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    COMMENTAIRES BIOGRAPHIQUES SUR S.A.I. LA PRINCESSE PILAR

    ROMANOV-BRASSOVA,GRANDE-DUCHESSE DE RUSSIE,

    HERITIERE DE LA COURONNE IMPERIALE

    ET QUI VIVAIT EN ESPAGNE SOUS LE NOM DE "TORIJA"

    AFIN DEPROTEGER SA PROPRE VIE

    ET CELLE DE SES DESCENDANTS

     

    GD. et Princesse Pilar Romanov (1919-1979)
My beloved Mother.

     

    (Janvier 1919 - Août 1979)

     

    Pilar était une enfant réfugiée, lors de la période russe de la "Révolutionbolchevique" de 1917 à 1918, née sur l'île de Malte à la fin du mois de janvier 1919, peu de temps après que sa mère, la comtesse moscovite Natasha Cheremetievskaya de Brassova (1880-1952) ait débarqué sur cette île, le 16 janvier 1919, du cuirassé britannique dénommé "Agamemnon", en provenance de Constantinople (Istamboul), lieu qui servit de refuge à bon nombre d'exilés ayant fui la révolution russe.

     

    Natasha, utilisant le nom de son père (Cheremetievsky), avocat de renom, ainsi qued'autres noms changés, arriva après un voyage hasardeux jusqu'à cette ville turque. Elle était auparavant partie de Saint Pétersbourg déguisée en religieuse et avec un passeport délivré au Consulat du Royaume d'Ukraine au nomde "Tatiana Klenow". Elle traversa ainsi Kiev pour se rendre à Odessa où elle s'embarqua vers le 16 décembre 1918 à bord du navire de guerre "Nerea", sous drapeau britannique, pour atteindre Constantinople (Istamboul) après une traversée de deux ou trois jours.

     

    Une fois à Istamboul, elle y restera un certain temps, déguisée, semble-t-il, en infirmière de la Croix-Rouge, jusqu'à ce qu'elle prenne la mer à bord du cuirassé "Agamemnon" de la Royal Navy, cette fois sous la protection britannique, avec sa véritable identité et ses titres, étant traitée avec une correction exquise par l'équipage de ce navire.

     

    Personne ne connaît avec exactitude la date à laquelle le "cuirassé Agamemnon" fit route pour Malte, mais nous savons avec certitude (tel que cela fut enregistré dans les livres de l'Amirauté de la Royal Navy à Londres) que ce grand navire jeta l'ancre dans le port de Malte le 16 janvier 1919, date officielle britannique.

     

    GD. et dernier tsar Michel II de Russie
(1878-1918).
Notre Grand-père bien-aimé, en Lignée maternelle.

    GD. et dernier tsar Michel II de Russie (1878-1918). Notre Grand-père bien-aimé, en Lignée maternelle.

     

    Le père de Pilar était le Grand-duc, prince héritier, et dernier Tsar de Russie, Milkhaïl II Romanov-Holstein Gottorp, fils du tsar Alexandre III et de Maria Feodorovna, né à Saint Pétersbourg le 22 novembre 1878 et mort, assassiné par les bolcheviques dans une forêt proche de la ville de Perm, la nuit du 12 au 13juin 1918. C'est ce que reflète l'histoire officielle, mais selon d'autres versions il aurait réussi à s'échapper.

    Il est vrai que ses restes mortels n'ont pas été retrouvés et nous ne pouvons pas exclure l'une des diverses autres versions russes selon laquelle son corps fut incinéré le lendemain dans le four d'une usine de métallurgie, non loin de l'endroit où avait eu lieu le sacrifice de notre grand-père et de son assistant M. Johnson. Selon l'histoire extra-officielle, Michel aurait été reconduit hors de Russie à la demande de l'empereur Guillaume II d'Allemagne. Cette pétition était, semble-t-il accompagnée de graves menaces à l'encontre de Lénine et de son mouvement révolutionnaire (énorme contradiction, car ce fut l'empereur allemand lui-même qui fit libérer Lénine de sa captivité en Suisse).

     

    Michel Romanov, qui avait épousé Natasha le 16 octobre 1912 à Vienne, fut aussi, par un caprice du destin, le dernier empereur de Russie suite à l'abdication forcée de son frère, le tsar Nicolas II (2 mars 1917), et à la maladie chronique dont souffrait son seul fils, le tsarévitch Alexis.

    Il est également vrai que 24 heures plus tard, Michel remit momentanément sa charge à disposition de la Douma (parlement russe) jusqu'à ce que des élections libres et constituantes aient pu se dérouler. Ceci, selon les"officiels" lui coûta la vie. Notre grand-père, qui a toujours été optimiste, pensait, à tort, que le massacre des Romanovs n'aurait jamais lieu et il en arriva même à se convaincre que les Rouges seraient vaincus par les Blancs en Russie.

     

    Par conséquent, pour en revenir à la naissance de Pilar, le grand-duc et dernier tsar Michel II engendra avec Natasha, son épouse, sa dernière et posthume descendance en mai 1918, lors de sa captivité "élargie" à Perm, juste avant d'être assassiné, victime de la révolution. En fait, avec l'autorisation arrachée à Lénine, à Moscou, le "prisonnier Michel" et son épouse vécurent ensemble un mois de mai dans un calme relatif, de liberté surveillée, jusqu'à ce que Natasha ait fait l'objet précipitamment, début juin, d'un ordre d'éloignement de Perm, ordre venant de Moscou.

     

    Ce fut apparemment la séparation forcée et définitive d'avec son cher époux, peu de temps avant que celui-ci ne disparaisse. Plus tard, comme nous l'avons dit, en janvier 1919 est née à malte une jolie petite fille, c'est-à-dire ma propre mère qui, pour des raisons évidentes, a été gardée dans un secret absolu.

     

    Un silence secret de plus de 90 ans a pesé sur ces faits douloureux, qui nous sont insupportables. Je suis conscient que cette nouvelle puisse surprendre les autres membres de la Famille Romanov, mais il nous appartient, usant de notre droit légitime, de clamer "Justice" avec prudence et humilité chrétienne. Récemment, l'analyse ADN de Pilar, réalisée au printemps 2010 et comparée à celles de son oncle Georges et de Nicolas Romanov, s'est révélée positive. Par voie de conséquence, le résultat du test pratiqué sur le comte de Clonard IX en Espagne, son fils, est également positif.

     

    Sous la protection de notre oncle, le roi Alphonse XIII, grand protecteur également des victimes de la première guerre mondiale, des chevaliers de Malte, et de sonservice de renseignements, Pilar fut baptisée en 1923, juste après avoir été confié en adoption naturelle à un couple de sourds-muets, dont le nom paternel était "Torija". Peu de temps après la mort de " Antonio le sourd-muet", son père adoptif, de profession artiste peintre et restaurateur de tableaux, la petite "Romanov", dont les noms avaient été changés, fut internée comme pensionnaire à l'école des religieuses "Irlandaises de Madrid" entre 1926-1936. Il est évident qu'à son arrivée en Espagne Pilar ne parlait pas le castillan, et tout semblait indiquer qu'étant enfant, à Malte, elle avait appris des rudiments de langue allemande.

     

    En août de la même année 1936, Pilar fut conduite avec sa mère adoptive à Valence où elle séjournera jusqu'en avril 1939. Elle nous a mentionné que dans cette ville elle fut bien soignée par les membres de la "famille" résidant dans cette province (nous n'excluons pas qu'il pût s'agir de réfugiés russes de la Maison Romanov ayant naturellement changé leurs noms). Malheureusement sa mère adoptive, "Maria la sourde-muette", personne au grand coeur, mourut de Tuberculose à la fin de l'année 1938.

     

    Une fois terminée la gurerre civile et de retour à Madrid, notre mère resta sous la protection de la famille de "Beltran" (ce fut récemment, aux alentours de 2004, que nous sûmes que derrière Beltran se trouvait la famille des ducs d'Albuquerque (cousins éloignés de notre père, par la lignée Clonard-Zea-Mahy-Solis Wignacourt).

     

    A propos de tout ce récit, et par décision solennelle liée à un grand secret d'Etat des couronnes d'Espagne et de Russie, seul le premier-né de la famille Clonard actuelle, Joseph Guijarro Romanov de Sutton (Sotto) fut informé par son père malade sur les véritables origines de son épouse Pilar, mère de ses enfants, en mai 1991, soit trois mois avant que lui-même, José Vicente Cecilio, arrière petit-fils de la reine Elisabeth II d'Espagne, ne décédât en août de cette triste année.

     

    La véritable origine de Pilar de Clonard fut donc un grand mystère pour la plupart des membres de notre famille, à l'exception, comme nous l'avons dit, du fils aîné, qui a gardé, à son tour, ce secret de mai 1991 à juillet 2009. Peu à peu celui-ci s'est trouvé dissous devant l'insistance de l'arrière petit-fils de Michel, prénommé Jaime, qui n'a eu de cesse de connaître la "vérité", car du côté de sa grand-mère Pilar..."il n'y avait pas de famille, il n'y avait en fait personne".

     

    Soulignons encore une fois que les parents espagnols "adoptifs" de Pilar étaient tous deux, à la surprise de nombreuses personnes, sourds de naissance. En 1922, ils étaient déjà considérés comme des personnes d'un âge avancé. Le fait que Pilar ait été adoptée en Espagne par des sourds-muets nous dit implicitement tout, soit pratiquement appliquant le principe lié aux trois petits singes :

    "ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire".

    Cependant, nous autres, ses enfants, avons appris, par le biais de Beltran, dès notre enfance qu'elle était sa "cousine" ou bien sa "protégée".

    Parmi les Clonard "juniors" on se référait toujours à Beltran comme "cousin et ami". Rien de plus.

     

    Pilar fut, par conséquent, présentée à notre père José Vicente Cecilio Guijarro et de Sotto (1919-1991), pardonnez la redondance, par le cousin et ami commun aux deux, D. Alfonso Beltran Osorio y Diez de Rivera, duc d'Albuquerque, au cours d'une réception à l'hôtel Ritz de Madrid, au mois de mai 1939.

     

    Pilar et José se fiancèrent peu de temps après, alors que hors des frontières de l'Espagne, avait éclaté la seconde guerre mondiale. Apparemment, ce fut à cette époque que Pilar se confia à son jeune époux, dans son angoisse de ne pas recevoir de lettres ou de nouvelles de sa mère Natasha, qui résidait à Paris, dans la France occupée par le troisième Reich.

     

    Finalement leur mariage se célébra le 25 novembre 1944 à Madrid. Ainsi donc, en décembre1945, naquit, également à Madrid, leur premier enfant, nommé Joseph, futur comte de Clonard IX.

     

    Ce fut aussi au cours de l'année 1944, d'après mon défunt père, que Pilar commença à recevoir des lettres et des nouvelles fraîches de Natasha, sa mère qui résidait toujours à Paris, dans un quartier résidentiel, circonscrit, selon mes souvenirs, aux VIIème, VIIIème et XVIème arrondissements.

     

    Comme habituellement, les lettres ne portaient pas de timbre et les enveloppes étaient sans adresse. Celles-ci lui étaient transmises de la main à la main àdomicile et, aux dires de mon père, étaient transportées par "courrier ou valise diplomatique". Ma mère les surnommait "les lettres de la bonnefée" et elle était remplie de joie et d'allégresse lorsqu'elle recevait l'une d'entre elles. Parfois elle reçut aussi de "petits" cadeaux, toujours les mêmes, et une grande quantité de cartes postales, toujours enblanc, avec des photos du coeur de la capitale, de la Seine.

     

    La décennie des années 40 termina chez mes parents, malgré les rationnements, pleine de joie et d'espérance. C'était alors un jeune couple heureux, débordant d'optimisme, dans une ambiance chaleureuse et relativement confortable pour l'époque. La famille avait grandi. Leurs fils, Richard et Raphaël, étaient nés en1948 et 1949, respectivement. Des moments agréables pour ceux qui, comme nous, aiment une union forte entre les membres du cercle familial.

     

    En parlant de moi, beaucoup de mes proches disaient alors que j'avais plus d'innocence qu'un "agneau nouveau-né", mais étais en même temps très remuant, farceur et espiègle, pas toujours obéissant. En fait, j'étais "le garçonnet blond aux yeux clairs, celui qui attirait le plus l'attention dans la famille", à tel point que beaucoup de mes tantes m'appelaient "le petit prince", ce qui plustard me donna à réfléchir.

     

    Vers1947, mes parents décidèrent de s'installer dans un quartier plus calme de la dénommée "prosperidad", à proximité du rond-point de "Ruiz de Alda". L'immeuble où nous habitions était de construction nouvelle, à proximité d'un terrain de football appelé "El Carmen", autour duquel il y avait alors plusieurs chantiers de construction d'immeubles et de nombreux terrains vagues, d'accès libre. C'est dans cet environnement que nous, jeunes enfants, jouions entre nous en toute liberté.

     

    En 1951, il y eut une série d'événements qui m'ont profondément marqué jusqu'à l'âge adulte et ont interrompu la quiétude de notre foyer. Il s'agit d'au moins deux attentats criminels à ma propre vie, c'est-à-dire celle du neuvième comte de Clonard. Ce sont des détails désagréables à évoquer et, pour cette raison, jevais les citer brièvement.

     

    1. Fin mai, un couple de jeunes gens me neutralisèrent et m'emmenèrent près d'un chantier où se trouvaient des monticules de sable humide de rivière, fraîchement déchargé des camions à bennes basculantes (sans doute pour préparer le béton). Ils m'enterrèrent précipitamment, la tête vers le bas, dans l'un des monticules. Instinctivement je m'étais protégé la bouche et le nez avec mon bras gauche ettenant comte du fait que le sable encore récent avait conservé sa porosité, je pus respirer lentement pendant un certain temps. En agitant les jambes, je réussis à laisser en vue mes pieds et unepartie de celles-ci, sans cesser de les remuer, jusqu'à ce que des dames qui passaient tout près se rendirent compte, voyant comment j'agitais mes membres inférieurs et comment le reste de mon corps demeurait enterré.

     

    Ce sont elles qui me sauvèrent, me tirant hors du monticule de sable. J'avais les yeux, lesoreilles et le nez bouchés, et la bouche pleine d'un mélange de sable et de salive, montrant les premiers signes d'asphyxie. Pour cette raison, je fus conduit à un poste de secours tandis que mes parents consternés apprirent par notre bonne d'enfant et par la police l'attaque dont j'avais été victime. Aucune plainte ne fut déposée et mes parents demandèrent aux autorités de stopper tout type d'enquête.

     

    2. fin juillet, tandis que je jouais, en sautant dans la rue, attendant que l'on me donnât mon tricycle, uncouple de jeunes gens, postés au coin d'une entrée d'immeuble, m'engouffrèrent dans une sorte de sac en toile rude, comme ceux qu'utilisent les services postaux. Ils me dirent : " ne pleure pas, c'est seulement un jeu - tu vas voir quelle bonne surprise nous allons te donner". Peu de temps après, je me retrouvai face à un mur blanchâtre avec "un grand trou" dans sa partie supérieure droite. En un instant, je me vis de l'autre côté du mur, gisant sur le sol, où tout était dans l'obscurité.

    Puis ils se glissèrent eux-mêmes par le dit trou, allumèrent des lanternes et se précipitèrent avec moi à l'intérieur d'un tunnel assez long, où il n'y avait rien, ni personne. Il est possible qu'ils m'emmenèrent àl'intérieur à plus de 500 mètres. L'un d'eux me dit : "ne bouge pas de là, c'est dangereux et tu pourrais tomber dans une fosse" et l'autre ajouta "n'appelle personne car personne ne pourra t'entendre". Ce qui est certain c'est que j'étais pris de tremblements de la panique que je ressentis en les voyant s'éloigner, puis disparaître complètement, hors de vue. Je ne pouvais plus distinguerquoi que ce soit et ne savais pas non plus où j'étais. Brusquement, et malgré mon jeune âge, je pris conscience que la "mort était sur mes talons" et que pleurer n'était que pure impuissance. Je me rappelle qu'il faisait jour lorsque j'étais entré dans cette caverne et que quand la police me retrouva, il faisait nuit dehors.

     

    En réalité, ces "bourreaux" m'avaient introduit dans un refuge anti-aérien inachevé,dont la construction avait été commencée durant la guerre civile (1936-1939). Le mur blanchâtre était celui qui scellait l'entrée principale de l'un de ses accès, presque à la limite de la zone pavillonnaire "del Rayo" qui est, de nos jours, la prolongation de l'avenue "Principe de Vergara", cela dit, pratiquement en face du Conservatoire National. Ce fut une dame, appelée "Ana" qui habitait une vieille masure proche de l'entrée, et qui s'était rendue compte que les cellement de l'entrée avait été cassé de façon à laisser un passage pour des personnes de taille moyenne, en avait averti la police, en ajoutant :"dépêchez-vous !!!... j'ai le pressentiment que cet enfant est ici à l'intérieur et qu'il est encore vivant".

     

    C'est grâce à cette femme, que jamais je n'oublierai, que la police est entrée dans la caverne munie de pics, de cordes, de lampes de carbure et de lanternes, qui furent les premières choses que je vis, couché à même le sol, car je peux me rappeler qu'au moment de mon sauvetage je n'avais même pas la force de faire un pas. Il n'y eut pas de plainte déposée et mes parents demandèrent aux autorités d'alors de stopper toute enquête. Je souffris de tremblements de panique et de cauchemars durant plusieurs semaines, après avoir passsé au moins deux jours à l'hôpital. Mesparents ne parlèrent de cet événement ni avec la famille, ni avec leurs amis. A l'exception des témoins, tout resta dans le secret.

     

    J'aurais plus à dire là-dessus mais je pense que cela est suffisant. C'est au moins ce que me dicte le coeur.

     

    A la fin août 1951, un beau matin, arriva chez nous, par surprise, une de mes tantes (Guijarro). Elle ne se rendit même pas compte que j'étais en train de jouer dans le hall d'entrée de l'immeuble. Je l'appelai pour nous faire la bise. Alors elle m'emmena par la main jusqu'à la porte de notre appartement. Celle-ci s'ouvrit. Mon père apparut avec un paquet rudimentaire, fait de papier d'emballage et de corde, qui contenait tous mes effets personnels. Je vis tout le monde en larmes à la maison. Ma mère pleurait, complètement affligée, puis finalement entra dans sa chambre. Mon père me dit :"Pepito (mon prénom familier), nous n'avons pas de temps, tu dois partir tout de suite pour aller voir ton grand-père et rester avec lui à Logroño. Ne t'inquiète pas, mon fils, tout ira bien et tu vas bien t'amuser avec ton Papi et ta tante qui t'aiment beaucoup". Cette scène ne dura même pas cinq minutes. Un taxi attendait dans la rue pour nous conduire à la station du Midi, ma tante et moi.

     

    Nous sommes allés jusqu'au train en courant. Quelques minutes plustard, c'était l'heure de départ de l'Express en direction de Logroño, passant par "Castejón". Je m'en rappelle encore par les commentaires des adultes.

     

    A Logroño, j'ai passé des années heureuses en compagnie de mon grand-père. Enseptembre 1951, je commençai ma première année d'école primaire au collège des Frères Maristes. Je fus un bon élève et un ami loyal, avec un grand nombre de camarades de classe. Je me fis au caractère et à la façon d'être de la Rioja. Je m'habituai également à vivre sans mes parents : ce fut un dur apprentissage. J'appris plustard qu'ils ne pouvaient pas m'écrire, ni m'appeler par téléphone, et encoremoins venir me voir à Logroño. Il leur était seulement permis un appel téléphonique par an, coïncidant avec la veille de mon anniversaire, et ils pouvaient, à cette occasion, m'envoyer un paquet, pesant moins de 2 kg.

     

    Personne n'était autorisé à me faire des photos, à tel point que je fis ma première communion en 1953, complètement seul, ainsi que je peux affirmer que je suis l'unique personne de ma famille qui n'a pas de photo de cette chère et solennelle célébration, ceci malgré mes sanglots et mes pleurs insistants pour obtenir à tout prix une photo.

     

    Enfin, toute l'Europe apprit que Staline était mort le 5 mars 1953 (laissant derrière lui près de 50millions de victimes assassinées). Peu de temps après, Nikita Krouchtchov, le nouveau leader soviétique, commença la "déstalinisation" et la rupture du "culte à lapersonnalité", typique de Staline. Un peu d'air frais pénétra dans la Russie soviétique de ces années-là.

     

    Mais le plus important pour les russes réfugiés à l'étranger fut le fait que Krouchtchov rompit peu à peu l' "étroite collaboration existant entre le KGB (services secrets russes) et les organes de l' "Internationale Communiste" qui opéraient, causant d'importants dégâts, dans tous les pays d'Europe Occidentale, y compris l'Espagne, bien entendu, malgré la ceinture de sécurité et le système de représailles établis, à mon avis de façon cohérente, par le Général Franco.

     

    Durant ce temps, j'appris beaucoup de mon grand-père, par exemple : tout ce qu iconcernait le Légat Historique des Clonard-Borbón, que lui, à cette époque,connaissait par coeur. Par contre, il n'eut pour moi pas un seul mot sur ma Famille Romanov, se limitant à affirmer, en diverses occasions, que ma mère était une "grande dame". A ce propos, elle-même avait l'habitude plus tard d'ajouter, à part : "mon fils, je ne vis pas ma propre vie", ce qui par mon manque de connaissance sur son passé et l'histoire de ses ancêtres, résultait difficile à comprendre, même avec de la bonne volonté.

     

    Le 31 mai 1956, naquit mon unique soeur, Rosario, qui toujours aujourd'hui est pratiquement le "vivant portrait" de notre mère Pilar et de Natasha, bien que Pilar eût également une ressemblance avec ma bisaïeule Maria Feodorovna von Schleswig (1847-1928), lorsqu'elle était une jeune princesse danoise.

     

    L'été 1958, mes parents décidèrent- après s'être fait bien conseiller - que mon séjour à Logroño avec mon cher grand-père avait pris fin. Mon retour fut, d'une certaine façon, également traumatique, car je ne fus informé de rien et n'eus même pas le temps, ni l'occasion, de faire mes adieux à certains de mes amis de la Rioja que j'aimais comme de véritables frères. Il ne me fut pas mentionné non plus qu'il s'agissait d'un retour définitif...tout restait en suspens...jusqu'à ce que, en septembre, étant toujours à Madrid, mes parents m'inscrivirent à l' "Institut Ramiro de Maetzu" (considéré alors comme le meilleur d'Espagne) pour entrer en classe de "troisième B - Rioja" (quelle coïncidence !). je commençai ainsi l'une des étapes les plus heureuses de ma vie, ayant des compagnons et des professeurs formidables. A partir de 1959, et malgré la sévère discipline de "Ramiro", je respirais ma liberté, ou ce qui revient au même, je me sentais libre et délivré des cauchemars qui m'assaillaient encore parfois à Logroño.

     

    Nous avions même du temps pour réaliser quelques espiègleries avec les filles du collège des"Soeurs irlandaises de la rue Velazquez" ou de préparer des "guerillas" contre ceux du "Collège Maravillas" de la zone pavillonnaire "du Viso". Nous distribuions ou recevions des "tartes" mais personne ne nous réprimandait pour cela.

     

    Il est curieux qu'après tant d'années, en 2010, j'ai renoué amitié avec l'un de mes compagnons de l'époque et tous deux nous nous souvenons encore de nos "codes d'honneur "d'adolescents" et "ramiriens".

     

    De même, à partir de 1958, ma mère me permettait parfois de voir le contenu de son"coffret de souvenirs", cependant sans avoir le droit d'en emprunter quoi que ce soit. A l'intérieur du coffret se trouvaient :

     

    . Un ensemble de lettres, dont les enveloppes étaient toutes identiques, bien ordonnées par paquets de plus ou moins 25, tous sans en-tête, ni timbre et sans adresses . Il y en avait facilement 200. Ma mère, Pilar, m'informa qu'il m'était défendu d'en lire, ne serait-ce qu'une seule, et même de les sortir de leurs enveloppes respectives. En réalité, toutes ces lettres étaient de sa propre mère Natasha.

     

    . Une collection de cartes postales de Paris, en blanc, sans aucune trace d'écriture ; leur finalité étant, selon moi, de montrer à Pilar comment était la ville où résidait sa mère, Natasha.

     

    . Un oeuf de Pâques en or, décoré à l'extérieur, bien qu'il ne fût pas de Fabergé, sans doute plus modeste, mais similaire quant à l'esthétique. Il renfermait à l'intérieur deux ou trois oeufs plus petits.

     

    . Une grande boìte en carton (comme celles utilisées pour les robes) contenant plusieurs centaines de feuilles de laurier en or, que sa mère lui envoyait dans les enveloppes avec le courrier, très probablement afin de pouvoir les échanger contre de l'argent en cas de nécessité.

     

    Tous ces souvenirs de ma mère disparurent de son domicile entre juin 1978 et le 14 aût 1979. La première date correspond à une visite que je fis à Madrid deux mois après son opération d'extirpation d'une tumeur maligne.

    La seconde correspond au jour de son décès. Durant ce laps de temps, ma mère étant déjà dans un état très grave, le "coffret de souvenirs" disparut du foyer familial.

    Seul, Dieu sait où il peut se trouver, s'il existe encore. Je ne peux cependant pas oublier de penser qu'en 1979 le Régime de l'Union Soviétique lui produisait une véritable panique.

     

    Mes soupçons se tournent vers une très belle dame, de type nordique ou russe, coiffée avec des nattes relevées sur la tête, à la russe, et qui avait coutume de lui rendre visite certains après-midi, à partir de 1967. La particularité était que ma mère avait prévenu ses enfants ainsi que mon père de sortir de la maison et de la laisser seule avec elle, car aucun de nous n'était admis à écouter quoi que ce soit de leurs conversations. Il n'était pas étrange, pour notre part, de téléphoner à la maison pour demander "si nous pouvions monter".

     

    Il est fort possible que, par son biais, ma mère put recevoir des entrées pour assister à des concerts, des récitals ou des ballets russes présents à Madrid et auxquels elle nous invitait toujours, enthousiasmée.

     

    Le jour le plus triste de la vie de Pilar en Espagne, selon mon père, fut lorsqu'elle apprit, au travers de ses propres canaux d'information, que nous autres n'avons jamais connus (excepté celui de Beltran), que sa Mère, la Princesse Natalia Romanova-Brassova était décédée dans la plus grande misère, à cause d'une tumeur maligne, le 26 janvier 1952, dans un hôpital de bienfaisance parisien.

     

    Les sacrifices de la mère et de sa fille pour garder un redoutable et épouvantable secret sur le massacre des Romanovs en 1918 (et d'autres postérieurs) eurent pour résultat fructueux qu'au jour d'aujourd'hui, en novembre 2010, nous pouvons affirmer, nous leurs enfants et petits-enfants, que la descendance du Grand-duc et dernier Tsar de Russie, Michel II Romanov-Holstein-Gottorp et Schleswig, est toujours en vie et présente en 4 branches principales.

     

    Pour conclure, Pilar fut une "Grande Dame" à la beauté délicate, au caractère résolu, qui n'a jamais parlé ouvertement à sa famille (ses enfants) sur ses véritables origines. Elle a cependant souvent fait appel au langage des symboles, utilisant les "cadeaux de son enfance", ainsi que d'autres souvenirs et objets très évocateurs de ses origines.

     

    L'étude de son ADN et de son empreinte génétique (analyse mitochondriale incluse), en ajoutant, par ailleurs, les tests cohérents sur ses descendants, ont été dûment réalisés et protégés. Ce matériel génétique est réservé aux "Autorités compétentes" qui se justifient comme telles, ainsi qu'à nos cousins et cousines résidant dans différentes nations de par le monde.

     

    Son "empreinte génétique" elle-même, analysée récemment, démontre qu'elle est une nièce du tsar Nicolas II et de son frère Georges Romanov, GD. de Russie décédé en 1899 de tuberculose.


    MAISON ROMANOV-HOLSTEIN-GOTTORP-SCHLESWIG.

     

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