas II ont été maigrement appliquées pour deux raisons principales:

    1. Certains hauts gradés de l'armée et certains politiciens faisaient blocage contre toute réforme réduisant l'autocratie.
    2. Le Tsar Nicolas II revenait sur ses paroles, poussait en ce sens par son épouse et par ses conseillers.
     
    Nicolas II aurait été adoré dans une forme de monarchie constitutionnelle/parlementaire mais le système était verrouillé, il était pris au piège avec un pouvoir bien trop grand pour ses épaules, lui qui n'était en rien ferme ou autoritaire, il était très sensible, doux et aimant. C'est la Première Guerre Mondiale qui portera un coup final au régime tsariste et ce sont les même politiciens, conseillers et militaires qui le maintenaient sur une politique conservatrice qui vont le convaincre d'abdiquer.
     
     
     
      Alexandra Romanov : Tsarine de Russie.
     
    Tsarina Alexandra
    1907
      
      
    Il le fit d'abord en la faveur de son fils, Alexeï Nikolaïevitch Romanov alors âgé de 12 ans mais se rétracta quelques heures plus tard, sous l'influence d'une série de médecins qui l'avertirent que le jeune héritier n'avait qu'une chance sur deux d'atteindre ses 16 ans compte tenu de la maladie dont il souffrait, l'Hémophilie.
      
    Il demanda alors un nouvel acte d'abdication qu'il signa, sans trembler et transmis le pouvoir à son jeune frère, le Grand-Duc Mikhaïl Romanov.

    Mais c'est là que les problèmes empirèrent, les responsables de l'église orthodoxe réfutèrent l'abdication et ne reconnurent aucune légitimité en le gouvernement provisoire. Le Tsar en ayant pris cette décisions se retrouvait dans l'illégalité car il était interdit de passer outre la ligne de succession dynastique.
      
    Son frère refusera le trône dès le lendemain matin, ne désirant l'accepter que si une assemblée populaire le souhaiterait au nom du peuple russe.

    Le gouvernement provisionne saisit alors l'occasion et abolit la monarchie qui laisse alors place à une forme de république. Ce grand bouleversement est suivit rapidement d'un chaos général, des dizaines de mouvements indépendantistes et contre-révolutionnaires éclatent partout dans l'empire mis à bous de souffle par la guerre et ses nombreuses pertes.
      
    En Octobre 1917, c'est la guerre civile
      
    – Que Nicolas croyait éviter en abdiquant – qui commence principalement entre les forces rouges composées des bolcheviques contre les blancs composés d'éléments aussi divers que variés ( républicains, tsaristes autocratiques, tsaristes parlementaristes, cosaques, ... ). Lénine avec le soutien des rouges organise un coup d'état et prends le pouvoir, créant la République fédérative socialiste et soviétique de Russie ( R.F.S.S.R ) qui sera remplacée par l'U.R.S.S ( Union des Républiques Socialistes Soviétiques ) lorsque la guerre civile prendra fin avec comme camp vainqueur celui des rouges.

    Relations familiales.
     
    C'était une famille des plus unies, Nicolas II, son épouse, son fils et ses quatre filles formaient un ensemble fort qui résista tant bien que mal aux bolcheviques jusqu'à ce qu'ils soient massacrés. Alexandra originellement appelée Alix a épousé Nicolas par amour, le même Nicolas qui a passé des années à bataillé avec ses parents pour pouvoir l'épouser.
      
      
    Ce si fort sentiment perdurera tout au long de leur vie et ne s'éteindra qu'avec leur disparition. Les deux jeunes mariés n'ont alors que 26 ans pour l'homme et 23 ans pour la femme. Ils sont jeunes et inexpérimentés.
      
      
    Le Tsar Alexandra III avait toujours refusé de donner la moindre leçon de gouvernance à son fils qu'il jugeait trop faible et enfantin. Les années passant, la forte personnalité de la femme prends le pas sur celle de l'homme et le côté dominateur de la Tsarine est de plus en plus visible, ce qui n'est guère au goût d'une partie de l'aristocratie.
      
      
    Le caractère de Nicolas II est tout à l'inverse de celui de son défunt père, il est réservé et timide ainsi que respectueux mais fort intéressé par la gymnastique, l'économie, l'administration, la chasse et les jeux familiaux dont les baignades. Quand à sa femme, elle est souvent prise pour une femme trop timide voire froide qui n'ose être elle-même qu'en présence de sa famille proche. Elle est extrêmement bien éduquée et cultivée, surnommée « la cultivée parmi les cultivés «.
      
      
    Selon sa conception, la religion est quelque chose de très important de la vie quotidienne et elle s'en servira pour justifier toutes ses décisions, elle incarne image absolument forte et dure de l'orthodoxe russe. Par exemple, la chambre de Nicolas et Alexandre, au-dessus de leur lit, un immense portrait d'eux et de leur fils et tout le reste des murs occupés par des centaines d'icônes religieuses.
      
      
    Elle avait adopté la religion et le conservatisme russe, devenant plus autocrate et royaliste que son propre époux.
     
    Olga Nikolaïevna née le 15 novembre 1895 à Tsarskoïe Selo. Elle incarnait l'image intellectuelle de la famille. Elle idolâtrait son père et avait souvent une relation tendue avec sa mère. Longtemps plus proche de sa sœur Tatiana que du reste des enfants impériaux, au cours des années 1917 et 1918, elle va renforcer ses liens avec son frère, Alexeï, et devenir sa principale confidente. Tatiana Nikolaïevna née le 10 juin 1897 à Peterhof.
      
      
    Elle incarnait l'image élégante de la famille. Généralement plus proche de sa sœur avec qui elle formait « La Grande Pair «, elle finira cependant par se considérer comme la seconde mère de son frère. Elle était également très proche de sa mère, au contraire de sa sœur aînée. Maria Nikolaïevna née le 26 juin 1899 à Peterhof. Proche de ses parents sans rapprochement plus vers l'un que vers l'autre, elle était sans nul doute l'enfant le plus sage et calme de la famille, surnommée l'» Ange « par ses proches.
      
      
    Anastasia Nikolaïevna née le 18 juin 1901 à Peterhof. Elle était le bout-en-train de la famille, toujours à faire des farces aux autres et ce dans de nombreuses occasions dont certains qui ne s'y prêtaient pas. Elle se démarquait de ses sœurs aînées par un caractère beaucoup plus ouvert aux autres et extraverti.
      
      
    Elle ne reconnaissait que l'autorité paternelle et refusait d'écouter sa mère. Malgré ces caractères franchement différents, les jeunes filles adoraient leur père et leur mère, lorsque cette dernière était alitée parce que cardiaque, elles se relaient afin qu'elle ne soit jamais seule.
      
      The Romanov Family, Nicholas II, Alexandra, the children, Olga, Tatiana, Maria, Anastasia and Alexei as an infant.
    Alexeï Nikolaïevitch né le 12 août 1904 à Peterhof.
    Rien que par le fait qu'il est le fils unique de la famille, il aura une attention toute particulière mais la maladie doubler voire triplera cette attention.
      
      
    L'hémophilie dont il souffrait le condamnait à moyen terme, à la naissance son espérance de vie n'était que de vingt ans et sa vie était constamment en danger, un moindre choc trop brutal pouvait provoquer des hémorragies internes, un simple bleu pouvait lui causer des difficultés à marcher et le fait d'une simple écorchure pouvait le tuer.
      
      
    Il est ainsi au centre d'un cocon familial ultra-protecteur, dans un environnement isolé et protégé.
      
      
    Culpabilisée, le Tsarine est ainsi attentive au moindre caprice de son fils et n'avait absolument aucune autorité sur l'enfant ce qui n'empêcha pas qu'elle en fut très proche.
    Quant au Tsar, il évitait de devoir se montrer ferme et les rares fois où il le fit, Alexeï lui répondra en boudant et quelques heures plus tard, Nicolas venait presque s'excuser au près de son fils.
      
    Alexeï fut ainsi très proche aussi de son père qu'il idéalisait.
     
    Olga et Tatiana se faisaient surnommer la " Grande Paire " du fait qu'elles passaient le plus clair de leur temps ensemble, l'âge y aidant.
      
    Elles passaient le temps à jouer de divers instruments de musiques, notamment du piano, à chanter et danser pour distraire leur frère. Maria et Anastasia étaient surnommées la « Petite Paire « pour les mêmes raisons que l'on surnommait inversement leurs sœurs.
      
      
    Cependant, contrairement à Olga et Tatiana qui partageaient un caractère plus ou moins proche, Maria et sa sœur cadette étaient très différentes sur ce point. Là où Maria était calme, charmeuse, romantique sa sœur, Anastasia, était un véritable garçon manqué, farceuse, extravertie. Alexeï partageait un lien très fort avec toutes ses sœurs, on peut dire qu'il représentait leur lien d'unité et leur centre d'attention.
    Il aimait à les " régenter .
      
      
      Tsarskoe Selo, 19 décembre 1915      Tsarevich Alexei to his Papa, Tsar Nikolai II
     
    Tsarskoe Selo, 19 décembre 1915 Tsarevich Alexei to his Papa, Tsar Nikolai II
     
      
    D'un point de vue général, c'est pourtant avec Anastasia qu'il partageait la plus grande complicité puisqu'ils faisaient parfois leurs blagues ensemble dont la principale cible était Maria.
      
    Cependant de 1917 à 1918, c'est bien d'Olga et de Tatiana qu'il va se rapprocher considérablement. Tatiana jura à sa mère de prendre soin d'Alexeï si jamais quelque chose de fâcheux devait arriver aux deux souverains.
      
      
    Quand à Olga, Alexeï et elle s'apportèrent mutuellement un soutient moral inébranlable, s'aidant à supporter les changements brutaux qu'ils subissaient. De leur relation officielle, on sait de source sûre que les Grande-Duchesses se prosternaient souvent devant leur frère afin de monter leur respect.
     
    Nicolas apprendra à ses enfants les joies de longues promenades, des baignades, du tennis, des croisières et la détente que procurait la cigarette. Ainsi, toute la famille fumait, même Anastasia et Alexeï. Mais Nicolas était constamment une cigarette à la main et aux lèvres, Olga et Anastasia le prenaient en exemple mais Alexandra, Tatiana, Maria et Alexeï ne fumaient que rarement, lors de quelques fêtes.
      
      
      
    Quand à Alexandra, elle apprendra à ses filles à être de " véritables dames " selon sa conception, c'est-à-dire dépenser peu, bien s'habiller, ne jamais montrer ses jambes en public, toujours porter des perles, de l'or et des diamants ainsi que la politesse et la patience. Vers son fils, c'est l'autoritarisme que Alexandra tenta de lui inculquer plus que toute autre chose.
     
     
     
     
    Abdication, abolition de la monarchie et début de la fin.
     
      
      
    Le 10 Février 1917, le gouvernement fait part au Tsar de la situation devenue incontrôlable, les officiers se retournent contre les gradés de l'armée, les émeutes sont de plus en plus nombreuses et le nombre de pillages explose. A cela s'ajoute des pertes toujours plus nombreuses à la guerre et une agriculture pratiquement morte, incapable de soutenir l'effort de guerre et encore moins de nourrir la population.
      
      
      
    Le 2 Mars, les plus hauts gradés de l'armée impériale convainquent le Tsar d'abdiquer afin de calmer les esprits et d'empêcher les révolutionnaires de pouvoir faire leur nid de la situation.
      
      
      
    Un premier acte d'abdication est alors conçu puis signé sans tremblement par l'ex-Tsar Nicolas. Le nouveau Tsar est de facto le Tsarévitch Alexeï Nikolaëvitch Romanov alors âgé de douze ans.
      
      
    Cependant, des médecins lui indiquent quelques minutes plus tard que compte tenu de sa maladie - l'Hémophilie - et de son dernier bilan de santé, il a une espérance de vie de seize ans, et en considérant que le moindre bleu peut lui être fatale, ils convainquent le Tsar de revenir sur l'abdication - ce qui est illégal -.
      
      
    Un deuxième acte d'abdication est alors conçu puis de nouveau signé avec la déclaration de Nicolas par écrits " Nous ne pouvons nous résoudre à devoir nous séparer de notre si précieux fils et pourtant héritier de la Sainte Russie.
      
     Maria, Tatiana, Anastasia and Olga Romanov, 1914 
      
    De ce fait, nous prenons acte et conscience et remettons l'héritage de la couronne à notre frère, le Grand-Duc Mikhaïl Aleksandrovitch Romanov "

    Le lendemain matin, le 3 Mars, Mikhaïl refuse le trône et remet les pleins pouvoirs au gouvernement provisoire nouvellement formé. C'est alors la fin de la monarchie...Une monarchie, la monarchie russe vieille de presque mille ans est tombée en trois jours non pas par la révolution mais par la grâce de Nicolas II refusant toute effusion de sang puis de son frère refusant le trône.
      
      
    Car la révolution n'aurait pas, du moins il aurait fallu des années, renversé le régime puisqu'une grande partie de l'armée restait fidèle au pouvoir en place de même qu'une partie plus ou moins importante de la population.

    De mars à août 1917, la famille impériale est assignée à résidence au Palais Alexandre avec des gardes souvent amicaux voire presque serviables envers eux. Leur niveau de vie reste sensiblement le même, ils peuvent librement voyager à travers leur domaine du Palais et entretenir leur vie comme ils l'entendent.
      
      
      
    En Juillet, le Ministre-Président Aleksandr Kerenski ( leader du gouvernement provisoire ) doit faire face à de violentes émeutes de la part des bolcheviques et envisage le déplacement des Romanov, officiellement pour leur protection.

    Ils sont envoyés à Tobolsk, une ville de Sibérie occidentale avec la réputation d'être traditionaliste voire royaliste.
      
    Ils sont escortés de leurs domestiques et de 300 gardes.
      
    Peu à peu, les mois passants....
      
      
    Entre temps, Lénine prend le pouvoir mais étant occupé par la guerre civile ne s'intéresse pas tout de suite aux Romanov – ils s'adaptent à leur nouvelle vie et cultivent le jardin de leur nouveau résidence. Ils peuvent se rendre à l'église de la ville et peuvent recevoir des visites. Mais l'ennui commence à les ronger.
      
      
    Ils ne sont plus informés de la situation politique du dehors.

    En Mars 1918, le Tsarévitch Alexeï est blessé mais les sources manquent pour savoir exactement ce qu'il s'était passé il y a donc deux hypothèses plausibles et une troisième presque certainement improbable :

     
    Alexeï s'ennuyait et a joué avec une luge dans les escaliers sans penser aux conséquences.
    Alexeï a été brutalisé par l'un des gardes qui l'aurait lancé dans les escaliers.
    Alexeï a tenté de se suicider, ne supportant pas tout ce qu'il se passait.

    Il ne pourra plus marcher et son état de santé s'aggrave, ayant contracté une importante toux aggravant son état. En Avril, le pouvoir bolchevique ordonne le déplacement de la famille vers l'ouest.
      
      
    Le Tsar, la Tsarine, la Grande-Duchesse Maria et les domestiques partent mais les autres membres de la famille restent au près d'Alexeï se remettant très péniblement. Ce n'est qu'un mois plus tard que le Tsarévitch accompagné de ses sœurs rejoindront leurs parents et leur sœur à Iekaterinbourg.

    Les derniers Romanov de l'Empire russe



     
    Disparition et « destruction des preuves
     
    En mai 1918, la famille est de nouveau réunie à Iekaterinbourg, une ville de Sibérie située dans l'Oural. Il s'agit ici d'une région politiquement hostile aux Romanov, le cœur du bolchevisme dans l'Oural.
      
    Image du Blog croissantdelune.centerblog.net
      
    Ils sont gardés par 70 gardes bolcheviques, des ivrognes, des à demi-fous et ne vivent plus que dans 5 pièces contiguës.
      
      
    Les fenêtres sont obstrues avec de la peinture afin d'empêcher qu'on puisse voir de l'intérieur à l'extérieur et inversement. Des palissades de 3 mètres de hauts sont montées autour de la propriété. La seule nourriture qui leur ait donnée, ce sont des rations militaires dont la moitié leur est volée par leurs gardes.
     
    Les jeunes filles sont soumises à une pression psychologique considérable, n'ayant pas le vocabulaire nécessaire pour s'expliquer la situation.
    Les gardes dessinent sur les murs des scènes obscènes.
     
    C'est une déchéance dans tous les sens du terme...
      
    Leurs vêtements tombent en lambeaux, la Tsarine doit raccommoder les vêtements de son mari.
      
    Ils ne peuvent plus boire de thé, n'ont plus accès au sucre ni au tabac.
     
     
      
      
    Les humiliations sont monnaies courantes.
      
      
    Une chaîne vieille de plusieurs siècles représentant Saint-Georges et appartenant à Alexeï lui est presque arrachée au cours d'un violent incident avec un garde qui aurait intenté à sa vie. Les jeunes filles sont fouillées à n'importe quelle heure pour des raisons aussi futiles que perverses.
     
    Nicolas et Alexandra tombent finalement dans le fatalisme et le fanatisme religieux, passant le plus clair de leur temps à prier, dans leur chambre.
      
    Tandis qu'Alexeï, Olga et Tatiana restaient ensemble, se soutenant mutuellement.
      
      
      
    Maria et Anastasia auraient été les moins physiquement et psychologiquement touchées par tous ces événements et auraient gardés leurs caractères intacts.
     
    Le 4 juillet 1918 un nouveau chef de garde arrive, il s'agit de Iakov Mikhaïlovitch Iourovski un fanatique bolchevique haïssant les Romanov dans leur ensemble alors qu'il est issu d'une famille vouant un culte aux Romanov.
      
      
    C'est avec son arrivée que le début de la fin commence. Il commence les préparatifs pour accomplir l'ordre qu'il a reçu venant d'un comité constitué entre autres, de Lénine, de Trotski et de Staline. Cet ordre est...d'exterminer tous les prisonniers jusqu'au dernier ainsi que leurs serviteurs.
     
     
     

     
    Le 17 juillet, à 1H du matin Iakov vient lui-même réveiller Nicolas et sa femme, leur disant de se préparer ainsi que leurs enfants, des troubles auraient éclatés en ville et pour leur sécurité on doit les déplacer.
      
      
      
    Trois quarts d'heure plus tard, le Tsar portant son fils toujours incapable de marcher, la tsarine, ses filles et leurs domestiques sont emmenés dans l'une des caves de la maison.
      
      
    On leur dit que l'on s'apprêter à prendre une photo pour assurer à Moscou leur bonne santé. La Tsarine demande s'il n'y a pas de chaises et Iakov donne l'ordre que l'on en apporte.
     
    Deux chaises sont apportées, la Tsarine s'assied sur l'une d'entre elles et le Tsar installe son fils sur l'autre. Le Tsar se place au milieu des deux chaises et le reste de la famille ainsi que les serviteurs se placent derrière eux.
      
      
      
    Quelques instants plus tard, Iakov rentre dans la pièce, accompagné de 11 gardes. Et il déclare, dépliant un document « Étant donné que vos parents continuent leurs actions à l'encontre de la Russie soviétique, vous Nicolas Romanov et toute votre famille allez perdre la vie sur le champs. «
     
    Le Tsar tourna alors la tête d'abord vers son fils, puis vers sa femme et enfin vers ses autres enfants avant d'avancer d'un pas et de dire « Quoi... ? Qu'est-ce ?
      
      
      
    Pour réponse, Iakov lui montra le document avant de jeter ce dernier à terre et de sortir son revolver de sa poche.
      
    Nicolas se serait alors écrié
      
    « Dieu, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. «
     
    Le massacre aurait alors commencé...
      
    Le Tsar est tué d'une balle dans le cœur et meurt sur le coup, en tombant, sa main frôle celle de son fils qui ne bougeait pas, tenant fermement les bras de sa chaise.
      
      
    La Tsarine reçoit une dizaine de balles dans le ventre en tentant de faire le signe de croix.
      
      
    Et très vite tout s'accélère, quelques cris et un épais nuage de poussières
    envahissent la pièce.
     
    Iakov fait évacuer la pièce, le temps de faire dissiper la fumée afin de voir qui vivait encore. Quelques minutes plus tard, la fumée s'est dissipée et...stupéfaction !
      
      
    Les quatre Grande-Duchesse entourent le Tsarévitch, fessant rempart avec leur corps. Mais deux d'entre elles, Olga et Maria sont blessées.
     
    La fusillade continue, les corps tombent les uns après les autres dans un bain de sang épouvantable. On poignarde à tout vas tous les corps, on donne des coups de poings et de pieds et on achève à coup de baïonnette.
      
      
    Lorsque tous semblent morts, Anastasia et Alexeï montrent encore des signes de vie, Iakov décide de les achever lui-même. Anastasia reçoit une balle en plein front et cesse de bouger...Alexeï reçoit trois balles derrière l'oreille et perdit les dernières goûtes de vie qu'il lui restait.
     
    Au total 103 balles ont été tirées, une cinquantaine de coups de baïonnettes et une trentaine de coups de couteaux. Le Tsarévitch a reçu l'équivalent d'un chargeur complet en plein torse ainsi qu'une balle dans la jambe et trois balles dans la tête.
      
      
    Quand aux jeunes Grande-Duchesses leur sort n'en fut pas moins funeste.
      
      
    Balles, baïonnettes, couteaux, elles moururent en souffrant, étalées dans une marre de sang.
     
    Une fois assurés que tous sont morts, on transperce une fois de plus les corps à coups de baïonnettes, pour se « venger de l'ancien régime « selon Iakov. On emballe les dépouilles dans des draps et on les charge dans une camionnette.
      
      
    Une demi-heure plus tard, en pleine forêt de Koptiaki, le véhicule est coincé dans la boue et Iakov décide qu'on placera les corps là même.
     
    On jette les corps sur le sol et on leur vole leurs vêtements et leurs derniers bijoux. Alexeï et Maria sont jetés au feu alimenté au pétrole –
      
      
    Après que le crâne du Tsarévitch eut été scié -.
      
    Quand à Nicolas, les autres Romanov et les serviteurs, ion leur jette de l'acide sulfurique sur leur dépouille et on les enterre sur place. Quelques heures plus tard, les corps carbonisés et en pièces du Tsarévitch et de la Grande-Duchesse sont enterrés un peu plus loin...
     
     
     
    Les derniers Romanov de l'Empire russe
    La cave où eut lieu le massacre, photo prise quelques heures après le meurtre.
     
     
    Les usurpateurs d'identité, les faux Romanov.

    L'affaire des Romanov ayant été l'un des plus grand mystères du XXe siècle, il est normal que des centaines de personnes se soient faits passées pour eux, attirées par l'appât du gain pour la plupart.
      
    Plus de 400 femmes se sont déclarées être Anastasia, 100 hommes se sont déclarés être Alexeï et environ 80 et 30 se sont respectivement déclarés être Tatiana et Maria.
     
    Parmi les imposteurs, les plus célèbres sont
    Anna Anderson et Eugenia Smith pour Anastasia
    &
    Vassili Filatov et Alexei Tammet-Romanov
    – Le nom “Romanov” est autoproclamé – pour Alexeï.


     
    Fin des énigmes et la vérité enfin dévoilée au grand jour.

     
      
    Dans la fin des années 1980, une équipe russe spécialisée découvre une fosse commune correspondant à l'endroit décrit par Iakov Iourovski où il aurait fait déposer les dépouilles d'une partie des membres de la famille Romanov.
      
      
    Tous les squelettes sont extrais de la “tombe” et étudiés, il en ressort qu'il s'agirait du Tsar, de la Tsarine, de la Grande-Duchesse Olga, de la Grande-Duchesse Tatiana et de la Grande-Duchesse Anastasia ainsi que les restes de leurs serviteurs.
      
    Il manquait donc les restes du Tsarévitch Alexeï et de la Grande-Duchesse Maria...
      
    Certains dirons qu'ils furent totalement incinérés, d'autres dirons qu'ils ont survécus et en ont réchappé...
     
    Quoi qu'il en soit, le Président Boris Eltsine a présenté des excuses publiques pour l'atrocité commise disant
    Nous sommes tous coupables"
      
      
      
    Pendant de longues années, on s'est tu, mais il faut dire la vérité sur l'une des pages les plus honteuses de notre histoire.
      
    Sont coupables ceux qui ont commis ce meurtre mais aussi ceux qui ont justifié pendant des décennies cette cruauté insensée. "
     
    En 1998, les Romanov retrouvés bénéficient d'un enterrement national et son enterrés avec leurs ancêtres dans la Cathédrale Saint-Pierre-et-Paul à Saint-Pétersbourg.
      
    En 2000, l'église orthodoxe russe canonise l'ensemble de la famille impériale > Saint Tsar Nicolas, Sainte Tsarine Alexandra, Saint Tsarévitch Alexeï, Sainte Olga, Sainte Tatiana, Sainte Maria et Sainte Anastasia.
      
    Et depuis lors, ils sont vénérés en tant que martyrs.
      
      
      
    Depuis le début du XXIe siècle, les croyants orthodoxes attribuent la renaissance de la religion et son expansion comme un effet des prières de leurs nouveaux saints impériaux.
      
      
      
    Suivez ce lien pour voir la vidéo de la canonisation > -http://www.youtube.com/watch?v=Fyg0xDmg7Lg-

    En 2007, une nouvelle fosse est retrouvée à quelques mètres de la première, y sont retrouvés une partie d'un crâne sur lequel se trouvent des marques de scies, un morceau d'hanche,
    7 dents, 3 balles et quelques morceaux de tissus ainsi que 2 jarres ayant contenus du pétrole et de l'acide sulfurique.
      
    Ces restes sont officiellement identifiés en 2008 comme étant
    ceux du Tsarévitch Alexeï et de la Grande-Duchesse Maria.
     
    Officiellement pour des raisons financières, ils ne sont toujours pas enterrés au près des leurs et sont entretenus dans deux boîtes différentes à Moscou, dans les archives nationales...
     
     
     
    Les derniers Romanov de l'Empire russe
     
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    Ci-dessous, une vidéo faîte par un utilisateur de Youtube en leur honneur.
     

    Notes.

    Sources: Divers documentaires ainsi qu'un livre " Les Romanov, une dynastie sous le règne du sang " d'Hélène Carrère d'Encausse aux éditions Fayards.
    C'est grâce à Piere Gilliard qu'il existe de nombreuses photos des Romanov, les bolcheviques auraient détruits des centaines de photos appartenant aux Romanov.
      
      
      
    Ainsi, grâce aux photos qu'il a rapportés ainsi ses notes et ses témoignages nous en savons beaucoup sur cette ultime famille impériale russe qui aura connu une fin tragique et qui du assumer les erreurs de leurs ancêtres.
     
    Ci-dessous, quelques sites dédiés aux Romanov:
     
     
     
       Les derniers Romanov de l'Empire russe   
      
      
    Squelettes de Romanov, examen médico-légal
     
    Sources
     
    http://fictions-chao-druty.skyrock.com/3189921683-Les-
    derniers-Romanov-de-l-Empire-russe.html
     
     
     
     
     
     
     
     
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  • Nicolas Romanovitch Romanov

    Prince Nicolas Romanovitch 

      

    Nicolas Romanovitch (né le 13 septembre 1922 à Antibes) est le chef actuel de la Maison impériale de Russie. Il a été élu prétendant au trône de Russie par les membres de la famille Romanov en 1992 contre sa cousine la princesse (dite « grande-duchesse ») Maria Vladimirovna de Russie. Il appartient à la Maison de Holstein-Gottorp-Romanov.

     

     

    Famille

    Fils du prince Roman Petrovitch et de Prascovia Dimitrievna Cheremetieva.

    Mariage et descendance

    Le 21 janvier 1952 en la cathédrale russe de Cannes, Nicolas Romanovitch de Russie épousa la comtesse Sveva della Gherardesca (1930), (fille du comte Walfredo della Gherrardesca et de la marquise Nicoletta de Picolellis).

    De cette union naquirent :

    Biographie

    Enfance

    Enfants, Le prince Nicolas Romanovitch de Russie et son frère Dimitri Romanovitch de Russie baignèrent dans une atmosphère russe. Après leur fuite de Russie, les grands-parents et les parents du prince Nicolas Romanovitch de Russie s'installèrent au Cap d'Antibes.

      

    Le prince naquit à Antibes le 26 septembre 1922, il reçut une éducation privée par le père Zossima, ce moine lui enseigna l'ancien programme scolaire russe.

     

    Lot 259 Nicolas Romanovitch enfant avec son pere et grand-pere Hotel des ventes

    Le Grand Duc Pierre Nicolaïevitch (son grand-père), Roman Pétrovitch
    (son père) et Nicolas Romanovitch enfant. Provenance:
    prince Nicolas Romanov, une photo du lot 259,
    est. 300-500 francs suisses © Hôtel des ventes

      

      

    Malgré l'exil, le grand-duc Roman Petrovitch de Russie et son épouse élevèrent leurs deux fils dans l'esprit russe, dans leur vie de chaque jour, le calendrier julien, les fêtes religieuses de l'Église russe orthodoxe furent respectés.

    Nicolas Romanovitch de Russie fit une partie de ses études en France. Le prince aspira à faire carrière dans la marine comme officier. Âgé de douze ans, le prince demanda à ses parents d'exaucer son vœu. Mais la marine impériale de Russie étant remplacée par la marine soviétique, Nicolas Romanovitch de Russie se tourna vers la marine italienne.

      

    Pour réaliser son rêve, ses parents utilisèrent les liens étroits les unissant à la Maison royale italienne (sa grand-mère paternelle, la princesse Militza de Monténégro était la sœur de Hélène de Monténégro, l'épouse de Victor-Emmanuel III d'Italie). Sa grand-mère fit les démarches nécessaires auprès des membres de la Maison de Savoie.

      

    Nicolas Romanovitch de Russie quitta sa famille pour poursuivre ses études en Italie, il eut pour professeur l'ancien officier italien à la retraite, le capitaine Tomasso Surdi. Ses études terminées, le prince serait reçu à l'École navale italienne de Livourne.

      

    Atteint de myopie, le prince dut renoncer à sa carrière dans la marine. Lors de la Seconde Guerre mondiale la flotte italienne eut à souffrir de grands dommages, selon le prince, cette myopie lui a peut-être sauvé la vie.

    En 1936, sa famille s'installa en Italie, Nicolas Romanovitch de Russie fit des études classiques, il fut diplômé en 1942.

      

    Depuis sa tendre enfance, le prince parle le russe et le français, plus tard, il apprit l'anglais et l'italien, son tuteur, Marcel Berlinger lui enseigna le latin et le grec ancien.

    Фуражка Верховного Главнокомандующего в Первую мировую войну из собрания князя Романова (© NashaGazeta.ch)
    Источник: http://www.nashagazeta.ch/news/14558%20

     

     

    Seconde Guerre mondiale

    Pendant l'occupation de la capitale italienne, les membres de la famille de Nicolas Romanovitch de Russie vécurent sous la menace de la déportation, tout particulièrement la grand-mère paternelle du prince, Militza de Monténégro.

      

    La princesse et sa sœur Hélène de Monténégro trouvèrent refuge dans un couvent, puis dans la cité du Vatican. La famille du prince résida à la Villa Marlia près de Lucques.

      

    En septembre 1943, entourés de carabiniers, Nicolas Romanovitch de Russie et sa famille furent conduits à Rome, ils vécurent via Panama.

      

    Le 8 septembre 1943, l'Italie signa l'armistice, la famille du prince présente à la Villa Savoia (résidence du roi et de la reine d'Italie) fut le témoin du départ de Victor-Emmanuel III d'Italie et de son épouse.

      

    À leur tour, les membres de la famille du prince quittèrent la Villa Savoia et vécurent clandestinement pendant plus de neuf mois.

    Фото - Наша газета

    Князь Николай Романович Романов (© NashaGazeta.ch)
    Источник: http://www.nashagazeta.ch/news/14558%20

      

    Vie professionnelle

    Après la libération de Rome par les alliés, Nicolas Romanovitch de Russie fut employé dans l'une des agences alliées, le Psychological Warfare Branch. La Seconde Guerre mondiale prit fin, le prince trouva un emploi à L'USIS States Information Service.

      

    En 1946, Nicolas Romanovitch de Russie accompagné des membres de sa famille s'installèrent en Égypte. À Naples, ils montèrent à bord du croiseur italien le Duca Degli Abruzzi, bâtiment utilisé pour rapatrier les prisonniers de guerre italiens détenus dans les camps de l'Inde et du Kenya.

      

    En Égypte, le prince occupa quelques petits emplois, mais désirant revenir en Italie afin de poursuivre ses études universitaires, Nicolas Romanovitch de Russie considéra son séjour en Égypte comme une période de repos.

      

    Entre 1947 et 1948, le commerce du tabac turc procura au prince une certaine aisance financière, il fut également employé dans une compagnie d'assurances.

    En 1950, Nicolas Romanovitch de Russie prit la décision de revenir en Europe. Sur la route qui le menait à Genève, le prince s'arrêta à Rome, c'est dans cette ville qu'il rencontra sa future épouse, Sveva della Gherardesca, il l'épousa le 21 janvier 1952.

      

    Avant son mariage, Nicolas Romanovitch de Russie fut employé par Austin Motor, il travailla avec le représentant de cette firme en Italie, le colonel Andrew Constable-Maxwell.

    En 1954, le colonel avait d'autres projets en tête, Nicolas Romanovitch de Russie donna sa démission.

    En janvier 1955, son beau-frère décéda accidentellement, Nicolas Romanovitch de Russie devint le gestionnaire du domaine toscan de son épouse. Entre 1955 et 1980, le prince devint éleveur de la race bovine Chianina, certains de ces bovins furent exportés au Canada, il fut également viticulteur.

    Mariage

    Nicolas Romanovitch de Russie épousa Sveva della Gherardesca le 21 janvier 1952 en la cathédrale russe de Cannes, le mariage civil eut lieu le 31 décembre 1951 à Florence. L'épouse du prince appartient à la célèbre famille toscane della Gherardesca, son père, le comte Walfredo della Gherardesca est l'un des descendants du comte Ugolino (Ugolin), personnage de la Divine Comédie de Dante.

    Ses œuvres

    En 1982, Nicolas Romanovitch de Russie et son épouse s'installèrent à Rougemont, petit village montagnard du canton de Vaud (Suisse).

    Après la vente de sa ferme toscane, Nicolas Romanovitch de Russie commença à réunir des informations concernant la famille Romanov afin d'écrire une biographie. À la même époque, le prince peignit des aquarelles décrivant l'opération fictive d'un cuirassé russe en Méditerranée, il y apposa des légendes écrites de sa main.

      

    Cette œuvre, sur les conseils de son ami Masolino d'Amico fut présentée à un éditeur, elle fut publiée en 1988 par l'éditeur Mondadori, Cet ouvrage fut intitulé Storia di una corazzàta Tonda.

    Association famille Romanov

    L'intérêt porté par Nicolas Romanovitch de Russie pour le pays de ses ancêtres, les changements survenus en Russie amenèrent les médias, particulièrement la télévision à solliciter très fortement le prince.

      

    À ce jour, Nicolas Romanovitch de Russie a donné plus de cent interviews.

    Il donna également beaucoup de conférences sur la Russie et la famille Romanov.

    Lors de la création de la Fondation Association famille Romanov, Nicolas Romanovitch de Russie fut vice-président, au décès du prince Vassili Alexandrovitch de Russie (fils de Alexandre Mikhaïlovitch de Russie)

    le 3 juin 1989, le prince devint président de cette fondation.

    Chef de la famille impériale de Russie

    Au décès du grand-duc Vladimir Kirillovitch de Russie survenu le 21 avril 1992, Nicolas Romanovitch de Russie fut élu nouveau prétendant au trône de Russie le 31 décembre 1992 par les membres de la fondation Association famille Romanov.

      

    Cette élection sera confirmée le 18 juillet 1998 à Saint-Pétersbourg lors des funérailles de Nicolas II de Russie et de sa famille.

    Nicolas Romanovitch est l'actuel chef de la Maison impériale de Russie, mais cette revendication est contestée par le prince Georgui de Russie et sa mère la princesse (dite "grande-duchesse"[1])) Maria Vladimirovna de Russie.

    En juin 1992, le prince se rendit pour la première fois en Russie, d'autres visites suivront.

      

    Depuis 1998, Nicolas Romanovitch de Russie se rend une fois par an en Russie.

    Le prince Nicolas Romanovitch assista en tant que chef de la famille impériale de Russie aux cérémonies données à l'occasion des funérailles du dernier tsar Nicolas II de Russie le 16 juillet 1998.

    Réunion des sept princes

    Le 27 juin 1992, à Paris eut lieu la réunion des Sept princes. Les princes Nicolas Romanovitch de Russie, Dimitri Romanovitch de Russie, Michel Feodorovitch de Russie, Nikita Nikitich de Russie, Alexandre Nikitich de Russie et Rostislav Rostislavovitch de Russie fondèrent le Fonds de bienfaisance des Romanov, cette fondation a pour but de venir en aide aux enfants russes de Moscou et de Saint-Pétersbourg. En 1993, le prince Dimitri Romanovitch de Russie fut élu président de cette fondation.

    En juillet 1998, les membres de la fondation Association de la famille Romanov se réunirent pour la première fois en Russie, cette réunion se tint au « chalet » à Peterhof.

    Au XXIe siècle

    En 2008, Nicolas Romanovitch de Russie est âgé de 86 ans, sa principale préoccupation est de terminer sa biographie sur la famille Romanov.

    Anecdote

    On le vit apparaître sur le petit écran à l'occasion des émissions de Frédéric Mitterrand

    Les Aigles foudroyés et Mémoires d'exil.

    Généalogie

    Nicolas Romanovitch de Russie appartient à la troisième branche issue de la première lignée de la Maison d'Oldenbourg-Russie (Maison de Holstein-Gottorp-Romanov, elle-même issue de la première branche de la Maison de Holstein-Gottorp. Ces trois branches sont toutes trois issues de la première branche de la Maison d'Oldenbourg. Il a pour ascendant direct Nicolas Ier de Russie

     

    WIKIPEDIA

     

     Prince Nicolas Romanovitch (né le 13 septembre 1922 à Antibes) est le chef actuel de la Maison impériale de Russie. Il a été élu prétendant au trône de Russie par les membres de la famille Romanov en 1992 contre sa cousine la princesse (dite « grande-duchesse ») Maria Vladimirovna de Russie. Il appartient à la Maison de Holstein-Gottorp-Romanov.

    Prince Nicolas Romanovitch Fils du prince Roman Petrovitch et de Prascovia Dimitrievna Cheremetieva.

    Roman Petrovitch de Russie , ou Roman Petrovitch Romanov (en russe  : Роман Петровичest Романов), est un prince de Russie né le 17 octobre 1896 à Peterhof et mort le 23 octobre 1978 à Rome. Il fut membre de la Maison de Holstein-Gottorp-Romanov.

    Roman Petrovitch de Russie appartient à la troisième branche issue de la première lignée de la Maison d'Oldenbourg-Russie (Maison de Holstein-Gottorp-Romanov), elle-même issue de la première branche de la Maison de Holstein-Gottorp.

    Ces trois branches sont toutes trois issues de la première branche de la Maison d'Oldenbourg. Il a pour ascendant direct Nicolas Ier de Russie. Il appartint à la branche agnate de Nikolaïevitch.


    Vive la Grande Russie

     

     

    À Genève, l’hiver approche, et les traditionnelles ventes de fin d’année à l’Hôtel des ventes approchent avec lui. La semaine prochaine, se succèderont plusieurs ventes articulées autour des familles royales européennes, et si les monarques d’Espagne ou de Bulgarie y tiennent une place d’honneur, c’est surtout la «vente russe» qui attire les regards. Les objets provenant de trois collections privées – celles de Thormeyer, de Lifar et du prince Nicolas Romanov – sont pour la plupart des lettres, des photos ou des objets retraçant l’histoire de la famille impériale russe de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Grande Guerre. Ayant déjà donné un aperçu des collections Thormeyer et Lifar, penchons-nous plutôt sur la collection privé du prince Nicolas Romanov.

     

    Arrière-arrière-petit-fils de Nicolas Ier et chef de la Maison Romanov à l’heure actuelle, le prince Nicolas Romanov se passionne pour l’histoire de sa famille dont il a une connaissance encyclopédique. C’est à ce titre-là que l’Hôtel des ventes a fait un jour appel à lui, en préparant une vente de photographies de la famille impériale. Le directeur de la maison de vente aux enchères, Bernard Piguet, raconte: « Nous avions beaucoup de photographies de membres de la famille Romanov que nous n’arrivions pas à identifier, aucune inscription ne figurait au dos. Nous sommes alors entrés en contact avec Nicolas Romanov et avons été très impressionnés de voir qu’il connaissait la vie de tous les Grands Ducs par cœur! En fait, il est très attaché à collectionner les informations: il étudie tous les documents historiques qu’il trouve et en compile systématiquement le contenu pour le rajouter à ses archives. C’est ce qui a fait de lui le Romanov qui en sait le plus sur l’ensemble des membres de la famille. En réalité, nous n’étions pas les seuls à faire appel à lui: chaque fois que quelqu’un a besoin d’un renseignement sur la famille impériale, Nicolas Romanov est sollicité».

     

    Genealogie Nicolas Romanovitch Romanov

     

    Arbre généalogique de Nicolas Romanovitch Romanov

     

    En 2012, le prince Nicolas Romanov fête ses 90 ans et décide de se séparer d’une partie de sa collection privée qui, de même que ses archives, est dédiée à sa famille. Quelques jours avant la vente, il nous fait part de ses motivations…

     

    - Comment devrais-je m’adresser à vous: Monsieur, Monsieur le Prince...?
    - Comme c’est de coutume en Russie, par mes prénom et patronyme! (le patronyme russe est formé à partir du prénom du père: Nicolas Romanovitch veut dire «Nicolas, fils de Roman» – ndlr.) Vous savez, quand je suis allé en Russie et que j’ai rencontré le président Poutine, je lui ai dit «Bonjour Vladimir Vladimirovitch», ce à quoi il a répondu «Bonjour Nicolas Romanovitch». Il a donc pris soin de se renseigner sur mon patronyme, et j’estime que c’est une marque de respect de la part de votre interlocuteur.

     

    - Nicolas Romanovitch, vous êtes historien de la famille Romanov et possédez de grandes archives. Pourriez-vous en dire quelques mots?
    - Le terme «archives» est peut-être un peu exagéré, car ce ne sont pas des archives au sens propre, mais plutôt diverses informations sur chaque personnage de notre famille, piochées dans des romans, des mémoires ou encore des biographies historiques où il est question d’un membre de la famille Romanov. Parlons par exemple du Grand Duc Georges Mikhaïlovitch. On trouve à son sujet des choses dans des documents officiels ou des livres d’histoire, mais aussi dans les mémoires d’un certain duc qui l’a rencontré et a écrit: «Quelle agréable personne». Ce genre d’informations est difficile à trouver, on ne peut tomber dessus que par pur hasard. Et voilà, je trouve ces petites choses, en prends note, et elles passent dans mes archives qui ne contiennent pas de textes entiers, mais qui pourraient intéresser quelqu’un pour des détails permettant de mieux cerner la personnalité du Grand Duc.

     

    Nicolas Romanovitch Romanov Lot 259 Nicolas Romanovitch enfant avec son pere et grand-pere Hotel des ventes

     

     

    Prince Nicolas Romanovitch Le Grand Duc Pierre Nicolaïevitch (son grand-père), Roman Pétrovitch
    (son père) et Nicolas Romanovitch enfant. Provenance:
    prince Nicolas Romanov, une photo du lot 259,
    est. 300-500 francs suisses © Hôtel
    des ventes

     

    - Depuis combien de temps constituez-vous vos archives?
    - Depuis que je me suis retiré des affaires (pendant trente ans, jusqu’au début des années 80, Nicolas Romanovitch était le gérant d’un domaine en Toscane, en Italie, où il s’occupait de l’élevage de bœufs et de vignobles; ce n’est qu’en 1982 qu’il quitte l’Italie pour s’installer avec son épouse en Suisse – ndlr.). J’ai donc décidé de tout mettre en ordre et je continue à le faire encore aujourd’hui.

     

    - Et votre collection qui sera mise en vente...?
    - C’est autre chose. Ma collection comprend pour la plupart diverses lettres, photos et cartes postales. L’Hôtel des ventes en a sélectionné une partie, les objets qui l’intéressaient pour cette vente.

     

    - Pourquoi voulez-vous vous séparer d’une partie de votre collection?
    - Je souhaite surtout rendre hommage au Grand-Duc Nicolas Nicolaïevitch, oncle de Nicolas II et chef des armées russes de 1914 à 1915. Ainsi, parmi les objets phares mis en vente, on trouve quatre lettres que Nicolas II a écrites pendant la Première guerre mondiale à son oncle. Ces lettres montrent combien ces deux hommes étaient proches: elles sont toutes signées du diminutif familial de Nicolas II, «Nicki». Je crois que Nicolas Nicolaïevitch, qui est assez mal vu par les historiens à l’heure actuelle, mérite d’être mieux connu. L’idéal serait que ces lettres se retrouvent entre les mains d’un chercheur.

     

    Lot 241 Une lettre de Nicolas II Hotel des ventes

     

    Lot 241. Une lettre de Nicolas II, adressée au Grand Duc Nicolas Nicolaïevitch et datée du 16 juin 1916.
    Provenance: prince Nicolas Romanov, est. 3000-5000 francs suisses © Hôtel des ventes

     

    - Quel est votre objet préféré de la collection?


    - Ah, c’est curieux! L’objet que je regrette et qui me plaisait le plus c’est un livre très banal, l’Histoire du Régiment d’Absheron. 1700-1892, dont mon père avait hérité. Un livre merveilleusement édité! C’est un grand plaisir de le feuilleter, de regarder ces magnifiques gravures représentant des personnages du Caucase… Je conçois bien qu’il puisse me manquer, mais j’ai 90 ans, plusieurs livres vont me manquer, parce que je serai dans l’autre monde.

     

    Lot 226 Histoire du Régiment dAbsheron Hotel des ventes Histoire du Régiment dAbsheron gravure

     

     

    Lot 226. L. Bogouslavski, Histoire du Régiment d’Absheron. 1700-1892, Saint-Pétersbourg, 1892, 3 vol.
    Provenance: prince Nicolas Romanov, est. 8000-12000 francs suisses © Hôtel des ventes

     

    - L’année prochaine, c’est les 400 ans de la Maison Romanov. Avez-vous des projets particuliers: une conférence de presse, un livre, un film...?


    - Il est évident que je devrais faire quelque chose, mais je peux vous dire ceci: parler de quatre siècles de la dynastie, ce n’est pas correct. On a régné trois siècles, et, le quatrième, on nous a mis à la porte.

      

    Il convient donc de dire: «quatre siècles depuis l’élection du premier tsar Romanov», et là, c’est correct. Mais dire «quatre cent ans de la dynastie Romanov», c’est beau... mais on tombe dans le ridicule.

     

    Nicolas Romanovitch passe soudainement au russe (notre conversation se déroulait en français) et répète avec émotion: «Il faut le dire clairement, ce n’est pas vrai, «quatre siècles», c’est absurde…»

     

    - Que pensez-vous de la Russie actuelle? Est-ce qu’elle vous plaît?


    - Elle me plaît, elle ne peut pas ne pas me plaire. Les temps sont durs pour tous, et pour la Russie, ils le sont plus encore. Tout le monde nous critique: on fait mal ceci, on fait mal cela, mais la Russie doit continuer à suivre le chemin qu’elle a choisi.

      

    Si vous me demandez ce que j’aimerais pour la Russie, alors mon idéal serait une administration «à l’américaine», c’est-à-dire, avec un pouvoir central très fort à Moscou et un pouvoir fort local pour les régions-états.

     

    Lot 244 Casquette de Nicolas Nicolaïevitch Hotel des ventes

     

    Lot 244. Casquette de campagne du Grand Duc Nicolas Nicolaïevitch, une carte postale
    et une photo du Grand Duc signée de sa main et datée 1925.
    Provenance: prince Nicolas Romanov, est. 500-800 francs suisses © Hôtel des ventes

     

    La collection Nicolas Romanov sera vendue à Genève le 10 décembre. Les estimations sont plus que raisonnables: le montant des photos et des cartes postales est estimé entre 150 et 1200 francs suisses par lot (un lot peut contenir plusieurs pièces), alors que celui des lettres de Nicolas II est évalué entre 2000 et 5000 francs pièces.

      

    Je n’ai pu m’empêcher de questionner M. Bernard Piguet sur la modeste valeur accordée à ces lettres et il m’a répondu: «En effet, cela peut paraître assez bas.

      

    Ces lettres ont une valeur historique indéniable, car il s’agit d’une correspondance du plus haut niveau qui soit, entre le tsar et le chef de ses armées. Mais nous souhaitons conserver un prix attractif pour que les personnes intéressées n’aient pas d’hésitation à avoir. Nous espérons que ces estimations seront largement dépassées ».

     

     

     http://www.tete-a-tete-magazine.fr/fr/interview/1524-le-prince-nicolas-romanovitch-romanov-met-en-vente-des-lettres-de-nicolas-2/

     

     

     

     

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  • Lettres autographes signées «Nicki» (Nicolas II) adressées le 13 octobre 1914 de Tsarkoïe Selo au grand-duc Nicolas Nicolaïevitch, commandant suprême des armées impériales. Elles portent l'en-tête impérial de l'aigle bicéphale surmontée d'une couronne.

     

    Un des derniers descendants du tsar Nicolas Ier vend aux enchères ses lettres et souvenirs pour rétablir quelques vérités historiques.

     

     

    Un parfum de nostalgie flotte dans la retraite du prince ­Nicolas Romanov, à Rougemont, dans le canton de Vaud. Assis sous la photo de l'empereur Nicolas II, ce petit-fils du grand-duc Pierre Nicolaïevich, qui porte bien ses 90 ans, raconte pourquoi il a décidé de vendre les souvenirs qu'il a reçus par filiation directe.

    La casquette de campagne d'officier de l'armée impériale russe du grand-duc Nicolas Nikolaïevitch Romanov, commandant suprême des armées au début de la Première Guerre mondiale

      

    La casquette de campagne d'officier de l'armée impériale russe du grand-duc Nicolas Nikolaïevitch Romanov, commandant suprême des armées au début de la Première Guerre mondiale

      

    «Je suis triste, avoue cet homme dont la vie n'est qu'une errance depuis l'âge de 5 ans, de la France à l'Italie en passant par l'Égypte. Mes trois filles, Natalia, Elisabeth, Tatiana, ne sont pas intéressées par cet héritage et vu mon grand âge, j'anticipe la séparation qui me sera de toute façon imposée un jour…»

    À la veille du 400e anniversaire de l'ascension sur le trône de la famille impériale de Russie, le moment de vendre paraît bien choisi, même si le prince porte aujourd'hui un regard critique sur son arrière-arrière-grand-père, le tsar ­Nicolas Ier.

    «C'était un militaire de cœur mais il avait un caractère tordu. Il a épousé une femme très belle qu'il a rendue à demi folle, à cause d'une relation parallèle avec une danseuse.»

    Issu de la branche aînée de la famille impériale en descendance directe de ­Nicolas Ier, le prince est toutefois fier de sa descendance. Il a été élu prétendant au trône de Russie par les membres de la ­famille Romanov en 1992.

      

    En tant que chef de la maison impériale de Russie, il est aujourd'hui soucieux de transmettre à la postérité la mémoire de son grand-oncle, Nicolas Nicolaïevich, mort en 1929.

    Au début de la Première Guerre mondiale, ce commandant suprême des armées impériales terrestres et navales de Russie réussit à fuir la Russie bolchevique avec son frère Pierre, pour s'installer, avec leurs épouses respectives, sur la Côte d'Azur, à la villa Thénard d'Antibes.

      

      

    Dans leurs bagages, ceux-ci mirent quelques photos et lettres intimes. Le reste a été confisqué par les Bolchéviques et ne réapparaît que depuis peu dans des musées, notamment à Saint-Pétersbourg où le prince a assisté, le 16 juillet 1998, aux cérémonies données à l'occasion des funérailles du dernier tsar, Nicolas II de Russie.

    «Il est temps de rétablir la vérité sur ­Nicolas Nicolaïevich, ce personnage historique qui s'est fait limoger d'une façon brutale qu'il ne méritait pas, après avoir endossé le rôle militaire le plus important qui soit», explique le prince. Écrites entre 1914 et 1916, pendant la Première Guerre mondiale, quatre lettres du tsar Nicolas II adressées au grand-duc en disent long sur les raisons de cette mise au purgatoire.

      

    Sous la pression de la tsarine Alexandra et de son conseiller Raspoutine - qui haïssait le grand-duc -, il est alors destitué de ses fonctions de généralissime au profit de Nicolas II qui occupera cette fonction à partir du 16 août 1915. Nicolas Nicolaïevich gardera toutefois la confiance du tsar et sera nommé commandant en chef et vice-roi du Caucase.

      

    C'est avec courage qu'il assumera les combats contre l'Empire Oottoman et même plusieurs offensives contre les Turcs, ennemis des alliés de la Grande Guerre.

    Famille au destin tragique

    «Certes, mon grand-oncle n'était pas un bon général mais il était génial dans l'organisation des mouvements de cavalerie. Son plus gros défaut était d'être impétueux, observe le prince. Avec le regard inquiet des mauvais jours, il s'en était pris à un commandant de la garde en lui criant qu'est-ce que tu fous ici avec tes cubes jaunes en parlant de ses soldats?

      

    Mais de là à l'avoir renvoyé d'une façon aussi brutale, je n'y crois pas.» Serait-ce alors un coup monté de la tsarine qui ne supportait pas la contradiction? Un caprice d'impératrice qui n'avait d'yeux que pour Raspoutine qui imposait sa loi en martelant «le jour où je meurs, toute la famille impériale va mourir…» ?

    À l'évidence, cette correspondance inédite montre des liens très forts unissant le tsar et le grand-duc. Celui-ci lui affirme sa «pleine confiance» et use de formules amicales très fortes en signant de son petit nom «Nicki».

      

    Au-delà de ce fâcheux licenciement méritant d'être revu par l'histoire, ces documents apportent aussi du neuf dans la compréhension du personnage du tsar, «loin des clichés d'un empereur soucieux exclusivement de sa famille directe», explique le catalogue. «Le tsar était proche de ses armées. Paternaliste, il était soucieux d'encourager ses troupes et employait à l'égard de son commandement suprême des termes chargés d'émotion.»

    C'est en organisant une première vente, en décembre 2010, avec près de 300 lettres du tsar Alexandre III, que l'étude de Bernard Piguet a fait la connaissance du prince Nicolas Romanov. Ses conseils scientifiques s'avéraient précieux pour reconstituer le puzzle de cette famille au destin tragique.

      

    À la grande surprise du commissaire-priseur, ces lettres qui n'avaient déjà pas suscité l'intérêt des archives et des musées de l'ex-Union soviétique ne furent pas emportées par des Russes, sans doute parce qu'elles étaient écrites en français, mais par des collectionneurs suisses. Un an plus tard, ce fut au tour de 300 photographies d'époque réunies en 28 lots de s'envoler largement au-dessus des estimations.

      

    Même des photos officielles ont multiplié leur prix par dix montrant ainsi que l'histoire sulfureuse de cette famille n'en finit pas de déchaîner les passions.

    Le 10 décembre, à l'hôtel des ventes de Genève, les amateurs pourront se disputer encore d'autres photos inédites comme celle du petit tsarévitch Alexeï assassiné à l'âge de 14 ans ou du grand-duc Michel Alexandrovitch s'essayant au trapèze dans un salon du palais impérial avant de jouer au croquet avec sa sœur Olga Alexandrovna.

      

    Sans oublier des ­lettres d'amour comme celles du tsar Alexandre II adressées à sa maîtresse ­Katia Dolgorouky, de presque trente ans sa cadette (5.000 à 8.000 euros). Elles dévoilent un tsar follement épris de «son cher ange» qui occupe son cœur et ses nuits au détriment des affaires de l'État.

    Vente Romanov , du lundi 10 au jeudi 13 décembre 2012, à l'Hôtel des ventes de Genève. Rue Prévost-Martin 51 - CH 1205 Genève. Exposition publique du 7 au 9 décembre 2012.

     

     

     

     

    http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2012/12/03/03016-20121203ARTFIG00311-les-derniers-tresors-du-prince-nicolas-romanov.php

     

     

     

    Villa Thenard

      

      

    La villa Thenard se situe sur le boulevard du Cap, au sommet de la montée du Parisien (même emplacement que la villa Thuret). Bâtie par le baron Louis-Jacques Thenard, né à la Louptière (dans l’Aube) le 4 mai 1777.

      

    Ce fils de paysan monta à Paris accompagné de deux camarades et seulement quelques sous en poche pour y faire des études de médecine. Pour gagner sa vie, il commença comme garçon de laboratoire chez le grand chimiste Nicolas-Louis Vauquelin et se passionna immédiatement pour la recherche. Se retrouvant dans son employé dont il appréciait l’intelligence, il en fit son assistant. Grâce à la protection de Vauquelin, Thenard obtint divers postes d’enseignement.

      

    En 1799, le ministre de l’intérieur Chaptal le chargea de trouver rapidement la formule d’un bleu pouvant remplacer le bleu outre-mer fabriqué à partir du lapislazuli, beaucoup trop cher mais nécessaire à la manufacture de Sèvres, ce qu’il fit en un mois : ce fut le bleu Thenard ou bleu de cobalt.

      

    En 1802, Vauquelin lui cédait sa chaire au Collège de France. Il inventa de nombreux produits dont l’eau oxygénée, le brome. Son nom fut donné par le minéralogiste Casaseca au sulfate de soude anhydre ou thénardite. Il fut professeur à la Sorbonne, au collège de France, investi du titre de baron par le roi Charles X le 19 novembre 1825, et fut fait pair de France le 11 novembre 1832. Chevalier de l’ordre royal de la Légion d’Honneur depuis 1815, il fut élevé à la dignité de grand officier en 1842.


    Ayant amassé une grande fortune, il fit construire au Cap d’Antibes, à côté de la villa de son ami Gustave Thuret, cette grande villa dans laquelle il aimait venir se reposer. Il mourut à Paris le 21 juin 1857 à l’âge de 80 ans. C’est lui qui inspira à Victor Hugo le nom de Thénardier dans Les Misérables. En effet, Hugo qui militait pour faire passer de 16 à 10 heures la durée de travail des enfants s’affrontait souvent au baron Thenard qui y était fermement oppose.

     

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    La Maison Romanov désigne la dynastie russe qui a régné de 1613 (Michel 1er) à 1762 (Elizabeth 1re). La descendance masculine des premiers Romanov s’éteignit avec la mort de l'impératrice Elizabeth, et le trône impérial russe passa alors à la branche de Holstein-Gottorp de la Maison d’Oldenbourg, en la personne du tsar Pierre III. Mais celui-ci souhaita perpétuer le nom des Romanov, qui sera repris par tous ses descendants, jusqu’à Nicolas II.

    Dernier empereur de Russie, roi de Pologne et grand-prince de Finlande, surnommé « Nicolas le Pacifique », le début de son règne (1814-1917) fut marqué par un formidable essor de la Russie dans les domaines économique, politique, social et culturel. Avec ses 175 millions d’habitants – un chiffre qui avait triplé – la Russie s’était hissée au rang de troisième puissance économique mondiale et talonnait les États-Unis. Le rouble, devenu une monnaie forte, donnait à l’Empire Russe de formidables moyens financiers dont profitaient ses marchands et ses industriels. Dans le domaine des arts, la Russie connaissait aussi un formidable rayonnement ; ses écrivains, ses peintres, ses sculpteurs, ses danseurs, étaient connus dans le monde entier.

    Le règne de Nicolas II fut aussi marqué par la relation fusionnelle qu’il entretenait avec son épouse, l'impératrice Alexandra Fedorovna. En apparence, le couple semblait vivre un véritable conte de fées, mais derrière la façade resplendissante des palais de Saint-Pétersbourg, les Romanov cachaient un terrible secret lié à la maladie de leur fils, le tsarévitch Alexis, atteint d’hémophilie. Cette anomalie de la coagulation sanguine qui génère de graves hémorragies touchant les articulations et les muscles était incurable à l’époque. Un homme, guérisseur, mystique, aventurier, se fit pourtant introduire auprès de la famille impériale en prétendant pouvoir soigner le jeune Alexis.

      

    Son nom : Grigori Efimovitch RASPOUTINE. En quelques années, il deviendra le confident de l'impératrice Alexandra et développera un formidable réseau d’influence au sein de la cour impériale russe. Mais celui que certains appelaient le « mauvais ange » des Romanov entrera aussi pour une bonne part dans leur fin tragique. Nicolas II, son épouse, son fils, ses quatre filles, le médecin de famille, son domestique personnel, la femme de chambre et le cuisinier seront en effet assassinés par les bolcheviks dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Le documentaire retrace ces événements qui ont ensanglanté à tout jamais l’histoire de la Russie.

    . Tsar malgré lui

    Au départ, le tsar Nicolas II est un prince timoré, presque peureux, qui avance à reculons vers le trône de Russie, comme s’il répugnait à régner. Depuis qu’enfant il vit son grand-père, Alexandre II, mourir dans un attentat à la bombe, il est hanté par l’idée d’être victime d’une tragédie semblable.

    Le 4 août 1894, le jeune prince voit donc arriver le moment qu’il redoutait depuis toujours : le décès de son père, l’empereur Alexandre III, le met dans l’obligation de monter sur le trône de Russie. L’histoire veut qu’à l’annonce de cette nouvelle, Nicolas II se soit jeté dans les bras d’un ami en s’exclamant : « Je ne peux pas ! Je ne sais rien de l’exercice du pouvoir ! J’ai peur. »

    Pendant cette épreuve, le prince peut cependant compter sur le soutien de son épouse, la princesse Allemande Alix de Hesse-Darmstadt (1872-1918), fille du grand-duc Louis IV de Hesse et de la grande-duchesse. Ils se sont rencontrés à l’occasion d’un mariage qui avait lieu au Palais d’Hiver de Saint Petersburg ; Nicolas avait alors 16 ans, et Alix seulement 12. De cette rencontre naquit un grand amour entre les jeunes gens, profondément épris l’un de l’autre comme le révèle l’étude de leurs journaux intimes et de leurs lettres. Ils se marieront un an et demi avant le couronnement du tsar, la princesse Alix prenant alors le nom d’Alexandra Féodorovna.

    Ce couronnement, qui fait d’eux le tsar et tsarine de Russie, donna lieu à l’une des cérémonies les plus somptueuses de l’époque. Leur règne débuta cependant sous de mauvais auspices ; en effet, pendant que le cortège impérial entrait triomphalement dans Moscou, une bousculade se produisit dans la foule au champ de Khodinka, provoquant la mort de plusieurs centaines de personnes qui furent piétinées. Certains y virent le signe que le règne de Nicolas II serait marqué par le malheur et les tragédies. L’histoire devait leur donner raison.

    . Fils chéri… et maudit

    Pour assurer la pérennité du trône impérial, le tsar doit impérativement avoir un héritier mal. Or le destin, à nouveau, semble s’acharner sur le jeune couple qui voit naître successivement quatre filles : Tatiana, Maria, Olga et Anastasia. Poussés par leur désir d’avoir un héritier mâle, le tsar et la tasrine prient sans relâche pour qu’une intervention divine les aide à concevoir cet enfant, plongeant dans le mysticisme de la foi orthodoxe Russe. Ils seront finalement exaucés par la naissance d’Alexis Nikolaïevitch le 12 août 1904.

    Mais cet événement, source de tant de joie et de soulagement pour le couple impérial, annonce en fait une tragédie. Le tsarévitch souffre en effet d’un mal mystérieux qui se manifeste par de soudaines hémorragies qui touchent ses articulations et ses muscles. Il s’agit de l’hémophilie, une anomalie de la coagulation sanguine, très mal connue à l’époque et de ce fait, impossible à soigner.

    Le tsar et la tsarine décident d’entourer du plus grand secret l’état de leur enfant. Le tsarévitch se retrouve confiné, soustrait aux regards inquisiteurs de l’extérieur. Le cercle familial se referme sur lui, à la fois cocon protecteur et prison. Ses parents ne savent plus quoi faire pour protéger l’héritier du trône de Russie, mais cela ne sert à rien contre l’hémophilie, qui le rend vulnérable au moindre choc, à la moindre entorse. En désespoir de cause, Nicolas et Alexandra se réfugient dans le mysticisme, priant sans relâche pour que Dieu provoque un miracle qui sauvera leur fils.

    . Le « saint diable »

    C’est dans ce climat pesant, à l’été 1905, que surgit celui qui va bouleverser le sort des Romanov, et à travers eux, la destinée de toute la Russie : Raspoutine. A cette époque, les Romanov, de plus en plus affectés par la maladie de leur fils, multiplient les rencontres avec des guérisseurs dans l’espoir fou que l’un d’eux pourra venir en aide à leur enfant. C’est ainsi qu’un certain Grigori Efimovitch Raspoutine, mystique itinérant à la réputation déjà sulfureuse, se présente à eux.

    Quand l’impératrice Alexandra l’introduit auprès du tsarévitch, celui-ci est au plus mal, souffrant d’une grave hémorragie interne que les médecins ne réussissent pas à stopper. Raspoutine s’agenouille alors près du lit, impose ses mains sur l’enfant en murmurant des prières. L’effet est immédiat ; Alexis ouvre les yeux, mystérieusement soulagé de ses douleurs. Il est sauvé. Les historiens se disputent aujourd’hui encore sur l’origine de cette guérison « miraculeuse » et sur la façon dont Raspoutine soigna le tsarévitch durant les 12 années où il s’occupa de sa santé.

      

    Certains évoquent un réel pouvoir de guérison, tandis que d’autres supputent un recours à l’hypnose pour soulager l’enfant de ses douleurs. La vraie cause est peut-être ailleurs ; en arrivant auprès du tsarévitch, Raspoutine ordonna qu’on supprime tous les remèdes qui lui avaient été prescrits par les médecins. Parmi ceux-ci se trouvait de l’aspirine, qui était administrée régulièrement au jeune malade. Or ce médicament est un anticoagulant, il aggravait donc l’hémophilie de l’enfant. Le simple fait de supprimer l’aspirine aurait donc suffi à améliorer son état de façon spectaculaire.

    Quoi qu’il en soit, la guérison « miraculeuse » du tsarévitch avait convaincu l’impératrice Alexandra que Raspoutine disposait d’un don de guérison qui lui avait été donné par Dieu en personne. Il se retrouva ainsi intégré au cercle familial des Romanov, jouant à la fois un rôle de confident auprès de l’impératrice et de guérisseur attitré du jeune prince Alexis.
    En dehors du palais impérial, Raspoutine se défait cependant de son auréole de sainteté pour endosser le rôle d’un démon avide de débauche.

      

    Sans chercher le moins du monde à se cacher, il multiplie les beuveries dans les tavernes de Saint-Pétersbourg, exploits alcoolisés auxquels il associe une vie sexuelle frénétique. Multipliant les conquêtes féminines dans ce qui pourrait ressembler à une course effrénée à la jouissance, le « saint diable » affirme cependant que ces relations sexuelles lui permettent d’acquérir le salut et de reconstituer ses pouvoirs de guérison.

    . Le moine fou

    L’aura sulfureuse de Raspoutine déteint sur la réputation des Romanov, faisant naître les premiers doutes chez le tsar Nicolas. Mais des événements bien plus graves venus de l’étranger vont détourner son attention du mystique guérisseur. En août 1914, la Russie est emportée dans le tourbillon dévastateur de la Première Guerre Mondiale.

    Constatant que le nombre de morts augmente sans cesse parmi les soldats, Nicolas II soupçonne ses généraux d’incompétence et décide d’assumer lui-même le commandement des forces Russes. Son départ de Saint-Pétersbourg laisse l’impératrice esseulée sous la coupe d’un Raspoutine à l’influence grandissante. Confident – amant prétendent certains – de la tsarine, le moine n’est plus seulement cantonné à son rôle de guérisseur mais se mêle de plus en plus étroitement aux affaires de l’État.

    Certains s’alarment de ce pouvoir grandissant et font courir des rumeurs à son sujet : il organiserait des orgies au sein même du palais impérial, dirait des messes noires, jetterait des sorts à ses ennemis, et serait même l’amant de l’impératrice. Surnommé le « moine fou », Raspoutine est accusé d’être un espion infiltré par les Allemands et chargé de renverser la monarchie en détruisant sa réputation.

      

    Pourtant Raspoutine ne bronche pas devant ces calomnies, sur de son pouvoir et de son influence auprès de l’impératrice, qui de son côté continue à lui faire aveuglément confiance.

    . L’homme qui ne voulait pas mourir

    A Saint-Pétersbourg, certains membres de l’aristocratie considèrent que Raspoutine est en train de prendre une telle envergure dans les affaires de l’État qu’il doit être éliminé. Un complot est donc mis au point en vue de l’assassiner. Le chef en est le prince Félix Ioussoupov, époux de la grande duchesse Irina, nièce du tsar. Parmi les autres conjurés, on trouve le Grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar Nicolas II, le député Vladimir Pourichkevitch, l'officier Soukhotine ainsi qu’un certain docteur Lazovert.

    Le 29 décembre 1916, à Petrograd, le prince Youssoupov convie Raspoutine à un dîner, sous prétexte de lui faire rencontrer son épouse, Irina Alexandrovna, que Raspoutine poursuivait de ses assiduités. Incapable de résister à l’appel de la chair, Raspoutine accourt chez le prince. Là, on lui sert des boissons et des pâtisseries empoisonnées au cyanure, mais au grand effroi de Youssoupov, Raspoutine s’en gave sans ressentir le moindre effet.

      

    Convaincu d’avoir à faire à un démon, le prince dégaine alors son pistolet et tire. Raspoutine s’écroule. Les complices arrivent, on traîne le corps hors de la pièce, enroulé dans la peau d’ours sur laquelle il s’est effondré, et on ferme la porte à clef.

    Un peu plus tard, Youssoupov retourne auprès du corps pour s’assurer que tout est bien terminé. Il s’agenouille, vérifie qu’il n’a plus de pouls, mais au moment où il s’apprête à quitter la pièce, soulagé, Raspoutine ouvre les yeux et bondit sur lui pour l’étrangler, une écume ensanglantée ourlant ses lèvres tandis qu’il hurle le nom de son assassin. L’un des conjurés, Pourichkevitch, accourt alors, tandis que Raspoutine tente de sortir de la maison, et lui tire quatre balles dans le dos. Raspoutine s’abat sur le perron, mort pour de bon cette fois.

    Du moins est-ce ce que les conjurés croyaient en jetant son corps, enroulé dans des rideaux, du haut d’un pont enjambant la rivière Neva. Il sera retrouvé le 1er janvier 1917, et chose inouïe, l’autopsie montrera que la cause de sa mort n’était ni le cyanure ni les balles qu’il avait reçues, mais la noyade : Raspoutine respirait toujours lorsqu’il fut jeté dans l’eau glacée de la Neva, comme en atteste la présence d’eau dans ses poumons.

    . La prophétie de Raspoutine

    Après ce meurtre, l’héritage de Raspoutine continue pourtant d’empoisonner la famille impériale. Raspoutine a beau avoir disparu, la réputation des Romanov reste entachée par ses agissements sulfureux. L’impératrice Alexandra, complètement sous l’emprise psychologique du guérisseur-gourou, redoute également la prophétie qu’il fit peu de temps avant sa mort : « Sachez bien ceci : si vos parents me conduisent à la mort, vous et votre famille mourrez dans les deux ans, tués par le peuple Russe. »

    Certains historiens sont convaincus que cette prophétie apocryphe – nul n’est parvenu à prouver qu’elle était bien de la main de Raspoutine – eut un effet dévastateur sur l’impératrice, qui s’enfonça dans un fatalisme teinté de mysticisme. Dans l’isolement du palais impérial, tsar et la tsarine étaient de toute façon incapables de voir venir le soulèvement qui allait engendrer la Révolution Russe et les balayer.

    Ravagée par la misère, écrasée par les inégalités, saignée par les sacrifices occasionnés par la Grande Guerre, la société russe était à bout de souffle, exigeant des changements profonds de la part de ses dirigeants. Face à cette situation explosive, Nicolas II s’enferma dans une attitude attentiste qui était en partie due à sa vision mystique de la destinée. Le tsar était en effet persuadé que ce qui arrivait à son pays était la manifestation de la volonté divine et qu’il ne fallait donc rien entreprendre pour la contrarier.

    En février 1917, moins de trois mois après le meurtre de Raspoutine, c’est l’embrasement de la Révolution Russe. Le peuple envahit massivement les rues de Saint-Pétersbourg, qui sera bientôt renommée Petrograd. Au lieu de tirer sur les manifestants, comme elle en a reçu l’ordre, l’armée se mutine et rejoint la révolution. La situation se détériore rapidement, acculant le tsar à l’abdication. Les révolutionnaires prennent possession du palais impérial et assignent la famille Romanov à résidence. L’incendie de la révolution se propage à toute la Russie. Une nouvelle ère commence pour le pays, et les Romanov, reliquat d’un passé sur lequel les révolutionnaires veulent tirer un trait définitif, n’en font plus partie. La décision est bientôt prise de les exiler en Sibérie.

    . De l’exil à l’exécution

    C’est le début d’une période difficile pour les anciens maîtres de la Russie. Livrés à la rancune de leurs geôliers, les Romanov subissent brimades et vexations en tous genres. Leurs quatre filles attisent les appétits charnels des soldats et vivent dans la hantise d’être agressées ou violées. Finalement, en avril 1918, les Romanov sont installés dans une maison reculée de l’Oural.

    Il ressort des écrits de Nicolas et de son épouse que le couple, à cette époque, était entièrement résigné à son sort, considérant que celui-ci ne leur appartenait plus mais se trouvait entre les mains de Dieu. Simples marionnettes, ils devaient laisser leur destinée s’accomplir. Enfermés, sans nouvelles de l’extérieur, les Romanov attendaient donc que se produise le coup de pouce de la providence divine… ou le coup de grâce !

    Ce dénouement tragique surviendra dans la nuit du 17 au 18 juillet 1918. Les Romanov sont tirés de leur sommeil et rassemblés dans la cave de leur villa-prison sous prétexte d’être transférés ailleurs. Là, ils s’entendent lire une déclaration émanant du Soviet de l’Oural et paraphée par le commissaire Yakov Yourovski qui les condamne à mort. Des soldats, au nombre d’une douzaine, surgissent alors d’une double-porte séparant la cave d’une pièce adjacente, les mettent en joue et tirent sans sommation.

      

    La scène est effroyable. Le tsar Nicolas et son épouse Alexandra sont tués sur le coup, mais les soldats constatent avec un mélange de surprise et d’horreur que leurs balles semblent ricocher sur les vêtements des quatre filles Romanov. En vérité, elles avaient cousu des bijoux et de l’or dans les doublures de leurs habits pour les soustraire à la convoitise des révolutionnaires et ceux-ci font office de gilets pare-balles. Elles seront achevées à la baïonnette. Le tsarévitch a lui aussi survécu aux balles. Blessé, il tente de se traîner au milieu des corps des membres de sa famille. Le commissaire Yourovski en personne devra l’achever de deux balles dans la tête tirées à bout portant.

    . L’énigme Anastasia

    Mais dans la confusion de ces instants d’une violence extrême, se peut-il que certains membres de la famille Romanov aient pu survivre ? Les historiens s’interrogent surtout sur le sort des filles qui, partiellement protégées par leurs habits blindés d’or et de bijoux, n’avaient été que blessées par la fusillade. Les témoignages disent qu’elles furent sorties de la cave pour être achevées à l’extérieur, mais en est-on certain ?

    C’est dans ce brouillard d’interrogations que va naître l’un des plus grands mystères du 20ème siècle : celui de l’hypothétique survie de certains membres de la famille Romanov. Le sort de la plus jeune des filles, Anastasia, alors âgée de 16 ans, intéresse tout particulièrement les experts. En effet, au lendemain des événements funestes du 18 juillet, les autorités Soviétiques annoncent officiellement la mort du tsar Nicolas II et de son fils Alexis ; en revanche il n’est fait nulle mention du reste de la famille Romanov.

    Certains témoignages créent de nouvelles zones d’ombre sur ce qui s’est passé juste après l’exécution. Les cadavres des Romanov sont censés avoir été chargés à bord d’un camion et emportés dans la forêt par les soldats affectés à la surveillance des Romanov. Or, quelques-uns de ces soldats avaient noué des relations privilégiées avec les membres de la famille Romanov, en particulier les filles. Il se peut même que des « amourettes » aient pu naître entre eux. Certains historiens pensent ainsi que d’éventuelles survivantes auraient pu être secourues par les soldats et mises à l’abri.

      

      

    Fait extrêmement troublant : dans les jours suivant l’exécution, une femme en état de choc, présentant des traces de coups et de blessures, sera aperçue par différents témoins crédibles dans les environs du drame. A ceux qui la questionneront, elle prétendra être un membre de la famille impériale, mais avant qu’une enquête sérieuse puisse être menée elle disparaîtra dans la nature.

    19 mois plus tard, cette affaire rebondit de manière inattendue en Allemagne, à Berlin. Une jeune femme très perturbée, qui a tenté de se suicider, est placée en hôpital psychiatrique ; elle révèle alors aux médecins qu’elle est la grande Duchesse Anastasia, bien qu’elle n’ait sur elle aucun papier pouvant prouver son identité. Pendant le massacre de juillet 1918, elle aurait perdu connaissance après avoir été blessée, et aurait été secourue par un soldat. Celui-ci lui aurait permis de gagner l’Allemagne où, par désespoir, elle aurait choisi de mettre fin à ses jours.

    L’affaire déchaîne les passions entre partisans d’Anastasia, convaincus qu’elle dit la vérité, et les sceptiques qui la voient comme une habile mystificatrice.

      

    En 1934, la jeune femme, devenue Anna Anderson, décide de rétablir la vérité devant un tribunal de Berlin. Elle fait appel à une experte en graphologie de renommée mondiale, Mirna Baker, qui authentifie son écriture comme étant bien celle de la grande Duchesse Anastasia. La comparaison de la forme et des circonvolutions de l’oreille démontre également que celles d’Anna Anderson et d’Anastasia sont en tous points identiques, suggérant qu’il s’agit d’une seule et même personne.

    Mais ces preuves sont contredites par des lacunes troublantes dans les souvenirs d’Anna Anderson. Ainsi, la jeune femme est incapable de reconstituer la disposition des pièces du palais de Saint-Pétersbourg. Il arrive aussi qu’elle se parle toute seule en Polonais, une langue qu’Anastasia n’avait jamais apprise.

      

    Après un procès fleuve, la justice Allemande se déclare incompétente pour rendre un verdict, renvoyant ainsi chaque camp dans ses positions. Anna Anderson passera le reste de sa vie à essayer de prouver qu’elle était bien Anastasia.

      

    Elle émigrera aux États-Unis, où elle se mariera avec un certain Jack Manahan, de vingt-et-un ans son cadet, à Charlottesville, le 23 décembre 1968. Elle mourut en 1984 et elle fut enterrée sous le nom d'Anastasia Romanov. Depuis, des analyses ADN rendues possibles par la découverte des corps de la famille Romanov dans une fosse commune, en 1991, ont démontré qu'Anna Anderson ne pouvait être la grande-duchesse Anastasia.

      

    Celle-ci fut bien exécutée sommairement par les Bolcheviks le 17 juillet 1918,

    à l’âge de 17 ans.

    EN RÉSUMÉ : De facture très classique, ce documentaire est bâti autour d’une structure narrative linéaire qui suit la destinée des derniers représentants de la famille Romanov – le tsar Nicolas II et son épouse, l’impératrice Alexandra – depuis leur couronnement en 1894 jusqu’à leur effroyable exécution par les Bolchéviks, le 17 juillet 1918.

    Le récit solidement charpenté, entrecoupé de reconstitutions historiques et d’interventions de spécialistes, s’en tient aux grandes lignes de l’histoire des Romanov, sans jamais s’écarter en hors sujets ou en à côtés. Intéressant, car cela ne détourne pas l’attention de l’histoire de la famille Romanov, mais frustrant sous certains aspects.

      

    On aurait ainsi aimé en apprendre plus sur l’influence de Raspoutine sur l’impératrice Alexandra, ou sur le contexte social qui aboutit à la Révolution Russe, début de la chute des Romanov.

    S’il est sans nuances, ce portrait n’en reste pas moins intéressant à découvrir, brossant des Romanov l’image d’une famille avant tout « maudite » par son fatalisme imprégné de mysticisme. Une vision des choses qui la conduisit à subir passivement les événements, ou à être manipulée par des gourous comme Raspoutine, sans jamais chercher à prendre en main des rênes de sa destinée. Édifiant.

     

     

     

     

     

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    Crime rituel à Ekaterinbourg,

    par René-Louis Berclaz





    http://www.the-savoisien.com/blog/public/img4/pistolet_Mauser.big.jpg

    L'arme du crime, le pistolet Mauser

    (l'arme des chefs, les seconds couteaux étaient équipés du revolver Nagant)


    Depuis le 30 avril 1918, la famille impériale de Russie (le tsar, son épouse, le prince héritier et ses quatre sœurs) était prisonnière à Ekaterinbourg, dans l’Oural.

     

      

    La villa ipatiev

    La maison Ipatiev, dernière demeure du Tsar et de sa famille.

    Elle doit son nom à son ancien propriétaire, l'ingénieur Nicolas Ipatiev.

      

    Elle y fut retenue jusqu'au moment de son assassinat, perpétré dans

      

    la nuit du 16 au 17 juillet 1918.

     

    Un agent des services de renseignements britannique, Robert Wilton, a pu avoir accès aux dossiers du juge Sokolov, chargé de l’enquête par le gouvernement de l’amiral Koltchak.

     

    Cet « honorable correspondant » publia en 1920 un ouvrage,

      

    Les Derniers Jours des Romanov.

     

    Robert Wilton y confirme la responsabilité des Juifs révolutionnaires, dans le massacre des Romanov.

    Nicolas II et ses enfants sur la verrière de la maison du Gouverneur lors de leur captivité à Tobolsk, en avril 1918. C'est la dernière photo prise du Tsar avec ses enfants. Il leur reste trois mois à vivre. De gauche à droite : Olga, Nicolas, Alexis, Tatiana, Maria et Anastasia.

      

      

    Cette thèse a été confirmée par le général Dieterichs, adjoint de l'amiral Koltchak.

    Chargé de superviser l’enquête du juge Sokolov, il publia en 1922 :

     

    Le meurtre de la famille impériale et des membres de la Maison Romanov dans l'Oural.

     

    Yakov Yourovski (le commandant de la maison Ipatiev), Ermakov, Nikouline et Medvedev sont quatre des dix ou onze assassins ayant pris part au massacre de Nicolas II et de sa famille.

      

    Plusieurs versions, parfois contradictoires, circulèrent quant aux circonstances exactes du massacre.

     

      

     

      

      

    Selon la version communément admise, les Romanov et quatre personnes de leur suite furent massacrés par fusillade.

    Davidowitch Bronstein, dit Léon TROTSKY

    Toutes ces versions s'accordent cependant sur les points suivants :

    Le responsable de la détention et de l'exécution de la famille impériale était  Chaïa Issaévitch Golostchekine, commissaire régional à la Guerre, âgé de 42 ans.

     

    Arrivé en Russie dans le même wagon que Lénine, Golostchekine était connu pour être un bourreau cruel et dégénéré.



    Le 12 juin 1918, le frère cadet du tsar fut exécuté à Perm, ce qui laisse à penser que la mise à mort de tous les Romanov fut décidée dès ce moment-là.



     ROMANOV - éxécution de la Famille Impériale - les assassins.

      

    Le 4 juillet 1918, les gardiens de la maison Ipatiev et leur chef furent remplacés.

      

    Le nouveau chef était le Juif Iankel Chaïmovitch Iourovsky, âgé de 41 ans, directement subordonné à Golostchekine.

     

    Le 12 juillet 1918, Hermogène, évêque de Tobolsk, fut tué par des Gardes rouges sur la route entre Ekaterinbourg et Tobolsk : pour avoir aidé les prisonniers impériaux, il avait été arrêté et emprisonné dans une prison d'Ekaterinbourg, puis libéré sous caution juste avant son assassinat.



     

      

    Le 16 juillet 1918, les gardiens de la famille impériale, de simples Gardes rouges, furent désarmés sur ordre du commandant Iourovsky juste avant l'arrivée des bourreaux.

    Après le massacre, perpétré dans les circonstances détaillées ci-après, les premiers enquêteurs découvrirent une inscription en langue allemande sur le mur de la chambre du crime, entourée

      

    de « quatre signes cabalistiques » :

     

    Belsatzar ward in selbiger Nacht

    Von seinem Knechter umgebracht

    Traduction :

    Balthazar fut, en cette même nuit, tué par ses esclaves.



    L'auteur de cette inscription s'est manifestement inspiré d'un poème du Juif Heinrich Heine évoquant l'assassinat du roi de Babylone, Balthazar, écrivant toutefois Belsatzar au lieu de Belsazar, selon l'orthographe germanique.

     

     

    L'empereur Guillaume II et les Romanov. Au second plan, de gauche à droite : Alexis, Guillaume II, Olga, Alexandra et Nicolas II. Au premier plan : Maria, Anastasia et Tatiana.

     

      

    Dans Le Festin de Balthazar (Daniel 5), l'Ancien Testament nous raconte que le roi de Babylone convia les grands du royaume, au nombre de mille, à boire dans les vases d'or que son père Nabuchodonosor avait rapporté du Temple de Jérusalem. Au cours du festin, des mots mystérieux apparurent sur les murs du palais, que le prophète Daniel déchiffra ainsi :

      

    « Mané (compté) veut dire que Dieu a compté les jours de ton règne et en a marqué la fin, Thécel (pesé), que tu as été mis dans la balance et trouvé trop léger, Pharès (divisé), que ton royaume sera partagé. »

      

    Daniel accusa Balthazar d'avoir déplu à Yaveh et d'avoir profané les vases sacrés du Temple de Jérusalem (Daniel 5, 23). Balthazar eut beau se repentir publiquement et nommer Daniel à la troisième place du gouvernement du royaume, il fut assassiné le soir même (Daniel 5, 30).

    De même que le roi Balthazar, le tsar et ses descendants devaient être sacrifiés rituellement pour que, par le sang versé, la prophétie de Daniel s'accomplisse à nouveau. Une telle mise à mort, placée sous le signe de la Cabale et de la magie noire, ne peut que faire réfléchir tous ceux qui seraient tentés de s’opposer au destin du peuple élu, déterminé selon une interprétation cabalistique de l’Ancien Testament.

      

    Comme Balthazar le païen, le Tsar très chrétien passait pour un usurpateur selon le Talmud : seul Israël détient de Yaveh la souveraineté de tous les Royaumes et seuls les Juifs sont les maîtres légitimes de tous les biens de ce monde...

     

    Un diplomate, transfuge du régime des soviets, Grégoire Bessedovsky, a publié en 1930 le récit de sa vie dans les années qui suivirent la révolution bolchévique. Il y rapporte l’hallucinante confession de l’un des tueurs, le Juif Piotr Voikov.

      

    Les précisions du tueur sont révélatrices de la mentalité des bourreaux mais, surtout, son témoignage confirme en tout point ce que l’on sait maintenant de ce crime, suite à une nouvelle enquête bénéficiant de tous les moyens scientifiques modernes diligentée par les autorités russes après la chute du communisme.

      

    Malgré le zèle des tueurs pourvus d’importants moyens pour effacer toute trace du crime, les indices recueillis sur place furent suffisants pour reconstituer les faits et confirmèrent pour l’essentiel la première enquête menée par le juge Sokolov.

      

    On remarquera utilement que les mêmes, sous un autre masque, sont toujours à l’œuvre, actuellement contre les populations du Moyen Orient.



    Vous savez, dit-il, cette brute de Jurovsky [Iourovsky] a commencé d’écrire ses mémoires. Le Bureau politique en a eu vent ; on l’a fait venir et on lui a ordonné de brûler immédiatement le manuscrit.

      

    C’est à ce moment que le Bureau politique vota une résolution interdisant de publier des mémoires relatifs à l’assassinat du tsar.

      

    Cela n’était que très naturel, car Jurovsky s’y était très mal pris et l’exécution avait été une chose honteuse, une véritable boucherie.

    La question de l’exécution des Romanoff avait été mise à l’étude par le soviet de la région de l’Oural selon le désir de ses membres. J’en faisais partie comme commissaire de l’approvisionnement.

      

    Ce soviet demandait avec insistance à Moscou que le tsar soit fusillé. Il indiquait que les ouvriers de l’Oural se montraient fort mécontents de la lenteur des autorités ; le tsar vivait à Ekaterinbourg « comme dans une villégiature ».

      

    Moscou ne donnait pas son assentiment, car on estimait que le tsar ferait l’objet d’un échange avec l’Allemagne.

      

    On voulait tout simplement vendre le tsar aux Allemands et recevoir une forte compensation.

     

    On espérait surtout que l’Allemagne, pour obtenir la famille impériale, consentirait à de fortes réductions des 750 millions de roubles-or qui avaient été imposés comme contribution par le traité de Brest-Litovsk.

     

     

    Lénine

    Il se trouvait aussi quelques membres du comité central – dont Lénine – qui s’opposaient à l’exécution pour des considérations de principe.

    Ils pensaient qu’on ne pouvait pas fusiller les enfants.

      

    Lénine indiquait que la grande révolution française avait exécuté le roi et la reine, mais avait épargné le dauphin.

      

    On parlait aussi de l’impression défavorable pour les soviets que produirait à l’étranger la nouvelle de l’exécution des enfants.

    Mais le conseil de l’Oural et le comité communiste de l’Oural continuaient à réclamer la mort.

      

    Moi – Voikov fit un grand geste théâtral – j’étais un des partisans les plus acharnés de cette mesure.

     

    Une révolution doit se montrer sans pitié pour les monarques renversés ; sans quoi, elle risque de n’être plus populaire. On devait surtout compter avec les masses ouvrières de l’Oural, animées d’un esprit révolutionnaire très aigu.

     

      

    Le comité de l’Oural du parti communiste vota définitivement la mort le 6 juillet 1918. Aucun de ses membres ne vota contre.

      

    La mort fut votée pour toute la famille et plusieurs communistes influents furent chargés de faire ratifier cette décision par Moscou.

      

    Deux camarades originaires de l’Oural, Sverdlov [juif] et Krestinsky [juif], actuellement ambassadeur à Berlin, nous aidèrent puissamment dans cette tâche.

      

    Ils entretenaient des relations suivies avec les gens de l’Oural et ils furent nos meilleurs avocats.

     

    Leur tâche ne fut pas facile, car une partie des membres du comité central persistait à dire que les Romanoff étaient entre nos mains un bon atout dans notre jeu avec l’Allemagne.

      

    Il faudrait être à bout de toute solution pour se départir de cet atout. Les gens de l’Oural eurent alors recours aux derniers moyens. Ils annoncèrent qu’il n’était pas possible de garantir la sécurité des Romanoff, car les Tchéco-Slovaques [la Légion tchèque) finiraient par s’en emparer dans leur marche sur l’Oural.

     

    Ce dernier argument finit par convaincre tout le monde, car tout le monde craignait que le Romanoff tombât entre les mains de l’Entente. Le sort du tsar fut ainsi décidé, en même temps que celui de toute sa famille.

    En apprenant que la chose était ratifiée (c’est Golostchekine qui apporta cette nouvelle de Moscou), Belobodorov mit à l’ordre du jour la question de savoir de quelle façon on procéderait à l’exécution.

      

    Le comité central avait prévenu Ekaterinbourg qu’il faudrait de toute façon cacher le fait aux Allemands, car ceux-ci continuaient à demander avec insistance qu’on leur livrât la tsarine, l’héritier du trône et les grandes duchesses.

     

    Belobodorov proposa le plan suivant : une mise en scène de rapt de toute la famille qu’on entraînerait dans une forêt où tous ses membres seraient fusillée.

      

    Quant au tsar lui-même, il serait fusillé publiquement après lecture d’un arrêt de mort motivé. Golostchekine n’était pas du même avis ; il prétendait que la mise en scène serait trop difficile à exécuter.

      

    Il proposait donc de procéder à l’exécution dans la forêt et de jeter les corps dans l’ouverture d’un puits d’une mine abandonnée ; ensuite on annoncerait la mort du tsar et le transfert de sa famille dans un endroit plus sûr.

    Voikov s’étendit longuement sur les débats qui eurent lieu. Son projet à lui (il prit, me dit-il, par deux fois la parole pour le défendre), consistait à transporter les victimes vers le bord de la grande rivière la plus proche, les fusiller et jeter les corps dans l’eau après leur avoir attaché solidement des poids suffisants.

     

    Cette méthode serait la plus « proprette » : une salve au bord d’une belle rivière avec lecture de l’arrêt puis « inhumation par immersion ».

      

    Voikov prétendait que l’immersion était un genre de mort convenable et ne discréditerait pas la Révolution. Finalement le soviet décida que les Romanoff seraient fusillés dans la maison Ipatiev et que les corps seraient détruits.

      

    Cette résolution contenait également l’indication que le médecin, le cuisinier, le domestique, la femme de chambre et le mitron attachés à la famille impériale

    « se sont eux-mêmes condamnés à la peine de mort et doivent être fusillés avec les autres ».

    Jurovsky en sa qualité de commandant de la maison Ipatiev était chargé de l’exécution de la résolution. Voikov, en sa qualité de représentant du comité du parti de la région, devait assister à l’exécution.

      

    Comme spécialiste des sciences naturelles et plus exactement de la chimie, il devait élaborer les plans de la destruction totale des corps. Il était aussi chargé de signifier à la famille la lecture de l’arrêt de mort.

     

      

     

     

    Il apprit cet arrêt par cœur afin de pouvoir procéder avec toute la solennité possible ; il estimait qu’il entrerait dans l’Histoire comme l’un des personnages principaux de la tragédie.

    Mais Jurovsky lui aussi « voulait entrer dans l’Histoire » et il se mit à tirer sans avoir prévenu Voikov.

      

    Cela lui valut une haine implacable de Voikov qui ne l’appelait plus que

    « boucher, idiot, animal, etc. »

    La question des armes à employer fut soigneusement étudiée. On décida de prendre des revolvers car les fusils feraient trop de bruit et attireraient l’attention des habitants d’Ekaterinbourg.

      

    Voikov astiqua son Mauser calibre 7,65, il le sortit de sa poche et le montra. Jurovsky avait un Mauser du même modèle.

    Selon Voikov, Jurovsky était si pressé d’en finir qu’il transforma

    « un acte héroïque solennel » en simple boucherie ;

      

    le mitron avait été épargné sur l’intervention de Voikov et contre le gré de Jurovsky ; celui-ci, sanguinaire, ne voulait pas diminuer le nombre de ses victimes.

    Dans la nuit du 17 juillet, Voikov se présenta à la maison Ipatiev accompagné du président de la Tchéka d’Ekaterinbourg. Jurovsky fit son rapport :

    la famille est réveillée et invitée à descendre dans le sous-sol afin d’être prête pour la « réexpédition ».

      

    On leur avait dit que la ville d’Ekaterinbourg n’était pas tranquille, qu’on craignait une attaque et que par mesure de précaution il fallait se tenir dans la cave ; la famille y descendit à deux heures quarante-cinq (Voikov tira sa montre).

     

    Jurovsky, Voikov, le président de la Tchéka et les Lettons de la Tchéka se disposèrent près de la porte.

     

    Les membres de la famille avaient l’air tranquille. Ils paraissaient habitués aux alertes nocturnes et aux déplacements fréquents.

      

    Certains étaient assis sur des chaises avec des oreillers placés sur les sièges ; d’autres se tenaient debout. Le tsar fit quelques pas vers Jurovsky qu’il considérait comme le chef et lui dit tranquillement :

    ‒ Nous voilà tous rassemblés ; qu’allons-nous faire à présent ?

    Voikov s’avança pour lire la résolution du Soviet de l’Oural, mais Jurovsky ne le laissa pas faire. Il s’approcha du tsar et dit :

    ‒ Nicolas Alexandrovitch, vous allez être fusillé avec votre famille selon la décision du Soviet de l’Oural.

    Cette phrase parut au tsar si inattendue qu’il dit machinalement :

    ‒ Quoi ?

    Jurovsky fit feu au même moment, à bout portant, tirant plusieurs coups ; le tsar tomba. Aussitôt les autres se mirent à tirer aussi et les victimes tombèrent l’une après l’autre à l’exception de la femme de chambre et des jeunes filles.

      

    Les filles du tsar restèrent debout emplissant la pièce de cris terribles.

      

    Des balles ricochèrent. Jurovsky, Voikov et les Lettons se ruèrent sur les survivantes et tirèrent encore à la tête.

    Le crime accompli, Jurovsky, Voikov et deux Lettons examinèrent les cadavres et enfoncèrent dans les corps les baïonnettes de deux fusils que l’on avait apportés de chez le commandant. Voikov me dit que le tableau était terrifiant.

      

    Les corps gisaient à terre en poses de cauchemar, les visages défigurés par le désespoir et les balles. Le plancher était devenu glissant comme dans un abattoir.

     

    L’air était rempli d’une odeur étrange. Jurovsky paraissait très calme. Infirmier de profession, il avait l’habitude de voir du sang humain.

      

    Il enleva soigneusement les bijoux.

      

    Voikov voulut avoir sa part et tira le doigt d’une des grandes duchesses ; le corps se retourna sur le dos, du sang jaillit de la bouche avec un bruit sinistre.

      

    Voikov eut peur et se mit de côté.

     

    Quelque temps après on chargea les corps sur un camion placé près de l’entrée. Puis on s’en fut vers une mine abandonnée, repérée d’avance. Jurovsky y partit avec le camion.

    Voikov resta à Ekaterinbourg, car il devait préparer tout ce qui était nécessaire pour la destruction finale.

       

      

    Aussitôt l’exécution terminée, les corps sont chargés dans un camion et emmenés à un ancien puits de mine, dans le bois de Koptiaki, où ils sont jetés après avoir été dépouillés de leurs vêtements et de leurs bijoux. Yourovski s'avise vite cependant que les Blancs ne tarderont pas à les retrouver. La nuit suivante, aidé d'un autre commando, il repêche les cadavres et les emmène plus loin dans la forêt. À un moment, le camion s'enlise définitivement dans le sentier et il décide de les enterrer sur place. Après avoir fait brûler deux corps, les hommes de Yourovski préparent une fosse commune pour les autres. Ils y installent les corps, les aspergent d’acide sulfurique pour empêcher leur identification s’ils étaient retrouvés, puis remplissent la fosse en plaçant, pardessus, des traverses de chemin de fer.

     

     

    On avait désigné pour cette besogne quinze membres éprouvés de l’organisation d’Ekaterinbourg et de Verkhne Isetsk. Ils étaient munis de haches neuves soigneusement aiguisées, du type employé dans les boucheries pour disséquer les carcasses de bœufs. Voikov fit aussi une provision d’acide sulfurique et d’essence.

    La destruction des corps commença le lendemain et elle se fit sous la direction de Voikov. Jurovsky était présent, avec Beloborodov et Golostchekine qui se rendirent sur place à plusieurs reprises pour surveiller l’opération.

      

    Le travail le plus difficile fut le dépeçage.

      

    Voikov tremblait en me parlant de ce détail.

      

    Il me dit que, cette partie de leur besogne terminée, les hommes se trouvèrent devant un amas de troncs, de jambes, de bras et de têtes.

     

    On aspergea l’amas sanguinolent d’essence et d’acide sulfurique et on y mit le feu qui dura deux jours et deux nuits. Les réserves d’acide et d’essence apportées par Voikov furent insuffisantes.

    Il fallut à plusieurs reprises aller chercher de nouvelles fournitures ; en attendant on restait devant le bûcher entouré de fumée sentant la chair humaine…

    ‒ C’était effroyable, me dit Voikov en terminant. Tous les camarades étaient littéralement fous. Jurovsky lui-même dit qu’il n’en pouvait plus et qu’une autre journée pareille l’aurait rendu bon pour l’asile.

      

    On chercha à en finir rapidement.

      

    On fit un nouveau tas avec ce qui restait des corps carbonisés.

      

    Nous jetâmes quelques grenades dans l’orifice de la mine pour faire éclater la glace éternelle qui l’obstruait et nous précipitâmes dans le trou ce qui restait encore d’ossements noirs et, pour les disperser, nous jetâmes encore plusieurs dizaines de grenades.

     

      

    ils ont même tué le chien d'Anastasia

    Cadavre de Jemmy, le petit chien d'Anastasia, retrouvé par le juge Sokolov au printemps 1919.

     

     

    L’emplacement du bûcher fut creusé à une assez grande profondeur et la cavité remplie de feuilles et de mousse pour le cacher aux hommes…

    Grégoire Bessedovsky, Oui, j’accuse (au service des soviets) Librairie de la Revue Française, Paris, 1930, pages 80 à 86




    René-Louis Berclaz


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    Photo : Comment peut-on encore passer sous silence les dessous de la Révolution Russe ? 
Celle-ci fut préparée et financée par les services allemands et certains banquiers "germano-américains". ( Rothschild ) 

Avec la prise du pouvoir par les bolcheviks et la signature d'une paix séparée à l'Est, l'Allemagne croyait pouvoir gagner la guerre rapidement en retournant toutes ses forces sur le front occidental, et préparait déjà l'après-victoire - et là un rétablissement du trône russe, en renversant le régime révolutionnaire ainsi mis en place et utilisé. Alors que les ultimes offensives allemandes de 1918 battaient leur plein en France et que la guerre civile commençait en Russie, les services germaniques se heurtèrent au refus de Nicolas II d'entériner le traité de paix. Séparés, les bolcheviks récupérèrent ensuite et firent assassiner le Tsar et les siens. La vérité était en fait déjà connue à l'époque, notamment par les renseignements militaires français - grâce à leur propre travail et quelques témoignages - dont celui de Robert Wilton. Mais l'expression de cette vérité a toujours été entravée, pour de multiples raisons. Et les non-dits, les mensonges, ont ainsi réussi véritablement à falsifier "officiellement" la représentation, jusqu'à nos jours, de ces événements, qui ont pourtant décidé de l'Histoire même du XXème siècle.

"Les causes du retard de cette édition française restent mystérieuses : la deuxième partie du manuscrit fut égarée, mais comment et par qui, l'auteur ne l'a jamais su. Il a fallu refaire la traduction, et trouver un nouvel éditeur. Ce récit contient la seule version authentique du complot germano-bolchevique contre la Famille Impériale de Russie et du crime d'Ekaterinebourg, accompagné de documents officiels provenant de l'enquête commandée par l'amiral Koltchak. Afin d'étouffer les révélations par trop compromettantes de ce récit, des influences bien puissantes ont été mises en jeu. Nicolas II a péri parce qu'il tenait à rester fidèle à son peuple et à ses engagements envers les Alliés. Son nom mérite d'être dûment honoré par ses frères d'armes, il le sera peut-être au moins par les Français." R. Wilton, 1921

Robert Wilton, journaliste anglais du Times, couvrit le premier conflit mondial en Russie. Après la révolution bolchevique et en pleine guerre civile, avec l'aide du général Janin - chef de la mission militaire française - il sauva les dossiers de l'enquête sur l'assassinat de la Famille Impériale Russe.

     

    Comment peut-on encore passer sous silence les dessous de la Révolution Russe ?
    Celle-ci fut préparée et financée par les services allemands et certains banquiers "germano-américains". ( Rothschild )

    Avec la prise du pouvoir par les bolc...heviks et la signature d'une paix séparée à l'Est, l'Allemagne croyait pouvoir gagner la guerre rapidement en retournant toutes ses forces sur le front occidental, et préparait déjà l'après-victoire - et là un rétablissement du trône russe, en renversant le régime révolutionnaire ainsi mis en place et utilisé. Alors que les ultimes offensives allemandes de 1918 battaient leur plein en France et que la guerre civile commençait en Russie, les services germaniques se heurtèrent au refus de Nicolas II d'entériner le traité de paix. Séparés, les bolcheviks récupérèrent ensuite et firent assassiner le Tsar et les siens. La vérité était en fait déjà connue à l'époque, notamment par les renseignements militaires français - grâce à leur propre travail et quelques témoignages - dont celui de Robert Wilton. Mais l'expression de cette vérité a toujours été entravée, pour de multiples raisons. Et les non-dits, les mensonges, ont ainsi réussi véritablement à falsifier "officiellement" la représentation, jusqu'à nos jours, de ces événements, qui ont pourtant décidé de l'Histoire même du XXème siècle.

    "Les causes du retard de cette édition française restent mystérieuses : la deuxième partie du manuscrit fut égarée, mais comment et par qui, l'auteur ne l'a jamais su. Il a fallu refaire la traduction, et trouver un nouvel éditeur. Ce récit contient la seule version authentique du complot germano-bolchevique contre la Famille Impériale de Russie et du crime d'Ekaterinebourg, accompagné de documents officiels provenant de l'enquête commandée par l'amiral Koltchak. Afin d'étouffer les révélations par trop compromettantes de ce récit, des influences bien puissantes ont été mises en jeu. Nicolas II a péri parce qu'il tenait à rester fidèle à son peuple et à ses engagements envers les Alliés. Son nom mérite d'être dûment honoré par ses frères d'armes, il le sera peut-être au moins par les Français." R. Wilton, 1921

    Robert Wilton, journaliste anglais du Times, couvrit le premier conflit mondial en Russie. Après la révolution bolchevique et en pleine guerre civile, avec l'aide du général Janin - chef de la mission militaire française - il sauva les dossiers de l'enquête sur l'assassinat de la Famille Impériale Russe.
      
      
      
      
      
      
      
      
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